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Le Théâtre de l'Aquarium miroir des rapports parents-enfants

22 Avr

Crédit : Mathilde Chapuis

« A l’école on m’apprend des choses que je ne sais pas ». Ernesto n’a que 12 ans, mais son choix est fait : il ne retournera pas sur les bancs de l’école. Son refus est aussi abrupt que celui du Bartleby d’Herman Merville qui proclame un définitif: »Je ne préférerai pas ». Les parents d’Ernesto s’étonnent, craignent d’être punis par l’institution, et tentent d’expliquer la décision de leur fils à un instituteur pris au dépourvu. L’intrigue de « Pluie d’été » de Marguerite Duras tient en ces quelques phrases.

Au théâtre de l’Aquarium (12e), un cycle de pièces intitulé « Bourreaux d’enfants ! » creuse les relations entre les parents et leur progéniture. Pour ce second chapitre, vous pouvez profiter de deux spectacles dans la même soirée pour le prix d’un billet : « Pluie d’été » puis « Notre avare » d’après l’œuvre de Molière.

Ernesto et le mystère de Duras

Et les enfants ne se ressemblent pas dans ces deux pièces. Ernesto parle déjà comme un adulte, et ses gestes sont à l’image de la mise en scène : mesurés, quasi ascétiques. Les enfants d’Harpagon et leurs amoureux respectifs vivent, eux, dans un monde coloré et joyeux, où la parole jaillit, souvent moqueuse, et où le corps est constamment en mouvement.

Plateau nu et proximité avec les spectateurs

Pour « Pluie d’été », Lucas Bonnifait a choisi une mise en scène à la fois très sobre (plateau nu, deux bancs, quelques briques pour abriter un foyer) et très proche des spectateurs. Ceux-ci sont assis tout autour des trois comédiens.  On croit tout d’abord assister à une lecture, car les acteurs ont un exemplaire du roman de Duras à la main, mais très vite le théâtre reprend ses droits. Assis dans le public ou conversant sur des bancs d’école, le trio fait vivre le texte, souvent mystérieux, de Duras publié en 1990. Entre mythe et dure réalité du monde ouvrier, les mots gardent une part de secret.

Soirée chez les enfants d’Harpagon

Notre avare

Changement de siècle, et changement de style pour la seconde partie de « Bourreaux d’enfants ». Ils sont tous des Harpagon. « Ils », ce sont les enfants du célèbre avare et leurs compagnons, et ils vous convient à une fête ! Première surprise: les spectateurs sont accueillis par un verre de cocktail offert par les comédiens. Au fond, un majordome- DJ fait chauffer l’ambiance.

Harpagon, un absent encombrant

Nulle trace du père, Harpagon. Mais l’odieux personnage est encore bien présent dans les esprits et dans le récit. Bientôt, il viendra hanter à nouveau les lieux.  La farce est très réussie, le rythme est endiablé, sans jamais perdre l’esprit et la lettre de Molière… et la fameuse cassette !

Infos pratiques

« Bourreaux d’enfants » (chapitre 2) au Théâtre de l’Aquarium

Deux spectacles à voir à la suite : « Pluie d’été » de Marguerite Duras (durée : 1 heure), mise en scène et adaptation de Lucas Bonnifait, et « Notre avare », d’après Molière (durée : 1h30), adaptation et mise en scène de Jean Boillot.

Attention : à voir seulement jusqu’au 28 avril

Les deux pièces sont à un tarif unique (20 euros -tarif plein- pour voir les deux spectacles). Tous les tarifs

Réserver une place pour « Pluie d’été » et « Notre avare »

Le Théâtre de l’Aquarium est installé à la Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre (12e), dans la bois de Vincennes. Métro : Château de Vincennes puis navette gratuite Cartoucherie (la navette est accessible une heure avant le spectacle).

 

 

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