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Kadebostany s’invite chez Chuchotements

23 Juil

Chuchotements a rencontré le président de Kadebostany, Kadebostan, et sa collaboratrice Amina  à Paris. Les deux se sont rencontrés il y a quelques années dans un club et ont rapidement ressenti l’envie de travailler ensemble sur un album. Celui-ci mélange des sonorités folkloriques à des ambiances électroniques et hip-hop avec pour fil conducteur l’association des cuivres et la voix d’Amina. Leur idée était de rassembler les meilleurs hits diffusés sur la radio nationale du pays. L’incroyable aspect visuel du groupe, réalisé par le collectif suisse Supermafia, mêle costumes de fanfare, drapeaux, néons et lumières stroboscopiques.

Le clip du morceau Walking With A Ghost est sorti il y a un an de façon assez confidentielle, mais il nous faudra attendre le 4 octobre 2013 pour découvrir leur album en France. Pour les plus impatients, Kadebostany sera en concert le 26 septembre 2013 au Nouveau Casino.

 

–          Présentez-nous votre pays, la Kadebostany?

Kadebostan : C’est une république située au nord de l’Italie, à l’est de la Suisse et à l’ouest de la Turquie. Le pays est dirigé par Kadebostan, moi-même, président autoproclamé. J’ai décidé de faire parler de mon pays sur la sphère internationale par le biais de la musique. Nous avons commencé à partager notre culture il y a deux ans avec la sortie de notre premier album, Songs From Kadebostany. Nous avons eu la chance d’être accueillis en Europe et au Mexique pour de nombreuses dates.  Désireux de renforcer nos relations avec les autres pays et de partager avec eux notre culture, nous présentons désormais un nouvel opus, Pop Collection, dont le premier extrait s’intitule Walking Wtih A Ghost.

–          Pourquoi as-tu choisi de créer un pays comme vecteur de ta musique?

Kadebostan : C’est une idée que j’ai eu il y a quatre ans. Je me suis réveillé un matin en me disant : « Pourquoi ne pas inventer un pays? ». C’est comme une pelote de laine : tu commences par tirer un fil et petit à petit tu te rends compte que c’est infini. Le pays est un cadre où tout est possible : les costumes et l’univers en découlent et le groupe devient un support. Nous avons été contactés l’an dernier par Radio Canada pour nous proposer de réaliser une émission thématique sur la République de Kadebostany. Le 1er avril ils ont diffusé une heure d’émission sans jamais mentionner qu’il s’agissait d’un canular. Nous avions beaucoup travaillé en amont pour parler de nos athlètes et de notre richesse culinaire. Des gastronomes canadiens réputés sont même intervenus pour parler de la gastronomie kadesbostanienne. (Rires) Les auditeurs se sont mis à chercher qui nous étions et se sont facilement pris au jeu. Cela a permis de lancer notre premier single là-bas. J’aime ce projet car, au final, on ne parle plus forcément de musique, mais d’un univers.

–          Dis-nous comment tu régules ce pays et quel est l’impact de sa localisation?

Kadebostan: Mon pays est très libéral : chacun fait ce qu’il veut. Tout le monde est invité à s’installer ici et à monter son entreprise.

Amina: Tout se passe bien car il y a une sorte de régulation naturelle. Les gens suivent quelques règles et en sont satisfaits.

Kadebostan: J’ai choisi cette localisation géographique car c’est au carrefour de différentes civilisations et cette symbolique me semblait intéressante. Nous collaborons avec de nombreuses personnes dont les influences sont variées et enrichissantes pour notre musique.

–          Comment voyez-vous votre musique ?

Kadebostan : Nous considérons notre musique comme extrêmement sincère et sans filtre. Nous sommes très libres dans nos choix. Elle doit rester ouverte et accessible.

Amina : Selon moi, la musique ne peut pas être homogène.

Kadebostan : Nous n’avons pas de logique commerciale, nous n’essayons pas de coller une étiquette sur notre musique. Nous tentons de créer tout ce qui nous donne envie sans ajuster notre langage. Nous parlons à tout le monde et à tous les âges. Tout le monde a l’air ravi de faire partie de cette expérience et c’est ce qui rend le moment assez excitant. Nous ne considérons pas le grand public comme une masse qu’il faut lobotomiser. Nous estimons que les gens sont capables d’être touchés par quelque chose de beau et de sincère, même si cela rentre dans de « l’Indie ». Les média sous-estiment les gens… Nous sommes arrivés premiers dans les charts en Grèce et deuxièmes en Turquie, entourés par des chanteurs comme Rihanna, Adele, Gotye, Coldplay, etc. C’est la preuve que les gens sont capables d’aimer des choses qui ne sont pas formatées.

Amina : Les gens sont ouverts à l’Indie, le problème c’est que les média n’en proposent pas assez.

–          Étant difficilement classable, comment définiriez-vous votre style ?

Kadebostan : Pop ! C’est un mot un peu galvaudé, mais je l’exprime dans son sens originel : « musique populaire » et accessible. Dans la pop il y a une idée de langage universel qui permet de toucher tout le monde.

C’est donc de la variété Kadebostanienne.

Kadebostan : Oui, c’est ça. Dans le sens neutre du terme ! (Rires) « World » est une étiquette que je déteste car il m’évoque un sentiment d’ethnocentrisme. Pour la musique américaine les styles sont différenciés, comme « country » ou « blues » par exemple, alors que pour un sénégalais sa musique sera appelée de la « world ». Il en sera de même pour la musique des îles alors que celle-ci peut être complètement différente. C’est réellement un mot « fourre-tout » où tout ce qui n’est pas facile à catégoriser est mis dedans.

Amina : Ce sont les stigmates du colonialisme ! (Rires)

–          Que constituent vos influences ?

Amina : Tout peut être source d’inspiration ! En ce moment j’aime beaucoup le groupe Fauve, bien que nous ne fassions rien de similaire. Je trouve que ce qu’ils font est très intéressant : ils ont l’air très sincères dans leur démarche. Les grands artistes de Jazz m’ont donné envie de chanter : Nina Simone et Billie Holiday. Il y a quelque chose de tellement à vif sur leurs morceaux. Même si tu as écouté leur album plus de vingt fois, tu continues à le ressentir.

