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The Dedicated Nothing s’invite chez Chuchotements

24 Avr

 

The Dedicated Nothing est un groupe rock de Biarritz composé de Grégoire, Franck, Clément et Mathieu. Ils ont fait les premières parties de The Shoes, de BB Brunes, de The Bewitched Hands et 1995.

De passage à Paris, les quatre garçons ont rencontré Chuchotements. Dans la bonne humeur, ils nous racontent leur parcours et la composition de leur EP. Après de nombreux éclats de rire, ils partagent avec nous leurs bonnes adresses parisiennes.

–          Présentez-nous le groupe.

Grégoire : Notre nom vient de la culture californienne des années 1950. Miki Dora était un surfeur et artiste de la contre-culture de cette époque. Dans ses mémoires il a classifié les surfeurs du coin en quatre catégories : les Kooks, les Freaks, les Punks et les Dedicated Nothing. Ce dernier nom nous a inspiré car il représente le côté « laisser aller » et « lâcher prise » que nous vivons dans notre musique.

Comment celui-ci a-t-il débuté ?

Grégoire : Nous nous sommes retrouvés dans un studio près de Biarritz fin 2010 avec l’envie de faire de la musique. Plus jeunes, nous avons tous eu un groupe dans lesquels nous faisions des covers. Notre envie était de créer quelques titres avec la seule ambition de nous faire plaisir. Au bout de deux répétitions, nous avions notre premier titre : Running Away. Franck, notre batteur, avait trouvé le riff de base. J’y ai ajouté quelques notes à la guitare, Clément a ajouté un deuxième riff et Mathieu a apporté un son de basse. Ce morceau s’est créé de façon assez spontanée. Cette spontanéité est d’ailleurs un élément fondateur dans l’histoire du groupe – avec un petit « h »-, il y a un côté très brut qui nous définit. Le plaisir que nous prenions, sans trop réfléchir et sans être trop exigeants, nous a donnés envie d’aller plus loin. Nous avons eu envie de faire un live quand l’été 2011 est arrivé, mais nous ne savions pas réellement comment faire… Nous ne connaissions personne et nous n’étions personne. Au final, nous avons organisé une soirée dans une de nos maisons, rassemblé une soixantaine de potes et joué pour eux. Des gens du label Drop In Music étaient parmi les invités. Ils ont apprécié notre musique et nous ont invités dans leur studio pour voir ce que cela pouvait donner… Nous sommes restés quatre jours et quatre nuits à enregistrer quatre titres qui sonnaient plutôt bien. Pour nous, cela continuait à être positif.

Clément : Ils nous ont également proposés de signer sur leur label.

Grégoire : Nous avons retravaillé ces quatre titres et avons continué à composer d’autres morceaux. Nous avons donné notre premier concert en avril 2012 lors d’un événement de snowboard à la montagne.

Franck : Nous avons joué dans des conditions « épiques », mais cela était, en quelque sorte, notre baptême. Nous avons fait une vingtaine de dates entre avril et décembre 2012. En plus du label, les gens ont commencé à croire en nous. François Maton, le programmateur de la salle de l’Atabal, lieu phare des musiques actuelles de Biarritz, nous a pris sous son aile. Il nous a permis de faire des résidences et de nous préparer. Les choses se sont rapidement et bien enchaînées et nous avons sorti notre premier EP fin février 2013.

Effectivement, tout est assez rapide. Comment vous connaissiez-vous avant ce projet ?

Grégoire : Franck et moi-même nous nous connaissons depuis des années grâce à notre travail. Nous travaillons tous les deux dans l’événementiel et nous nous sommes rencontrés lors d’une compétition de surf.

Mathieu : Je connaissais Franck car nous avions joué ensemble dans un autre groupe il y a très longtemps.

