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Quelques gouttes d’opéra

19 nov

19/11/2010 – Didon et Enée –Théâtre Mouffetard

Le court opéra baroque de Purcell inonde les oreilles des spectateurs du théâtre Mouffetard d’envolées lyriques et d’émotions lumineuses, torrent d’applaudissement.

L’histoire s’écoule en musique, au son du clavecin et des voix. Le chant (en anglais du XVIIème siècle) et le jeu des acteurs nous entrainent dans les amours tumultueux de Didon et Enée.
Robes et rouges à lèvres, les femmes se sont parées de leurs plus beaux atours. Le public est composé d’amateurs éclairés. Leur moyenne d’âge est relativement élevée et ils semblent appartenir à un club assez fermé. Dommage pour un opéra qui n’était pas si élitiste que cela.
Une jeune femme austère en jupe longue, lunettes et chignon annonce le commencement d’un « chapitre » à la craie sur un tableau noir. Le tableau, la craie, l’allure de maîtresse d’école : nous naviguons dans un établissement scolaire, à une époque proche de la notre. Un choix plutôt audacieux du metteur en scène puisque l’opéra de Purcell fut écrit en 1689. La scène se déroule entre la salle de classe, le réfectoire ou les bains de l’école. Didon, l’héroïne en est la directrice.
Dès les premières mesures la musique lyrique est déroutante, pour devenir le meilleur vecteur d’émotions des personnages. L’amour de Didon et d’Enée est sans paroles. Le jeu des acteurs, sans éclaboussures. La salle est pleine, tout le monde se laisse bercer. Sauf peut être mon voisin qui, entrecoupé de réflexions plus ou moins machistes sur les cuisses des comédiennes, sombre dans un sommeil profond.
Au clavecin omniprésent, s’ajoute celle de l’eau. La bande son la met en valeur dès les premières secondes de la représentation. Tout au long de la pièce, nous la retrouverons sous toutes ses formes. Elle est un personnage clef, on la voit (étonnants et magnifiques effets de lumière lors des scènes de bain par exemple) on la sent (les personnages chahutent) on l’entend (de par les bruits de l’eau manipulée par les comédiens sur scène, mais aussi par la bande son mêlant ruissellements d’eaux et mélodies électroniques) Associé à l’éclairage, elle accompagne Didon, dans les tumultes de l’amour.

La lumière habille l’héroïne et accompagne sa fin tragique dans le dernier tableau. Ravagée par son chagrin, elle s’enveloppe dans un drap blanc immaculé et rejoint son destin. Un final plein d’émotion et de beauté qui fera se lever la salle entière. Le public est conquis. On quitte la salle en profitant des remarques des autres spectateurs sur la beauté des tableaux de l’Opéra… et celle des jeunes acteurs !

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