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Le souffle de vie d'Amédée

12 Sep

Crédit : Antonia Bozzi

« Je ne suis pas mort… merde ! » Fan de jeux vidéo, Amédée a conduit comme il pilotait sur sa console, inconscient du danger. Un camion, l’accident, le drame. A son réveil à l’hôpital, son corps lui a dit « adieu ». Le jeune homme est paralysé des membres inférieurs et supérieurs, seul son pouce lui permet de communiquer, en inscrivant quelques mots sur un écran d’ordinateur. Entre espoir et souffrance, une nouvelle vie commence. Sur un fil.

Une histoire inspirée d’un fait réel

L’histoire jouée au Théâtre 13 est directement inspirée de la vie de Vincent Humbert, devenu paralysé suite à un accident de la circulation. En novembre 2002, sa lettre au président de la République Jacques Chirac, avait relancé le débat sur la fin de la vie et sur l’euthanasie : « Tout patient ayant parfaitement conscience est responsable de ses actes et a le droit de vouloir continuer à vivre ou à mourir », écrivait notamment Vincent Humbert. Sa mère l’avait ensuite aidé à mourir, conformément à sa volonté.

Dédoublement sur scène

Le texte de Côme de Bellescize sait éviter le piège du pathos sur un sujet ultra sensible. Bien sûr, on est secoué par ce drame humain, cette volonté farouche de vie et de mort d’un jeune garçon.

Mais le spectateur plonge surtout dans les pensées d’Amédée, qui dialogue avec un mystérieux Clov, menaçant, charmeur ou amical, et même drôle. Sur scène, le jeune paralytique se dédouble : un mannequin immobile fait face au médecin, tandis que son esprit et son corps sont enfermés dans un cage transparente. Même immobile, Amédée garde toute son intelligence, et exprime, parfois avec véhémence, son opinion. Les visites de son meilleur ami et du pompier qui l’a secouru lors de son accident sont des moments de respiration pour le jeune homme… et pour le spectateur. Grâce à eux et à leurs récits de batailles imaginaires, il se raccroche à la vie.

Une bulle d’amour maternel et de silence

« Au secours » : le cri de détresse d’Amédée sera entendu par sa mère, qui sacrifie tout pour rester aux côtés de son fils. C’est une bulle d’amour maternel et de silence qui l’entoure. Les larmes de Julie, sa petite amie, n’y pourront rien changer : il choisira sa fin, quittant définitivement la scène, la vie. Mais pas notre mémoire.

Extraits en vidéo

 

Infos pratiques

« Amédée »  de Côme de Bellescize, mise en scène de Sigolène de Chassy

Jusqu’au 13 octobre au Théâtre 13 (Seine)

30 rue de Chevaleret (13e). Métro : Bibliothèque François Mitterrand

Réservations : 01 45 88 62 22 – prix des places : entre 6 et 24 euros

 

 

 

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