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Des symboles surprenants dans nos arbres !

30 Oct

L’arbre de vie (1928), par Séraphine Louis, musée d’art et d’archéologie – photo Wilkipédia

L'arbre de la science Lulle - photo Wikipédia

L’arbre de la science Lulle – photo Wikipédia

 

À défaut d’être assise sous un pommier, comme Newton l’était lors de sa révélation sur la gravité, c’est ce matin, devant mon ordinateur, que l’envie de vous concocter un petit article « histoire et symbole des arbres », m’est venue à l’esprit.

N’ayant pas (encore)  la science infuse, c’est avec les recherches et propos  de Pierrre-Emile Rocray, « Ingénieur forestier et responsable de la Maison de L’arbre du Jardin botanique de Montréal » que j’agrémenterais les clichés d’arbres dénichés spécialement pour vous. Certains sont parisiens et même classés « arbres remarquables de France ».

Ce sera l’occasion de revoir vos repères historiques en cette période de vacances scolaires … Et ce n’est pas par le coq et l’âne que nous passerons mais par la Grèce Antique, le Moyen Âge … On commence tout de suite avec le symbolisme des arbres !

Le symbolisme des arbres

Il concerne les arbres dans leur capacité à désigner, à signifier, voire à exercer une influence en tant que symbole. Les textes des troubadours, des conteurs et des poètes de toutes les époques chantent l’arbre comme l’axe du monde, la flamme de vie, le pont du ciel…

De par sa forme verticale, l’arbre est l’endroit où le ciel s’enracine à la terre. Ses racines fouillent les profondeurs cachées du sol dans lequel elles se développent ; son tronc et ses branches maîtresses fendent l’espace aérien ; c’est dans les hauteurs que se balancent ses fines ramures et ses fleurs. L’arbre est le symbole par excellence de la vie en perpétuelle évolution. Le déroulement de son cycle annuel l’associe tout naturellement à la succession de la vie, de la mort et de la renaissance.

On rencontre des arbres sacrés, des rites et des symboles végétaux dans les traditions populaires du monde entier, des époques archaïques jusqu’à nos jours… Parfois, l’univers est représenté par un arbre géant ; dans d’autres traditions, l’humanité naît d’un arbre. L’arbre est toujours associé à ce qui est vivant et créateur.

« Jamais un arbre n’a été adoré rien que pour lui-même, mais toujours pour ce qui, à travers lui, se révélait, pour ce qu’il impliquait et signifiait […]. » Mircea Eliade, Traité d’histoire des religions.

Bouleau au parc de Bagatelle – photo Jean-Pierre Viguié

 

Le Bouleau : Les chamans de la Sibérie vantaient les vertus thérapeutiques de cet arbre des régions froides et tempérées. Ils n’hésitaient pas à monter dans ses branches pour mieux entrer en contact avec les Dieux . On peut également s’interroger sur les raisons inconscientes qui font autant apprécier le Bouleau comme arbre d’ornement, une essence qui, pourtant, ne possède pas une grande espérance de vie et qui, mis à part sa beauté esthétique, offre plus d’inconvénients que d’avantages en ornementation. S’agit-il de sa blancheur, un symbole de pureté, ou de l’extrême finesse de sa ramure qui rend cet arbre si attirant ?

Où rencontrer des bouleaux à Paris ?

Chêne du Bois de Vincennes - photo Fiona Stewart

Chêne du Bois de Vincennes – photo Fiona Stewart

 

Le Chêne : Arbre sacré dans de nombreuses traditions, le Chêne est investi de privilèges accordés à la divinité suprême parce qu’il attire la foudre et symbolise la majesté. En tout temps et en tout lieu, le Chêne est synonyme de force et de solidité. C’est du moins l’impression qu’il laisse quand il atteint sa maturité. Il est le symbole de l’arbre de vie, le salut ainsi que les figures allégoriques de la Force et de la Prospérité. Le chêne est aussi l’arbre consacré à Jupiter dans la mythologie classique où de grands chênes croissent dans la forêt de Dodone, en Épire, qui est consacré à l’oracle de ce dieu, et est l’un des plus anciens sanctuaires grecs. Les druides récoltaient au pied du chêne, le gui, ce dernier étant une espèce divine, coupée à l’aide d’une serpe d’or.

