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Et si Mai 68 avait débouché sur une guerre civile ?

25 Juin

Crédit Jour J - bande annonce

Huit ans après l’insurrection de mai 68, Paris est embourbée dans une guerre civile interminable. En 1976, les forces de l’ONU débarquent, chargées de rétablir la paix sur le territoire. C’est le point de départ de la BD  « Paris brûle encore », huitième volume de la collection de bande dessinée chroniques « Jour J ». On y découvre un Paris martyre, lieu clos des affrontements entre factions rivales, groupes extrémistes et clans mafieux.

Et si l’histoire avait pris un cap différent…

Alors que l’insurrection étudiante de 1968 se prolonge, le président Charles de Gaulle tente de rallier les troupes françaises en Allemagne. Interprétant son geste comme une tentative de fuite, la foule parisienne prend l’Élysée d’assaut et le président meurt.

La guerre civile parisienne menace de se transformer en troisième guerre civile, et Paris est le terrain d’une guérilla urbaine sanglante. C’est dans ce théâtre lugubre que débarquent les forces de l’ONU, et avec un elles, un journaliste, photographe pour le Boston Globe., Olivier Nooman.

On suit la route de ce journaliste, accompagné de sa guide, la mystérieuse et non moins sexy Pallas. Officiellement en reportage, Olivier agit en sous-main pour le compte d’un riche collectionneur  d’œuvres d’art . Embarqués de nuit dans un taxi pourri, on les suit sur une quarantaine de pages sombres, découvrant les ruines, et les clans que la guerre civile opposent.

La BD «Jour J»explore une approche historique contre-factuelle, ce qu’on appelle une uchronie, et qui correspond au mouvement historique anglo-saxon de la » what if history ». Mêlant des références historique précises et des anachronismes étonnants, les auteurs Duval et Pécau nous trimballent au cœur de milices rivales: punks anarchistes, combattants du Christ Roi, militants du SAC (Service d’action civique, ancien service d’ordre de l’ex-Parti gaulliste UDR)…

Dès les premières pages, le  débarquement américain sur les côtes normandes résonnent et cette citation d’un militaire n’est d’ailleurs pas sans rappeler la guerre américaine en Irak, ou plus récemment en Afghanistan  « c’est vrai qu’on doit maintenir quelque chose, Tony, mais je ne sais pas si c’est la paix ou les intérêts de l’Oncle Sam, » lance Olivier aux soldats américains.

Autre référence,  les extrémistes catholiques emmenés par Monseigneur Lefebvre pèsent dans les batailles parisiennes et mènent « la bataille contre les suppôts de Satan » depuis les sous-sol parisiens de la butte Montmartre, où ils brûlent la Mona Lisa de Léonard de Vinci. Ennemis des punks drogués aux amphètes, ils leur livrent des combats rudes dans le 18e arrondissement parisien. Dans les dernières pages de la bd, les Lefebvristes sont finalement condamnés par le Pape dix ans après la fin des combats. Ce qui correspond d’ailleurs à l’excommunication de Monseigneur Lefebvre en 1988, une réalité historique.

Les auteurs s’amusent d’ailleurs à manipuler certains événements, ainsi la bataille de Stalingrad, qui désigne habituellement les combats de 1943 entre l’URSS et le Troisième Reich, devient la bataille du métro Stalingrad de 1969 (page 47)!

Un Paris effrayant

 

Nous sommes plongés dans l’obscurité en même temps que le héros Olivier Noon qui roule en un taxi sur les routes accidentées de la capitale et pendant toute la nuit. Le dessin est classique et précis.

Les scènes apocalyptiques et spectaculaires sont très réussies et  le dessin d’un Paris dévasté donne quelques fois la chair de poule .

Le dessinateur Damien, qui a beaucoup travaillé avec Pécau, sur la BD fantastique Les Fées noires, sur la série Arcane majeur et sur Une brève histoire de l’avenir, laisse éclater son talent.

Il réussit à faire vivre la noirceur et la violence de ce Paris de l’année 1976.

 Voir la bande annonce des épisodes 8 et 9 de la série Jour J

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