Kadebostan : J’aime lire des biographies et voir les gens travailler. J’ai vu dernièrement un documentaire sur Lemmy, leader du groupe Motörheard, dans lequel il évolue chez lui et en tournée. Je trouve ça particulièrement intéressant de voir les gens vivre, créer et parler de leur art. C’est une immense source d’inspiration. Je me nourris de vidéos, de sessions en studio et de documentaires sur les groupes. Notre musique est « hors format », cela nous permet d’avoir de nombreuses références sans avoir besoin de les nommer pour exister. Je pense qu’il est intéressant de tout écouter : l’inspiration peut venir de ce que nous aimons comme de ce que nous détestons. Je suis assez curieux et tente de découvrir des choses assez diverses. Il y a toujours des choses intéressantes à retenir dans ce que je trouve bon ou mauvais.

Amina : C’est la démarche de chaque artiste qui est intéressante à analyser. Nous sommes plutôt observateurs même si cela peut devenir dangereux… Cela peut minimiser la créativité et l’inspiration, alors il nous faut savoir doser ! (Rires)

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–          Comment vous partagez-vous le travail de composition ?

Kadebostan : Je travaille la musique et Amina s’occupe des paroles. Nous sommes à la base des morceaux puis nous nous entourons de gens qui s’investissent beaucoup et qui croient en nous et en notre projet. Il se recentre sur de nombreuses rencontres : chaque individu apporte un peu de sa personnalité. J’aime les paradoxes :  je trouve ça intéressant de contrebalancer nos morceaux en faisant passer des textes sombres sur une musique beaucoup plus gaie.

Amina : Certains de nos textes abordent des thèmes sensibles.  Le morceau Teddy Bear se lit de deux façons différentes : au premier niveau de compréhension le texte aborde l’histoire naïve d’une petite fille et d’un ours en peluche, alors qu’au deuxième niveau il traite d’attouchements sexuels. Cependant, les gens ont tendance à danser quand nous la jouons. Chacun en fait son interprétation ; nous ne voulons pas imposer un sens de lecture.

Kadebostan : En Kadebostany tout est possible : tu choisis ton message et te fait ta propre vision de notre musique.

Amina : J’ai une anecdote ! Nous avons joué en Allemagne et une jeune femme est venue me voir pour me dire qu’elle était très touchée par notre morceau Walking With A Ghost.  Elle m’a raconté qu’une de ses amies adorait ce morceau et qu’elle est décédée quelques mois auparavant d’une maladie. Dès qu’elle entend ce morceau cela lui donne l’impression de sentir sa présence à ses côtés et de « marcher avec elle ». Cela m’a donné envie de pleurer, mais j’ai trouvé sa façon de s’approprier la musique belle et incroyable.

Kadebostan : Un fantôme ça peut être tout : une expérience, quelqu’un, des peurs, etc.

Amina : Je sais quelle forme celui-ci prenait au moment de l’écriture de la chanson… Mais c’est quelque chose que je n’ai pas à partager avec les gens. Le fantôme est polymorphe : chaque personne peut créer son histoire autour.

Cela t’a-t-il permis de relâcher une certaine pression ?

Amina : Oui et la raison pour laquelle j’ai écrite cette chanson s’est effacée petit à petit. Ce morceau est devenu évolutif : le fantôme est désormais différent. C’est vraiment thérapeutique ! (Rires)

Cherchez-vous à faire passer un message précis ?

Kadebostan : Je ne souhaite pas passer de message particulier… J’ai déjà un pays à administrer !(Rires). J’aime faire passer des émotions et les travailler. J’ai une certaine vision de ce qui est beau dans la musique et c’est ce que j’essaye de faire.

Ta musique est donc ton discours électoral ?

Kadebostan : C’est une façon de parler aux gens. Je me sens bien quand le message est passé. Je tiens à rassurer les gens : ce n’est pas une secte ! (Rires) L’adhésion est gratuite, il suffit d’aimer notre musique.

Amina : Nous acceptons tout le monde ! Même si les gens ne sont pas bons en y rentrant, ils le deviennent au contact de la Kadebostany. C’est une sorte de pèlerinage !(Rires)

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–          Qu’aimez-vous à Paris ?

Kadebostan : Nous adorons le Palais de l’Élysée ! Je me suis fait construire un palais en Kadebostany qui est assez cossu… Je ne suis pas jaloux de l’Élysée, mais je le trouve quand même incroyable.

Le Palais de l’Élysée, 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 8e.

www.elysee.fr

Amina : Il y a vraiment plein de musées incroyables ici : le musée Dapper, le musée Guimet et le Quai Branly.

J’avais vu une exposition au musée Dapper, consacré à l’Afrique ancienne et contemporaine, sur les sapeurs de la République Démocratique du Congo. Ce sont des hommes qui se retrouvent, par exemple dans un village, en montrant leurs plus beaux habits. C’est une pratique se rapprochant du style des dandys : la sapologie. La SAPE signifie « La société des ambianceurs et des personnes élégantes ». J’ai trouvé ça génial et très intéressant !

Musée Dapper, 50 Avenue Victor Hugo, 16e.

www.dapper.fr

J’ai été impressionnée par le nombre d’objets des civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques que contient le musée du Quai Branly. Il y en a peut-être même un peu trop, je me suis sentie perdue. C’est un très beau musée et son architecture est intéressante.

Musée du Quai Branly, 37 quai Branly, 7e.

www.quaibranly.fr

J’aime également le musée des arts asiatiques – Guimet.

Musée Guimet, 6 place d’Iéna, 16e.

www.guimet.fr

J’aime aussi les friperies Guerrisol dans lesquels on peut trouver plein de vêtements sympas.

Friperies Guerrisol, 17e, 18e, 9e.

guerrisol.com

 

Le Tumblr du groupe Kadebostany: kadebostany.tumblr.com

Leur page Facebook: www.facebook.com/Kadebostany

 

Merci cher Président, merci Amina. Ce fût un plaisir de vous recevoir en France et d’avoir pu échanger sur la culture et la musique de votre pays.


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Daisy Lambert s’invite chez Chuchotements

5 Juin

De passage à Lyon, Chuchotements a assisté au concert de Daisy Lambert. Ce soir là, il partageait la scène du Transbordeur avec Alex Rossi et Yan Wagner. Ce trentenaire nous a beaucoup fait rire. Le premier mot qui nous vient à l’esprit en le voyant est « décalé ». Aspect crooner, perdu dans les seventies, Daisy Lambert s’amuse sur scène et nous entraîne dans un univers singulier de chanson française lavée à l’électro-pop. Son album Chic Type est sorti en mai dernier.

 

–          Comment la machine Daisy Lambert a-t-elle débuté ?

