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Enfants et travail, l’éternel dilemme des familles parisiennes?

3 Mar

 

famille-annees-60-alld-7co3mIl est difficile d’allier vie de famille et vie professionnelle, tous les parents se heurtent à cet écueil et rivalisent d’ingéniosité pour « s’organiser ». Familles à l’affiche revient après une loooongue pause avec cette sempiternelle question posée à trois parents rencontrés dans le parc de Belleville: peut-on vraiment mener de front éducation des enfants et carrière professionnelle dans la joie et la bonne humeur ? Les magazines féminins, eux, nous assurent que cela est réalisable, illustrant leurs papiers de photos de femmes superbes au sourire triomphant.

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Laure, fonctionnaire, maman de Maxime et Adrien

Je suis une mère comblée et j’ai la chance de faire un métier qui me plaît mais soyons honnêtes : être parent et travailler, tout ça à Paris, quand on n’a pas de famille sur place, c’est l’enfer !

Mon mari et moi avons de longues journées de travail et on a l’impression de courir après le temps tout le temps. Heureusement, on est épaulé par une baby-sitter qui récupère mes fils à la sortie de l’école et on fait parfois appel à d’autres parents en cas de pépins. Quand les garçons sont malades et lors des vacances scolaires, on peut compter sur mes parents qui vivent en province et viennent à Paris pour nous dépanner. C’est toute une logistique !

Mariam, responsable pédagogique, maman d’Ismaël et Mariata

Quand la charge de travail est très importante, j’ai du mal à tout concilier. Mon fils aîné va à l’école maternelle et par chance, ma petite a eu une place en crèche non loin de chez moi mais je stresse chaque jour quand il faut récupérer les enfants le soir. Mon mari commence tôt et finit tard le soir, je dois donc m’occuper des enfants. Heureusement, mon frère qui est étudiant et vit à la maison nous aide. J’organise mon travail selon les horaires d’école et de crèche, ce n’est pas évident d’effectuer mon travail dans un laps de temps trop court.

Heino, chargé de mission dans un ministère, père de Timo et Hugo

Peut-on concilier famille et vie professionnelle? Je pourrais parler des heures sur cette question. Je pense qu’il est difficile de mener tout cela de front sans l’aide de proches tels les grands-parents ou d’une baby-sitter. Et puis, dans le couple, l’un ou l’autre doit mettre sa carrière entre parenthèses malheureusement, autour de moi, c’est ce que j’observe.

Beruf-und-Familie-Kein-Problem_ArtikelQuerLes enfants demandent du temps : il faut les accompagner à l’école puis les récupérer pas trop tard, le week-end, il faut s’occuper d’eux, être à l’écoute. Mener une carrière à un rythme de 8 heures par jour qui serait conciliable avec des enfants, ce n’est pas possible! Quand on veut faire carrière, on a besoin de temps, temps qu’on ne consacre pas à nos enfants. Alors, soit les grands-parents sont présents, soit on a une nounou très disponible, soit le père ou la mère travaille moins … Dans mon couple, ma femme a accepté de travailler à 80%, on s’arrange pour terminer notre journée de travail tôt une fois sur deux et on travaille le soir quand les enfants sont couchés. Un de mes collègues ayant particulièrement bien réussi professionnellement, voyageant à travers le monde, est père de six enfants et je me demande comment les choses se passent chez lui! On nous demande d’être responsables, de nous occuper de nos petits mais cela demande beaucoup d’efforts alors même que les enfants sont un vrai bonheur. On fait d’un plaisir une corvée, c’est dommage. Je remarque qu’avoir des enfants est un signe de réussite et certains parents se contentent de cette idée narcissique. Pour beaucoup, avoir une famille montre qu’on est responsable sur le plan privé, on a l’opportunité de montrer qu’on peut « gérer » une famille alors que cette responsabilité est déléguée le plus souvent si on veut réussir professionnellement et on passe à côté de chouettes moments avec ses enfants.

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Histoire de terminer ce billet sur une note poétique, je vous propose un petit film trouvé sur le site de films pour enfants Kinderfilmblog, un petit bijou à regarder en famille :

Les nouveaux pères (suite)

24 Juin

Mangu, le « père 2013  »

Qui sont les pères d’aujourd’hui? En quoi sont-ils différents de leurs propres pères? La semaine dernière, Aias, restaurateur et jeune papa me donnait sa version.

Aujourd’hui, c’est au tour de Mangu. Je l’ai rencontré, par hasard, dans son quartier de Pigalle. Il se baladait avec son fils Bentley, métis aux cheveux longs âgé de 6 ans. Le joli duo m’a intrigué, je les ai abordés. Mangu, veste aux couleurs rasta et lunettes de soleil sur le nez, a bien voulu discuter, la glace à la fraise de son fils à la main. C’est un musicien new-yorkais, originaire de Porto-Rico qui vit à Paris depuis 10 ans. Son épouse est également musicienne, son nom de scène est Chula Vida. Le soleil n’est toujours pas au rendez-vous alors je vous propose de vous trémousser sur les rythmes caliente de Mangu tout en lisant ce post!

 

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« Quel genre de père êtes-vous? Je dirais que je suis un père aux multiples facettes, « un papa gâteau » comme vous dites en français. Je pense être un père moderne, un papa 2013 voilà! J’accompagne mon fils à l’école le matin, je cuisine pour la famille, je joue beaucoup avec mon enfant, je suis affectueux avec lui, nous sommes très complices et je veux qu’il sache que je suis bien présent.

En quoi êtes-vous différent de votre propre père? C’était un père plus traditionnel que je ne le suis, il ne faisait pas tout ce que je fais aujourd’hui avec Bentley. Il était affectueux certes mais j’ai le souvenir d’un père que je voyais le matin et le soir, point. Vous voyez, aujourd’hui, nous sommes mercredi, mon fils ne va pas à l’école et je m’occupe de lui, cela aurait été inimaginable de la part de mon père.

