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Les successions, ce lien poignant à strates multiples

31 Oct

Comme un tour de force, un pied de nez à la mode minimaliste (pour ne pas dire nouvelliste et nombriliste ambiante) Mikaël Hirsch ne cède rien. Son nouvel opus explore avec minutie, exigence et retenue des histoires et des lieux qu’il s’ingénie à lier. Cela s’appelle « Les successions », on en parle.

D’abord, un extrait

Page 25.
« Bien sûr, Pascal avait étudié l’histoire de l’art. Son père était peintre et le centre exclusif de son cercle familial. Le désir de mimétisme aurait produit une concurrence trop rude. Il avait donc fallu contourner l’obstacle, rester dans la sphère paternelle, sans toutefois produire de compétition malsaine. Le geste lui étant interdit, il avait envahi la marge. C’est dans la poussière des bibliothèques et des archives qu’il devait donc grandir. Une vie tout entière destinée à la préservation, au patrimoine. Dans un monde où l’obsolescence est programmée par le commerce, il attachait une attention particulière aux témoignages historiographiques. Les tableaux le fascinaient par leur capacité à s’extraire du temps ordinaire. Il s’agissait d’objets secrètement destinés à lier les générations. Ils contenaient en quelque sorte les vies de ceux qui les avaient possédés tout au long de l’histoire. Lorsque Pascal regardait un tableau, il voyait, avant tout, une succession. »

Ferdinand de Sastres, Chagall et Pascal (personnage principal)

Entre ces trois-là, difficile de tramer un rapprochement, une histoire commune et haletante. Difficile mais pas impossible, puisque Mikaël Hirsch rivalise d’ingéniosité et relève avec maestria le défi. Il nous attrape au vol à l’instant même où l’on croit perdre pied dans l’alternance des rythmes, récit historique et narration feuillue. Le trait d’union s’installe parce que l’auteur connaît sur le bout des doigts la vie excentrique d’un Ferdinand de Sastres, fervent collectionneur et figure mondaine d’un Paris bouillonnant à l’aube du XXe siècle.

Il en fait un récit touchant, étonnant. Autour de Chagall, il tricote aussi un jeu de piste qui lève progressivement le voile sur un art particulièrement sensible : celui de la succession. Thème ancestral mais qu’il analyse ici avec pudeur.

Mikael Hirsch se présente (à nous)

 

17h, Mikaël Hirsch arrive à l’heure dans nos locaux. Autour de lui, chacun fait silence. Mikaël sourit, salue et se pose calmement. Le regard attentif, il attend poliment la première question, nous nous regardons… j’inspire et ouvre donc joyeusement le bal :

Les successions, ça parle de quoi?
« Alors, c’est l’histoire d’un tableau peint par Chagall en 1929 et qui s’intitule l’Amazone, tableau qui…Ecouter

Comment avez-vous découvert Ferdinand de Sastres?
-J’ai commencé à faire des recherches, et parallèlement…Ecouter

Parlez-nous de votre travail

-J’ai commencé à écrire en 1992… Ecouter

Et vous, parlez-nous de vous…

-J’ai fait des études de lettres… Ecouter

Vos auteurs français?

-Plutôt les écrivains un peu plus classiques… Ecouter


Allez plus loin

Pour celles et ceux qui en veulent encore plus, le précédent ouvrage de Mikaël Hirsch « Le réprouvé«  est toujours disponible. On y retrouve avec plaisir l’écriture, l’univers littéraire de l’auteur.
De notre point de vue, c’est aussi à ne pas manquer.

>> Découvrir sur Web TV Culture : « Le réprouvé », présentation vidéo, entretien et confidences.


Carnet(s)

Autour du livre

Ferdinand de Sastres

›Chagall, visite guidée en son musée de Nice

http://www.dailymotion.com/video/xalef5

Sur le livre

›OMICRoN (blog de Mikaël Hirsch)

›L’Editeur

Prochaine rencontre : ROUDA, pour son album « Musique des Lettres ».

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5 Responses to “Les successions, ce lien poignant à strates multiples”

  1. Augustin le chat 31 octobre 2011 at 17 h 03 min #

    Très intéressant!! J’ai appris beaucoup de choses et ai vraiment très envie de lire ce livre!! Il y a tant de choses à lire. Continuez! Bravo!

  2. Jean-louis 1 novembre 2011 at 17 h 25 min #

    Le précédent, j’ai adoré. La c’est autre chose mais je l’ai commencé hier et ça me plait je suis d’accord, merci continuez!

    • marie-françoise bonheur 2 novembre 2011 at 14 h 03 min #

      je ne l’ai pas encore lu mais je vais moi aussi l’acheter,j’ai apptrécier les commentaires ça me donne envie de le lire
      merci à vous continuer a nous faire partager vos coups de coeur

  3. elise de montmartre 2 novembre 2011 at 20 h 13 min #

    on est mis en haleine par la rencontre de deux beaux univers qui avait surement besoin d’être remis au jour, passionnant comme itinéraire aussi et belle déduction des pistes qui ont lieu sur les chemins des artistes mis en abimes et en lumière, surprenant et fascinant, courage continuez, formidable!

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  1. à l’air livres | OMICRoN - 31 octobre 2011

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