J’ai toujours eu plus ou moins une proximité avec la musique. J’écoutais beaucoup la radio et mes grands frères m’ont initié aux grands classiques du Rock. J’ai grandi dans les années 1980 et j’ai toujours aimé les artistes de cette époque : Jeanne Mas, Corynne Charby, etc. J’ai lancé le projet ‘Daisy Lambert’ assez tardivement : j’ai écris mes premières chansons en 2007. J’avais un peu de mal à me trouver une légitimité… A chaque fois que j’allais dans un appartement et que je voyais quelqu’un faire ses propres chansons, je trouvais ça assez mauvais et je n’avais pas envie de ressembler à ces gens là. J’ai pris du temps à trouver ma patte, je ne voulais pas aller trop vite et faire n’importe quoi… Je ne souhaitais pas, musicalement parlant, être un éjaculateur précoce. (Rires)

Tu jouais déjà d’un instrument ?

Je grattais un peu à mon époque Biactol. A cet âge, tu commences la guitare et joue trois accords en espérant que cela te permettra de « coincer ». Cela ne fonctionne pas forcément ! Tu as plus de succès quand tu fais ta propre musique. Ensuite j’ai découvert l’univers de la synthèse : j’ai acheté un premier synthé et depuis je les collectionne. Mon premier single a été réalisé avec une Groovebox assez « cheap ». J’ai enregistré quelques titres dans un studio situé dans le vieux Lyon en 2010. Un éditeur est passé au studio, il a apprécié ce que je faisais et m’a proposé de signer un contrat. Cela m’a fait plaisir, mais à l’époque je ne savais même pas ce qu’était un contrat d’édition ! L’année suivante j’ai rencontré Maxime Jacquard (Echo Orange) que j’ai mis en relation avec cet éditeur et la machine Daisy Lambert s’est enclenchée. J’ai sorti un single « My Pearl », ça veut dire « Ma perle »… C’est de l’anglais ! (Rires) J’ai ensuite travaillé sur un album.

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Tu n’as pas ressenti l’envie de sortir un EP ?

Avec mon style musical et mon âge, je ne voyais pas sortir un EP. J’ai pris le temps de travailler sur un album de grand garçon avec dix titres. Je suis dans une trentaine apaisée, je me sens plus proche de la musique académique et des chanteurs de CDs que des artistes contemporains.  C’est une belle phrase ça ! (Rires) Je souhaitais proposer une texture sonore un peu singulière et personnelle.

Tu retrouves toutes ces influences dans la composition de ta musique ?

Beaucoup de procédés sont inconscients… J’ai même été inspiré par des musiques de publicité : Knacki d’Herta. [Il sifflote] Mon titre La Femme F cette singularité ?

Elle se situe dans le mélange. En musique tout a déjà été créé. Faire quelque chose à soi c’est assumer toutes ses influences sans faire trop de compromis. Je compare ma musique au mezze, ce repas libanais qui propose un assortiment de plats. Quand j’étais jeune, j’adorais les synthétiseurs de Jean-Michel Jarre, par la suite j’ai adoré Serge Gainsbourg et Christophe. La French Touch m’a un peu traumatisé : je considère AIR comme les princes de l’électro, de la musique raffinée et planante. Je n’ai pas que des références françaises : j’aime beaucoup Michael Jackson et Gorgio Moroder. J’aime également la pop anglaise, en passant de The Straontainea une mélodie assez similaire. J’ai donné un petit bout de Knacki à La Femme Fontaine. Elle en fera ce qu’elle voudra ! (Rires) J’ai également trouvé mon inspiration dans les films d’Ennio Morricone et le cinéma érotique des années 1970. Bilitis, pour exemple, le film de David Hamilton, est un film érotique qui comporte des scènes de saphisme très jolies et pas dégueulasses. J’aime beaucoup la délicatesse qui émane de ces bandes sonores.

Ta photo dans ce grand fauteuil en rotin est une sorte d’hommage à Emmanuelle ?

C’est exactement ça ! C’est un hommage à Sylvia Kristel qui nous a quittés.

–          Quel est donc l’univers de Daisy Lambert ?

C’est mon univers ! Je n’ai rien créé d’artificiel car Daisy Lambert est une excroissance de moi-même. Je n’ai fait que souligner certains aspects au stabilo : le décalage que j’ai au quotidien, celui-ci que tu as pu remarquer depuis le début de l’interview… Je suis quand même super drôle ! Non ? Un peu ?  (Rires) Sans tomber dans le cliché populaire, c’est assez honnête de ma part d’intégrer cette composante à ma musique.

Les accords que j’utilise sont ceux qui me touchent et me font vibrer. Je souhaitais vraiment créer un mélange entre la chanson française un peu fraîche et l’électro-pop un peu old-school. Je pense que j’aurais voulu être une sorte de Lio au masculin !(Rires) Je m’assume en tant que chanteur depuis assez peu de temps. Ce qui m’intéresse en priorité c’est la musique : travailler les couches et les textures qui te permettront d’entendre de nouveaux éléments après plusieurs écoutes.

–          Avec tes propres mots, pourrais-tu définir ton style musical ?

C’est de la Pop Music Sentimentale. Je trouve que « pop music » sonne bien : c’est populaire car j’ai envie de plaire aux gens. C’est aussi de la variété et j’ai ajouté le mot « sentimental » car je le suis ! (Rires) Je ne dirais pas « fleur bleue » car c’est un peu nase et cela me fait penser au papier Lotus… Disons que je suis vaguement romantique et un peu nostalgique.

–          Comment travailles-tu tes morceaux ?

Pour la genèse musicale : je prends un synthé et fais des accords. Cela ressemble à une sorte de tâtonnement expérimental, il y a un peu de hasard. Je commence toujours avec un accord de Ré… C’est mon accord préféré ! Tous mes morceaux sont en Ré ; heureusement cela ne se remarque pas de façon flagrante. Je ne suis pas tout à fait un imposteur. (Rires) Je n’ai pas un sommeil très régulier ; cela peut m’arriver de trouver des idées de mélodies en pleine nuit. Il faut juste que je pense à me lever et à m’enregistrer sur mon téléphone… Je chantonne un yaourt dans mon portable et réexploite l’idée le lendemain. Pour les paroles, j’ai un petit carnet où je note des « punchlines ».

 

The Dedicated Nothing s’invite chez Chuchotements

24 Avr

 

The Dedicated Nothing est un groupe rock de Biarritz composé de Grégoire, Franck, Clément et Mathieu. Ils ont fait les premières parties de The Shoes, de BB Brunes, de The Bewitched Hands et 1995.

De passage à Paris, les quatre garçons ont rencontré Chuchotements. Dans la bonne humeur, ils nous racontent leur parcours et la composition de leur EP. Après de nombreux éclats de rire, ils partagent avec nous leurs bonnes adresses parisiennes.

–          Présentez-nous le groupe.

