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Hervé Guibert : 27 décembre 1991

27 Déc



Le 27 décembre 1991, Hervé Guibert laissait place au(x) souvenir(s), à l’après. Rappelons-nous. C’était il y a 20 ans. Hier encore. Son combat fut long, personnel, médiatisé comme cette pandémie qui finit par l’emporter. Mais il n’y a pas que cela. Il y a une œuvre qui le porte aujourd’hui, plus encore qu’hier. Une œuvre tendue à plusieurs talents. Car Hervé Guibert écrivait bien sûr, mais il photographiait aussi et (se) filmait. L’homme touchait à tout.
Patrice Chéreau, Régine Deforges, Bernard Faucon le connaissaient. Ils se souviennent.
Philippe Besson, Abdellah Taïa, Philippe Calvario et Jean-Baptiste Del Amo parlent de lui, aujourd’hui. Tous ont accepté de témoigner en lettres et sons. Livre d’or à lire, voir et écouter.


Avant toute chose

1990 : A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie fut une révélation. Une détonation. Nous étions en pleine tempête. Le SIDA tuait, faisait peur. La peste et la honte.
Chez Pivot, pour Apostrophes, Hervé Guibert dévoile alors tout ce que l’on ne voulait pas voir mais qu’il avait décidé de porter au grand jour. Parler, montrer aux autres le SIDA, à lui-même aussi.


Je me souviens

Au détour d’un exposé, j’avais alors l’âge des exposés, des classes où l’on expose, j’ai découvert ce livre, la polémique autour de lui, le scandale, la maladie aussi mais surtout, derrière tout cela, l’écriture d’Hervé Guibert.
Dès lors, j’ai basculé vers autre chose, d’autres mots et d’autres files histoires, ceux d’Hervé Guibert. Ils ont détourné mes lectures, mes envies… un temps même, je m’immergeai en apnée dans ses lignes. Mes parents, l’Incognito, Suzanne et Louise… pas à pas, je fondais dans ce monde obscur qu’il éclairait de ses maux.
Aujourd’hui, je poursuis ce désir ardent d’en parler, d’en partager le souvenir et la saveur unique.

 

 

 

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Témoignages, ce qu’ils savent de lui

 

 

Régine Deforges
Avec elle, le premier livre


Elle sera la première à publier Hervé Guibert en 1977, il a alors 22 ans. La Mort propagande (texte réédité et enrichi en 1991).
Lors de notre rencontre, nous avons demandé à Régine Deforges de nous parler de lui, de leur rencontre et de ce moment où elle a décidé de l’éditer, d’être la première à lui ouvrir sa porte.

Régine Deforges, Hervé Guibert >> Ecouter

 

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Patrice Chéreau
Avec lui, le premier film


Hervé Guibert et Patrice Chéreau collaborent doucement, lentement à la fin des années 70. Ils murissent leur projet et leurs échanges durant 6 années avant de présenter L’homme Blessé.
Entre eux, ce film entre en gestation de façon épisodique, collatérale. Des notes, des idées se croisent et consolident une histoire, un scénario différent de ce qui est présenté alors dans le cinéma français.
Ils obtiennent d’ailleurs pour L’homme blessé le César du meilleur scénario original.

Pour évoquer leur complicité, Patrice Chéreau nous a reçu chez lui. Il a accepté de nous raconter leur rencontre, leur travail.

Patrice Chéreau, Hervé Guibert >> Ecouter


Nous avions aussi avec nous quelques clichés qu’Hervé Guibert a fait de Patrice Chéreau, pris chez lui justement et autour de la présentation de l’homme blessé au festival de Cannes. Patrice Chéreau les a mises face à lui et a illustré ces moments immortalisés, entre eux.

Patrice Chéreau, Hervé Guibert >> en diaporama, des photos qui illustrent leurs souvenirs.

A cet instant de l’entretien, Patrice Chéreau regarde, redécouvre et se souvient. Les clichés s’affichent dans le sillage de sa voix. Patrice Chéreau commente ces photos qui se tournent vers vous, quelques instants après.


Patrice Chéreau par mairiedeparis

Les photos Patrice Chéreau et Isabelle Adjani sont extraites du Seul Visage (Gallimard). Celles qui illustrent L’homme blessé proviennent du catalogue de l’exposition Hervé Guibert : photographe (Maison Européenne de la Photographie), avec l’aimable autorisation de Christine Guibert.

