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Avec Rouda, l'écriture musicale chante Paris

8 Nov

Une fois n’est pas coutume, un chemin de traverse nous conduit dans l’univers musical de Rouda. C’est que ce dernier est à la charnière, sa musique poétique est un travail d’écriture musicale inclassable mais de bonne augure pour rendre aux lettres leur noblesse d’esprit. Celui que l’on définit souvent comme un poète-rappeur-slameur nous a rendu visite. On partage ce (très bon) moment.

Quand Rouda se présente, cela donne un clip textuel sur lui, sur ses amis et forcément sur… Paris

http://www.dailymotion.com/video/x2xx5c

 

Paris Canaille (Rouda + NEOBLED + LYOR = 129 H)

Hommage à cette ville qui a vue naître les membres du collectif 129H, ode aux titis parigots, aux canailles, aux dandys, à tous les Paris qui coulent dans les rues de la Capitale, ce texte mis en chanson porte un cœur gros comme ça d’amour pour paname.

Pour joindre l’écoute à l’agréable, Paris Canaille s’attrape, se visionne, se chante en solo, en refrain ou en groupe  sur le myspace de Rouda.
La flèche vous guide… PouParis canail


Rouda, le poète de Paris

Parce que c’est un gosse de Montreuil, il déclame avec ferveur des textes qui retracent son enfance, sa vie, avec en décor l’histoire et les rues de Paris.
D’accord, son expression est multiforme (on n’y revient pas), définitivement artistique mais il suffit de prendre (au hasard) ce morceau les poètes se cachent pour écrire pour conclure qu’il est inutile de faire semblant, Rouda a d’abord le rythme poétique au bout des notes, la preuve :

Les poésies se cachent et la plupart naissent lorsque le jour se lève
Au moment où les yeux se mouillent et volent comme un voile que le vent soulève
Je me cache pour écrire ce que ne sauraient dire mes lèvres
Ce que ne saurait dire la lune qui m’envoie ses rêves qui dévorent

Les sentiments que le cœur refoule s’expriment dans mes paragraphes
S’impriment dans le cœur des foules comme le ciment marqué par un graff
Mon stylo et ma main sont comme reliés par une greffe
Je m’accroche aux parois mais je n’ai pas assez de griffes

Les poètes se cachent pour écrire, moi à chaque fois j’ouvre une parenthèse
Où le temps se suspend, où mon esprit surpasse toutes mes hantises
On a encore sur nos peaux les empreintes de la glaise
Qui s’asséchera d’un coup avant que Souleymane se taise

Le silence m’étouffe, mais je reprends mon souffle à chaque mot
Qui me recouvrent d’une étoffe à une époque où les princesses n’embrassent plus les crapauds
L’écriture me délivre, elle ouvre des espaces clos
Dessine des fleurs sur la peau de l’éclopé au sourire presque éclos

C’est pas que j’ai pas de mémoire, mais c’est un vaste trou
Où je me perds lorsque le ciel est noir et que je déteste tout
Les poètes se cachent pour écrire alors cette fois j’oublie tout
Mes défauts, mes atouts, mes défis, mes atomes, moi j’suis fou de ce thème et c’est tout

Les poètes se cachent pour écrire, Souleymane regarde nous
On est sortis de notre cachette et maintenant on vous regarde vous

Une fois mis en image(s) et voix, le poème et les mots de Rouda trouvent une seconde dimension :

Image de prévisualisation YouTube

On résume


Rouda a ouvert le bal en jetant avec élégance une pointe de (sa) poésie dans un flot/flow de rap urbain, posant ses premiers pas mélodieux et textuels sur une scène musicale débordante.
Une collaboration plus tard avec Grand Corps Malade (« Parole du bout du monde »), quoi de plus naturel qu’il passe à son tour de l’autre côté du micro et nous offre un premier album judicieusement  intitulé Musiques des lettres.


Rouda nous explique tout

Pourquoi avoir intitulé votre album Musique des lettres ?

– En fait je suis parti sur des textes que j’avais écrits et performés sur des scènes slams de manière totalement a cappella et quand l’opportunité m’a été donné d’enregistrer un album, je suis parti des textes bruts et avec des compositeurs de mon réseau on a réfléchi à des mises en musique de ses textes, d’où Musiques des lettres. (…) un concentré de recherche pour faire vivre ces textes différemment et en musique.

D’accord. On dit, je cite que « d’un flow tout à la fois distant et viscéral, vous scandez des textes avec la foi d’un militant des mots », vous nous expliquez ?

– Je peux vous expliquer que c’est une phrase d’attachée de presse, avec son regard à elle… et parfois on n’est pas d’accord avec… en l’occurrence c’est une phrase bien construite avec plein de mots bien différents mais qui ne résume pas ce que je fais. C’est surtout militant des mots que j’ai pas… pour moi, prendre la parole ce n’est pas forcément un acte militant, c’est un acte artistique, après… la portée que l’on va mettre derrière, c’est des couleurs…

Mais dites-nous, avec Paris canaille vous vouliez saluer Léo Ferré ?