Grégoire : Notre nom vient de la culture californienne des années 1950. Miki Dora était un surfeur et artiste de la contre-culture de cette époque. Dans ses mémoires il a classifié les surfeurs du coin en quatre catégories : les Kooks, les Freaks, les Punks et les Dedicated Nothing. Ce dernier nom nous a inspiré car il représente le côté « laisser aller » et « lâcher prise » que nous vivons dans notre musique.

Comment celui-ci a-t-il débuté ?

Grégoire : Nous nous sommes retrouvés dans un studio près de Biarritz fin 2010 avec l’envie de faire de la musique. Plus jeunes, nous avons tous eu un groupe dans lesquels nous faisions des covers. Notre envie était de créer quelques titres avec la seule ambition de nous faire plaisir. Au bout de deux répétitions, nous avions notre premier titre : Running Away. Franck, notre batteur, avait trouvé le riff de base. J’y ai ajouté quelques notes à la guitare, Clément a ajouté un deuxième riff et Mathieu a apporté un son de basse. Ce morceau s’est créé de façon assez spontanée. Cette spontanéité est d’ailleurs un élément fondateur dans l’histoire du groupe – avec un petit « h »-, il y a un côté très brut qui nous définit. Le plaisir que nous prenions, sans trop réfléchir et sans être trop exigeants, nous a donnés envie d’aller plus loin. Nous avons eu envie de faire un live quand l’été 2011 est arrivé, mais nous ne savions pas réellement comment faire… Nous ne connaissions personne et nous n’étions personne. Au final, nous avons organisé une soirée dans une de nos maisons, rassemblé une soixantaine de potes et joué pour eux. Des gens du label Drop In Music étaient parmi les invités. Ils ont apprécié notre musique et nous ont invités dans leur studio pour voir ce que cela pouvait donner… Nous sommes restés quatre jours et quatre nuits à enregistrer quatre titres qui sonnaient plutôt bien. Pour nous, cela continuait à être positif.

Clément : Ils nous ont également proposés de signer sur leur label.

Grégoire : Nous avons retravaillé ces quatre titres et avons continué à composer d’autres morceaux. Nous avons donné notre premier concert en avril 2012 lors d’un événement de snowboard à la montagne.

Franck : Nous avons joué dans des conditions « épiques », mais cela était, en quelque sorte, notre baptême. Nous avons fait une vingtaine de dates entre avril et décembre 2012. En plus du label, les gens ont commencé à croire en nous. François Maton, le programmateur de la salle de l’Atabal, lieu phare des musiques actuelles de Biarritz, nous a pris sous son aile. Il nous a permis de faire des résidences et de nous préparer. Les choses se sont rapidement et bien enchaînées et nous avons sorti notre premier EP fin février 2013.

Effectivement, tout est assez rapide. Comment vous connaissiez-vous avant ce projet ?

Grégoire : Franck et moi-même nous nous connaissons depuis des années grâce à notre travail. Nous travaillons tous les deux dans l’événementiel et nous nous sommes rencontrés lors d’une compétition de surf.

Mathieu : Je connaissais Franck car nous avions joué ensemble dans un autre groupe il y a très longtemps.

Franck : Nous savions que nous allions rejouer ensemble un jour, mais sur un projet plus rock et qui vient plus des tripes. Quand nous avons commencé à composer Running Away, nous avons ressenti le besoin d’une très bonne basse, alors je l’ai appelé en lui disant : « C’est maintenant ! ». (Rires)

Clément : Je ne connaissais pas trop Franck, mais comme j’habite dans le même coin que lu il m’a proposé de faire un bœuf avec eux. Je ne connaissais pas du tout  Greg et l’ai rencontré lors de la première répétition. Ce fût : « Salut Greg », « Salut Clément, enchanté » et…

Grégoire : … Et Running Away ! (Rires)

Franck : Cette spontanéité du début, que ce soit dans notre rencontre ou dans notre travail, se ressent toujours au quotidien et c’est génial !

C’est assez surprenant de voir cette symbiose naître aussi vite…

Clément : Ça se passe beaucoup moins bien maintenant ! Nous avons passé tellement de temps ensemble en studio que, désormais, nous nous détestons tous! (Rires)

Grégoire : Surtout nous deux !

Clément : Oui, surtout avec Greg, mais nous faisons en sorte de nous supporter ! (Rires)

Franck : Plus sérieusement,  une certaine complémentarité entre nos personnalités et nos influences intervient toujours dans notre démarche de composition. Tout concorde depuis le début et c’est assez magique. C’est un peu l’image idéaliste que nous nous faisions d’un groupe et cette formule nous convient.

–          Comment travaillez-vous ?

Mathieu : En général, l’un d’entre nous arrive avec quelques notes, un riff ou un arpège. Il y a déjà un fil conducteur et une idée. Quand nous l’écoutons, cela nous parle tout de suite : les idées viennent naturellement et très rapidement. Nous nous complétons : Franck peut très bien me donner des idées à la basse et moi, lui en donner à la batterie.

Franck : Les lignes de chant sont partagées. Nous avons un fonctionnement assez collaboratif, voire communautaire, qui est assez particulier.

Mathieu : Je pensais que cette méthode de travail n’existait pas ou qu’elle faisait partie d’un « monde des Bisounours » !

Clément : C’est assez marrant car si nous essayons vraiment de réfléchir à comment faire les choses, cela ne fonctionne pas. Alors nous arrêtons de réfléchir !

Grégoire : Aujourd’hui nous avons quatorze titres et tout a été fait comme ça…

Vous les avez composés en quatorze jours… (Rires des quatre) Qu’en est-il de vos paroles ? 

Grégoire : Nous devons, tout d’abord, être convaincus par l’univers d’un morceau avant de nous occuper des paroles. Elles doivent bien « couler » et la sonorité des mots doit concorder avec l’atmosphère que nous souhaitons dégager. Cela est assez noir ; nous sommes très inspirés par l’imagerie noire et blanche, l’image de Manchester en crise, etc.

Franck : Il y a une thématique assez récurrente sur la gente féminine !

Grégoire (chuchote): Parce que nous aimons bien les femmes ! (Rires) Les paroles suivent aussi notre logique de spontanéité, les mots viennent facilement et complètent la chanson. C’est toujours très sombre ou très vif, mais jamais modéré.

–          Définissez votre style musical avec vos propres mots.