Quels souvenirs gardez-vous de la naissance de votre fils? Oh …. Je me souviens de l’émotion immense qui m’a submergé. Je me rappelle avoir appelé tous mes proches à New-York. J’étais très fier. Je me souviens m’être dit que je veillerai à être un père proche de son enfant.

Que souhaitez-vous transmettre à votre fils? La capacité à être heureux. Et puis, acquérir très vite une certaine indépendance.
La fête des pères a-t-elle une signification pour vous? Pas vraiment, on ne la fête pas, cela ne symbolise pas grand chose. C’est la fête des pères et la fête des mères tous les jours chez nous !

Quels lieux côtoyez-vous avec votre fils? Mon enfant ne jure que par un seul et unique lieu, ce sont les magasins de jouets!!!

Y a-t-il une chanson en particulier que vous aimez chanter à votre fils? Oh, il y a trop de chansons, je ne peux pas en citer une… Mais en ce moment, Bentley aime écouter « The lazy song » de Bruno Mars. »

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Les nouveaux pères

14 Juin

Dimanche 16 juin, les papas sont censés être à la fête ! Les boutiques de cadeaux et les affiches publicitaires se chargent bien de nous le rappeler.

Mais au fait, qu’est-ce qu’être père aujourd’hui? Devenir « chef de famille » comme on dit, ça vous change un homme? On parle de « nouveaux pères », en quoi sont-ils différents de leurs géniteurs? Et la fête des pères, c’est important?

Je suis allée à la rencontre de trois papas parisiens. Aias, jeune restaurateur gréco-normand, ouvre le bal.

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Aias, la paternité sereine

Avenue Gambetta, face au cimetière du Père-Lachaise. Il pleut, il fait froid, on se croirait au mois de novembre. Je pousse la porte du restaurant grec Pikilia et me laisse envelopper par la douceur du lieu tenu par Aias, 31 ans.

C’est une personnalité du quartier, on loue ses talents culinaires certes, mais également sa chaleur, sa bonhomie et son humour. Dans son restaurant, on croise beaucoup de familles qui viennent s’attabler ou emporter les préparations d’Aias qui cuisine et sert ses convives, entouré de sa famille et d’une ribambelle d’amis. Le jeune homme a un drôle de parcours : né dans la ville de Cherbourg d’un père grec et d’une mère normande, il a étudié la géographie à Caen, a vécu en Finlande dans le cadre du programme Erasmus, a fait divers petits boulots, s’est lancé dans un tour du monde en voilier…

En janvier 2011, il ouvrait son restaurant. En juin 2012, naissait sa fille, Daphné que vous croiserez très certainement si vous vous attablez au Pikilia.

Aias est presque étonné qu’on l’interroge sur son statut de père. La paternité ne semble pas avoir été le cataclysme de sa vie même s’il est fou amoureux de sa fille, plusieurs photos de son enfant accrochées dans le restaurant en attestent.

Je bois un bon verre de Naoussa, Aias s’active préparant feuilletés au fromage, moussaka , caviar d’aubergines tout en servant sa clientèle.

« Vous souvenez-vous du moment où vous avez appris que vous alliez devenir père? Oui, très bien, je me trouvais au restaurant, je cuisinais. Ma compagne semblait inquiète. Moi, je lui ai tout de suite dit que tout allait bien se passer. Je ne suis pas inquiet de nature. On a fait des bébés avant même d’avoir parlé. A l’annonce de la nouvelle, j’ai pensé : tout va bien se passer, on est jeune, on a un appartement, un travail, nos familles ne sont pas loin, on est en bonne santé. Et puis, la famille, les enfants, on connaît, nous sommes tous deux nés dans de grandes familles. Moi-même, j’ai 6 frères et sœurs!

Et le jour de la naissance de votre enfant, vous vous êtes senti différent? J’étais excité bien sûr mais pour moi, tout a semblé naturel. Vous savez, devant un match de foot, on peut me prendre pour un fou mais le jour de la naissance de Daphné, j’étais simplement serein.

Quel père êtes-vous? Je suis un père normal. J’essaie d’être bon. Je ne m’attribue pas de titres ou d’étiquettes, tout cela ne sert à rien, c’est juste bon pour que ça ne tienne pas. Je suis content que ma fille soit là, je suis content d’être content … Je pense être un père présent, j’ai organisé mon temps autour de ma famille.

Que souhaitez-vous transmettre à votre fille? Mes parents nous ont laissé « être nous ». Mon père disait la chose suivante : « le soir, il faut que tu puisses dormir ». Cela signifie « fais ce que tu veux du moment que tu le fais en accord avec toi-même et pour toi-même ». Je crois qu’il faut faire les choses pour soi, être le seul juge de ses actes, ne pas prêter attention à ce que les autres pensent. Dans ma famille, on a confiance en nous. L’autre est important mais il ne dirige pas ma vie, voilà.Tout cela pour dire que je souhaite pour ma fille qu’elle soit juste et libre.

La fête des pères a-t-elle une signification pour vous? Non! Si j’ai mon père au téléphone, je lui souhaiterai une bonne fête, c’est tout. Peut-être que cette fête aura un sens à mes yeux quand ma fille me rapportera un collier de nouilles! Mais je tiens à dire que je n’attends pas la célébration d’un événement pour offrir des fleurs à ma femme. Je n’aime pas les chichis et tralalas des fêtes qu’on a inventées pour ne pas oublier. »

Restaurant PIKILIA

1, avenue Gambetta

75020 Paris (Métro Père Lachaise)

tél : 09 54 92 15 36

https://fr-fr.facebook.com/pages/Pikilia/173956865960442

Pour terminer en musique et faire venir le soleil, voici Ta pedia tou Pirea, interprété par la grande Melina Mercouri

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Les familles parisiennes font fi de la pluie!

