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Paris est LA ville du crime

4 Sep

Crédit Flicr CC par Fufue

La rentrée vous donne des frissons ? Tant mieux. Parce qu’au rayon des pages gonflées à l’adrenaline, voici l’auteure qu’il vous faut. Laura Sadowski. Son 4ème opus, tout comme les précédents, attrape et prend à la ligne un genre littéraire « américanisé » à force de n’être (quasiment) traité que par des auteurs outre-atlantique. Il était temps qu’une auteure française,  parisienne de surcroît, nous fasse plonger dans l’envers du décor. Rencontre.

 

La géométrie du tueur

4e de couv’

Voilà deux ans que la fille unique de Mathis Clay’h, avocat, a disparu une nuit sans laisser de traces. Depuis, divorcé, dépressif et insomniaque, il tente de surmonter sa douleur en assurant des permanences pénales qui le font errer des parloirs des commissariats aux couloirs des tribunaux.

L’apparition soudaine d’un tueur en série et maître chanteur, dont le procès est imminent, va le plonger dans un effroyable dilemme : réussira-t-il à faire acquitter ce psychopathe criminel pour obtenir la vérité sur la disparition de sa fille ? Et si elle était toujours en vie ?

Leçon de choses et de genres

Copyright « le concierge masqué »

Laura Sadowski a ce petit quelque chose qui me plaît. Venue parler de son travail, c’est d’abord elle qui me pose des questions sur le mien. Nous discutons, littérature. Pas directement d’elle. Voix douce, sourire posé. Pudeur, curiosité joyeuse, un peu des deux.

Ce n’est qu’après un bon quart d’heure d’échange qu’elle se confie. De toute évidence, elle connait son affaire. J’en profite et dégaine : c’est quoi un thriller, c’est quoi un polar ?

Laura (nous) nous éclaire sur certaines petites nuances qui ont toute leur importance :  

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La suite en texte

Pourquoi écrire des thrillers ?

« Je suis avocate de formation. Et puis j’étais très étonnée de voir dans les métros, les trains des gens lire des legal thriller anglo-saxon et très rarement en français. Je me suis demandé à quoi cela se tenait. J’ai découvert qu’il y en a très peu, il y a Boileau-Narcejac qui s’y est essayé, il y a aussi l’hermine était pourpre de Pierre Borromé, mais peu d’autres parce que d’abord, il faut connaître le système judiciaire français et puis ce n’est pas établi dans la culture littéraire française. Nous sommes encore dans le roman policier à la Maigret en France, du moins on en sort difficilement dans le roman policier. Nous y arrivons mieux dans le thriller.

Parlez nous de votre travail…

-Mon premier roman s’appelle L’affaire Clémence Lange. C’est l’histoire d’une détenue qui estime avoir mal été défendue, mais c’est trop tard sa condamnation est définitive. Elle fait venir son avocat et elle le séquestre. Les rôles sont inversés. La coupable devient procureur, toute la question est de savoir comment va s’en sortir l’avocat. S’il s’en sort. Ce premier livre est d’abord thriller, la partie judiciaire est secondaire.

Et votre nouveau roman ?

-C’est l’inverse. J’ai utilisé tout le système judiciaire français et toute la tension nait sur le procès et ses rebondissements. J’aime le réalisme qu’apporte le roman judiciaire. C »est très codifié. A côté de cela, j’ai écrit 4 romans et un d’eux est un pur thriller, basé sur la peur elle-même, sur l’inquiétante étrangeté. Ce n’est ni du fantastique, ni du réel. Vous vous demandez ce qu’il se passe si le héros est fou, vous êtes à la lisière. Cela m’a beaucoup plu. J’ai fait un pur roman policier, le flic, l’enquêteur, la journaliste… avec une fliquette issue de l’immigration, homosexuelle… voilà. Mais ce n’est pas un roman policier qui, lui, met en scène les ressorts de la justice. Et s’il y a bien un thème qui travaille la société en ce moment, c’est celui de la justice. Il y a une lutte. L’éternelle lutte entre le bien et le mal. Un autre point est essentiel : la psychologie, on parle de de la psychologie du criminel. On voit l’aspect sombre de l’humanité.

Et le nôtre aussi ?

-Absolument. D’ailleurs la plupart des jurés se pose cette question, et si j’avais à sa place, qu’est-ce que j’aurais fait? Surtout dans les crimes passionnels. En France, nous sommes dans un des pays qui donne le moins de peine pour les crimes passionnels. Si j’avais trouvé l’amant dans mon lit, qu’est-ce que j’aurais fait… on aurait touché mon enfant… c’est l’affaire du petit Grégory, le père tire sur l’assassin présumé , on se dit qu’à sa place… mais je ne prends pas partie. Pour le coup, je reste dans la tradition française, les personnages ne sont pas manichéens, il y a une part qui nous interroge. Dernier point, l’écriture. J’attache énormément d’importance à l’écriture. Je travaille chacun de mes textes sans correcteur. On peut se dire, voilà, cela va être lu sur une plage, pas la peine de se compliquer la vie… non, je ne veux pas bâcler. Le livre ne doit pas être produit, cela doit être un texte.

 Et Paris dans tout cela ?

-Paris est la ville de tous mes romans. C’est vraiment ma ville. En Italie, il y a Rome, en Angleterre, Londres… moi j’ai Paris, c’est la ville de mon espace imaginaire. La capitale génère une mythologie, ses rues, ses nuits, quartiers populaires… et puis c’est aussi une ville du crime. Depuis Marot, depuis Boileau c’est la ville du crime mais aussi de la rédemption. Et puis, Paris est une scène. Il y a une beauté à parler de la Seine, des quais… dans mon premier livre je parle de la prison de Fleury qui est la plus grande prison d’Europe, il faut le savoir. Et Fleury ne peut exister qu’en lisière de Paris, ce ne serait pas possible à Poitiers, à Soissons… rien que prononcer le nom, pour moi c’est l’encre. Pour mon dernier roman, j’ai essayé d’aller dans une autre ville, impossible. J’ai beaucoup voyagé, je connais bien Rome, Londres mais aucune autre ville ne ressemble à Paris. Vous pouvez passer du Louvre à Barbès en un rien de temps, Paris porte dans son ventre un tel contraste, une telle humanité et inhumanité à la fois… »

Bonus

En résumé

La géométrie du tueur

Laura Sadowski, le blog

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One Response to “Paris est LA ville du crime”

  1. pascal 10 septembre 2012 at 18 h 59 min #

    C’est un genre qui demandait une plus grande lisibilité, frisson assuré et arme à gauche du coté où l’on se place.

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