Franck : J’aime bien le mot « anxiogène ». Lors d’un concert, nous avons été annoncés comme ayant un rock urgent et anxiogène. J’ai trouvé que cela nous collait particulièrement bien. Nous  déployons toute notre énergie au travers de nos instruments et de notre performance scénique qui, elle, est un peu dans l’excès. Nous donnons beaucoup de nous bien que nous ne fassions pas de métal ! (Rires) Nous avons également des morceaux plus « Pop » et plus légers comme Love Me Girls. Ce n’est pas du tout prétentieux, mais…

Grégoire : Si ! (Rires des quatre)

Franck: Oui, c’est vrai… Pardon ! (Rires) Toute notre création est spontanée et peu réfléchie : notre univers nous précède un peu. Il reste un côté que nous ne maîtrisons pas.

Clément : Parfois, nous nous disons que nous devrions nous calmer… Je pense que ça peut devenir autant un plaisir qu’une souffrance.

Grégoire : A certains moments cette intensité peut être assez dure à vivre. Nous avons réellement envie que cela aille plus loin et l’urgence nous tire vers l’avant. Cependant elle est parfois difficile à gérer : cela peut se transformer en quelque chose d’émotionnellement violent…

Franck : … Arrête, elle se moque de nous ! (Rires des quatre)

Grégoire : Elle a raison. A sa place, je me moquerais de nous ! (Rires)

Grégoire : En général quand l’un de nous veut aller à fond, nous sommes d’accord. Nous nous tirons tous vers l’avant, comme ça si ça ne fonctionne pas, nous n’aurons aucun regret.

Franck : … Elle se remoque de nous !

Grégoire : Non.  Non, je ne pense pas…. Je pense qu’elle nous admire ! (Rires des quatre)

Clément : Je pense que notre « force » vient de notre mode de travail ensemble car individuellement nous n’y arriverions pas.

–          Vous avez cette énergie commune, mais quelles sont vos différences ?

Grégoire : Je pense que nous avons des personnalités marquées… Si je peux me permettre de faire un peu de psychologie ! (Rires) Il y a un équilibre : Mathieu est le plus calme et nous l’écoutons, Clément est l’adolescent, c’est la tempête, Franck est l’excès à tout prix et moi… Je suis un peu paumé ! (Rires des quatre)

Franck : Nous sommes complémentaires, même dans nos influences. Nous nous retrouvons dans un tronc commun : post-punk, années 1970 et années 1980, du côté de Manchester avec Joy Division et des influences plus modernes : Interpol, Arctic Monkeys et The Maccabees. Chacun arrive avec ses propres influences et ses expériences.

–          Quels sont vos projets ?

Franck : Nous nous lançons sur la route pour défendre notre EP qui est sorti en Février 2013. Nous travaillons également sur un album.

–          Où aimez-vous vous rendre à Paris ?

Franck : Nous aimons aller au Ballroom du Beef Club. Ce lieu me fait penser à certains bars Londoniens ou New-Yorkais. Tu rentres par une porte dérobée et tu descends quelques marches pour arriver dans un whisky-bar incroyable décoré de vieilles bouteilles et rempli de fauteuils style ‘Chesterfield’. C’est très vintage et cela nous plait bien.

Le Ballroom du Beef Club, 58 rue Jean-Jacques Rousseau, 1er.

www.facebook.com/pages/The-Beef-Club

Clément : Nous sommes très bons quand nous allons au Social Club… Nous offrons une belle performance scénique là-bas ! (Rires)

Grégoire : Nous aimons beaucoup danser !

Le Social Club, 142 rue Montmartre, 2e.  

www.parissocialclub.com

Clément : J’aime bien aller dîner au restaurant Le Derrière. L’endroit est vraiment surprenant et les plats sont assez bons.

Le Derrière, 69 rue des Gravilliers, 3e.

derriere-resto.com

 

Franck : J’adore aller au Fumoir situé derrière le Louvre. C’est une belle brasserie, particulièrement classe, où ils proposent de très bons vins. Il y a quelques années tu pouvais fumer des cigares dans le coin bibliothèque.

Le Fumoir, 6 rue de l’Amiral de Coligny, 1er.

lefumoir.com

Clément : Nous sommes allés quelques fois au Silencio pour prendre des verres. Le cadre est vraiment incroyable et c’est très feutré.

Club Silencio, 142 rue Montmartre, 2e.

silencio-club.com

Grégoire : J’aime beaucoup le Musée National d’Art Moderne de Beaubourg : le Centre Pompidou. J’adore l’endroit et j’aime y passer du temps.

Centre Pompidou, 19 rue Beaubourg, 4ee.

www.centrepompidou.fr

 

The Dedicated Nothing – Running Away

http://www.dailymotion.com/video/xxpge5

The Dedicated Nothing – Love Me Girls

http://www.dailymotion.com/video/xz2dag

 

Leur site: thededicatednothing.com

Leur page Facebook: www.facebook.com/TheDedicatedNothingOfficial

 

Merci Franck, Mathieu, Grégoire et Clément pour cette discussion sympathique et ces nombreux fous rires.

Anita Drake s’invite chez Chuchotements

16 Avr

 Anita Drake est un duo parisien parti chercher son inspiration en Angleterre  pour nous livrer des morceaux que nous nous verrions bien écouter dans un petit bar sombre d’une vieille ville du Mississippi. Dorothée Pierson et Manuel Cortell ont laissé de côté leurs sonorités électro-rock pour revenir au folk, à un son plus brut et à quelque chose de plus organique.   

–          Comment votre projet a-t-il débuté ?

Dorothée : Nous avons fait beaucoup de scènes avec notre ancien groupe C.T.R.L, c’était chouette, mais pour de nombreuses raisons nous nous sommes un peu essoufflés. Nous n’arrivions plus vraiment à composer et nous avions envie d’autre chose et d’ailleurs. Nous sommes donc partis à Londres pendant quelques mois et nous avons rencontré une fille qui nous a beaucoup marqués : Anita Drake.

Quel a été son rôle  ?

Dorothée : Nous avons recommencé à composer avec elle. Anita est arrivée dans notre vie et a disparu du jour au lendemain. C’était un peu étrange… Nous avons un peu créé ce groupe en hommage à cette personne. Les sonorités que nous commencions à avoir nous représentaient plus et c’est comme ça qu’est né Anita Drake.

Vous n’avez plus de contact avec elle ?

Dorothée : Plus du tout. Ce serait bien que ce groupe marche. Peut-être qu’elle l’entendrait… Ce serait un appel des sirènes en version Ulysse 2.0. Je viens de l’inventer !(Rires) Nous avons vécu tellement de choses avec elle et la musique qui est arrivée était tellement particulière et spéciale…

Manuel : Elle est la croisée des chemins, un peu comme la chanson Cross Road Blues de Robert Johnson où l’homme attend le diable pour lui vendre son âme en échange du succès.