25 Mai

 

Le mauvais temps est au cœur de toutes les discussions. Les prévisions météorologiques n’annonçant pas d’améliorations, j’ai consulté cinq parents afin de les sonder : « Que faire avec les enfants quand le temps est pluvieux? »
Et bien, rien ne les arrête! Il pleut? Qu’à cela ne tienne, on s’en accommode! Un papa, Paul, m’a même annoncé sur un ton badin qu’il faut savoir apprécier la pluie!

I’m singing in the rain, I’m singing in the rain with my kids !

http://www.dailymotion.com/video/x76bf2

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Paul est le papa de Martin (4 ans), ils habitent en face du lac de St Mandé

« Les jours de pluie, je me mets moins la pression. Je laisse Martin s’occuper tout seul, il a son petit monde, ses jouets. Mais on n’hésite pas à sortir. On met un ciré, on chausse des bottes et allons ! Il faut savoir apprécier la pluie. Martin adore les flaques d’eau, c’est son dada! Et puis, quand il pleut, il n’y a personne dehors, c’est le moment d’avoir les rues et les parcs pour soi, le monde nous appartient, on a enfin de l’espace, c’est l’occasion de découvrir un autre environnement! Lundi dernier, il tombait des trombes d’eau mais Martin a fait du vélo, je lui avais préparé un parcours et la pluie ne nous a pas gêné. J’aime susciter la curiosité de mon fils tout en me laissant guider par ses envies. Je me suis posé la question suivante : comment s’amuser avec la pluie? Comment créer un terrain de jeu pour l’enfant? Après avoir joué sous la pluie, dans la gadoue, Martin prend une douche bien chaude, les vêtements pleins de boue vont à la machine. J’ai appris à apprécier la pluie à l’Ile de la Réunion où j’ai vécu, j’adore les pluies tropicales. »

Stéphanie est la maman de Pablo (14 ans) et Clovis (7 ans), ils habitent tout près du Père-Lachaise


« Alors, mes deux garçons et moi, les jours de pluie, on va au musée: les Arts Décoratifs, Beaubourg et surtout le Grand Palais! Avec la carte Sésame, on ne fait pas la queue et avec les enfants, c’est précieux… On part le matin vers 11h et on fait l’expo pendant l’heure de midi, il y a moins de monde. On prend les écouteurs, c’est plus ludique. Je me cale sur le rythme des enfants et on passe un bon moment. La dernière en date: Dynamo. »

Véronique est la maman d’Achille (6 ans et demi) et Martin (3 ans et demi), ils habitent du côté de la Place Gambetta

« On fait des gâteaux et on joue au Uno ou aux petits chevaux !!! Parfois, on se fait un ciné ou un musée, notamment celui des arts forains sur le 12ème qui est un peu cher mais féerique! »

Julien est le papa de Margaux (8 ans) et Benjamin (4 ans), ils habitent non loin du marché d’Aligre

« Ça n’est pas très écolo mais quand il pleut, il m’arrive d’installer les enfants dans la voiture et on part faire la tournée des plus jolis coins de Paris. Les petits adorent. Parfois, ils s’endorment, bercés par la voiture. »

Fabienne est la maman de Lucie (12 ans) et Eva (8 ans), elles habitent à Orly

« Quand il pleut nous adorons préparer de bons gâteaux! Le week-end dernier, c’était fondant au chocolat et brioche au chocolat! Nous en avons profité aussi pour bricoler, on a monté le grand lit de Lucie … tout le monde s’y est mis ! Nous avons joué à Batabanga …c’est  un super jeu d’observation et de rapidité. »

 

Qu’as-tu mangé à la cantine ce midi mon amour ? (suite)

19 Mai

Quelle joie quand je suis contactée par des lecteurs! Quelle joie immense quand il s’agit d’une contribution !!!

Anne m’a écrit afin de me soumettre une idée de chanson en rapport avec le thème de la cantine, voici son petit mot :

Petite contribution sur le sujet, une super chanson de l’excellent Vincent Malone, alias le Roi des Papas, sur le sujet (un peu trash…) : http://www.deezer.com/fr/track/2714232,
ou avec les images : http://www.dailymotion.com/video/x916e_la-cantine_creation#.UZeJ2qUtw08

http://www.dailymotion.com/video/x916e

Merci Anne, vous m’avez fait découvrir Vincent Malone que je ne connaissais pas!

 

Les perles film et musique du week-end pour les petits et les grands

20 Avr

 

En surfant sur le web …

Trouvé sur le site allemand Kinderfilmblog : Manolito’s dream (par Alla Kinda) … Vous verrez, c’est trop beau.

 

Et voici une autre perle. Là aussi, jolie musique, jolies images : Cirrus par Bonobo.

 

Qu’as-tu mangé à la cantine ce midi mon amour?

14 Avr

Mes enfants mangent à la cantine. Chaque jour, je consulte le tableau des menus histoire de me faire une petite idée de ce qu’ils dégustent à l’école et de ne pas préparer la même chose le soir à la maison. Comme tous les parents, je leur demande à la sortie de l’école si la cantine scolaire était bonne et leur réponse est invariablement la même : « Maman, c’est pas bon la cantine. La viande est dure, les légumes sont beurkh surtout les patates qui n’ont pas de goût », j’ai aussi parfois entendu « J’ai failli vomir ». Pourtant, quand on lit les menus, qui proposent de temps en temps des produits bio (cliquez donc sur l’image ci-dessous), on a plutôt envie de se mettre à table.

Je pourrais me dire qu’étant un vrai cordon bleu, mes petits ont des palais si fins que rien ne peut égaler mes prouesses culinaires mais j’ai préféré suivre une démarche plus empirique : j’ai interrompu dans leurs jeux des enfants du square Gardette, dans le 11ème, et je leur ai demandé ce qu’ils pensaient de leurs déjeuners à la cantine.