Où rencontrer des chênes à Paris ?

Olivier - photo Laurence Flickr

Olivier – photo Laurence Flickr

 

L’Olivier : La richesse symbolique de cet arbre est abondante: récompense, purification, force, paix, victoire, fécondité. Consacré à la Déesse grecque Athéna, l’Olivier l’était également au Dieu romain Jupiter. Un mythe raconte que Neptune et Minerve, se disputant la possession de l’Attique se présentent devant l’assemblée des Dieux. Ces derniers décident de confier la région à celui qui offrira le don le plus précieux. Le dieu de la mer frappa un rocher avec son trident et fit jaillir une source pendant que la déesse fit naître un Olivier. Ainsi Minerve remporta la victoire et cet arbre lui fut consacré. Il est devenu symbole de paix sans doute parce que la déesse est la figure guerrière opposée à Mars. Il faut aussi se rappeler que vers la fin du déluge, une colombe rapporta une branche d’Olivier vers l’arche de Noé. Selon une vieille légende, la croix du Christ était fabriquée de Cèdre et d’Olivier. Dans le langage du Moyen Âge, cet arbre symbolisait l’or et l’amour.

Où rencontrer des oliviers à Paris ?

Orme de la Place Saint Gervaisa reçu en 2015 le label national « ARBRE REMARQUABLE DE FRANCE » délivré par l’Association A.R.B.R.E.S. à la Ville de Paris - photo Jean-Pierre Viguié

Orme de la Place Saint Gervais a reçu en 2015 le label national « ARBRE REMARQUABLE DE FRANCE » délivré par l’Association A.R.B.R.E.S. à la Ville de Paris – photo Jean-Pierre Viguié

 

L’Orme : Cet arbre a toujours détenu des pouvoirs surnaturels. Dans la France du Moyen Âge, il était appelé « l’arbre de la justice » parce que c’était sous sa canopée que les seigneurs et les juges rendaient leurs jugements. On savait l’Orme capable de guérir diverses maladies cutanées, dont la lèpre. Les guérisseurs enlevaient des morceaux d’écorce d’Orme pour concocter des remèdes contre les diverses formes de rhumatisme.

Où rencontrer des ormes à Paris ?

Forêt de peupliers – photo Wikipédia

 

Le Peuplier : Cet arbre tire son nom du mot latin populus et de l’ancien français poplier, deux termes qui signifient « Peuple ». Il renvoie également à la notion de « peut plier » car son bois est connu pour sa grande souplesse. La légende dit que c’est l’Arbre du peuple puisque ce serait sous des Peupliers que celui-ci prenait autrefois des décisions importantes. Depuis l’Antiquité le peuplier a une connotation funèbre. Pline l’Ancien rappelle que les défunts étaient recouverts de peupliers noirs. Lorsque Hercule descend aux enfers afin de s’emparer du chien Cerbère, il s’enveloppe le crâne de rameaux de peuplier, qui blanchissent au contact de la sueur dans sa partie inférieure et noircissent par les fumées infernales en sa partie supérieure.

Où rencontrer des peupliers à Paris ?

 

Pommiers au jardin James Joyce (13e) - photo Alain Delavie

Pommiers au jardin James Joyce (13e) – photo Alain Delavie

 

Le Pommier : Il se trouve au centre de plusieurs croyances, dont celles de procurer la sagesse, d’améliorer les connaissances et d’acquérir l’immortalité. Son fruit est identifié depuis très longtemps comme un fortifiant et comme un remède préventif contre la maladie.

Où rencontrer des pommiers à Paris ?