Complément : re(voir) la cérémonie de remise du César >> INA


 

Côté cinéma, toujours

Hervé Guibert travaille au début des années 80 à la conception d’un film pour et avec Isabelle Adjani : La liste Noire (film qui, finalement, ne verra pas le jour).

Crédit Christine Guibert

 

En 2009, Isabelle Adjani revient sur cette épisode dans une interview exclusive accordée aux Inrocks. Elle évoque les circonstances qui entourent le projet et remonte au fil des confidences leur amitié jusqu’à leur rencontre.
>> lire l’article : une relation gémellaire.

Finalement, son parcours cinématographique se concrétise avec la sortie (posthume) de la pudeur ou l’impudeur. Il (se) filme et se met en scène. Ce projet sera véritablement le premier mené à son terme, le dernier. Pascale Breugnot l’encourage, lance l’idée et le concept d’une certaine télé de la réalité avant l’heure. Pendant les deux dernières années de sa vie, avec un caméscope, Hervé Guibert montre l’évolution, la progression de la maladie qui l’affaiblit un peu plus chaque jour.
C’est d’une certaine façon son film, la clé d’une part de son œuvre, un documentaire désorientant qui englobe des conversations avec ses tantes de 85 ans (qu’il adore et a photographiées à plusieurs reprises), des moments de répit comme ce voyage au bord de la mer à l’île d’Elbe. Le film est disponible en DVD. >> Présentation

 

 

 

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Bernard Faucon,
Autour de lui, la photographie

© Yvette Troispoux (BN)

Hervé Guibert, c’est d’abord l’écrivain. Mais c’est aussi le photographe, parallèlement.
Sa passion pour l’image, il l’exprime très tôt.  Elle suit discrètement ses pas, l’accompagne jusqu’à la Villa Médicis (1987/1989) où il se consacre aux mots mais aussi aux images.
En témoignent : Suzanne et Louise, roman-photo (1980) pour l’exposition à la Galerie Samia Saouma, et aux éditions de Minuit, Le Seul Visage, catalogue de sa rétrospective de 1984 à la galerie Agathe Gaillard.

Bernard Faucon, proche, intime et en filigrane dans plusieurs publications (L’autre Journal, Le Mausolée des Amants) nous a reçu, chez lui. Il évoque l’homme, l’écrivain, le photographe.

Bernard Faucon, Hervé Guibert >> Ecouter


L’autre journal, extrait

« A chaque automne, Bernard Faucon nous rapporte une moisson d’images. Nous les découvrons ensemble projetées sur le mur de la salle à manger, ou bien nous les regardons l’un après l’autre en nous penchant sur une petite visionneuse qui nous les montre en transparence dans leur surface, leurs couleurs et leur dimension d’origine : 6×6. Depuis peut-être huit ans c’est un instant crucial. Chaque fois je ne sais pas ce que je vais voir, mais je suis sûr que cela va me surprendre, m’éblouir ».

Complément : présentation de l’exposition Hervé Guibert : photographe à la Maison Européenne de la Photographie.

Image de prévisualisation YouTube

 

 


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Confidences : ce qu’ils disent de lui

 


Philippe Besson

« Quand j’écrivais Son frère, c’est Guibert qui me guidait »

Avez-vous connu personnellement Hervé Guibert ?
« Non, je ne l’ai jamais rencontré, ni même approché.

Quand avez-vous découvert son travail ?
-En 1986, avec Mes parents, acheté presque par hasard, dans une gare parisienne, alors que, de Rouen où j’étais hélas étudiant, je rentrais chez … mes parents. Je me souviens d’avoir ressenti un choc violent dans le train qui me conduisait à Angoulême. L’impression qu’il se trouvait quelqu’un quelque part qui venait de raconter mon histoire, d’une écriture blanche, d’une main qui ne tremblait pas. Plus tard, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de mon histoire, mais de ce que j’aurais voulu qu’elle soit. Dans la réalité, il n’y avait pas de haine familiale chez moi mais cette haine, je l’ai enviée. Il n’y avait pas autant de sexe et j’en ai conçu une frustration.

L’œuvre d’Hervé Guibert a-t-elle influencé votre travail littéraire, l’a-t-elle inspirée ?
-J’ai été influencé, oui, par sa manière d’écrire sur le corps. Le corps se trouvant à la fois dans la sensualité et la maladie. Quand j’écrivais Son frère, c’est Guibert qui me guidait. J’ai toujours en tête également la sobriété de son écriture, son refus d’appuyer, cette façon d’énoncer la violence, ou l’horreur, ou la sensualité, sans chercher l’effet, sans insister, dans une quasi nudité.