Avant de lire leurs remarques, je vous propose un panorama intéressant de ce que les écoliers mangent le midi à travers le monde. Ces photos sont notamment consultables sur le site What’s for school lunch?

Au Japon:

En Finlande:

Aux États-Unis:

En Inde:

En Angleterre:

En Chine:

 

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Au square Gardette, Paris 11ème:

Léa, 8 ans « Moi, j’aime bien la cantine parce que je retrouve mes copains et c’est pas grave si c’est pas toujours bon. Je ne mange que les choses que j’aime, le reste, je laisse. J’aime les pâtes et quand il y a des yaourts au caramel avec le caramel au fond. »

Sa grand-mère : « Léa n’est pas difficile. Elle ne se plaint pas des repas servis à la cantine. Je n’ai pas l’impression qu’on les force à manger si les repas ne sont pas à leur goût. »

Mehdi, 10 ans « C’est meilleur à la maison. A la cantine, les repas ne sont pas toujours bien chauds et moi, je n’aime pas manger tiède ou froid. Heureusement, je ne mange pas tous les jours à la cantine, maman vient me chercher à 11H30 le mardi et le vendredi ».

Sa maman : « Mehdi ne mange pas beaucoup le midi car ce n’est pas à son goût et il se rattrape au moment du goûter! Je pense qu’il n’est pas possible de faire de la bonne cuisine « en masse » comme dans les cuisines scolaires ou d’entreprise. »

Paul, 7 ans « Ca peut aller mais souvent, il n’y a pas assez à manger. Ce que je préfère, ce sont les lasagnes. »

Son papa : « J’avoue que je ne l’interroge pas souvent sur la cantine. Ce que je peux dire c’est que Paul dit préférer les lasagnes de la cantine à celles de sa mère qui est italienne … Inutile de vous dire que ma femme est très vexée! »

Manon, 5 ans « Ça va mais parfois je n’aime pas. Je ne mange jamais les betteraves mais j’aime quand il y a des cordons bleus. »

Sa maman : « Je suis représentante de parents d’élèves et j’ai demandé à goûter les repas de la cantine de ma fille, cela a été l’occasion de découvrir ce qu’elle mange le midi et de voir l’ambiance de ses déjeuners à l’école, j’en ai profité pour interroger ses camarades au sujet de la qualité des repas servis. Bon, ce jour-là, ce n’était pas top. Il y avait de la viande en sauce un peu dure à mon goût et des pommes de terre fades. Il y avait des kiwis, bio certes, mais durs. La seule chose qui a trouvé grâce à mes yeux, c’est le yaourt aux fruits qui leur a été servi. Ce qui m’a surtout frappé en fait c’est le bruit dans la cantine, cela me fatiguerait de déjeuner dans ces conditions. »

Pour finir en musique, j’ai retrouvé sur Dailymotion la fameuse chanson de Carlos « Je préfère manger à la cantine », avec le Club Dorothée…

http://www.dailymotion.com/video/x3bz00

 

 

 

 

Le cirque en famille d’Alexandre et Délia Romanès

19 Mar

J’aurais aimé être Tzigane. Je me reconnais dans les valeurs de cette communauté, son mode de vie empreint de liberté me fascine, sa musique chaleureuse me touche. Plus encore, j’aurais aimé être une des contorsionnistes tziganes du si poétique cirque Romanès.
C’est donc par une après-midi enneigée que je me suis rendue au campement du « premier cirque tzigane d’Europe », du côté de la Porte de Champerret, afin de m’entretenir avec Alexandre Romanès qui, dès qu’il m’a vu, m’a claqué la bise, offert un exemplaire de son recueil de poèmes « Paroles perdues » et m’a dévisagé avant de me demander : « Vous ne seriez pas Tzigane vous? » … Oui!
Trois heures durant, nous avons échangé sur le cirque en famille qu’il a fondé avec son épouse Délia ainsi que sur son parcours hors du commun: acrobate, dompteur de fauves pour le cirque Bouglione, luthiste baroque, poète auteur de trois recueils d’aphorismes publiés chez Gallimard, proche de Jean Genêt, Jean Gosjean et Yehudi Menuhin, porte-drapeau de la France lors de la dernière exposition universelle à Shanghai, fondateur avec son épouse du premier centre artistique tzigane « Tchiriclif ». Quel parcours mes amis! Et pourtant, l’homme, encensé par les médias, frappe par son étonnante simplicité, son humilité, sa générosité.
Je vous propose en écoute de ce post « Bàiatul Meu, Safirul Meu » chanté par Délia Romanès.

Bonne écoute et bonne lecture!

 

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« Alexandre Romanès, comment est né votre cirque? Il est né d’un drame. A une époque, je jouais du luth et donnais des concerts de musique baroque dans les églises et un jour, on m’a volé ma fille… C’était il y a vingt ans. Suite à ce drame, j’ai rangé mon instrument dans sa boîte et je n’en ai plus jamais joué, je me suis puni. Et puis, des années plus tard, je suis revenu au cirque. Jean Genêt et moi avions le projet de monter ensemble un cirque mais ça ne s’est pas fait. J’ai créé le cirque Romanes avec ma femme Délia, il y a 19 ans. C’était pour me sauver suite à la perte de mon enfant. Je me souviens que je tournais en rond, j’avais une petite caravane que je plantais dans les camps tziganes de Paris et un beau jour, j’ai observé autour d’un feu, des musiciens, une enfant qui faisait des contorsions, un autre gamin qui faisait des acrobaties, un de mes cousins présents s’est emparé de ses massues et s’est mis à jongler et là, je me suis dis « voilà,ça c’est joli, c’est ça le cirque, je veux faire du cirque. » Aujourd’hui, mes filles font presque tout, on peut dire qu’elles font les  trois quarts du spectacle.

