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Daisy Lambert s’invite chez Chuchotements

5 Juin

De passage à Lyon, Chuchotements a assisté au concert de Daisy Lambert. Ce soir là, il partageait la scène du Transbordeur avec Alex Rossi et Yan Wagner. Ce trentenaire nous a beaucoup fait rire. Le premier mot qui nous vient à l’esprit en le voyant est « décalé ». Aspect crooner, perdu dans les seventies, Daisy Lambert s’amuse sur scène et nous entraîne dans un univers singulier de chanson française lavée à l’électro-pop. Son album Chic Type est sorti en mai dernier.

 

–          Comment la machine Daisy Lambert a-t-elle débuté ?

J’ai toujours eu plus ou moins une proximité avec la musique. J’écoutais beaucoup la radio et mes grands frères m’ont initié aux grands classiques du Rock. J’ai grandi dans les années 1980 et j’ai toujours aimé les artistes de cette époque : Jeanne Mas, Corynne Charby, etc. J’ai lancé le projet ‘Daisy Lambert’ assez tardivement : j’ai écris mes premières chansons en 2007. J’avais un peu de mal à me trouver une légitimité… A chaque fois que j’allais dans un appartement et que je voyais quelqu’un faire ses propres chansons, je trouvais ça assez mauvais et je n’avais pas envie de ressembler à ces gens là. J’ai pris du temps à trouver ma patte, je ne voulais pas aller trop vite et faire n’importe quoi… Je ne souhaitais pas, musicalement parlant, être un éjaculateur précoce. (Rires)

Tu jouais déjà d’un instrument ?

Je grattais un peu à mon époque Biactol. A cet âge, tu commences la guitare et joue trois accords en espérant que cela te permettra de « coincer ». Cela ne fonctionne pas forcément ! Tu as plus de succès quand tu fais ta propre musique. Ensuite j’ai découvert l’univers de la synthèse : j’ai acheté un premier synthé et depuis je les collectionne. Mon premier single a été réalisé avec une Groovebox assez « cheap ». J’ai enregistré quelques titres dans un studio situé dans le vieux Lyon en 2010. Un éditeur est passé au studio, il a apprécié ce que je faisais et m’a proposé de signer un contrat. Cela m’a fait plaisir, mais à l’époque je ne savais même pas ce qu’était un contrat d’édition ! L’année suivante j’ai rencontré Maxime Jacquard (Echo Orange) que j’ai mis en relation avec cet éditeur et la machine Daisy Lambert s’est enclenchée. J’ai sorti un single « My Pearl », ça veut dire « Ma perle »… C’est de l’anglais ! (Rires) J’ai ensuite travaillé sur un album.

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Tu n’as pas ressenti l’envie de sortir un EP ?

Avec mon style musical et mon âge, je ne voyais pas sortir un EP. J’ai pris le temps de travailler sur un album de grand garçon avec dix titres. Je suis dans une trentaine apaisée, je me sens plus proche de la musique académique et des chanteurs de CDs que des artistes contemporains.  C’est une belle phrase ça ! (Rires) Je souhaitais proposer une texture sonore un peu singulière et personnelle.

Tu retrouves toutes ces influences dans la composition de ta musique ?

Beaucoup de procédés sont inconscients… J’ai même été inspiré par des musiques de publicité : Knacki d’Herta. [Il sifflote] Mon titre La Femme F cette singularité ?

Elle se situe dans le mélange. En musique tout a déjà été créé. Faire quelque chose à soi c’est assumer toutes ses influences sans faire trop de compromis. Je compare ma musique au mezze, ce repas libanais qui propose un assortiment de plats. Quand j’étais jeune, j’adorais les synthétiseurs de Jean-Michel Jarre, par la suite j’ai adoré Serge Gainsbourg et Christophe. La French Touch m’a un peu traumatisé : je considère AIR comme les princes de l’électro, de la musique raffinée et planante. Je n’ai pas que des références françaises : j’aime beaucoup Michael Jackson et Gorgio Moroder. J’aime également la pop anglaise, en passant de The Straontainea une mélodie assez similaire. J’ai donné un petit bout de Knacki à La Femme Fontaine. Elle en fera ce qu’elle voudra ! (Rires) J’ai également trouvé mon inspiration dans les films d’Ennio Morricone et le cinéma érotique des années 1970. Bilitis, pour exemple, le film de David Hamilton, est un film érotique qui comporte des scènes de saphisme très jolies et pas dégueulasses. J’aime beaucoup la délicatesse qui émane de ces bandes sonores.

Ta photo dans ce grand fauteuil en rotin est une sorte d’hommage à Emmanuelle ?

C’est exactement ça ! C’est un hommage à Sylvia Kristel qui nous a quittés.

–          Quel est donc l’univers de Daisy Lambert ?

C’est mon univers ! Je n’ai rien créé d’artificiel car Daisy Lambert est une excroissance de moi-même. Je n’ai fait que souligner certains aspects au stabilo : le décalage que j’ai au quotidien, celui-ci que tu as pu remarquer depuis le début de l’interview… Je suis quand même super drôle ! Non ? Un peu ?  (Rires) Sans tomber dans le cliché populaire, c’est assez honnête de ma part d’intégrer cette composante à ma musique.

Les accords que j’utilise sont ceux qui me touchent et me font vibrer. Je souhaitais vraiment créer un mélange entre la chanson française un peu fraîche et l’électro-pop un peu old-school. Je pense que j’aurais voulu être une sorte de Lio au masculin !(Rires) Je m’assume en tant que chanteur depuis assez peu de temps. Ce qui m’intéresse en priorité c’est la musique : travailler les couches et les textures qui te permettront d’entendre de nouveaux éléments après plusieurs écoutes.

–          Avec tes propres mots, pourrais-tu définir ton style musical ?

C’est de la Pop Music Sentimentale. Je trouve que « pop music » sonne bien : c’est populaire car j’ai envie de plaire aux gens. C’est aussi de la variété et j’ai ajouté le mot « sentimental » car je le suis ! (Rires) Je ne dirais pas « fleur bleue » car c’est un peu nase et cela me fait penser au papier Lotus… Disons que je suis vaguement romantique et un peu nostalgique.

–          Comment travailles-tu tes morceaux ?

Pour la genèse musicale : je prends un synthé et fais des accords. Cela ressemble à une sorte de tâtonnement expérimental, il y a un peu de hasard. Je commence toujours avec un accord de Ré… C’est mon accord préféré ! Tous mes morceaux sont en Ré ; heureusement cela ne se remarque pas de façon flagrante. Je ne suis pas tout à fait un imposteur. (Rires) Je n’ai pas un sommeil très régulier ; cela peut m’arriver de trouver des idées de mélodies en pleine nuit. Il faut juste que je pense à me lever et à m’enregistrer sur mon téléphone… Je chantonne un yaourt dans mon portable et réexploite l’idée le lendemain. Pour les paroles, j’ai un petit carnet où je note des « punchlines ».

 

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