Comment qualifieriez-vous son écriture, est-elle à part dans la littérature française contemporaine?
-Il est un des premiers à pratiquer ce qui ne s’appelait pas encore « l’auto-fiction ». Il n’écrit que sur lui, que de lui. En cela, il est un pionnier. Mais, bien qu’il expose son intimité, sans retenue, sans pudeur souvent, il réussit le prodige de n’être ni racoleur ni trivial, deux écueils que n’ont pas toujours évités ceux qui, après lui, ont pratiqué l’auto-fiction. Il est une sorte d’Annie Ernaux, en version masculine et homosexuelle, à certains égards.

Parallèlement, la photo a une place plus « confidentielle » dans le travail d’Hervé Guibert, mais elle est maintenant reconnue à part entière, vous êtes sensible à cette autre facette de son talent ?
-Oui, parce qu’elle nous montre les corps, parce qu’elle nous fait comprendre où se logeait son désir. Et puis les autoportraits sont saisissants. Dans la jeunesse, Guibert ressemble à un ange : les yeux clairs, les cheveux bouclés, la peau diaphane. Et déjà on distingue le carnage qui se prépare.

Avez-vous déjà vu « l’homme blessé », ce film a-t-il été précurseur ?
Bien sûr, et de nombreuses fois. Je crois que le film a mal vieilli. Mais à l’époque, c’était novateur, radical, très cru. Je crois que c’est la crudité qui nous a abasourdis et enchantés. Je me souviens aussi d’une urgence, d’une fièvre, d’une saleté. Toutes choses que d’autres plus tard ont essayé de dire aussi, souvent moins bien.

20 ans après, quelle(s) trace(s) laisse-t-il dans le paysage littéraire français, selon vous ?
Est-il un météore, qui file, en laissant derrière lui une trace incandescente ? Est-il le symbole d’une époque – les années 80 -, d’un comportement – la voracité sexuelle décomplexée -, d’un mal – le sida – ? Vingt ans, c’est peut-être insuffisant pour déterminer la place qu’il occupera.

Et vous, de votre côté, ou en êtes-vous ?
Je publie un nouveau roman en janvier : « Une bonne raison de se tuer ». Le titre est emprunté à Cesare Pavese qui écrit dans son journal en 1938 : « Une bonne raison de se tuer ne manque jamais à personne ». Douze ans plus tard, il se suicidera. »

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Abdellah Taïa

« Il n’est pas entré dans ma vie par les livres »

© Ulf Andersen

Lors de notre récente rencontre, nous lui avons demandé de nous parler des deux textes qu’il consacre à Hervé Guibert en ce mois de décembre 2011 :
-La nouvelle L’homme blessé dans le recueil collectif DES NOUVELLES DU MAROC (Ed Magellan);

-Le texte L’Algérienne dans un numéro spécial de la Revue littéraire  consacré à Hervé Guibert (Ed Léo Scheer).

Abdellah Taïa et Hervé Guibert se rencontrent à distance

>> Ecouter

 

 

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Philippe Calvario

« J’étais littéralement transpercé par ses mots et maux »

En 2005, Patrice Chéreau et Philippe Calvario montent sur scène. Ils sélectionnent et lisent ensemble des textes d’Hervé Guibert dans Le Mausolée des amants.

Comment vous êtes vous retrouvez à sélectionner et lire des passages de Le Mausolée des Amants sur scène, avec Patrice Chéreau ?
« Cela s’est fait très artisanalement, nous avons Patrice et moi-même apporté chacun des textes d’Hervé Guibert. Dans un premier temps, les extraits étaient un peu denses et dramatiques puis Mon valet et moi est arrivé et avec ce texte le centre de cette lecture. Une sorte de duo de clown était né : Patrice en grabataire mourant et moi en gigolo persécuteur : nous nous sommes beaucoup amusés à le faire.

Connaissiez-vous le travail littéraire de Hervé Guibert auparavant ?
-Oui bien sûr , j’avais lu la trilogie SIDA comme on l’a appelé au moment de  mon adolescence , gros choc ! Puis j’ai vu L’homme blessé également, et j’en ai beaucoup parlé avec Patrice. Comme il aime le dire : « les fantômes font partis de sa vie ».

 Aimeriez-vous tenter d’autres expériences avec des textes de Hervé Guibert ?
-Pourquoi pas un jour oui, mais en tout cas pas sa pièce Vol mon dragon, à laquelle je ne comprends pas grand chose et qui a été faite magnifiquement par Stanislas Nordey, je crois. Je ne l’avais pas vu.