Quel est l’esprit du cirque Romanès? On n’a pas de conventions. En réalité, on ne donne pas de spectacles. On peut dire que nous attirons les déçus du cirque classique. Vous savez, un vieux monsieur ayant assisté à notre spectacle à Bordeaux m’a dit cette chose : « cela fait des années que j’emmène mes enfants et petits-enfants au cirque et à chaque fois, j’ai l’impression de me faire voler et là, je sors d’un cirque gitan, c’est la première fois que je n’ai pas l’impression de me faire voler! »

Le cirque Romanès invité à Shanghai par le pavillon français à l’occasion de l’exposition universelle, quelle fierté pour la communauté tzigane d’être le porte-drapeau de la France ? Nous avons été très bien accueillis en Chine, les Chinois ont adoré. Selon eux nous serions le cirque le plus poétique. Vous savez ce que je retiens de cette aventure merveilleuse? C’est le voyage en avion vers la Chine. J’ai fait 200 signes de croix et j’ai demandé au pilote de l’avion de voler moins vite et plus bas, il m’a dit qu’il le ferait. Je l’ai cru.

Vous craignez les vols en avion alors que vous avez été dompteur de fauves ! Un avion est une machine sur laquelle je n’ai aucune maîtrise, ce n’est pas le cas des lions!
Vous ne prenez pas la grosse tête? Ah non! Et vous savez, je suis né dans une famille très riche mais jusqu’à l’âge de 15/16 ans, j’ai cru qu’on était pauvre. Mon père considérait que la plus grosse insulte était « gosse de riche », il nous a donc mis dans la tête qu’on était pauvre. Connaissez-vous ce proverbe tzigane : « Ne te moque jamais des riches, cela pourrait t’arriver ». La richesse n’est pas matérielle.
Les femmes (vos filles) sont très nombreuses dans le dernier spectacle. Quelle est la place de la femme chez les Tziganes? Les femmes sont des reines, elles dominent, elles ne travaillent pas et décident de tout! Elles donnent souvent des prénoms féminins aux garçons, cela leur plaît. J’ai trois fils qui ont des prénoms féminins : Sorine, Dorine et Aline, ce sont les femmes qui veulent ça! La bizarrerie ne réside pas dans le fait que les femmes dominent, la bizarrerie est que cette domination ne pose pas problème aux hommes qui n’en parlent pas et ne contestent pas cet état de fait. Ils ne se sentent pas diminués pour autant. Mon fils Sorine a dit une très jolie chose : « ce serait joli s’il n’y avait que des femmes »… J’ajouterai qu’un trait de caractère des Tziganes est leur grande pudeur : un homme ne dira pas « je t’aime » à sa femme, par pudeur, mais on se marie très jeune et on fait des enfants très jeunes, une de mes filles a mis au monde un bébé à l’âge de 13 ans.

Quelle fut votre réaction? Cela fut un choc, elle était très jeune. Je me souviens qu’elle se tenait devant moi, j’ai fermé les yeux et je me suis dit « je lui arrache la tête ou je la prends dans mes bras » et je l’ai prise dans mes bras. Je lui ai dit que nous allions faire exactement ce qu’elle voulait, elle avait 13 ans, c’était lourd pour elle, il fallait la rassurer, ne pas en rajouter. Je lui ait dit  que nous allions faire ce qu’elle voulait. Je lui ai fait comprendre que ce n’était pas un drame.
Chez les Tziganes, il n’y aurait donc pas de difficultés à rencontrer l’âme sœur contrairement à ce qui se passe dans nos sociétés occidentales? Ce phénomène est un désastre, on ne se parle plus, on ne se rencontre plus. On est obsédé par la réussite sociale, la réussite matérielle, les vacances à Ibiza, l’obsession d’être à la mode, la mise sur un piédestal de la jeunesse et de la force …

Parlez-moi du quotidien de la famille Romanès? On est complètement désorganisé, une entreprise tzigane, c’est de la folie, il n’y a rien de logique. Je me dis toujours qu’il nous faudrait une goutte de sang allemand!
Concernant le choix des numéros, si un enfant veut aller dans une direction, on en parle et il est rare que les idées de mes enfants ne me séduisent pas. S’il n’y avait qu’une règle, ce serait la suivante : je m’arrange toujours pour que les répétitions soient un plaisir, un amusement. Ah, si les enfants allaient à l’école avec plaisir …
Que voulez-vous transmettre à vos enfants ? Tout d’abord, je souhaite qu’ils ne dépendent de personne. S’ils reprennent le cirque, ils ne dépendront que d’eux-mêmes. Et puis, j’aimerais qu’ils gardent les pieds sur terre, qu’ils ne prennent pas de drogues et qu’ils fassent montre de modestie. Mes enfants ignorent ce qu’est une boîte de nuit, ce qu’est un joint, ce qu’est la mode. Ah, la mode! Ma fille Rose va à l’école 2 jours par semaine. Je me souviens d’une de ses réflexions, le 1er jour où elle est allée à l’école. Je l’attendais à la sortie et elle m’a dit : « Oh, papa, ils m’ont fait une de ces têtes avec la mode, je n’avais pas les bonnes chaussures, je n’avais rien de bon. Est-ce que c’est important la mode? » Je lui ai répondu que non et là, elle m’a dit une chose extraordinaire : « Je le savais papa ». Nous, on ne cherche pas à avoir les dernières lunettes à la mode.

