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Paris se déguste par Quartiers en été...

25 Juil

Qu’il est loin le temps où on s’ennuyait à Paris en été… Aujourd’hui, on profite de la profusion de propositions culturelles et sportives, de sorties estivales et nocturnes… Côté spectacles, Paris Quartier d’été est une mine à ciel ouvert pour explorer la Ville et tomber sur de belles pépites de théâtre, danse, musique ou cirque…

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Après avoir raté les premières représentations du festival (j’ai pas dit qu’il fallait rester à Paris TOUT l’été !) – notamment le spectacle de Juliette, le concert de Jupiter & Okwess International, ou la magique « éco-chorégraphie » Rizoma de Sharon Fridman (promis, vous m’y auriez vue pour chaque représentation à 6h30 du mat’ !) – me voici partie pour enchaîner les propositions du festival.

1e étape : prendre de la hauteur…

Premier rendez-vous au théâtre de la Cité Internationale, pour commencer L’Eté en apesanteur. Aux côtés des musiciens Fantazio (contrebassiste/chanteur/performeur) et Catman (aka DJ Shalom) et de la chorégraphe Katsou Dubois, l’incroyable « diaboleur » finlandais Youni Ihalainen (découvert lors de Nuit blanche 2008) et le duo féminin aérien (photo), nous réservent de jolis tableaux, allègrement chahutés par Fantazio… Cette mise en bouche musicale et circassienne – qui frôle la lévitation lors des projections vidéos – m’amuse et me détend, même si j’ai du mal à dire pourquoi. Rassurez-moi: ça vous arrive aussi ?!
> L’Eté en apesanteur, jusqu’au 4 août au TCI, Paris 14e (tarifs : 5 à 18 euros).


2e étape, Kaboul : tant de rêves et de cauchemars entremêlés…

La vraie rencontre, je la réservais pour le théâtre 13/Seine, où le théâtre Aftaab jouait sa pièce-documentaire Ce jour-là (et une belle adaptation de l’Avare de Molière, pas vue…). Cette compagnie afghane, composée d’une vingtaine de jeunes comédiens et techniciens, a été formée sous l’impulsion d’Ariane Mnouchkine en 2005 à Kaboul. Professionnalisée depuis, notamment grâce à une année de perfectionnement à l’ENSATT, la compagnie propose aujourd’hui un répertoire de 6 pièces, jouées en France, Afghanistan, Pakistan, Inde ou Tadjikistan.


Ce jour-là
, pièce écrite collectivement par la troupe, est peut-être celle qui leur est la plus personnelle, la plus autobiographique. Elle raconte 15 années du chaos afghan, de la prise de pouvoir des mollahs en 1995 à l’intervention des Américains. Ici, les tragédies ordinaires sont jouées avec vérité et énergie – souvent après avoir été vécues -, mises en scène avec talent par Hélène Cinque, et organisées autour de personnages touchants, et souvent drôles : je me souviendrai longtemps de la marchande de fruits iranienne au tempérament bien trempé, du coiffeur qui résiste – comme il peut – aux talibans, en affichant un panneau bien revendicatif devant sa boutique (« Ici, on coupe toutes les barbes ») ou du couple de jeunes gens qui savoure en dansant avec ses invités son heureux – et fait rare – mariage d’amour….

La compagnie, accueillie en résidence à la Cartoucherie, travaillerait sur un nouveau spectacle franco-afghan dès octobre. On a hâte…
> Théâtre Aftaab au Théâtre 13/Seine, Paris 13e jusqu’au 25 juillet

 

3e étape : le 7e ciel avec Victor et Katy. On les suit !

Dès le lendemain, retour à mes premiers amours : le cirque. Sous son joli chapiteau rouge, dressé dans le parc de Bercy,  le Cirque Aïtal  nous propose un joyeux départ en vacances… 20h30 sonné : départ immédiat !


A peine le spectacle démarré – un rocambolesque embouteillage d’où jaillissent les premières voltiges – on succombe à leur humour décapant, leur générosité sur la piste, leur impressionnante technique (acrobatie & voltige). Passant du chaud au froid (on s’énerve, on se réconcilie), du drôle au sensible, la belle finlandaise, Kati, et son colosse toulousain, Victor, nous comblent de bonheur. On rit, on rêve, on frémit, au rythme du spectacle au titre bien trouvé « Pour le meilleur et pour le pire », très bien qualibré, interprété, mise en scène. Finalement, je suis bien contente de passer l’été à Paris.
> Cirque Aïtal au Parc de Bercy, Paris 12e jusqu’au 5 août (tarifs : 8 à 18 euros).

 

 4e étape : Dans la chambre d’Isabella…

 

Pour fêter la fin de semaine, direction Le Monfort (Paris 15e) pour La Chambre d’Isabella de Jan Lauwers & Needcompany. Dès mon entrée dans la salle, archi-comble, je m’arrête devant la scène, occupée par une multitude d’objets exotiques : drôle d’endroit pour une expo ethnographique !

 

Ces objets  sont l’héritage d’un père médecin et collectionneur à sa fille, Isabella.  Interprétée depuis 2004 (création à Avignon) par la formidable Viviane De Muyunck, Isabella est entourée d’une dizaine de personnages (tantôt danseurs, comédiens et/ou chanteurs), qui interprètent sa mère, son père, ses amants, le « prince du désert » dont elle rêve, ses increvables hémisphères droit et gauche (!). Et ils ne sont pas de trop pour donner corps à cette vie tumultueuse qu’a vécue Isabella, occupée dans les bras de ses 73 amants, entourée de ces nombreux objets de culte et de désir.

Vous l’avez compris : l’imagination et la force de l’interprétation sont partie prenante de ces 2 heures de délire dansé, chanté, joué. Ici, un seul mot d’ordre : on se lâche ! On danse follement, on s’embrasse goulûment, on chante divinement, on se serre tendrement dans les bras. On s’aime, ou plus du tout. On se souvient du passé pour vivre plus intensément encore. Bref, on se lâche, et on ne ricane pas. Et on remercie Isabella pour cette belle leçon de vie !

> La Chambre d’Isabella au théâtre Monfort jusqu’au 4 août (tarifs : de 16 à 20 euros).


Liens utiles :

Site de Paris Quartier d’Eté

 

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