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Recette épicée, délicieuse pièce

28 Nov

28/11/2010 – Plus qu’hier moins que demain – Théâtre Mouffetard

Mijoter dans de bonnes doses d’humour et de réflexions sur l’amour, voici les ingrédients de « Plus qu’hier moins que demain ». Une pièce qui a su nous faire fondre lors d’une succulente soirée.

Prenez deux oeuvres que tout oppose : « La peur des coups » de Georges Courteline et « Scènes de la vie conjugale » d’Ingmar Bergman. Origine de ses productions : française pour la première, suédoise pour celle de Bergman. Additionnez à la pièce de Courteline (écrite en 1895) un film réalisé en 1974. Mélangez le tout et vous goûterez aux subtilités des travers d’une relation amoureuse.

Universel et intemporel : l’amour. Tourbillon de saveurs. Aucune précision sur le lieu de l’action (Paris ? Stockholm ?) et de rares indices temporels (des objets, des tenues etc.). Les comédiens nous emportent du sucré de la rencontre à l’âpreté de la rupture.

Le temps de ce mélange, le théâtre Mouffetard se transforme en appartement. Tour à tour amants, complices, époux ou ennemis… les deux comédiens pimentent de leur jeu des anecdotes du quotidien. Cela commence par une querelle autour d’un immense lit au milieu d’une scène devenue chambre à coucher. Durant la représentation, le matelas de ce lit aux dimensions extraordinaires deviendra une seconde scène à part entière : tour à tour piste de danse, court de tennis, moquette de bureau etc.

La recette est intemporelle et se rappelle au bon souvenir de chaque spectateur. Pour les plus jeunes (Barbara et moi) comme pour les plus âgés (la majorité du public) : ils sont nombreux, en ce dimanche après midi, à rire au souvenir de leurs amours passées. Ricanements, chuchotements ou grognements : la jeunesse d’antan commente. Elle exprime vivement son approbation, sait montrer son désaccord. Nous avons étés, par exemple, témoins d’une petite altercation entre deux femmes qui pourraient être nos grands-mères. Si l’action est sur scène, le spectacle est aussi dans la salle.

Le jeu des acteurs nous fait mariner entre surprises, éclats de rires et de voix. Notre sens de l’humour est porté à ébullition avec des piques verbales acérées et de brûlantes altercations. Saupoudrez le tout d’une certaine implication du public, par exemple lorsqu’il s’agit de choisir les tenues pour le premier rendez vous. Vous comprenez alors aisément comment l’humour finement émincé de ces deux écritures entremêlées nous a conquises.

Mais que faire lorsque la mayonnaise du couple ne prend pas ? Lorsque l’amourette tourne au vinaigre il est parfois bien amer de se dire au revoir. C’est sur ce goût quelque peu amer que se conclut la pièce, chaleureusement applaudie par l’auditoire. Cocktail explosif : n’est ce pas le cas de toute histoire d’amour ?!

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