C’était en quelque sorte une muse pour vous…

Dorothée : C’est ça…Et en même temps, de son souvenir, nous gardons énormément de choses. Ça reste une sorte de muse perpétuelle.

–          Quand avez-vous monté le groupe ?

Manuel : Il y a un an et demi.

 Quelle était votre envie ?

Dorothée : C’était presque organique. Notre ancien groupe avait des sonorités très électroniques et était un mélange de plusieurs styles. Nous avions envie de revenir à nos premiers amours : la soul, le blues, le rock pur et dur et le folk. C’est devenu très viscéral. Manu dit souvent que c’est le groupe qu’il a toujours voulu faire et je me retrouve complètement dedans.

Manuel : Nous voulions quelque chose de simplifié, sans trop de déco et recentré sur les chansons. C’est plus roots, plus authentique et plus brut.

Dorothée : … Plus honnête et plus personnel.

Manuel : C’est quelque chose que tu fais le matin sans avoir la contrainte d’aller en studio pour enregistrer tes guitares,  tes claviers et faire des arrangements dans tous les sens. Nous avons commencé à deux à la guitare et nos morceaux marchent. C’est intéressant, c’est un peu Johnny Cash dans l’âme. Walk the Line ! (Rires)

–          Quelles sont vos références?

Dorothée : Je fonctionne plus en termes de références littéraires ou cinématographiques car c’est plus marquant et plus facile à expliquer.  Je cite souvent les films de Jim Jarmusch, tel que Dead Man. Patti Smith est également une de mes références, bien que nous ne fassions pas du tout le même genre de musique. Elle avait tendance à mélanger plusieurs univers en même temps : mode, musique, poésie, etc. C’est ce que nous faisons aussi. Nous avons tout un univers graphique, poétique et littéraire derrière notre musique.

Manuel : J’aime tout ce qui est folk et très brut américain. J’adore la soul et le vieux blues de Robert Johnson, en passant par des choses plus récentes comme Johnny Cash, The Cure et The Black Keys … J’aime tout ce qui est mélodique ! Dès que c’est mélodique, ça me touche.

–          Comment travaillez-vous ?

Manuel : J’arrive avec les mélodies et Dorothée s’occupe des textes.

Dorothée : Manu arrive avec tout le squelette d’une chanson. A partir de cette base, je réfléchis à ce que cela m’inspire et à ce que j’ai envie de raconter.  J’écris et nous enregistrons directement. C’est assez brut bien que nous arrangeons légèrement nos chansons. Nous travaillons toujours de cette façon chez nous. La musique naît de Manu et moi je déroule le fil…

Manuel : J’accouche et toi tu l’élèves ! (Rires) Il y a parfois des chansons pour lesquelles ça ne marche pas… Certaines ne rentrent pas dans notre univers. Nous jetons beaucoup de choses… Enfin, nous les gardons quand même car elles pourront peut-être un jour nous correspondre, être sur un autre album ou convenir à certains de nos amis. Nous tenons réellement à réaliser un album dans un univers précis. Si ça part dans tous les sens, cela devient un groupe belge…

Comment ça ?

Manuel : J’adore les groupes belges dEUs et Ginzhu, mais parfois nous avons l’impression qu’il n’y a pas vraiment d’identité. Les morceaux sont très différents et tu n’arrives pas forcément à comprendre leur ligne directrice. Notre album s’inscrit dans un univers précis. C’est comme un film de Jim Jarmusch, le début et la fin sont toujours dans la même couleur et tu sais où tu vas.

Dorothée : Il faut que nous soyons toujours tous les deux d’accord sur le résultat et sur ce que nous souhaitons donner.

–          Quels thèmes abordes-tu dans tes textes ?

Dorothée : C’est très simple, je ne parle que des gens que je connais et de moi-même. C’est tout ! Je peux avoir des opinions sur la politique ou sur la société qui me tiennent réellement à cœur, mais je n’en parle pas dans mes chansons. Ces textes sont vraiment très personnels. Je parle de choses qui intéressent tout le monde… Car je suis un peu comme tout le monde ! (Rires) Les thématiques tournent souvent autour des mêmes choses : les rapports humains, les relations, des observations de gens que je connais ou de moi-même. Je me base plus sur des sentiments et des ressentis. Je ne monte jamais « au créneau », je ne souhaite pas en profiter pour revendiquer des opinions. Mes revendications passent par un autre support. Notre clip Crawling on the ground traite des problèmes que les filles peuvent rencontrer au quotidien. J’ai voulu mettre les hommes à notre place le temps d’une chanson.

–          Avec vos propres mots, comment définiriez-vous votre style ?

Dorothée : Si notre musique était un animal ce serait forcément un chat. Nous y retrouvons ce côté très attachant tout en étant très indépendant. Le chat donne beaucoup d’affection tout en restant sur ses gardes. Nous pouvons également y retrouver des oiseaux… Je pourrais citer d’autres animaux car nous sommes un peu dans du « folk-rock-animal » !

Manuel : Ce ne seraient que des animaux de compagnie car la campagne n’est vraiment pas notre univers !

Dorothée : Tout en restant un peu sauvages quand même ! (Rires)

Manuel : Cela tient du fantasme de pouvoir définir un style car tu peux percevoir ta musique dans un style et ceux qui vont l’écouter le percevront différemment. Nous aimons utiliser le terme de Patti Smith : « le folk urbain ». C’est assez folk car les morceaux sont produits à la guitare sèche, mais avec quelque chose de plus électrique et plus dur qui ressemble à la ville.

Dorothée : C’est très urbain. Je viens de la ville et c’est ce qui m’angoisse le moins ! (Rires) Cela fait parti de nous car nous sommes des fleurs de bitume : nous avons poussé ici et nous grandissons ici !

–          Quels sont vos prochains projets ?

Dorothée : Notre EP est sorti le 23 Février, nous planifions la sortie d’un deuxième EP pour juin 2013 et nous travaillons actuellement sur un album qui devrait sortir en septembre 2013 ou janvier 2014.  Nous avons plusieurs dates de concerts et nous serons présents lors du festival du Printemps de Bourges.

–          Pourquoi avoir choisi le café Lou Pascalou comme lieu d’interview ?

Manuel : C’est à côté de chez nous et le patron est un copain. Ménilmontant est un peu le Brooklyn de Paris ! (Rires) Le quartier change beaucoup, mais il reste l’un des rares à être abordable et populaire. Il y a de nombreux artistes et tu peux encore y faire n’importe quoi.

Lou Pascalou, 14 rue des Panoyau, 20e.

www.cafe-loupascalou.com

–          Qu’aimez-vous à Paris ?

