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Misia, Reine de Paris

30 Nov

Celle qui inspira à Proust sa princesse Yourbeletieff fit de Paris son petit théâtre (extra)ordinaire et la scène de tous ces succès. Elle y côtoie très tôt des artistes qui seront bientôt célèbres, fait pour quelques uns leurs beaux jours, pour d’autres leurs belles nuits. Pour tout cela et bien plus encore, Misia est au centre d’une grande exposition (au Musée d’Orsay, puis Musée Bonnard) et d’un catalogue éponyme qui est parvenu jusqu’à nous. On en parle.

Portrait d’une muse

4e de couverture

Misia Godebska (1872-1950), figure de légende de la vie artistique de la Belle Époque aux Années Folles, commence à se faire connaitre par son talent de pianiste. Son premier mariage en 1893 avec Thadée Natanson, le directeur de La Revue blanche, la propulse au centre d’un groupe de créateurs défendant un art symboliste et décoratif.
Au somment de son influence, elle devient l’une des femmes les plus portraiturées de son temps, posant pour Bonnard, Vuillard, Valloton, Toulouse-Lautrec, Renoir, Amie de Diaghilev, Nijinski, Stravinski, Cocteau. Chanel, elle finance grâce à la fortune de son deuxième, Alfred Edwards, un magnat de la presse, les Ballets russes pendant plus d’une décennie. Son troisième mari, le peintre catalan José Maria Sert, créera de nombreux décors, en particulier pour cette compagnie. Tombant peu à peu dans l’oubli, elle disparait en 1950. Coco Chanel la maquille et l’habille alors pour la dernière fois.

L’extrait

page 105, Mathias Auclair (conservateur en chef à la Bibliothèque-musée de l’Opéra de Paris)

Marcel Proust a livré un témoignage littéraire fascinant du phénomène artistique et social que constituent les spectacles des Ballets russes à Paris. Il n’a pas manqué non plus de saisir avec beaucoup d’acuité la personnalité de Misia sous les traits de la princesse Yourbeletieff. C’est pourtant à un autre personnage d’À la recherche du temps perdu que ses amis la comparent au moment où celle-ci côtoie Serge de Diaghilev : Coco Chanel lui donne le surnom de « Madame Verdurinska » tandis que Paul Morand se souvient d’elle comme « plus Mme Verdurin que la vraie ». Cependant, comme marraine des Ballets russes, Mme Verdurin et la princesse Yourbeletieff sont bien deux sœurs jumelles : Madame Verdurin, sorte de correspondant attitré à Paris de tous les artistes étrangers, allait bientôt, à côté de la ravissante princesse Yourbeletieff, servir de fée Carabosse, mais toute-puissante, aux danseurs russes ».

(copyright : éditions Gallimard – musée d’Orsay)


On résume

+Misia, Musée d’Orsay

+Musée Bonnard (au Cannet)

+Nicolas DRT photographe

Félix Vallotton (1865-1925). Misia à sa coiffeuse1898.Détrempe sur carton. Paris, musée d’Orsay acquis avec la participation de la Fondation Meyer, 2004 © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

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