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Les Funambules

22 Fév

Funambules de Julia Germillon | Editions Lunatique

Comme l’artiste de cirque, l’héritier des danseurs de corde (18e et 19e) qui se déplace sur un fil tendu, Julia Germillon pousse les personnages de son roman à naviguer à vue dans Paris. Son premier roman, elle est venue nous en parler dans nos locaux. Elle a bien fait. Nous l’avons lu, voici ce que l’on en pense.

Présentation

4ème de couverture
Paris, 1991. La voix de Serge Gainsbourg vient de s’éteindre à jamais tandis que celle de Nirvana se répand sur les ondes, la chute du mur de Berlin fête tout juste ses deux ans, et trois jeunes errent dans les quartiers du nord-est de la capitale. Révolté autant qu’effacé, Ben vivote de squat en squat, en marge de la société. Après la chute du Mur, Sara, jeune Allemande volontaire, plaque tout pour faire sa vie à Paris. Jane, quant à elle, remet en question sa vie rêvée par un grand-père aimant et fantasque. Il y a aussi Baba, le joueur de saxo de la station Blanche, Bonaventure, le peintre ivoirien au charisme intimidant, Pépé, qui prépare les meilleurs tartines aux rillettes au monde; et puis, il y a Mimi… existe-t-il un mode d’emploi pour se construire quand autour de soi tout semble illusoire et incertain ?

Rencontre

Julia Germillon

 Fin d’après-midi. Julia Germillon a toqué, j’ai poussé la porte de notre bureau. Il faisait encore ce temps glacial. Les joues rougies par un vent Berlinois mais le sourire vivifiant, je lui ai laissé le temps de se poser, le temps de souffler la peau fumante d’un bon café qui l’attendait, et puis nous avons discuté :

Funambules est donc votre premier roman…

« Oui. Et l’histoire se passe à Paris, en 1991. Le livre s’ouvre au lendemain de l’enterrement de Serge Gainsbourg. On suit la vie de trois personnages, Sara, Ben et Jane. Sara une jeune allemande fraîchement arrivée à Paris, qui commence sa vie. Ben et Jane sont aussi deux jeunes, ils habitent Paris, y errent, se cherchent…

Pourquoi avoir adossé votre histoire à cette période et Paris ?

-Paris, parce que j’y habite et que c’est une ville inspirante, tant au niveau historique qu’au niveau de tous ces petits quartiers que j’aime bien. Il n’a pas été simple de retrouver les quartiers que j’affectionne aujourd’hui, de les transposer au début des années 90, Paris a évolué, surtout le Nord-Est de la capitale d’ailleurs. Ces quartiers sont plus bobo aujourd’hui mais à l’époque ce n’était pas le cas. J’ai mené un travail de recherche passionnant. Et pour répondre à votre question, j’ai choisi cette période parce que je suis franco-allemande et que j’ai vécu à Berlin aussi, c’est une ville que j’adore et la chute du mur est une période extraordinaire. J’ai toujours du mal à réaliser qu’il y ait pu y avoir un mur, cette frontière en pleine ville… j’ai trouvé que cela donnait du caractère au personnage, à Sara qui a tout un passé à Berlin qui la hante et dont elle essaie de se libérer. Comme Berlin. Enfin, 91 c’est tout un univers musical pour moi. Rock, mais grunge aussi avec un des premiers singles de Nirvana, c’est un univers musical qui m’intéressait.

Et Gainsbourg ?

-Cela correspond à la période et dans les souvenirs de Ben, il y a beaucoup de Gainsbourg. J’ai écouté Gainsbourg, Brel aussi dont je parle dans Funambules… mes parents les écoutaient, ils ont bercé mon enfance, celle de mes personnages.

Votre coin préféré de Paris ?

-Tous ces quartiers dont je parle dans mon roman. J’habite près de Bastille, plus proche du centre de Paris… je sais qu’il y a des quartiers magnifiques dans l’Ouest, vers le 14e mais je m’y retrouve moins.

Berlin ou Paris ?

-Difficile de choisir. C’est deux villes sont très différentes. Berlin, ce sont des grandes avenues bien espacées, je crois que cela fait quelque chose comme six fois Paris, il y a beaucoup de parcs… à la limite Berlin me fait davantage penser à Londres, alors que Paris pour moi c’est vraiment les petits quartiers chaleureux, les petites ruelles pavées et puis… et puis Paris est une ville musée alors que Berlin a été complètement détruite, ce n’est pas forcément… beau, c’est plus moderne en tout cas. La seule chose qui me manque de Berlin ici, ce sont les espaces verts beaucoup plus grands et ouverts sur la ville.

Pour en revenir à  Funambules, vous écrivez depuis longtemps ?

-J’ai toujours écrit. D’abord, pour le théâtre. J’ai monté une pièce il y a quelques années, à l’époque je jouais au théâtre, l’écriture est donc venue toute seule, comme une évidence. Et puis j’ai commencé à écrire quelque chose qui ressemblait plus à un roman… Funambules. L’écriture théâtrale m’a aidé, pour les dialogues par exemple, j’ai de bons retours sur les dialogues de Funambules.

Pourquoi avoir choisi ce titre ?

-Parce que cela correspond bien aux personnages. Ils sont tous les trois au début de la vingtaine, ils ne sont plus adolescents mais restent à une période charnière de leur vie, période où l’on se cherche, où l’on se retrouve d’une certaine manière en équilibre entre deux états et puis il y a aussi des intrigues parallèles dans Funambules, on sent que tout peut vite basculer, leur vie, comme la nôtre d’ailleurs est sur un fil et finalement parfois il suffit d’un simple évènement inattendu pour que tout bascule.

Vous travaillez sur quoi en ce moment ?

-J’écris la suite de Funambules.

On peut vous voir où prochainement ?

-Le 26 février, 18h, je serai au Sonar(t) (9e) pour un pot dédicace. »

Ce que j’aime

 L’acrobatie, celle qu’elle tend entre les personnages, leurs parcours et ces parallèles qui filent vers des trajets immobiles. Le poids des vies est porté par une narration et des dialogues simples, efficaces et tranchés qui laissent respirer la lecture, le rythme aux petits oignons.
Paris joue aussi un rôle central, se calque sur les histoires, les plaisirs et déceptions des personnages, toutes les lumières de la capitale changent le relief que Julia Germillon entend donner à l’ensemble. Premier roman, première réussite.

Complément

Dans la bande son de Funambules, je pioche…

 

… bonne pioche, non?

 

Tout pour aujourd’hui.

 

 

Carnet(s)

Funambules

Editions Lunatique

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5 Responses to “Les Funambules”

  1. Augustin le chat 1 mars 2012 at 15 h 08 min #

    Article très intéressant! ca donne vraiment envie de lire ce livre. merci!

  2. Marc T 8 mars 2012 at 16 h 53 min #

    Où on le trouve ?

    • Val 10 mars 2012 at 11 h 41 min #

      Sur le site http://www.editions-lunatique.com ou il faut le commander auprès de son libraire s’il ne l’a pas. C’est ce que j’ai fait. Je l’ai eu en deux jours et je l’ai lu en encore moins de temps !

      • Batist Aubrian 12 mars 2012 at 9 h 56 min #

        Merci Val

  3. Manuela 8 mars 2012 at 16 h 54 min #

    Oui un livre qui m’a absorbé, pareil

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