 

Dorothée : J’aime beaucoup le bar La Féline qui est l’un des derniers bastions vraiment rock et qui est particulièrement sympa.

La Féline, 6 rue Victor Letalle, 20e.

www.facebook.com/La-Griffe-de-La-Féline-Bar

 

Je recommande le bar Red House vers Bastille. J’ai travaillé pendant deux ans au Bottle Shop et Jo, le patron, a ouvert cet autre bar. Le bar est vraiment cool, il y a un flipper et ils font de très bons cocktails.

Red House, 1b rue de la Forge Royale, 11e.

www.facebook.com/Red-House

J’aime bien Le Bus Palladium. C’est un club où tu peux jouer avec un minimum de scène. L’endroit est vraiment pas mal, la sono est bonne et l’équipe est géniale.

Le Bus Palladium, 6 rue Pierre Fontaine, 9e.

www.lebuspalladium.com

 

J’aime beaucoup la boutique de créateurs Les Fleurs vers Ledru-Rollin. C’est magique, il y a plein de bagues et de colliers. Ce n’est pas très cher et si tu as des cadeaux à faire tu peux y trouver ton bonheur.

Les Fleurs, 6 passage Josset, 11 e.

www.facebook.com/Les-Fleurs

Manuel : J’aime faire de grandes balades en scooter dans paris. C’est magnifique !

Je recommande Les Quilles. Ce sont des copains qui tiennent ce restaurant qui a un style de bistrot. Ils proposent de bons vins et les plats sont très bons et de qualité.

Les Quilles, 123 boulevard de Ménilmontant, 11e.

www.facebook.com/Les-Quilles

Dorothée : Ma salle de concert préférée est le Bataclan. Cette salle est géniale !

Manuel : Elle pue le rock !  La salle est crade, ça sent la scène, la sueur, le whisky et le cul. (Rires)

Le Bataclan, 50 boulevard Voltaire, 11e.

www.bataclan.fr

Dorothée : Je ne suis pas une fille du 18e  et 9e arrondissements, mais j’aime beaucoup le Pigalle Country Club. C’est un bar sympathique et agréable.

Pigalle Country Club, 59 rue Jean-Baptiste Pigalle, 9e.

pigallecountryclub.com

 

Anita Drake – Surrender

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Anita Drake – Crawling on the ground

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Leur Soundcloud: soundcloud.com/anita-drake

Leur page Facebook: www.facebook.com/anitadrakemusic

 

Merci Manuel et Dorothée pour cette discussion autour d’un verre.

BettyBoom s’invite chez Chuchotements

10 Avr

BettyBoom est le projet d’Elisabeth Gatine, dit Zabeth, ex-bassiste du groupe Cox. Jan, guitariste du groupe, prend en charge la réalisation de son premier album Contre Toi, mixé par Paul Reeve (Muse, Razorlight, Supergrass…). Le groupe sera remarqué par plusieurs premières parties de Brigitte et de Superbus.

–         Quel est ton parcours musical ?

J’ai commencé à faire de la musique à dix-sept ans, j’ai enchaîné dans plusieurs groupes et ai participé à de nombreux tremplins à la Loco. Dans les années 1990, en pleine période grunge, j’avais un groupe qui s’appelait Flipper. J’étais particulièrement fan de Pearl Jam à l’époque. Puis j’ai rencontré Fabien qui m’a proposé de rejoindre Cox en tant que bassiste ; c’était mon premier groupe sérieux. Le groupe s’est arrêté après le deuxième album, qui lui, est sorti en 2002 alors que nous étions en pleine ascension. Nos multiples dates de concerts et notre grosse tournée ont été très formatrices.  J’ai intégré ensuite un groupe de filles : Flaming Pussy… En fait, c’était un groupe composé de lesbiennes, j’étais la seule hétéro et nous jouions tous les mercredis soirs au Pulp pendant un an. J’écrivais déjà des textes et composais, il était temps pour moi d’essayer…

Et c’est le début de BettyBoom…

Le projet a quatre ou cinq ans. J’ai proposé à Nikko (ex guitariste du groupe Dolly, guitariste du groupe Eiffel) de réaliser mes premières maquettes. Quelques personnes se sont intégrées au projet, puis j’ai rencontré Jan (guitariste du groupe Brigitte) qui est devenu la personne importante du groupe. Je lui ai proposé de réaliser cet album.

 Qu’est-ce qui t’a poussé à créer ce groupe ?

Je tenais beaucoup au groupe Cox et me suis sentie un peu perdue quand celui-ci s’est terminé. C’était une belle et longue histoire ; un peu comme une histoire d’amour qui s’arrête…  C’est très difficile ! J’ai composé des chansons assez « intimes », je ne me voyais pas proposer à quelqu’un de les chanter à ma place. Malgré les propositions, je n’avais pas non plus envie d’accompagner quelqu’un en tant que bassiste. J’avais vraiment besoin d’un projet personnel, alors je me suis lancée ! C’est difficile de devenir chanteuse quand tu n’es que musicienne… Même si je faisais les chœurs, prendre le « lead » demande beaucoup de travail. Nos premiers concerts n’étaient pas très réussis, mais il y régnait une belle énergie ! Sur scène nous restons très rock et dans un état d’esprit proche du punk : tout donner, partager et s’amuser, sans vraiment se soucier des règles à respecter. Si nous ne sommes pas dans le tempo, cela n’est pas grave ! (Rires) Il se passe quelque chose entre nous et si le public le ressent, alors c’est génial !

–          Que cherches-tu à aborder dans tes textes ?

Je ne me pose pas trop de questions, cela vient tout seul : je prends ma guitare et les textes viennent quand je compose. C’est souvent lié à ce que je lis, ce que j’observe et ce qui me fait réagir dans l’actualité. Parfois cela peut venir d’une phrase dans un livre qui va me donner envie d’en faire une chanson. Cela n’a rien d’autobiographique car je me sers de tous les ressentis… J’en parle et je développe un sentiment, une idée ou une humeur. Une idée de chanson peut me venir en sortant d’un concert, dans ce cas je l’enregistre directement sur mon téléphone puis la retravaille ensuite.

–          Vous avez mis en avant le titre Je suis d’accord. Peux-tu nous en dire un peu plus?

J’ai composé ce riff de guitare chez moi…C’est assez étonnant car ce n’est pas vraiment une sonorité de bassiste. C’est parti d’une envie de faire quelque chose de plus joyeux et de plus pop. Il y a un côté chipie et féminin ! (Rires) C’est une façon légère de montrer que les femmes affirment leur côté sexuel. Elles sont désormais très libres et peuvent dire ce qu’elles veulent, même sexuellement. Je trouvais ça amusant de faire passer ce message d’une façon mielleuse.

