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La Légende de Bornéo

12 Jan

Saviez-vous qu’il y a une légende à Bornéo qui dit que les orangs-outans savent parler mais qu’ils ne le disent pas pour ne pas avoir à travailler ?

Cette thèse, soutenue par le collectif L’Avantage du doute, amène les auteurs-comédiens-metteurs en scène (le collectif, quoi) à interroger la notion de travail, ses nouveaux modes de gestion, ses conséquences sur la vie de chacun et à tenter de répondre à la question brûlante du : « Comment résister? ».

Des réponses à découvrir en répliques, toutes aussi intelligentes que jubilatoires.

L'Avantage du doute (c) Pierre Grosbois


Créé en 2008 entre Béthune et Dunkerque, le 1e spectacle du Collectif du Doute, « Tout ce qui nous reste de la révolution, c’est Simon », évoquait la question de l’engagement politique, à la lumière des idées et des évènements de mai 68. Il avait remporté un franc succès dans ce même théâtre de la Bastille en juin 2010 (3 semaines de représentations).

Suite logique à ce premier éclairage-éclairé du collectif, c’est au tour de la notion de travail de servir de point de départ à La légende de Bornéo (création 2011).
Ce qui est disséqué pendant l’heure et demi du spectacle : les discours standardisés, l’organisation du travail qui « va de soi » sans discussion ni remise en cause possible,  la société où l’autre a « déjà bien de la chance d’avoir du travail ».

L'Avantage du doute (c) pierre Grosbois

En se basant sur des enquêtes, livres, films, reportages mais aussi sur des enquêtes de terrain, des témoignages et les petites histoires de chacun, les comédiens du collectif se sont appropriés le sujet. Un sujet aux contours dramatiques (chômage, place du « pro » dans le « perso », etc.) qui n’est pas abordé sans humour !

Pour le collectif : « Le rire est la tonalité de notre projet. Il est vital de pouvoir rire des situations qui nous oppressent et le rire est la première et la plus vieille manière de se libérer. Néanmoins, ce n’est surtout pas une attitude ironique ! Il est fondamental pour nous que le public puisse rire car le rire annihile la peur et nous soude chaleureusement. Nous voulons avant tout mettre en valeur le clownesque de certains épisodes de la vie active qui nous ont été rapportés. Ce travail de terrain est une mine inépuisable, une réserve folle d’où émergent d’étonnants et séduisants personnages. »

De scènes en scènes, on applaudit l’énergie, la fougue passionnée de comédiens interprétant tour à tour des personnes réelles et des personnages fictifs.

On rit, réfléchit, applaudit.

Spectacle vu par Cécile B au Théâtre de la Bastille (76 rue de la Roquette, Paris 11e) le 10/01/12.
Représentations jusqu’au 30/01/2012. Tarifs : de 10 à 24 euros

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