Paris.fr
Accueil

Le mari, la femme et Feydeau au Théâtre de Belleville

28 Août

Extrait de "Feu la la mère de madame" © Jérôme Coton

Extrait de « Feu la la mère de madame » © Jérôme Coton

« Vaudeville : comédie légère fondée sur l’intrigue et le quiproquo ». L’essentiel de Georges Feydeau est dit dans les pages du petit Larousse : l’auteur français (1862-1921) est le maître incontesté de la farce frivole, l’un des plus joués sur les scènes de France et de Navarre depuis plus d’un siècle. Mais comment créer « son » Feydeau sans tomber dans l’éternelle répétition ? Au Théâtre de Belleville, la Compagnie des francs menteurs relève le défi jusqu’au 14 septembre avec « Les pavés de l’ours » et « Feu la mère de madame », deux courtes pièces -1 acte chacune- jouées dans la même soirée.

« Tu veux que je te parle au pluriel ? » 

Pour « Les pavés de l’ours » l’intrigue est assez mince. Lucien ne sait pas comment annoncer à Dora qu’il va la quitter. Le beau-parleur court les jupons et il se verrait bien dans les bras d’une autre, plus fortunée, plus jeune… L’arrivée de Bretel, son nouveau domestique belge, va bousculer ses plans. Sur le plateau, les comédiens évoluent sur un carrelage en forme de damier noir et blanc à l’allure très « vintage » et les costumes rappellent les années 50-60. Les mots de Feydeau font toujours rire -ou sourire- plus d’une centaine d’années après leur naissance.

Bretel est le principal ressort comique, avec des questions idiotes au parfum surréaliste : « Tu veux que je te parle au pluriel? » demande-t-il à son maître. Côté jeu, le décollage est assez lent, comme si les comédiens hésitaient à donner une singularité trop forte à leurs personnages. Un petit grain de folie manque à cette première partie, malgré un rythme endiablé.

« On peut perdre sa mère et être convenable »

Les rires fusent plus rapidement pour « Feu la mère de madame ». Là encore, l’histoire n’est qu’un gentil prétexte à un règlement de compte homme/femme. Un mari rentre d’une soirée mouvementée et bien arrosée, déguisé… en Louis XIV ! Gestes lents, goujaterie machiste envers son épouse (Laura Segré), humour féroce contre sa belle-mère, Côme Lesage incarne à merveille cet ours parisien à perruque de retour au foyer en pleine nuit. Le rythme s’installe, la mise en scène se pose davantage, et on entend mieux la drôlerie du texte. Et un véritable humour noir émerge. Comme lorsque Lucien apprend le décès de sa belle-mère et s’écrie : « Quelle catastrophe…au moment d’aller se coucher ».

Victor Dixmier

« Les pavés de l’ours » et « Feu la mère de madame », à voir au Théâtre de Belleville (20e) jusqu’au 14 septembre. Du mardi au samedi à 21h15, le dimanche à 17h.

Mise en scène de Côme Lesage. Avec : Jean Roude, Côme Lesage, Luc Rodier, Laura Segré et Loris Verrecchia

Réservations et tarifs par ici

 

No comments yet

Leave a Reply