Qu’est-ce qui vous touche le plus chez lui ?
-Ce qui est résumé dans le titre de son film : sa pudeur et son impudeur, constamment mêlées l’une à l’autre. J’aime profondément ce mélange. le vrai et le faux entremêlés également, une thématique qui m’obsède et puis l’incroyable côté visionnaire qu’il avait : il parait déjà de son corps meurtri, blessé, avant sa maladie. Il y a quelque chose de presque mystique qui transcende toute son œuvre et son écriture.

Quel est le premier livre que vous avez lu de lui ?
-Je pense que c’est A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie ou Le protocole compassionnel, enfin c’était une de ses œuvres très gais… j’ai connu un grand choc physique à la lecture, comme avec l’écriture de Bernard-Marie Koltès. J’étais littéralement transpercé par ses mots et maux.

Son travail photographique vous intéresse-t-il ?
-Oui je trouve cela magnifique, je souhaite d’ailleurs acheter une photo un de ces jours, mais sa côte monte terriblement.

L’homme blessé vous parait-il hors du temps ?
-Hors du temps c’est assez joli car ça ne veut pas dire désuet. Cela veut dire en dehors de toute époque et dans ce sens je suis d’accord. Intemporel , comme les œuvres de Pasolini. C’est un petit chef d’œuvre dans son genre. Personne n’avait osé filmer cela auparavant. Je trouve très décevant les violences qu’il a engendré auprès d’un certain public homosexuel, qui disait que c’était un film noir, dramatique. On trouve Roméo et Juliette ou Phèdre absolument mélodramatique et beau parce que ce sont des hétéros mais sous prétexte que ce sont deux hommes cela devient désespéré. Patrice voulait tout simplement raconté cette histoire passionnelle comme il l’aurait fait avec un couple hétérosexuel. Le propos n’était pas de stigmatiser une histoire d’hommes mais de raconter une histoire d’amour qui finit mal.

De votre côté, vous en êtes où ?
-Nous sommes en tournée avec le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux (à Neuilly, les 28 et 29 mars 2012) puis les larmes amères de Petra Von Kant avec Amira Casar (à l’Athénée du 22 Mai au 9 Juin). La saison prochaine je mettrai en scène un spectacle pour jeune public Pacamambo de Wajdi Mouawad« .


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Jean-Baptiste Del Amo

« Le Mausolée des Amants, le plus beau de ses livres »

Il a préfacé le catalogue de l’exposition Hervé Guibert : Photographe qui s’est tenue au printemps 2011 à la Maison Européenne de la Photographie – Paris.

Pourquoi avoir préfacé ce catalogue ?
-En 2009, à l’occasion de la réédition du premier roman d’Hervé Guibert, La mort propagande, par les éditions Gallimard, j’avais écrit un article dans la NRF. Lorsqu’il a été question de publier un livre regroupant les photographies d’Hervé Guibert, Jean-Loup Champion, l’éditeur en charge du projet, et qui avait lu mon article, m’a proposé d’en écrire la préface. L’idée m’a plu pour diverses raisons : mon intérêt pour l’œuvre de Guibert et pour la photographie en général, le désir de continuer une réflexion sur son travail et le fait d’être à ce moment pensionnaire de la Villa Médicis (Rome) comme Guibert l’était en 87.

Vous connaissiez le travail photographique d’Hervé Guibert avant ?
-Je connaissais la plupart des clichés, mais je ne m’y étais pas particulièrement intéressé. C’est en préparant la préface du livre Hervé Guibert, photographe que j’ai pu pleinement apprécier les images de Guibert. À mon sens, elles sont indissociables de son travail d’écrivain et prennent un sens particulier lorsqu’on les contemple à la lumière de ses textes et de son film, La pudeur et l’impudeur.

Son écriture, vous nous en parlez ?
-J’ai un grand respect pour sa maîtrise, sa liberté et sa singularité. J’ai été plus particulièrement touché par certains de ses textes, comme La mort propagande, Mes parents et Le mausolée des amants, le plus beau de ses livres.

Votre écriture est loin de l’autofiction qui tient une part centrale dans l’œuvre d’Hervé Guibert, pour autant a-t-elle été marquée par celle-ci ?
-Si j’ai été marqué par la lecture des textes d’Hervé Guibert, je n’ai pas le sentiment d’avoir été influencé par son écriture, notamment parce que je l’ai lu tardivement. Nous avons des influences littéraires, des obsessions, des thèmes qui se font écho. En cela, j’ai été touché par l’homme, ou ce que je crois en deviner, et par ses livres.

