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Benjamin Rosenberg : "Paris, nulle part ailleurs"

25 Jan

Son troisième roman FRANCEBITUME sort aujourd’hui. Il a 22 ans, vit à Paris et nous a raconté son parcours lors d’une halte (dans nos bureaux) sur la longue route médiatique qui s’ouvre à lui. Souriant, enthousiaste, ce jeune écrivain parisien nous a expliqué d’où il vient, ce qu’il vise et comment il compte nous prendre par la main pour nous enrôler dans son voyage littéraire qui ne fait que commencer.

 

Présentation de FRANCEBITUME
par Benjamin Rosenberg en personne

 

Benjamin Rosenberg présente… FranceBitume par mairiedeparis

A 14 ans, il a écrit Etienne marre (nouvelle), à 19 Nocturne céleste un roman sur le beau Paris et devient parallèlement chroniqueur pour lelittéraire.com

Aujourd’hui nous l’attrapons au vol, fiches et questions en mains alors que son nouveau roman sort tout juste en librairie. Débordant d’énergie et de rendez-vous, il prend néanmoins le temps de s’asseoir à notre table et celui de nous raconter son petit bonhomme de chemin prometteur.

Nos questions, ses réponses

 

FRANCEBITUME, ça parle de quoi ?

-C’est l’histoire d’un jeune de cité qui écrit un roman. J’ai voulu à travers ce livre déconstruire tous les a priori. Il s’appelle Aziz, il est musulman, ne fait pas grand-chose de ses journées, vit dans une cité, je pars d’une généralité pleine de clichés et je déconstruis tout cela.
Aziz écrit un roman et même s’il n’a pas forcément bien commencé dans la vie, il prend à bras le corps son projet, je montre aussi qu’il aime la France, son pays, sa culture à l’inverse de ce que l’on peut imaginer au début de l’histoire.

Il s’agit d’une mise en abyme ?

Oui, et puis l’histoire se passe à Paris dans les années 70. Je brosse le Paris dans ces années-là, l’ambiance, la confrontation entre les cols blancs et les soixante-huitards qui veulent un autre monde. Je touche au débat sur la société de consommation, sur ce que l’on a fait, ce que l’homme est devenu dans le Paris des années 70 et puis du Paris d’aujourd’hui aussi, mais vu cette fois-ci du point de vue d’Aziz qui lui vit dans le Paris sensible, le Paris des cités.

Pourquoi parler de Paris sur deux périodes différentes ?

-Pour décrire l’évolution de Paris. On part d’un Paris dans lequel les jeunes veulent changer le monde, s’émanciper de la société capitaliste et on se retrouve dans le Paris d’aujourd’hui avec ces problèmes contemporains, ces problèmes sociaux. Ce sont eux qui m’ont donnés envie d’écrire ce livre. J’aime parler des problèmes sociaux, les mettre en avant dans la discussion je suis très intéressé par les problèmes que l’on rencontre dans les cités. Je ne viens pas d’une cité mais j’ai parlé plusieurs mois avec des jeunes qui y vivent, j’ai découvert l’envers du décor en me rendant sur place. J’ai croisé des jeunes, j’ai expliqué ma démarche : je suis un jeune romancier, je veux écrire, parler des cités… racontez-moi votre quotidien. Aussi simple que cela.

Dans Nocturne Céleste vous parliez déjà de Paris. Vous comptez parler de Paris dans tous vos ouvrages ?

-Oui. J’ai l’ambition de représenter Paris différemment dans toutes mes oeuvres. J’ai toujours été parisien, j’adore cette ville, je ne me vois pas vivre ailleurs qu’ici parce que j’aime tout dans Paris, même les gens qui font la gueule dans le métro, c’est en moi, je suis habitué à tout cela. Je me balade souvent sur les bords de Seine en partant de Sully-Morland je marche jusqu’à Concorde. Je sors dans les anciens quartiers populaires comme Oberkampf, le 20e, le 18e, Pigalle… et je veux décrire toutes ces facettes de Paris, tous ces styles, le Paris bobo, le Paris populaire, le Paris chic, le Paris des cités…

A ce propos, comment avez-vous été accueilli par les jeunes que vous avez rencontrés pour FRANCEBITUME ?

-Au début, ils étaient sceptiques. Ils se demandaient si j’étais un flic… mais rapidement ils ont compris que je m’intéressais à eux tout simplement. Ils m’ont donc parlé ouvertement de leur vie, de leur quotidien.

Et donc, comment voient-ils Paris ?

-En général, ils voient Paris comme un monde inaccessible. Pour beaucoup, il y a vraiment une barrière. Il y a d’ailleurs plusieurs scènes dans FRANCEBITUME où des jeunes viennent à Paris, rappelez-vous comme dans la Haine de Mathieu Kassovitz quand les acteurs vont à Paris et y font un peu n’importe quoi… il y a ces mêmes regards encore et ces mêmes comportements dont je parle. Les jeunes se sentent vulnérables et mal-aimés, ils sentent qu’ils n’ont pas leur place dans le beau Paris.

On parle bien d’exclusion ?

-Je ne veux pas généraliser mais pour ceux que j’ai rencontrés, oui, ils se sentent exclus. Ils trouvent que les parisiens ne s’intéressent pas vraiment à eux. Un parisien qui va en banlieue en général c’est pour acheter des produits et… c’est tout. Il y a vraiment deux mondes de leur point de vue et certainement aussi de celui des parisiens eux-mêmes en général.
Et puis je parle de Rap. J’adore le rap, c’est aussi pour cela que j’ai écrit ce livre. Il y a Kery James dans mon livre. Pour moi, c’est important, c’est un nouveau style de poésie, il y a aussi du slam. Je trouve que le slam est magnifique. J’ai essayé de donner dans mon livre au Slam, au Rap la place dans la culture urbaine que l’on devrait leur donner normalement.

Image de prévisualisation YouTube

 

Nous avons rencontré Rouda à l’automne, vous connaissez ?

-J’ai vu ça sur votre site. Oui Rouda, j’aime vraiment aussi beaucoup. Je ne l’ai jamais rencontré personnellement mais j’aime beaucoup ce qu’il fait, son investissement dans les quartiers et ses collaborations avec Grand Corps Malade… ce serait un plaisir de le voir et de discuter avec lui de tout cela. »

 

Invitation lancée. Et pourquoi pas une rencontre dans les locaux de Paris à l’air livre, d’ailleurs ?

 

Complément

Un exemple : quand la cité des 4000 faisait parler d’elle, c’était en… 1982.

Ce regard médiatique, humain et parisien sur la banlieue a t-il vraiment changé depuis ?

FRANCEBITUME, aujourd’hui en librairie.

 

— Carnet(s) —

 

L’Harmattan Editions

Nocturne céleste, éditions Le Manuscrit

Benjamin Ronsenberg, le blog

Lelitterraire.com

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4 Responses to “Benjamin Rosenberg : "Paris, nulle part ailleurs"”

  1. AlluZ 1 février 2012 at 19 h 53 min #

    excellent la vidéo d’entrée, il est marrant j’achète 🙂

  2. Sandrine Hermon 1 février 2012 at 19 h 53 min #

    vous l’avez lu?

  3. Yohan 2 février 2012 at 20 h 34 min #

    sujet casse gueule la banlieue c’est pas rose, faut pas croire

  4. Audrey 16 mars 2012 at 21 h 11 min #

    Magnifique.
    Puissant et léger, ce bouquin mérite d être lu. Bravo

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