Et pour tes autres chansons ?

Les autres sont un peu plus mélancoliques. Beaucoup traitent des liens que nous avons entre nous. Une parle des émotions que nous ne contrôlons pas. Il y a même une chanson où je donne ma vision du Pape : ses discours anti-préservatif m’ont fait réagir. Je trouve ça improbable de tenir ce genre de discours à notre époque. Quelque soit le pape, je trouve qu’on leur attribue un côté « star » qui me dérange. J’écris souvent quand des choses me déplaisent, c’est une façon de faire passer un message.

–          Comment travailles-tu avec tes musiciens ?

J’arrive avec quelques accords à la guitare : des choses très simples en croches et très binaires. Sans toucher au texte, les autres arrangent et enrichissent cette petite base. Il faut que cela plaise à tout le monde. Nous sommes là pour nous faire plaisir donc cela se fait naturellement. Je leur fais particulièrement confiance. Nous parlons un peu tous « la même langue » : nous baignons tous dans un univers rock, même si nous n’écoutons pas tous la même chose.

–          Quelles sont vos références ?

J’écoute beaucoup la musique anglo-saxonne. J’ai commencé par du grunge : Pearl Jam et Nirvana sont des groupes que j’ai beaucoup écoutés. J’ai également beaucoup écouté Led Zeppelin et The Pixies et plus récemment Cat Power et CSS. Bien sûr, j’écoute tout le temps The Beatles. Je pense que nous sommes faits de ce que nous écoutons, mais comme nous sommes quatre membres dans le groupe cela devient un mélange de nos univers. Nous partageons quelques groupes, dont les grands « classiques », Radiohead, Neil Young et Arcade Fire. Jan écoute beaucoup de choses dont du rock, du rap et de l’électro. Il travaille avec des gens de la variété et comme il réalise cet album notre style est beaucoup plus ouvert. Sans lui, je pense que je serais restée sur un projet plus rock et minimaliste.

–          Avec tes propres mots, comment définirais-tu ta musique ?

Je dirais que c’est de la musique « intimo-clash ».

Les textes rendent la musique assez intime. J’ai un peu l’impression d’être dans une bulle, mais sur scène et dans le son nous sommes très rock. Nous sommes là pour faire du bruit et déranger un peu. Il y a un petit côté adolescent qui ressort…Finalement, je garde mon côté grunge ! (Rires)

–          Quels sont tes prochains projets ?

Nous souhaitons faire un maximum de concerts. Nous faisons les premières parties de Superbus car je suis amie avec Patrice, un de leurs guitaristes. Nous jouions ensemble dans le groupe Cox. C’est une chance car cela nous permet d’accéder à de très bonnes salles  et leur public est assez réceptif à notre style. Nous avons un projet de clip pour la chanson Pape Show : nous avons plein d’images et d’idées en tête, mais elles seront sûrement censurées ! (Rires)

–          Pourquoi avoir choisi le bar Un Zèbre à Montmartre comme lieu d’interview ?

Ici, je suis dans mon élément ! (Rires) Je considère ce quartier comme ma maison : je vais souvent aux mêmes endroits et je connais les gens. Je vis dans ce quartier depuis douze ans et je reste rarement chez moi. J’aime traîner dehors depuis toute petite et j’adore les bars. Je suis rarement assise à une table, j’aime discuter avec les barmans que je connais, écouter des conversations, faire des rencontres de soirée…j’adore ça ! Je me sens vraiment bien dans ce bar.

Un Zèbre à Montmartre, 38 rue Lepic, 18e.

www.facebook.com/pages/Un-Zèbre-à-Montmartre

–          Dans quels lieux aimes-tu flâner à Paris ?

Quand je ne suis pas au Zèbre à Montmartre, je suis dans un tout petit bar : Les Canons. C’était un bar chilien à la base, mais il y règne toujours une atmosphère hispano. Le patron est français, originaire du Sud et a vécu en Espagne. Il reste marqué par cette culture. Ils servent des tapas quand tu prends un verre. C’est assez petit et très convivial. Tu parles facilement avec les gens autour de toi. J’adore cette ambiance !

Les Canons, 17 rue Tholozé, 18e.

www.facebook.com/pages/Les-Canons

 

Quand j’ai envie de dîner, je vais au 16 Tholozé. Ils y font une très bonne cuisine française.

Le 16 Tholozé, 16 rue Tholozé, 18e.

www.facebook.com/Le16Tholoze

 

J’aime également le restaurant La Mascotte. Tu peux t’asseoir en bas, dans une ambiance bistrot, et grignoter une assiette de charcuterie ou des fruits de mer ou bien monter à l’étage pour déguster leur cuisine française. Ce n’est pas donné, mais il faut le faire une fois de temps en temps.

La Mascotte, 52 rue des Abbesses, 18e.

www.la-mascotte-montmartre.com

J’aime bien le petit restaurant-bar La Bascule qui propose une cuisine française assez bonne et un bon choix de vins. Ils organisent de temps en temps des concerts.

La Bascule, 24 rue Durantin, 18e.

www.facebook.com/labasculeabbesses

 

 

Une copine a ouvert une petite boutique de smoothies : Smooth In The City. Tout est préparé sur place, c’est frais et délicieux. Elle propose également des soupes extraordinaires, des salades et des sandwichs. L’hiver, il faut tester ses chocolats chauds bien épais préparés à l’ancienne qui sont géniaux.

 

Smooth In The City, 11 rue des Abbesses, 18e.

www.facebook.com/pages/Smooth-In-The-CityOfficiel

J’adore la Librairie des Abbesses. Je ne peux pas passer devant sans y rentrer. J’adore lire et j’adore la gérante, Marie-Rose, qui est assez « loufoque ». J’aime les petites librairies car tu finis par connaître assez vite les gens et ils savent te conseiller. Je ne suis jamais déçue ! Il y a un très bon choix de livres.

 La Librairie des Abbesses, 30 rue Yvonne le Tac, 18e.

librairiedesabbesses.blogspot.fr

Aurais-tu des livres à recommander ?

Je viens de lire Les Lisières  d’Olivier Adam qui est également l’auteur du livre Je vais bien ne t’en fais pas. J’ai adoré le livre et le recommande. C’est assez triste, mais c’est émouvant, beau et bien écrit.  Je recommande également Une vie française de Jean-Paul Dubois.

 

BettyBoom – Je suis d’accord

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Site du groupe : bettyboom.zimbalam.com

Page Facebook : www.facebook.com/bettyboomtheband

 

Merci Zabeth pour cet échange autour d’un verre.