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Vous avez demandé La Mort, ne quittez pas...

31 Oct

copyright : C.C. Puuikibeach/ in Flickr

Parce que le temps qu’il fait dehors et celui qui passe dedans sont propices au recueillement et à la lecture, parce que c’est le jour où jamais d’en parler, nous avons découvert entre deux méditations un livre pas banal qui pourrait bien (nous) aider à réconcilier l’ensemble de nos temporalités.  700 articles 1000 personnalités et une star incontournable, voici l’anthologie consacrée à… La Mort. Présentation et rencontre.

1-Extrait

La naissance du corbillard. p9

C’est à presque trente kilomètres de Paris, dans la commune de Corbeil, qu’il faut chercher l’origine du mont « corbillard ». Au Moyen Age, Corbeil était un des ports de ravitaillement de Paris. Entre les deux villes, circulaient sur la Seine des bateaux à fond plat chargés de bois, de vin ou de céréales. Sur une ancienne gravure du XVIe siècle, on les trouve sous l’appellation de « corbillac », cependant le terme en usage, directement dérivé de Corbeil, était « corbeillard ». Quand la peste noire frappa Paris, en 1348, ces « corbeillards » eurent la charge funeste de servir à l’évacuation des cadavres pestiférés. Le Parigot d’alors déforma le nom en « corbillard » et, Paris décident de la mode et de tant d’autres choses, le terme est resté et s’est imposé au pays tout entier.

2-Rencontre à 4 mains (gantées)

Depuis quand la mort est-elle une Star ?

Anton « Depuis 1982, bien sûr ! Quand les Clash concluent leur album Combat Rock (et leur carrière) avec le titre Death Is a Star, devenu naturellement le titre de notre livre… Depuis la Guerre des étoiles et L’Étoile de la mort du Retour du Jedi (toutes les explications de l’affaire, p. 419), depuis le Deathrock (p. 188). Depuis Roy Sheldon (p. 219). Depuis les danses macabres (Dead can dance, p. 369)….

Agnès – « Depuis que l’œil était dans la tombe et regardait Caïn…

At– Bref, depuis l’aube de l’humanité. La mort est là, toujours, au cœur de nos réflexions, de nos fantasmes…

Ag– De nos angoisses…

At– On la vénère…

Ag– On la craint…

At– On fait du headbanging en scandant son nom.

Ag– La mort… la vie, quoi!

Bien. Comment est née cette aventure à quatre mains ?

Anton Au hasard d’une conversation sur les morts comparées des stars de Hollywood… « Et Joan Fontaine, elle est morte comment ? Ah ! Elle est pas morte… « 

Agnès– C’est exactement ça, dans la rue, à deux pas de l’Académie. Mais rien à voir avec l’âge des Académiciens… Et tout en marchant, l’idée s’est mise en place en s’élargissant. Bien sûr, la mort! C’était parti. Tout est venu d’un coup, le titre, la couv’, le sous-titre, « la mort sa vie son œuvre ».

At On ne pensait plus qu’à ça. On a regardé autour de nous, dans notre bibliothèque, dans nos disques, dans nos DVD, dans nos souvenirs. Il y avait des tonnes d’histoires fascinantes, drôles aussi, dans tout ce qu’on aimait, le cinéma, la musique, la littérature… On a travaillé jour et nuit, surtout la nuit. On écoutait des morceaux, on cherchait des photos…  Après, il a fallu écrire, mettre en page, illustrer… toujours en restant collé à notre univers, à nos obsessions. Après quelques semaines, on avait des centaines d’entrées et des milliers d’images.

Ag– On a revu des films, on a compté les morts dans Ben Hur, on a écumé les cimetières, on s’est acheté un crâne en plastique… Il m’a même obligé, sous la torture, à écouter du Deathrock…

At Elle m’a obligé à tester ses meilleures recettes de gâteaux de la Toussaint ! Et je passe sur sa manie des citations latines.

Et sinon, qui fait quoi dans l’histoire ?

Crédit : Flammarion – Lenoir – Michaux

Anton– Elle fait le thé.

Agnès– Il fait le café.

At– Entre les boissons chaudes, on a fonctionné à l’envie. On a chacun nos « spécialités ». L’écriture s’est répartie comme ça. Platon, c’est elle.

Ag Les Pixies, c’est lui. Hunter S. Thompson, c’est lui.

At– Jim Morrison, c’est elle. Et Hailé Selassié, Malaparte, Fritz Lang, la guillotine..

Ag– Et lui, Sherlock Holmes, la série Le dernier repas de.., Les funérailles de Malcolm McLaren, Les films où le héros meurt à la fin… Il m’a laissé les températures de la Toussaint à Paris depuis 1900. C’est mon kif, la météo.

At– Et les Monty Python, c’est nous ! Au final, tout s’est fait à deux : choisir la succession des articles, les titrer, les illustrer,  intituler AC/DC l’article sur la chaise électrique, mettre  Rimbaud et Rambo sur la même page, inclure des jeux, inventer des listes bizarres (Morts en ski, Ils ont joué la mort…)… pour arriver, à quatre mains, à peindre en mots une vanité noire et amusée, un cadavre exquis joyeusement ténébreux.

Et d’abord, vous êtes qui ?

Anton– un blond.

Agnès– une brune.

Question pointue : Paris est-elle une ville morte ou…

Agnès et Anton– Mais, non, il faut arrêter avec ça ! C’est une phrase toute faite pour les gens qui sortent tous les soirs alors qu’au fond, ils s’emmerdent en boîte. Pas ville morte, mais ville pleine de morts ! Sous les pavés, les morts. À tous nos amis des Halles, nous conseillons la très édifiante lecture de l’article sur le cimetière des Saints-Innocents (p. 312)…

… une ville qui aime la mort/ses morts ?

crédit : Flammarion – Lenoir – Michaux

Agnès et Anton– il manque sans doute quelques plaques commémoratives ici ou là, celles des morts pendant la Libération de Paris sont fleuries à chaque fin du mois d’août, les cimetières sont jolis, on peut jouer des maracas sur la tombe de Jim Morrison… Peut-être qu’il faudrait se demander si Paris aime les vivants. Là, c’est une autre histoire et ce n’est pas que l’affaire de Paris.
Ce qui est sûr, c’est qu’il y a des morts de Paris qui furent aimés, adorés. Nous pensons à cette jeune fille dont ne subsiste plus que le moulage du visage, un visage magnifique, serein, aux yeux délicatement fermés et mondialement connu sous le nom d’Inconnue de la Seine. Cette jeune fille, cette « ombre », n’a cessé depuis le 19e siècle d’inspirer les artistes, peintres, écrivains, photographes (Nabokov, Man Ray, Rilke, Aragon, Camus… p. 303)

Ultime question : vous voudriez mourir comment, maintenant que la rencontre est terminée?

Anton– En colère, lentement et dans d’atroces souffrances.

Agnès– Tard, paisiblement, dans une tenue correcte et avec un billet sur le vol de retour.

 


Complément

Image de prévisualisation YouTube

 

On résume

+Death is a Star (Ed. Flammarion)

+La Toussaint dans les cimetières parisiens (Paris.fr)

+Les cimetières de Paris (Paris.fr)

crédit : Flammarion

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2 Responses to “Vous avez demandé La Mort, ne quittez pas...”

  1. jules 9 novembre 2012 at 19 h 56 min #

    Jules Guérin et sa danse macabre:
    http://youtu.be/0FrREFV21zk

  2. Marc T 21 novembre 2012 at 21 h 48 min #

    on va tous y passer, ça promet

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