Franck : Nous savions que nous allions rejouer ensemble un jour, mais sur un projet plus rock et qui vient plus des tripes. Quand nous avons commencé à composer Running Away, nous avons ressenti le besoin d’une très bonne basse, alors je l’ai appelé en lui disant : « C’est maintenant ! ». (Rires)

Clément : Je ne connaissais pas trop Franck, mais comme j’habite dans le même coin que lu il m’a proposé de faire un bœuf avec eux. Je ne connaissais pas du tout  Greg et l’ai rencontré lors de la première répétition. Ce fût : « Salut Greg », « Salut Clément, enchanté » et…

Grégoire : … Et Running Away ! (Rires)

Franck : Cette spontanéité du début, que ce soit dans notre rencontre ou dans notre travail, se ressent toujours au quotidien et c’est génial !

C’est assez surprenant de voir cette symbiose naître aussi vite…

Clément : Ça se passe beaucoup moins bien maintenant ! Nous avons passé tellement de temps ensemble en studio que, désormais, nous nous détestons tous! (Rires)

Grégoire : Surtout nous deux !

Clément : Oui, surtout avec Greg, mais nous faisons en sorte de nous supporter ! (Rires)

Franck : Plus sérieusement,  une certaine complémentarité entre nos personnalités et nos influences intervient toujours dans notre démarche de composition. Tout concorde depuis le début et c’est assez magique. C’est un peu l’image idéaliste que nous nous faisions d’un groupe et cette formule nous convient.

–          Comment travaillez-vous ?

Mathieu : En général, l’un d’entre nous arrive avec quelques notes, un riff ou un arpège. Il y a déjà un fil conducteur et une idée. Quand nous l’écoutons, cela nous parle tout de suite : les idées viennent naturellement et très rapidement. Nous nous complétons : Franck peut très bien me donner des idées à la basse et moi, lui en donner à la batterie.

Franck : Les lignes de chant sont partagées. Nous avons un fonctionnement assez collaboratif, voire communautaire, qui est assez particulier.

Mathieu : Je pensais que cette méthode de travail n’existait pas ou qu’elle faisait partie d’un « monde des Bisounours » !

Clément : C’est assez marrant car si nous essayons vraiment de réfléchir à comment faire les choses, cela ne fonctionne pas. Alors nous arrêtons de réfléchir !

Grégoire : Aujourd’hui nous avons quatorze titres et tout a été fait comme ça…

Vous les avez composés en quatorze jours… (Rires des quatre) Qu’en est-il de vos paroles ? 

Grégoire : Nous devons, tout d’abord, être convaincus par l’univers d’un morceau avant de nous occuper des paroles. Elles doivent bien « couler » et la sonorité des mots doit concorder avec l’atmosphère que nous souhaitons dégager. Cela est assez noir ; nous sommes très inspirés par l’imagerie noire et blanche, l’image de Manchester en crise, etc.

Franck : Il y a une thématique assez récurrente sur la gente féminine !

Grégoire (chuchote): Parce que nous aimons bien les femmes ! (Rires) Les paroles suivent aussi notre logique de spontanéité, les mots viennent facilement et complètent la chanson. C’est toujours très sombre ou très vif, mais jamais modéré.

–          Définissez votre style musical avec vos propres mots.

Franck : J’aime bien le mot « anxiogène ». Lors d’un concert, nous avons été annoncés comme ayant un rock urgent et anxiogène. J’ai trouvé que cela nous collait particulièrement bien. Nous  déployons toute notre énergie au travers de nos instruments et de notre performance scénique qui, elle, est un peu dans l’excès. Nous donnons beaucoup de nous bien que nous ne fassions pas de métal ! (Rires) Nous avons également des morceaux plus « Pop » et plus légers comme Love Me Girls. Ce n’est pas du tout prétentieux, mais…

Grégoire : Si ! (Rires des quatre)

Franck: Oui, c’est vrai… Pardon ! (Rires) Toute notre création est spontanée et peu réfléchie : notre univers nous précède un peu. Il reste un côté que nous ne maîtrisons pas.

Clément : Parfois, nous nous disons que nous devrions nous calmer… Je pense que ça peut devenir autant un plaisir qu’une souffrance.

