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Anita Drake s’invite chez Chuchotements

16 Avr

 Anita Drake est un duo parisien parti chercher son inspiration en Angleterre  pour nous livrer des morceaux que nous nous verrions bien écouter dans un petit bar sombre d’une vieille ville du Mississippi. Dorothée Pierson et Manuel Cortell ont laissé de côté leurs sonorités électro-rock pour revenir au folk, à un son plus brut et à quelque chose de plus organique.   

–          Comment votre projet a-t-il débuté ?

Dorothée : Nous avons fait beaucoup de scènes avec notre ancien groupe C.T.R.L, c’était chouette, mais pour de nombreuses raisons nous nous sommes un peu essoufflés. Nous n’arrivions plus vraiment à composer et nous avions envie d’autre chose et d’ailleurs. Nous sommes donc partis à Londres pendant quelques mois et nous avons rencontré une fille qui nous a beaucoup marqués : Anita Drake.

Quel a été son rôle  ?

Dorothée : Nous avons recommencé à composer avec elle. Anita est arrivée dans notre vie et a disparu du jour au lendemain. C’était un peu étrange… Nous avons un peu créé ce groupe en hommage à cette personne. Les sonorités que nous commencions à avoir nous représentaient plus et c’est comme ça qu’est né Anita Drake.

Vous n’avez plus de contact avec elle ?

Dorothée : Plus du tout. Ce serait bien que ce groupe marche. Peut-être qu’elle l’entendrait… Ce serait un appel des sirènes en version Ulysse 2.0. Je viens de l’inventer !(Rires) Nous avons vécu tellement de choses avec elle et la musique qui est arrivée était tellement particulière et spéciale…

Manuel : Elle est la croisée des chemins, un peu comme la chanson Cross Road Blues de Robert Johnson où l’homme attend le diable pour lui vendre son âme en échange du succès.

C’était en quelque sorte une muse pour vous…

Dorothée : C’est ça…Et en même temps, de son souvenir, nous gardons énormément de choses. Ça reste une sorte de muse perpétuelle.

–          Quand avez-vous monté le groupe ?

Manuel : Il y a un an et demi.

 Quelle était votre envie ?

Dorothée : C’était presque organique. Notre ancien groupe avait des sonorités très électroniques et était un mélange de plusieurs styles. Nous avions envie de revenir à nos premiers amours : la soul, le blues, le rock pur et dur et le folk. C’est devenu très viscéral. Manu dit souvent que c’est le groupe qu’il a toujours voulu faire et je me retrouve complètement dedans.

Manuel : Nous voulions quelque chose de simplifié, sans trop de déco et recentré sur les chansons. C’est plus roots, plus authentique et plus brut.

Dorothée : … Plus honnête et plus personnel.

Manuel : C’est quelque chose que tu fais le matin sans avoir la contrainte d’aller en studio pour enregistrer tes guitares,  tes claviers et faire des arrangements dans tous les sens. Nous avons commencé à deux à la guitare et nos morceaux marchent. C’est intéressant, c’est un peu Johnny Cash dans l’âme. Walk the Line ! (Rires)

–          Quelles sont vos références?

Dorothée : Je fonctionne plus en termes de références littéraires ou cinématographiques car c’est plus marquant et plus facile à expliquer.  Je cite souvent les films de Jim Jarmusch, tel que Dead Man. Patti Smith est également une de mes références, bien que nous ne fassions pas du tout le même genre de musique. Elle avait tendance à mélanger plusieurs univers en même temps : mode, musique, poésie, etc. C’est ce que nous faisons aussi. Nous avons tout un univers graphique, poétique et littéraire derrière notre musique.

Manuel : J’aime tout ce qui est folk et très brut américain. J’adore la soul et le vieux blues de Robert Johnson, en passant par des choses plus récentes comme Johnny Cash, The Cure et The Black Keys … J’aime tout ce qui est mélodique ! Dès que c’est mélodique, ça me touche.

–          Comment travaillez-vous ?

Manuel : J’arrive avec les mélodies et Dorothée s’occupe des textes.

Dorothée : Manu arrive avec tout le squelette d’une chanson. A partir de cette base, je réfléchis à ce que cela m’inspire et à ce que j’ai envie de raconter.  J’écris et nous enregistrons directement. C’est assez brut bien que nous arrangeons légèrement nos chansons. Nous travaillons toujours de cette façon chez nous. La musique naît de Manu et moi je déroule le fil…

Manuel : J’accouche et toi tu l’élèves ! (Rires) Il y a parfois des chansons pour lesquelles ça ne marche pas… Certaines ne rentrent pas dans notre univers. Nous jetons beaucoup de choses… Enfin, nous les gardons quand même car elles pourront peut-être un jour nous correspondre, être sur un autre album ou convenir à certains de nos amis. Nous tenons réellement à réaliser un album dans un univers précis. Si ça part dans tous les sens, cela devient un groupe belge…

Comment ça ?

Manuel : J’adore les groupes belges dEUs et Ginzhu, mais parfois nous avons l’impression qu’il n’y a pas vraiment d’identité. Les morceaux sont très différents et tu n’arrives pas forcément à comprendre leur ligne directrice. Notre album s’inscrit dans un univers précis. C’est comme un film de Jim Jarmusch, le début et la fin sont toujours dans la même couleur et tu sais où tu vas.

Dorothée : Il faut que nous soyons toujours tous les deux d’accord sur le résultat et sur ce que nous souhaitons donner.

–          Quels thèmes abordes-tu dans tes textes ?