Et si vos enfants décidaient d’arrêter le cirque? Ils peuvent prendre cette décision mais il faut bien comprendre qu’il est très difficile d’arrêter le cirque quand on est né dans ce milieu. Que peut-on faire de mieux que voyager, rencontrer des gens, être applaudi, être sous les projecteurs, changer de ville, ne pas avoir de patron, vivre dans une caravane située à 10 mètres de son lieu de travail?
Ce n’est donc jamais difficile le quotidien dans un cirque, il n’y a pas de week-end par exemple? Oui mais vous avez vu les gens qui travaillent  en région parisienne, quelle vie ils mènent! Ils n’ont qu’une idée en tête, rentrer chez eux et regarder la télé pour se vider la tête! Je comprends bien pourquoi la télévision a autant de succès, on lui demande une seule chose à la télé : des conneries pour ne plus penser à rien, voilà d’où vient  la force de la télé!
La vie dans un cirque ne ressemble pas à cela : on se lève vers 9h, on prend le temps, vers 10h/11h, on commence à s’activer : on remplit les cuves de gasoil ou on part faire des courses, les plus jeunes commencent  à répéter et s’arrêtent quand ils le veulent. On essaye de rester sérieux tout de même et de répéter au moins 1h – 1h30 par jour. Parfois, ils répètent 3 ou 4 heures s’ils s’amusent. On n’est pas pris par le temps bien qu’on fasse beaucoup de choses. Et travailler avec une équipe agréable, c’est formidable!
Quels étaient vos rêves d’enfant? J’étais un grand rêveur. Je suis allé à l’école durant 3 ou 4 mois, pas plus. Un jour, la maîtresse nous a proposé des déguisements et pour moi, elle a choisi celui de Pierrot…
Quels sont vos rêves aujourd’hui? J’aimerais rassembler les plus belles pièces de musique baroque et diriger un orchestre de musique baroque mais c’est trop tard, on ne peut pas tout faire. Cependant, j’ai l’intention de redonner des concerts.
Y a-t-il une chanson que vous affectionnez tout particulièrement? Je me suis arrêté au 17ème siècle mais de temps en temps, j’écoute du Brassens. Et il y a une chanson que j’aime écouter qui parle d’un gros dégueulasse qui tient un bar dans le vieux Paris, il est marié à une femme très belle, il boit du gros rouge … Je ne me souviens pas du titre.
Quel est votre coin préféré à Paris? Je déteste les villes, je trouve qu’elles se ressemblent toutes mais si je devais vivre à Paris, j’habiterais du côté de la Goutte d’Or qui est selon moi, le quartier le plus vivant de Paris mais il a été très abîmé.

Pouvez-vous me parler du centre artistique tzigane Tchiriclif? Tchiriclif veut dire oiseau. Ce projet est né de la constatation suivante : il se passe des choses artistiquement sur les camps tziganes mais personne ne les voit. L’idée est de les montrer et comme personne ne veut les programmer, nous allons les programmer. Ce projet est surtout une idée de Délia. Mon rêve à moi est d’acheter un petit âne et de me promener dans le sud du Maroc. J’aimerais tenter l’expérience du désert.

Quels sont les voyages à venir? Nous étions à Turin puis, à Bordeaux avant de revenir sur Paris. Nous prévoyons d’aller dans le Bassin d’Arcachon, à Marseille, à Strasbourg, à Munich, à Berlin.

Merci Alexandre Romanès!

 

A vos agendas :

– Jusqu’au 1er mai 2013, ne manquez pas le dernier spectacle du cirque Romanès intitulé « Lignes de la main jusqu’au coude » au cœur même du campement Romanès, 42/44 bd de Rheims, Paris 17ème (métro Porte de Champerret).

– Les 23, 24 et 25 mars 2013, venez découvrir la richesse de la culture tzigane à l’occasion de l’ouverture du centre artistique tzigane Tchiriclif avec une programmation pluridisciplinaire (conférences,danse, chant, artisanat tzigane etc). Toutes les informations sur http://www.tchiriclif-centreartistiquetzigane.com/.

 

Ousmane, le sage du quartier des Amandiers

3 Mar

Ousmane, père d’origine malienne, habite dans le quartier des Amandiers depuis très longtemps. Ce quartier du 20ème arrondissement de Paris dans lequel il s’est activement engagé pour un mieux vivre ensemble a vu grandir ses six enfants. Si vous sortez métro Père Lachaise, entrez dans la rue des Amandiers et peut-être apercevrez-vous sa longue silhouette.

Je lui ai posé des questions sur l’art d’être père, l’éducation, son engagement dans le quartier des Amandiers, ses rêves.

Je vous propose de lire cette discussion en écoutant une chanson qu’il affectionne particulièrement, Soundiata Keita, chantée par Selif Keita : « C’est une chanson qui donne du courage et fait la fierté du Mali nous explique Ousmane. L’idée maîtresse de cette chanson est que dans la vie, il faut se battre. Cette chanson raconte l’histoire de Soundiata Keita, un des rois du Manding, privé de l’usage de ses jambes à la naissance mais qui, un jour, a pu se lever. Tout le monde a crié, chanté en voyant l’enfant paralysé marcher. Cet enfant est devenu un grand roi conquérant. »

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« Ousmane, en quoi la naissance de vos enfants a bouleversé votre vie? La naissance de mes enfants résonne en moi comme la plus grande des joies. Un enfant, c’est un trésor. Ce petit bout de chou qui vient s’ajouter à soi est un bonheur immense. On se dit qu’on va lui donner la meilleure des éducations, une éducation supérieure à la nôtre. On pense, au quotidien, que notre enfant sera meilleur que nous. Quand on en a plusieurs, c’est la même joie à la naissance. Et puis, au fur et à mesure que les enfants grandissent, les appréhensions grandissent à l’égard de la vie, de la société que nos enfants côtoient. J’ai commencé à ressentir des inquiétudes quant aux fréquentations de mes enfants dès la maternelle. Beaucoup d’enfants ont décroché dans le quartier et cela est source de stress.

