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Des Fâcheux qui rendent joyeux

16 Déc

© Christine Coquilleau Nait Sidnas

© Christine Coquilleau Nait Sidnas

« Le Ciel veut quicibas chacun ait ses Fâcheux, Et les hommes seraient sans cela trop heureux. »

Composée en août 1661, la comédie ballet Les Fâcheux, première du genre créée par Molière, a tout du bon vin. C’est une pièce qui vieillit bien et les fâcheux éponymes sont la lie qui donne l’ivresse. Quand la pièce fut présentée, avec musique et danse, à la cour du Roi Louis XIV, on rit beaucoup. Quelques siècles plus tard, il en va de même à l’ Aktéon Théâtre (11e) où l’oeuvre est donnée jusqu’au 26 février.

Pour les faits, Éraste, gentilhomme épris d’Orphise, voit ses projets de mariage contrariés par le tuteur de celle-ci. Assisté par son valet La Montagne, Éraste doit se rendre à un rendez-vous amoureux avec sa promise, mais une dizaine d’importuns vont retarder l’exécution de son projet, sous les prétextes les plus variés.

Le gentilhomme manque alors de devenir à son tour un fâcheux…

Une comédie intemporelle…

Mené tambour battant, le spectacle est autant sur scène que dans la salle. L’intimité du petit théâtre sert au mieux une proximité avec des comédiens qui ne s’épargnent pas. Emmanuel Rehbinder, Céline Bévierre, Brice Borg (en alternance avec Benjamin Witt) et Jérémie Milsztein donnent corps avec entrain aux mots de Molière, bien loin des récitations classiques.

Si la pièce est intemporelle, c’est sans doute parce que les fâcheux le sont. Qui n’a point connu autour de lui un fâcheux venu contrarier le cours d’un dessein longuement mûri? Tout un chacun peut témoigner d’un importun ou d’un enquiquineur du genre… Certes.

…servie par une belle mise en scène

Mais pour qu’intemporalité rime avec modernité, il faut louer le brio de la mise en scène contemporaine de Jérémie Milsztein. L’action se conjugue au présent tant dans les costumes, les accessoires ou l’utilisation habile de la vidéo, que dans les intermèdes chantés. Tour à tour ému devant le beau duo entre Éraste et Orphiste devenue « la longue dame brune », puis hilare à l’écoute d’une reprise de Dario Moreno, le spectateur se montre à l’affût de pépites surprenantes distillées tout au long de la pièce.

Et comme le rappelle  Jérémie Milsztein dans sa note d’intention: « N’oublions pas que nous sommes tous le fâcheux de quelqu’un ».

C’est ainsi que le fâcheux nous fait rire et réfléchir, comme le miroir qu’il nous tend.

Le spectacle en pratique

« Les Fâcheux », pièce en trois actes à l’Aktéon Théâtre jusqu’au 26 février 2015, 11 rue du Général Blaise Paris 11e, plus d’infos par ici.

Mercredi/Jeudi à 19h30, relâches les 24, 25, 31 décembre et 1er janvier. Durée : 1h10.

Billeterie en ligne

Mise en scène: Jérémie Milsztein

Assistant mise en scène: Brice Borg

Scénographie: Jessica Hénot

Lumières: Michael Bouey

Comédiens: Céline Bévierre, Brice Borg ou Benjamin Witt, Jérémie Milsztein, Emmanuel Rehbinder

 Accès et infos pratiques par ici

Armelle Pieroni-Christin

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