Grégoire : A certains moments cette intensité peut être assez dure à vivre. Nous avons réellement envie que cela aille plus loin et l’urgence nous tire vers l’avant. Cependant elle est parfois difficile à gérer : cela peut se transformer en quelque chose d’émotionnellement violent…

Franck : … Arrête, elle se moque de nous ! (Rires des quatre)

Grégoire : Elle a raison. A sa place, je me moquerais de nous ! (Rires)

Grégoire : En général quand l’un de nous veut aller à fond, nous sommes d’accord. Nous nous tirons tous vers l’avant, comme ça si ça ne fonctionne pas, nous n’aurons aucun regret.

Franck : … Elle se remoque de nous !

Grégoire : Non.  Non, je ne pense pas…. Je pense qu’elle nous admire ! (Rires des quatre)

Clément : Je pense que notre « force » vient de notre mode de travail ensemble car individuellement nous n’y arriverions pas.

–          Vous avez cette énergie commune, mais quelles sont vos différences ?

Grégoire : Je pense que nous avons des personnalités marquées… Si je peux me permettre de faire un peu de psychologie ! (Rires) Il y a un équilibre : Mathieu est le plus calme et nous l’écoutons, Clément est l’adolescent, c’est la tempête, Franck est l’excès à tout prix et moi… Je suis un peu paumé ! (Rires des quatre)

Franck : Nous sommes complémentaires, même dans nos influences. Nous nous retrouvons dans un tronc commun : post-punk, années 1970 et années 1980, du côté de Manchester avec Joy Division et des influences plus modernes : Interpol, Arctic Monkeys et The Maccabees. Chacun arrive avec ses propres influences et ses expériences.

–          Quels sont vos projets ?

Franck : Nous nous lançons sur la route pour défendre notre EP qui est sorti en Février 2013. Nous travaillons également sur un album.

–          Où aimez-vous vous rendre à Paris ?

Franck : Nous aimons aller au Ballroom du Beef Club. Ce lieu me fait penser à certains bars Londoniens ou New-Yorkais. Tu rentres par une porte dérobée et tu descends quelques marches pour arriver dans un whisky-bar incroyable décoré de vieilles bouteilles et rempli de fauteuils style ‘Chesterfield’. C’est très vintage et cela nous plait bien.

Le Ballroom du Beef Club, 58 rue Jean-Jacques Rousseau, 1er.

www.facebook.com/pages/The-Beef-Club

Clément : Nous sommes très bons quand nous allons au Social Club… Nous offrons une belle performance scénique là-bas ! (Rires)

Grégoire : Nous aimons beaucoup danser !

Le Social Club, 142 rue Montmartre, 2e.  

www.parissocialclub.com

Clément : J’aime bien aller dîner au restaurant Le Derrière. L’endroit est vraiment surprenant et les plats sont assez bons.

Le Derrière, 69 rue des Gravilliers, 3e.

derriere-resto.com

 

Franck : J’adore aller au Fumoir situé derrière le Louvre. C’est une belle brasserie, particulièrement classe, où ils proposent de très bons vins. Il y a quelques années tu pouvais fumer des cigares dans le coin bibliothèque.

Le Fumoir, 6 rue de l’Amiral de Coligny, 1er.

lefumoir.com

Clément : Nous sommes allés quelques fois au Silencio pour prendre des verres. Le cadre est vraiment incroyable et c’est très feutré.

Club Silencio, 142 rue Montmartre, 2e.

silencio-club.com

Grégoire : J’aime beaucoup le Musée National d’Art Moderne de Beaubourg : le Centre Pompidou. J’adore l’endroit et j’aime y passer du temps.

Centre Pompidou, 19 rue Beaubourg, 4ee.

www.centrepompidou.fr

 

The Dedicated Nothing – Running Away

http://www.dailymotion.com/video/xxpge5

The Dedicated Nothing – Love Me Girls

http://www.dailymotion.com/video/xz2dag

 

Leur site: thededicatednothing.com

Leur page Facebook: www.facebook.com/TheDedicatedNothingOfficial

 

Merci Franck, Mathieu, Grégoire et Clément pour cette discussion sympathique et ces nombreux fous rires.

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