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Découverte de l’orchestre colonne : j’ai survécu et j’y retournerais… peut être !

12 Oct

12/10/2010 – Talents Chefs d’Orchestre de l’ADAMI – Salle Gaveau

 

 

Me retrouver projetée salle Gaveau pour écouter du classique cela pouvait paraître risqué. J’aurais pu (dû ?!) finir par le regretter amèrement. Mais une petite série de miracles et je m’en suis sortie. Ce n’était pas si terrible que ça ! (Et je ne dis pas cela uniquement grâce à la présence d’un beau brun ni pour le buffet !)

Quai blindé métro Miromesnil, au milieu des voyageurs exaspérés par les mouvements sociaux nous voilà, Barbara et moi. Premier miracle de la journée: nous sommes là, et à l’heure en plus ! Rires nerveux et petites robes noires, prêtes à affronter une soirée de musique classique. On dormira pendant le concert et ensuite on se vengera sur le buffet au pire.
L’invitation annonce : « 40e symphonie en sol mineur de Mozart », « symphonie numéro 2 de Beethoven » et « symphonie classique de Prokofiev ». Nous, on s’attend surtout à être complètement larguées pour finir par enfin engloutir les canapés au saumon. Mozart, Beethoven et Prokofiev, bien sûr on connait de nom mais ça en reste là (et on ne s’en portait pas plus mal !).
Un peu comme la salle Gaveau en fait. Un mythe médiatique, écrin d’une musique habituellement trop précieuse pour être accessible à nos oreilles. Le lieu est loin de ressembler à une salle d’opéra: claire, des pastel ocre et blanc, des ornements baroques en forme de végétaux. Derrière la scène un orgue majestueux aspire notre regard. Nous ne sommes pas seules à être impressionnées par les lieux. Le public, loin des clichés habituels, s’installe et admire. Second miracle : autour de nous des gens normaux.

21h, deux hommes entrent en scène. Philippe Ogouz, président de l’ADAMI (société civile pour l’Administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes) et son comparse, un ancien président de la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique). Ils se félicitent tous deux de se trouver devant une salle presque comble, malgré les grèves.
Mise en situation pour mieux comprendre cette soirée : pour la deuxième année consécutive l’ADAMI organisait le concours « Talents jeunes chefs d’orchestre ». Le palmarès des trois chefs d’orchestres retenus se présentait devant nous ce soir. Les lauréats sont jeunes et, parmi eux, on compte une femme (un fait assez rare pour être souligné). Pour les accompagner, l’Orchestre Colonne.  Un groupe atypique : il réunit plus d’une centaine de musiciens professionnels non salariés. Leur démarche est basée sur l’enthousiasme : celui de musiciens dévoués et désintéressés mais aussi celui du public, aussi bien pour la découverte de grands classiques que d’œuvres contemporaines. L’ensemble s’associe à des noms prestigieux de la musique (à l’image de son directeur musical Laurent Petitgirard, vice président de l’académie des beaux arts).
Les musiciens, venus en nombre et en queues de pie, entrent. Gwennolé Rufet dirige l’Orchestre Colonne sur la 40e symphonie en sol mineur de Mozart. Un candide jeune homme aux petites lunettes rondes monte sur scène, salue, sourit et gesticule. Barbara et moi, amusées par ses sautillements incessants, ses mouvements d’épaules et ses expressions faciales.
Nous apprécions la mélodie. Violons, violons solo, altos, violoncelles, flûtes, hautbois, clarinettes, bassons, contrebasses, timbales, percussions, et autres instruments s’activent sous nos yeux et nous nourrissent de mille détails. La précision des violonistes nous ébahit.
Troisième miracle, la découverte d’un beau brun parmi les musiciens. Cette bonne surprise est rapidement suivie d’une autre, cette première partie du concert passe extrêmement vite, il y a tant à voir.
Une pause, a peine le temps d’échanger quelques réflexions que déjà les musiciens reviennent sur scène.

Mêmes musiciens, deuxième chef d’orchestre : Stilian Kirov. Lui aussi bouge et s’agite pour diriger la symphonie numéro 2 de Beethoven. Ses gestes semblent plus maîtrisés,  il est moins théâtral. Il ressemble curieusement au Petit Prince de Saint Exupéry, mais nous sommes moins captivées.
Les notes défilent, nos yeux se ferment par moment. La mélodie est belle, mais la fatigue se fait sentir et l’effet de surprise s’est envolé. La musique s’arrête. Nous sommes toutes deux d’accord pour dire que oui : la culture c’est bien, c’est beau… mais ça fatigue, surtout quand on découvre ! Nous manquons d’endurance et nous nous sentons un peu à l’écart dans cet univers.
Dernière lauréate. Une grande et belle jeune femme aux yeux bleus azurs, au port de tête royal et à la démarche affirmée. Tailleur pantalon noir austère, ses cheveux courts et un sourire permanent inscrit sur son visage, Elisabeth Askren va enchanter le public. Des gestes énergiques et précis, une assurance qui séduit irrésistiblement. Elle hypnotise toute la salle. Une révélation et la découverte de la symphonie classique de Prokofiev. (cinquième miracle ?!). La symphonie cesse, tonnerre d’applaudissement, la salle exulte. Si le jury à choisi 3 lauréats, l’élue du public, sans aucune contestation, c’est elle. La fin du concert aidant, les saluts se font plus longs et plus intenses.
Cette brillante démonstration du talent des vainqueurs de ce concours à su mettre des sourires sur toutes les lèvres. Après quelques saluts, la scène et la salle se vident petit à petit. Nous redescendons le grand escalier pour nous rendre au buffet. Sur place, dans une autre salle, ou l’on y retrouve organisateurs, musiciens et amateurs de musique classique. Très vite notre présence est remarquée et la réception se poursuit, généreuse en coupes de champagnes, verrines et macarons. Délicieuse soirée !
Un sixième et dernier miracle ? Non, le beau brun tarde…

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