Forêt de sapins - photo m01229 Flickr

Forêt de sapins – photo m01229 Flickr

Branchage de sapin - photo Luke Jones Flickr

Rameau de sapin – photo Luke Jones Flickr

 

Le Sapin : On dit que le sapin empêchait la foudre de tomber et conjurait les mauvais sorts. En Allemagne, on flagellait autrefois les femmes durant le mardi gras, avec des branches de cet arbre, dans le but de leur permettre d’avoir des enfants.

Où rencontrer des sapins à Paris ?

Saule pleureur du Bois de Boulogne ayant reçu en 2015 le label national « ARBRE REMARQUABLE DE FRANCE » délivré par l’Association A.R.B.R.E.S. à la Ville de Paris - photo Jean-Pierre Viguié

Saule pleureur du Bois de Boulogne ayant reçu en 2015 le label national « ARBRE REMARQUABLE DE FRANCE » délivré par l’Association A.R.B.R.E.S. à la Ville de Paris – photo Jean-Pierre Viguié

Saule pleureur du Bois de Boulogne - photo Jean-Pierre Viguié

Saule pleureur du Bois de Boulogne – photo Jean-Pierre Viguié

 

Le Saule :  L’image du saule a une connotation négative depuis l’Antiquité, probablement parce que les fruits de cet arbre tombent avant qu’ils ne soient mûrs. Dans l’Odyssée, Homère signale cette particularité. Lorsque Ulysse prend congé de Circé, la magicienne lui indique comment atteindre l’Hadès : « Quand ton vaisseau arrivera au bout de l’Océan, tu trouveras un rivage plat et les bois sacrés de Perséphone : hauts peupliers noirs et saules qui perdent leurs fruits. Echoue là ta nef, près de l’Océan aux profonds remous ; toi, entre dans l’humide demeure d’Hadès. » Le saule est également symbole d’immortalité pour les Chinois et symbolise l’arbre de vie pour les Tibétains, en référence à la vie éternelle, après la mort.

Où rencontrer des saules à Paris ?

Palmiers de la roseraie de l'Ecole du Breuil - photo Amélie Letrou

Palmiers de la roseraie de l’École Du Breuil – photo Amélie Letrou

Palmiers de la roseraie de l’École Du Breuil – photo Amélie Letrou

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Serres d’Auteuil – photo Jardinons ensemble

 

Le Palmier : Il signifie la victoire, la renommée, le triomphe sur la mort. Il symbolise le martyre, la Vierge Marie et l’Asie. Depuis l’Antiquité le palmier est attribué au mythe du soleil pour évoquer la gloire et l’immortalité, en raison de la disposition harmonieuse de ses branches et de ses feuilles semblables à des rayons. La branche de palmier est offerte a vainqueur comme emblème de victoire. Dans certaines légendes Romaines la branche de palmier est signe de bon présage. Horace raconte que Rhéa Silvia voit en songe Romulus et Rémus peu avant d’accoucher, sous l’aspect de palmiers aux branches majestueuses se dressant vers le ciel. Il est à noter que, en botanique le palmier n’est pas un arbre, mais une plante, une « herbe géante » : il ne possède pas de vrai bois.

Où rencontrer des palmiers à Paris ?

C’est donc sur cette fin d’initiation à la symbolique de l’arbre que je range ma plume. C’est certain, nous nous coucherons moins bête ce soir !

Amélie

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2 Responses to “Des symboles surprenants dans nos arbres !”

  1. Libaud 31 octobre 2015 at 10 h 27 min #

    A propos des palmiers, il y en a des centaines de genres et espèces.
    Le palmier dont vous parlez dans votre texte est le palmier dattier, Phoenix dactylifera, et non le palmier de Chine, Trachycarpus fortunei, illustré en photo et introduit en Europe seulement au XIXe siècle.
    Il serait peut être judicieux de le préciser dans votre article.
    Cordialement.
    Jacky Libaud.

    • Ça se passe au jardin 3 novembre 2015 at 14 h 07 min #

      Bonjour,
      Merci pour votre commentaire. Nous allons peut-être le préciser en effet, cela dit, votre message le complète à lui-seul parfaitement.
      Bonne journée et à bientôt !

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