Dorothée : C’est très simple, je ne parle que des gens que je connais et de moi-même. C’est tout ! Je peux avoir des opinions sur la politique ou sur la société qui me tiennent réellement à cœur, mais je n’en parle pas dans mes chansons. Ces textes sont vraiment très personnels. Je parle de choses qui intéressent tout le monde… Car je suis un peu comme tout le monde ! (Rires) Les thématiques tournent souvent autour des mêmes choses : les rapports humains, les relations, des observations de gens que je connais ou de moi-même. Je me base plus sur des sentiments et des ressentis. Je ne monte jamais « au créneau », je ne souhaite pas en profiter pour revendiquer des opinions. Mes revendications passent par un autre support. Notre clip Crawling on the ground traite des problèmes que les filles peuvent rencontrer au quotidien. J’ai voulu mettre les hommes à notre place le temps d’une chanson.

–          Avec vos propres mots, comment définiriez-vous votre style ?

Dorothée : Si notre musique était un animal ce serait forcément un chat. Nous y retrouvons ce côté très attachant tout en étant très indépendant. Le chat donne beaucoup d’affection tout en restant sur ses gardes. Nous pouvons également y retrouver des oiseaux… Je pourrais citer d’autres animaux car nous sommes un peu dans du « folk-rock-animal » !

Manuel : Ce ne seraient que des animaux de compagnie car la campagne n’est vraiment pas notre univers !

Dorothée : Tout en restant un peu sauvages quand même ! (Rires)

Manuel : Cela tient du fantasme de pouvoir définir un style car tu peux percevoir ta musique dans un style et ceux qui vont l’écouter le percevront différemment. Nous aimons utiliser le terme de Patti Smith : « le folk urbain ». C’est assez folk car les morceaux sont produits à la guitare sèche, mais avec quelque chose de plus électrique et plus dur qui ressemble à la ville.

Dorothée : C’est très urbain. Je viens de la ville et c’est ce qui m’angoisse le moins ! (Rires) Cela fait parti de nous car nous sommes des fleurs de bitume : nous avons poussé ici et nous grandissons ici !

–          Quels sont vos prochains projets ?

Dorothée : Notre EP est sorti le 23 Février, nous planifions la sortie d’un deuxième EP pour juin 2013 et nous travaillons actuellement sur un album qui devrait sortir en septembre 2013 ou janvier 2014.  Nous avons plusieurs dates de concerts et nous serons présents lors du festival du Printemps de Bourges.

–          Pourquoi avoir choisi le café Lou Pascalou comme lieu d’interview ?

Manuel : C’est à côté de chez nous et le patron est un copain. Ménilmontant est un peu le Brooklyn de Paris ! (Rires) Le quartier change beaucoup, mais il reste l’un des rares à être abordable et populaire. Il y a de nombreux artistes et tu peux encore y faire n’importe quoi.

Lou Pascalou, 14 rue des Panoyau, 20e.

www.cafe-loupascalou.com

–          Qu’aimez-vous à Paris ?

 

Dorothée : J’aime beaucoup le bar La Féline qui est l’un des derniers bastions vraiment rock et qui est particulièrement sympa.

La Féline, 6 rue Victor Letalle, 20e.

www.facebook.com/La-Griffe-de-La-Féline-Bar

 

Je recommande le bar Red House vers Bastille. J’ai travaillé pendant deux ans au Bottle Shop et Jo, le patron, a ouvert cet autre bar. Le bar est vraiment cool, il y a un flipper et ils font de très bons cocktails.

Red House, 1b rue de la Forge Royale, 11e.

www.facebook.com/Red-House

J’aime bien Le Bus Palladium. C’est un club où tu peux jouer avec un minimum de scène. L’endroit est vraiment pas mal, la sono est bonne et l’équipe est géniale.

Le Bus Palladium, 6 rue Pierre Fontaine, 9e.

www.lebuspalladium.com

 

J’aime beaucoup la boutique de créateurs Les Fleurs vers Ledru-Rollin. C’est magique, il y a plein de bagues et de colliers. Ce n’est pas très cher et si tu as des cadeaux à faire tu peux y trouver ton bonheur.

Les Fleurs, 6 passage Josset, 11 e.

www.facebook.com/Les-Fleurs

Manuel : J’aime faire de grandes balades en scooter dans paris. C’est magnifique !

Je recommande Les Quilles. Ce sont des copains qui tiennent ce restaurant qui a un style de bistrot. Ils proposent de bons vins et les plats sont très bons et de qualité.

Les Quilles, 123 boulevard de Ménilmontant, 11e.

www.facebook.com/Les-Quilles

Dorothée : Ma salle de concert préférée est le Bataclan. Cette salle est géniale !

Manuel : Elle pue le rock !  La salle est crade, ça sent la scène, la sueur, le whisky et le cul. (Rires)

Le Bataclan, 50 boulevard Voltaire, 11e.

www.bataclan.fr

Dorothée : Je ne suis pas une fille du 18e  et 9e arrondissements, mais j’aime beaucoup le Pigalle Country Club. C’est un bar sympathique et agréable.

Pigalle Country Club, 59 rue Jean-Baptiste Pigalle, 9e.

pigallecountryclub.com

 

Anita Drake – Surrender

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Anita Drake – Crawling on the ground

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Leur Soundcloud: soundcloud.com/anita-drake

Leur page Facebook: www.facebook.com/anitadrakemusic

 

Merci Manuel et Dorothée pour cette discussion autour d’un verre.

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