Pourquoi certains jeunes décrochent? Il y a plusieurs facteurs. Tout d’abord, le quartier a été stigmatisé, les jeunes le ressentent et en souffrent. Il y a beaucoup de familles monoparentales dépassées. Beaucoup de familles sont frappées par le chômage. Et il y a un problème culturel rencontré par les familles immigrées, nombreuses dans le quartier, qui rencontrent des problèmes de communication car elles maîtrisent mal le français. Il n’y a pas assez de structures adaptées pour venir en aide à ces familles et les enfants paient les pots cassés. Ils ne suivent plus à l’école, s’opposent à la famille, aux règles édictées par société et se perdent. Je reviens sur le problème de la double culture qui peut être difficile à gérer pour des parents non nés en France qui peinent à élever leurs enfants selon des principes qui ne sont pas les leurs. Les familles sont parfois démissionnaires car elles n’arrivent pas à suivre, elles sont démunies. L’enfant est partagé entre les valeurs du pays d’origine de leurs parents et celles du pays d’accueil. Les valeurs françaises sont bonnes mais certaines sont en contradiction avec celles du pays d’origine des parents, il faut gérer tout cela, ce n’est pas simple.

Parlons éducation. Il faut apprendre à l’enfant à réagir face à telle ou telle situation, il doit apprendre à se débrouiller. Je préférerais avoir toujours mon enfant tout près de moi, organiser des jeux, discuter mais en grandissant, il ne veut plus rester auprès de moi en permanence, il veut son indépendance et retrouver ses amis. Or, avec les copains, il peut entreprendre des choses dangereuses telles que circuler trop vite sur un deux roues dans la rue. Rien ne me garantit qu’il sera sage… Alors, je pense qu’il faut être très observateur avec ses enfants.

Qu’est-ce qu’un bon père? Dans la conjoncture actuelle, le père ne doit pas être bon. Il doit être autoritaire. Il faut de l’amour bien entendu mais de l’autorité aussi. Quand c’est non, c’est non! Il ne faut surtout pas revenir sur sa parole. A l’adolescence, l’enfant peut être redoutable. Voilà, il faut être autoritaire, mais également sage, patient et tolérant. Je pense qu’il est important d’échanger avec d’autres parents et tirer des enseignements de l’expérience d’autres familles.Vous savez, en Afrique, les parents ne se retrouvent jamais seuls et démunis. Mon enfant est aussi l’enfant du voisin, il ne peut s’égarer. Or, ici à Paris, on se retrouve chacun dans son appartement, seul face à ses interrogations. Les parents doivent être derrière leurs enfants, il faut toujours veiller. Ici, être parent, c’est être esclave de ses enfants en quelque sorte…

Je sais que vous êtes très investi dans votre quartier, auprès des familles en difficultés, pourquoi cet engagement? Je suis chef de famille. Je vois des familles en détresse. J’ai voulu apporter ma contribution. Dans les années 1990, on a créé une Régie de quartier pour venir en aide aux personnes âgées, aux chômeurs, aux familles en difficulté. On surveillait le quartier qui était stigmatisé. Puis, l’OPAC nous a donné un local dans lequel on organisait des brocantes, le marché de noël, des rencontres entre familles, des repas de quartier. Plusieurs associations se sont succédées. Aujourd’hui, je suis investi au sein de l’association la 20ème Chaise. J’ai notamment pris part aux Universités populaires des parents qui visent à créer du lien entre les familles du quartier.

Quelle place occupent vos origines maliennes au quotidien? On cuisine à l’africaine, je cuisine beaucoup et mes enfants ont appris à cuisiner en me regardant faire. Parfois, nous regardons une chaîne malienne.

Où retrouvez-vous le Mali à Paris? Dans le 18ème arrondissement, dans le quartier d’Avron, à Montreuil ou encore dans les boutiques chinoises où je me fournis en produits du pays. Un peu partout dans Paris, je trouve du manioc, du fonio, du mil, du riz du Mali, des patates douces, des ignams, du poisson séché etc. Parfois, il m’arrive d’acheter des vêtements ou des bijoux.

Il vous arrive de porter des vêtements traditionnels? Oui, lors de célébrations telles que le ramadan, pour aller à la mosquée ou encore, quand on reçoit à la maison.

A quoi ressemblait votre enfance? J’ai vécu dans l’amour, j’ai été choyé. Nous n’étions pas riches mais mon enfance a été heureuse. Quand j’étais enfant, on me répétait que les vieilles personnes étaient des bibliothèques et j’aimais me réfugier près des personnes âgées. J’aimais observer mon père, la façon dont il réglait les problèmes. Il me demandait toujours mon avis : « que penses-tu de telle ou telle chose? ».

Vous vous souvenez de vos rêves d’enfant? J’ai toujours voulu être cosmonaute comme Youri Gagarine! Il a marqué mon enfance. Je voulais être pilote d’avion, conduire des objets volants. Je me souviens de mon père me montrant des avions au Mali.

Quelle est votre madeleine de Proust? La sauce dakatine et les Tiebs, ces mets me rappellent mon pays.

Une dernière question, comment va votre famille au Mali? Les membres de ma famille vont bien. Ils vivent à Bamako où la situation est calme mais la vie est chère. »

Ousmane, merci pour cet entretien!