Selon vous, son travail a-t-il influencé, modifié la littérature française de la fin du 20e siècle ?

-Il me semble évident qu’il a apporté quelque chose d’inédit dans le traitement et la représentation du sida par l’écriture, à la manière de David Wojnarowicz aux États-Unis.

Pour ce qui est de l’autofiction, que l’on évoque souvent comme un mouvement dont Guibert aurait été l’un des précurseurs, je n’y crois pas en tant que courant littéraire moderne. Hervé Guibert s’est d’ailleurs inscrit dans l’héritage d’auteurs du XXe tels Genêt, Guyotat, Duvert (sans doute), Barthes, etc.


Quel est le premier livre que vous avez lu de lui ?

-J’ai lu son premier roman, La mort propagande, que j’ai trouvé admirable. J’avais plus de réticences à lire ses textes sur le sida et j’ai finalement lu ses livres de façon assez chronologique pour les besoins de l’article. J’avais ce sentiment enivrant que procure la découverte d’un auteur qui nous parle intimement.

De votre côté, vous travaillez sur quoi actuellement ?
-Je me consacre pour l’instant à de l’écriture de scénarios et j’ai, entre autres, un projet sur Hervé Guibert, dont certains textes ont de toute évidence une dimension très cinématographique ».

 

 

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Autour d’Hervé Guibert, encore

 

Zouc, l’amie

Avec Zouc, par Zouc : leurs destins croisés et leur amitié sans faille se retrouvent sur scène alors que tous deux en sont sortis. En 2006, Nathalie Baye s’empare à bras le corps du texte d’Hervé Guibert >>ZOUC par ZOUC au théâtre du Rond Point, dossier de presse.

D’autres auteurs, d’autres noms, des parcours s’enchaînent dans celui d’Hervé Guibert. Difficile de citer tout le monde sans omettre, trahir. Difficile de ne pas évoquer certains, plus que d’autres. Carnet(s) vous donne encore quelques pistes à suivre.

 

Carnet(s)

 

 

Hervé Guibert via Wikipédia, portrait et informations

Brigitte Ollier : Hervé (recueil de témoignages) Éditions Filigranes

Site Autofiction.org, Hervé Guibert

L’Atelier fantôme d’Hervé Guibert, France Inter

Herveguibert.net, site dédié à Hervé Guibert (voix, entretiens, témoignages)

Hans Georg Berger, Les portraits d’Hervé Guibert

Mathieu Lindon, Ce qu’aimer veut dire (autour de Michel Foucault, Hervé Guibert)

Matricule des Anges, Zouc par Zouc

La revue littéraire, n°51 consacré à Hervé Guibert

Arnaud Genon, Hervé Guibert : vers une esthétique postmoderne (l’Harmattan)

Michel Foucault


Isabelle Adjani

Robert Pujade

ZOUC

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10 Responses to “Hervé Guibert : 27 décembre 1991”

  1. Moi 31 décembre 2011 at 9 h 58 min #

    c’est bien d’en parler, faut pas oublier ces auteurs

  2. Elle et fan 31 décembre 2011 at 9 h 59 min #

    J’étais jeune mais ça me parle cette période était folle, Guibert reste dans mon coeur, merci pour lui

  3. Add ict 31 décembre 2011 at 12 h 23 min #

    Guibert for ever, merci le blog

  4. Jeanne in 31 décembre 2011 at 12 h 24 min #

    L’expo a la MEP était vraiment bien, RIP à Hervé, souvenir pour ses proches

  5. michelle H 4 janvier 2012 at 12 h 32 min #

    je l’ai connue par l’intermédiaire de mon fils qui en était fan,pour votre commentaire je ne dirai qu’un seul mot bravo

  6. Mathilde Fall 4 janvier 2012 at 21 h 42 min #

    les photos ce n’est pas ce que j’aime le plus chez cet artiste, en revanche son écriture me bouleverse vraiment, vous avez bien fait de raviver nos souvenirs!

  7. Max' Boy 5 janvier 2012 at 21 h 24 min #

    j’accroche pas perso mais chacun ses gouts, en tout cas c’est pas mal d’en parler comme ça, faut pas oublier les gens

  8. Isabelle S 7 janvier 2012 at 17 h 21 min #

    Merci pour votre blog, lu et écouté avec le plus grand intérêt le jour de sa parution . Venant de découvrir avec passion toute l’oeuvre d’Hervé Guibert, qui pour moi ne fonctionne vraiment que dans sa globalité, j’attendais un hommage à la hauteur de cet écrivain majeur dont on ne parle pas assez ou mal, et je n’ai pas été déçue : un excellent numéro de La Revue Littéraire, un excellent article dans Médiapart, complété par votre excellent blog.