– C’est typiquement un clin d’œil à Léo Ferré puisqu’il a écrit Paris canaille pour Catherine Sauvage, je suis tombé par hasard il y a longtemps sur ce titre qui m’a interpellé et je suis parti du titre pour en faire un Paris canaille à ma sauce.

http://www.dailymotion.com/video/xfj9o

Et le slam dans tout ça ?

Le slam, si on reste vraiment sur la notion a cappella, pour moi c’est un terrain de jeu(x) un terrain d’expérimentation(s) et une tribune ouverte, gratuite, où on va écouter d’autres textes, d’autres auteurs (…) je viens autant pour me faire plaisir de monter sur scène que prendre du plaisir à m’installer dans le public et écouter d’autres slameurs  (…) en France (contrairement aux USA, ndlr) il s’agit plus de scènes ouvertes (…) chacun s’inscrit, vient dire son texte à tour de rôle, c’est un terrain de jeu(x) (…) c’est génial parce que comme il y a eu un gros succès médiatique, nous quand on allait en régions y’a 10 ans, les gens sortaient le tatami, ils croyaient qu’on venait faire de la danse, ils savaient pas ce qu’on allait faire… maintenant le mot slam évoque quelque chose pour tout le monde (…) mais avec 129H on garde en tête ce moment où on est montés pour la première fois sur scène, on veut que ça reste possible pour quelqu’un d’autre ce moment là.

Justement le collectif 129H, vous pouvez nous en parler ?

– C’est un collectif crée dans les années 2000, un collectif parisien, qui très tôt a animé des ateliers d’écriture, monté des spectacles, animé des émissions de radio, cherché à produire de la musique, mettre des textes en musique, il parait que c’est le premier collectif de slameurs en France, installé dans le 20e arrondissement, label de production et portant des projets d’ateliers dans les quartiers Belleville, Amandiers (…)

Mais ces ateliers d’écriture auxquels vous participez, c’est quoi le concept ?

– Le concept il est simple : déscolariser l’écriture. On essaie d’être super ludique dans les ateliers, beaucoup de jeu(x) d’écriture(s), de scène, d’oral, l’objectif est que même sur des courtes séances chacun soit producteur de son texte et soit capable de le dire sur une scène, de devenir slameur et dans le 20e on mène plusieurs ateliers, à l’association des cultures berbères (…) sur le collège Robert Doisneau, on bosse aussi avec les asso’ locales comme la 20e chaise, le relais Ménilmontant… on essaie de faire les mêmes ateliers à chaque fois, que les gens s’amusent et réalisent que la capacité de création est accessible à tout le monde (…) l’acte de création, si on le simplifie, il est super accessible et en plus ton atelier d’écriture c’est toi, ton stylo, ta feuille, l’investissement il est minimum (…) on travaille avec un public qui va de 8 a 17 ans mais on bosse aussi à la maison des métallos où là on a rendez-vous avec le tout public.

Et vos rendez-vous à vous, vous pouvez nous en parler ?

-C’est du lundi au jeudi sur le mouv’ 92.1, dans le 7-9 c’est une chronique quotidienne de l’actualité en musique, rappée, slamée, chantée, murmurée, chuchotée, pleurée, scandée… y’a une création à la maison des métallos à partir du mois de novembre sur un nouveau spectacle qui s’appelle slameur public, où en fait on dit au public qu’on est capable d’écrire n’importe quelle lettre, si par exemple dans l’instant tu veux une lettre de rupture je te l’écris en direct, je te la dis en direct devant tout le monde, je te la mets dans une enveloppe, t’as même le timbre si tu veux l’envoyer en sortant du spectacle c’est possible (…) et l’actualité plus personnelle, c’est un deuxième album qui est en cours et avec 129H un autre album, plus toutes les activités sur le 20e.

L’interview complète, d’autres questions et surtout des réponses plus intimes de ROUDA sur lui, son enfance, avec en prime les bruits du micro, de la rue, du bureau… disons qu’à notre façon, nous sommes montés sur scène, face à ROUDA et avons lancé l’improvisation, en témoignent nos voix d’enfants gâtés par cette rencontre à la forme artisanale mais au dialogue béton >>Ecouter

—————— Carnet(s) ——————

Premier cercle

>> Rouda, le site

>> 129H, le collectif


Autour de Rouda

Étonnants voyageurs

Le mouv’

La Maison des Métallos

Autour de la musique

Catherine Sauvage

Delphe pousse le son, blog musical de Paris.fr

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2 Responses to “Avec Rouda, l'écriture musicale chante Paris”

  1. postal rates 9 novembre 2011 at 6 h 30 min #

    i love your blog, i have it in my rss reader and always like new things coming up from it.

  2. marie chantale 11 novembre 2011 at 7 h 58 min #

    bien très bien vous faites vraiment un travail super,continuer merci

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