La réforme des rythmes scolaires vue par trois parents parisiens

7 Fév

Le mouvement de contestation du corps enseignant n’y a rien fait. Le décret sur les rythmes scolaires entérinant le retour à la semaine de 4 jours et demi dans le premier degré a été publié au Journal officiel le 26 janvier dernier.
On a entendu les instituteurs, le gouvernement défendant bec et ongle son texte, les médias pas très objectifs et tendres à l’égard des enseignants présentés comme « corporatistes » et « lampistes », ce qui est selon moi profondément injuste quand on voit le travail formidable qu’ils font.
Et les parents dans tout ça, que pensent-ils? J’ai questionné 3 parents aux avis divergents sur le sujet. La première personne s’interroge quant à la réforme proposée par le gouvernement, la seconde personne se dit contre le décret et le troisième interviewé approuve le changement proposé par Vincent Peillon.
Et vous? Si vous souhaitez donner votre avis, n’hésitez pas à laisser un commentaire.
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Véronique est la maman d’Ambroise, 6 ans en CP et de Léon, 3 ans en petite section de maternelle (Paris 9ème)
« Qu’avez-vous compris de la réforme? Là, comme ça, j’avoue ne pas comprendre en quoi la réforme est néfaste. J’ai bien compris que les journées étaient trop lourdes pour les enfants et qu’il est apparu nécessaire de réorganiser le temps. Ils vont finir plus tôt…Des activités artistiques seront proposées mais je ne sais pas trop quand et comment.
Vous approuvez donc la réforme proposée? Je ne sais pas trop puisque je ne sais pas comment le temps suivant les « enseignements classiques » va être organisé… Les écoles de mes enfants étaient fermées à cause de la grève des instituteurs le 22 janvier. On a reçu des documents de la part des instituteurs expliquant pourquoi ils rejetaient la réforme et cela m’a interpellé.
Que disaient les documents dont vous parlez? On nous expliquait qu’il était déjà très compliqué de surveiller la cantine et le temps de l’étude après 16H30 par manque de personnel et qu’il apparaissait prématuré de changer les rythmes dès la prochaine rentrée. Mais bon, en même temps, j’ai entendu que le gouvernement allait investir.
Comment vous êtes-vous tenue informée? Par le bouche à oreille, la radio.
Comment se déroule la journée du mercredi pour vos garçons? Ils vont au centre aéré qui est organisé au sein de leurs écoles. La nounou les récupère comme tous les jours de la semaine à 18H. »
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Céline est la maman de Julien, 13 ans en 5ème et de Grégoire, 6 ans en CP (Paris 20ème)
« Qu’avez-vous compris de la réforme Peillon? Moi, ce que j’observe c’est qu’à chaque changement de majorité, les ministres de l’éducation nous pondent une réforme pour marquer leur passage au gouvernement, parfois à tort et à travers. Alors, concernant la réforme 2013, elle vise à alléger l’emploi du temps des enfants. La méthode choisie par l’actuel gouvernement est la suivante : retour à l’école le mercredi matin, 5h30 de cours par jour, une longue pause déjeuner qui pourra s’étendre de 11H20 à 14H20 et des activités sportives et artistiques proposées dans l’incertitude la plus totale sur les modalités d’organisation du temps périscolaire.
Qu’est-ce qui vous chiffonne?Ce qui me chiffonne c’est que pour moi, ceux qui s’occupent le mieux des enfants, ce sont les enseignants. Je suis pour l’école à l’école, pas pour une espèce de garderie améliorée! Cette réforme  mise en place à Paris dès septembre 2013, c’est du bricolage!

La récréation, rue Buffon, R. Doisneau, 1959

On ignore tout de la mise en place concrète du décret. La pause méridienne qui va être imposée est du grand n’importe quoi. Grégoire me dit que dans la cour, il y a des bagarres pendant le repas et dans les recoins de la cour, je crains vraiment ce qui pourrait se passer au cours d’une pause allongée exagérément.
A quoi ressemblent les mercredis de Grégoire? Je ne travaille pas ce jour-là et je dois dire que je reviens de loin car je désapprouve l’instauration de l’école le mercredi. Actuellement, le mercredi est un jour off, on se lève tard, on prend le temps, mes fils font leurs activités. Mais bon, je sais que la majeure partie des enfants français vont au centre aéré ou sont gardés par des nourrices car les parents travaillent tous les jours de la semaine…  Je ne représente qu’une minorité.
Comment vous tenez-vous informée? Nous parlons beaucoup entre parents et j’écoute ce qui se dit à la radio, à la télévision. »
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Luc est le papa de Julia, 4 ans en moyenne section de maternelle (Paris 19ème)
« Que comprenez-vous de la réforme? Elle a pour but d’alléger les journées trop lourdes des enfants. Moins d’heures de cours, l’école le mercredi matin pour ne pas casser le rythme des apprentissages et la mise en place d’activités culturelles et sportives, c’est très bien.
Que comprenez-vous du mouvement de contestation du corps enseignant? Je ne comprends pas leur attitude. Cette réforme, ils l’ont réclamée non? Là, on la met en place et les instituteurs n’en veulent plus. Moi, je vois que ça les embête de venir travailler le mercredi c’est tout et le discours sur la qualité des activités périscolaires est un prétexte pour manifester.
Parlons des activités périscolaires justement, avez-vous saisi la démarche de la Mairie de Paris? Moi, je vous pose la question suivante : pourquoi les activités périscolaires proposées ne seraient pas de bonne qualité et bien organisées? Vous savez, je constate que c’est la 1ère fois que les enseignants daignent parler du temps passé par les enfants à la cantine et au goûter! Les instituteurs quittent l’école une fois leurs cours donnés et se fichent bien de savoir ce qui se passe le reste du temps passé par leurs élèves à l’école. Alors, si cette réforme les amène à s’interroger sur le temps périscolaire, je dis tant mieux! Et puis, les discussions se poursuivent.
Le décret vient d’être publié au Journal Officiel, la réforme va être appliquée de toute façon et le Maire de Paris a dit qu’il voulait que cela se fasse dès septembre 2013! Oui, je sais. Appliquons la réforme et on verra bien. Si ça ne marche pas, il sera toujours temps d’ajuster. Je suis pour la revalorisation des salaires des enseignants et une meilleure considération du corps enseignant, ma femme est elle-même prof et gagne 2000 euros par mois après 15 ans de métier, ce qui n’est pas normal MAIS la contestation actuelle sur la réforme du temps scolaire est selon moi incompréhensible.
Comment vous tenez-vous informé? Je baigne dans le milieu enseignant donc on en parle pas mal. Je suis allé sur le site du Ministère de l’éducation nationale et sur celui de la Mairie de Paris.
Comment se déroulent les mercredis pour votre fille? Elle va au centre aéré. Tous les jours, je m’efforce de sortir tôt pour la récupérer au plus tard à 17H45. »

Merci à vous trois pour vos témoignages.