    J’ai particulièrement aimé la précision et la sincérité des témoignages et confidences recueillis, très différents les uns des autres, mettant ainsi en valeur différentes facettes de l’oeuvre protéiforme de Guibert et de sa personnalité.
    D’abord avec le beau témoignage de Régine Deforges (qui en plus me permet de compléter ma collection de noms décryptés ) . Mais je ne crois pas qu’Hervé Guibert haïssait ses parents . Je crois plus à un sentiment ambivalent, exacerbé négativement par une volonté forcené de sincérité et de provocation. Dans ses écrits, de nombreuses notations vont dans le sens d’une certaine complicité avec ses parents, aussi paradoxale qu’ inattendue ( Jean-Baptiste Del Amo Le constatait aussi pour les photos de ses parents exposées à la MEP ) Même s’il les tient à distance, il communique avec eux par courrier ou téléphone, jusqu’à la fin . Il n’y a jamais eu de rupture totale.
    Et puis j’ai beaucoup aimé le témoignage de ses deux amis proches : Patrice Chéreau et Bernard Faucon, qui sont aussi pour moi des personnages de fiction,que l’on retrouve dans de nombreux textes sous différents noms. C’est étrange de les écouter, à la fois si proches de leurs personnages de fiction, et si différents.
    J’ai aimé l’honnêteté sans pathos de Patrice Chéreau, qui parle de son travail avec le jeune écrivain . leurs relations n’ont pas été simples ( voir les textes très durs de « La Piqûre d’amour » ), mais heureusement, finalement fructueuses . Les contes pour enfants dont il est question au moment de leur rencontre, et dont il est aussi question dans « Mes Parents », n’ont pas été publiés … ?
    Bernard Faucon, lui, est beaucoup plus proche et amical, ce qui est attendu . Il s’exprime cependant, avec une même exigence de sincérité . Il ose dire qu’ Hervé n’était pas un photographe à part entière, mais d’abord un écrivain . Oui, c’est aussi ce que je pense . la photo ne fait que découler de son écriture, et l’accompagner : sans ses textes, ses photos retournent à une élégance banale, et ne méritent pas le statut d’oeuvre d’art . Il ose aussi dire, avec une formidable inconvenance, que les morts sont restés en arrière sur le chemin, loin de nous, dans leur époque. Pour lui, c’est un sentiment intime, qui concerne un ami proche. Pour nous, la question est de savoir si dans cette mesure,l’écrivain Guibert peut perdre une part de son actualité, de sa force, ou même s’il est « démodé » . Terme particulièrement injurieux pour un artiste, mais c’est exactement ce que sous-entendait une émission de France Culture écoutée au moment de l’expo de la MEP : sous-entendu qui m’avait terriblement agacée, qui m’avait semblé très injuste … mais qui m’interroge aussi .
    La réponse est donnée, en partie, par les « confidences » de plus jeunes qui ont été touchés par son écriture au point de la réinscrire dans leur pratique créative . Hervé Guibert ne peut être démodé, pas plus que Flaubert, s’il influence d’autres créateurs . Je compte sur Philippe Besson, Abdellah Taïa, Philippe Calvario, Jean-Baptiste Del Amo … et d’autres j’espère.

  9. Isabelle S 31 janvier 2012 at 18 h 32 min #

    Les écrits de jeunesse dont il est question, ont été publiés avec « La mort propagande » aux éditions Régine Deforges en 1991, et n’ont pas été republiés depuis . Pourtant ils sont en effet extrêment intéressants. Je les trouve très beaux, très émouvants.

    Pour ses photos, je voudrais corriger mon commentaire précédent, qui exprime bien mal l’attachement que je leur porte . Elles sont justes, elles sont bouleversantes . Que leur demander de plus ? Les écrits d’Hervé Guibert sur la photographie, toujours pertinents, expriment d’ailleurs fort bien sa démarche, avec une compréhension extrêmement sensible de ce qu’est la photographie, et une grande connaissance du travail de tous les photographes : ceux qu’il a fréquenté, et ceux qu’il a étudié.

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  1. Hervé Guibert : 20 ans | Madimado's Blog - 27 décembre 2011

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