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Ossyane au Théâtre 13 | La famille, l'insoumission, la révolte, la folie... et la famille, encore.

14 Sep

du 06/09/2011 au 16/10/2011 – Une pièce adaptée par Grégoire Cuvier du roman Les Echelles du Levant d’Amin Maalouf.

Ossyane au Théatre 13 - Photo fournie par le Théatre

Théatre 13 - Photo fournie par le Théatre


La vie d’un homme porté et broyé par l’histoire. Une pièce très dense, mais pas pesante pour autant , qui virevolte et qui bouge malgré la dureté des propos. Sept acteurs se surmenant pour jouer une trentaine de personnages dans trois pays différents et sans jamais être réellement hors scène. Rien que ça, c’est impressionnant.

Le théâtre XIII

C’était ma première fois dans ce lieu (presque une de mes premières fois dans un théâtre Parisien, d’ailleurs). Je dois dire qu’il m’a paru vraiment agréable.
Au fond d’une cour d’immeuble, en plein 13ème (oui, d’où le nom, je sais), je ne m’attendais pas du tout à y trouver un théâtre.

Pourtant, si… Et un sympa même ! On y propose du thé glacé fait maison et des sirops avec plein de goûts différents. Moi, j’aime !

La scène est assez particulière, je ne crois pas déjà avoir vu de scène arrondie comme celle là. Une avancée qui fait plus penser à une scène de concert que de théâtre d’ailleurs. Mais du coup, j’imagine que selon la position du spectateur dans la salle, l’angle de vue est différent et on y voit d’autres choses pendant la pièce.

Surtout que pendant cette pièce, y’en a des choses à voir… et pas qu’un peu.

Théâtre XIII - Photo fournie par le théâtre

 

Ossyane, ça commence de façon pas très drôle.

C’est le moins que l’on puisse dire. Dès le début on y voit une fille devenant folle à la mort de son père, on y évoque un médecin peu scrupuleux (…) et on nous parle du génocide Arménien et des exils qui s’en suivirent (vers le Liban pour cette famille là). Pourtant, la vitesse du jeu et de la scénographie permettent de faire passer la pilule. Et bien même !

On avale l’histoire de deux générations en moins de 20 minutes. On voit apparaître une bonne quinzaine de personnages… et tout s’enchaîne, entraînant le spectateur dans la spirale qui se forme peu à peu autour du protagoniste éponyme.

 

La suite d’Ossyane ? C’est pas drôle non plus.

Bein non, même si on sourit à l’arrivée d’Ossyane à Montpellier, voulant faire sa médecine et tout perdu face au bagou de sa logeuse… la 2ème guerre mondiale est là pour rendre l’histoire tragique.

On nous chante le début de Maréchal nous voilà, un certain « Bertrand » habillé en Jean Moulin apparaît… et ça y est. Ossyane devient résistant et se transforme en héros de guerre. Dans le même temps, la pièce nous parle de l’amour possible entre une Juive et un Musulman, de l’amitié et la compréhension entre les peuples, mais aussi de la trahison et de la haine.

 

En fait, Ossyane, c’est pas une pièce comique.

Il y a beaucoup d’autres sujets abordés… et pas des moindres ! Les relations familiales, la transmission des caractères, la folie, l’abandon, le traitement des maladies mentales et autres déviances au milieu du XXème siècle… mais aussi de l’amour, de l’espoir, de la possibilité de ne pas se laisser manger par la vie, de l’amour intrinsèque de l’humanité qui peut transformer n’importe qui en sauveur ou en réceptacle de la mémoire des autres et puis… et puis… vraiment de plein d’autres choses.

Bref. C’est dense. C’est pas du gâteau à décrire mais j’espère que vous comprenez ce que je veux dire : j’ai adoré.

Mais c’est peut-être un ballet ?

C’est la réflexion que je me faisais en sortant car ce qui m’a le plus époustouflé c’est le travail des acteurs !

Comme je vous l’ai dit, ils ne sont que 7, mais il y a bien une dizaine de personnages principaux et une vingtaine de personnages secondaires dans la pièce. Pourtant, ils sont presque tous en permanence sur scène (ou en fond de scène) et le tout roule en douceur : Le père, la fille et Ossyane discutent ? Soudain le père tourne sur lui-même, enlève sa perruque et ça y est ! Salem, le frère malfaisant est là. Et il se met a discuter avec les trois protagonistes déjà présents !

Et c’est la même chose pour les changements de lieux… Un espace vide et on est dans la cour d’une riche battisse. Un lit, un poêle, un bar et quatre chaises on se retrouve dans le Montpellier de la seconde guerre mondiale, etc…

Tous les éléments sont apportés par les acteurs eux-mêmes, ont les voit se préparer sur la scène, changer leurs coiffures et  changer de vêtements , on les voit apporter les éléments de décors et mettre en place un micro… et pourtant, tout est si naturel et fluide que l’on se laisse très facilement prendre au piège : nous voilà pris dans le tourbillon de l’histoire d’Ossyane et de sa famille. Et à la fin on en redemande, même si on a pleuré (ma sensible accompagnatrice pleura trois fois).

Bref, Ossyane, c’est bien, alors allez-y !

P.S : ça me fait penser! Si vous avez 6h devant vous, regardez aussi Nos meilleures années, c’est un peu l’équivalent mais en version Italienne (non c’est toujours pas comique).

 

One Response to “Ossyane au Théâtre 13 | La famille, l'insoumission, la révolte, la folie... et la famille, encore.”

  1. marine 14 septembre 2011 at 11 h 10 min #

    Merci beaucoup, ça donne vraiment envie et la référence à « Nos meilleures années » est plus qu’évocatrice… Moi aussi j’ai adoré, et puis, 6h qu’est-ce que c’est finalement. Quand on aime, on ne compte pas !

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