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Archive | juillet, 2012

La campagne à Paris contée par une famille écocitoyenne

26 Juil


Sonia et Jean-Philippe ont réalisé le rêve de beaucoup de Parisiens. Ils ont transformé une ancienne menuiserie située non loin de la Villette en un loft avec jardin dans lequel ils vivent avec leurs deux enfants : Côme qui a pointé son nez à « la Menuiserie » il y a 7 ans et demi et Albertine, 4 ans, qui a vu le jour en Indonésie lors des nombreuses pérégrinations de cette famille qui a, entre autres particularités, une vraie conscience écologique.

Cette famille écocitoyenne nous fait partager son état d’esprit sous le regard de « Mathilde la coquine » et « Rose la canne » qui sont les deux superbes poules de la maisonnée. Prenons en de la graine !


« Côme, dis-moi, que fais-tu en faveur de la protection de l’environnement? On donne aux poules tous les aliments qu’on ne mange pas comme les épluchures. Comme ça, les poules grossissent et ensuite, elles pondent des œufs. On trie aussi les déchets et on ne gâche pas le papier en dessinant sur du papier brouillon. Et puis, j’éteins toujours la lumière quand je n’en ai pas besoin.

Fais-tu autre chose? Oui, en hiver, on coupe le chauffage avant de sortir.

Qui t’a parlé de tout cela? Mon copain Jules, mes parents et ma maîtresse à la Living School.

Peux-tu citer d’autres gestes verts? Oui, on achète nos fruits et légumes sans pesticides dans une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne); Loïc le fermier nous les rapporte de sa ferme. Et à la cantine, on ne mange que du bio.

Sonia poursuit : Nous avons un compost. Nous trions bien le papier, les plastiques et le verre. Nous sommes vigilants concernant l’eau; dernièrement, on s’est aperçu que l’eau de la  salle de bain chauffait après un certain temps, on  a noté que nous perdions des litres d’eau à attendre qu’elle chauffe. Alors maintenant, on met l’eau non utilisée dans une bassine puis on l’utilise pour la chasse d’eau.

Nous avons posé des récupérateurs d’eau dans le jardin. L’hiver, nous veillons bien à ne pas trop chauffer la maison, mieux vaut un bon pull. Nous avons peu d’appareils électroménagers (pas de lave-vaisselle ou de sèche-linge). Les enfants portaient des couches lavables quand ils étaient bébés et ce, malgré l’absence de sèche-linge!

Avez-vous une voiture? Non, nous circulons à vélo !

Est-ce rassurant de circuler à vélo dans Paris avec des enfants? Bon, soyons clairs, il faut faire attention. Nous empruntons bien les pistes cyclables et ne circulons jamais sur les couloirs de bus qui tiennent aussi lieu de pistes cyclables, c’est bien trop dangereux. Je crois que l’essentiel des accidents de vélib impliquent des bus.

Côme circules-tu seul sur ton vélo? Oui mais je regarde bien ce qui se passe autour de moi, j’attends bien ma maman. Et puis, je porte toujours un casque et quand il fait sombre, je porte un gilet fluo pour être bien visible.

Où est-il agréable de circuler à vélo? Nous habitons près du bassin de la Villette et jusqu’à Bastille, il y a une piste cyclable protégée, c’est sûr et agréable.

Comment est née cette conscience écologique? Je viens de la campagne, certains gestes tels que l’installation d’un compost sont pour moi naturels. Et puis, à la naissance de Côme, cette conscience a évolué, on s’est dit qu’il fallait vraiment faire attention à nos gestes. Nos lectures se sont orientées vers les livres sur la protection de la nature. Nous avons acheté des produits bio et depuis cinq ans, nous faisons partie d’une AMAP.

Vivre en écocitoyen – manger bio, acheter des produits ménagers bio, cuisiner ses petits pots pour bébé quand on est déjà débordé etc. –  est-il accessible à tous financièrement et en terme de temps?
Du point de vue financier, manger bio c’est faire des choix, pour notre part nous avons troqué les protéines animales(viande, poisson) par des légumes secs couplés à des céréales, les apports recommandés sont là mais le prix est  très inférieur.
On mange essentiellement des légumes et fruits de saisons qui sont souvent moins chers, et surtout des produits « bruts » non transformés. Notre panier de légumes hebdomadaire (via l’AMAP) nous coûte 15 euros par semaine. On le complète en achetant quelques fruits supplémentaires.

Du point de vue de la disponibilité, c’est clair que cela prend du temps mais c’était plus lourd quand les enfants étaient bébés( le soir après la journée de travail, quand les bébés sont couchés, préparer les petits pots … on a heureusement un petit congélateur ce qui permettait de stocker), maintenant que les enfants sont plus grands, tout le monde mange la même chose, c’est plus simple.
Je n’ai pas vécu cette période de « soirées petits pots » comme un sacrifice. J’adore manger des choses que je prépare moi même, entre une soupe en brique et une soupe maison le plaisir n’est clairement pas le même … du coup je me suis toujours dit que Côme et Albertine apprécieraient aussi de gouter tous ces parfums.

Comment sensibiliser les enfants et les ados au respect de l’environnement dans notre société consumériste? C’est le travail des parents d’expliquer que le bonheur ne se mesure pas au nombre de jouets que possède l’enfant, c’est une lutte de tous les jours. Heureusement, nous n’avons pas de téléviseur, Côme et Albertine ne connaissent pas la publicité. Leurs listes de noël sont basées sur leur imaginaire …

Le discours écologique peut parfois sembler drôlement alarmiste et culpabilisant, surtout quand on est parent. Ce discours peut nous pousser à poursuivre une quête obsessionnelle du produit et du mode de vie parfaits, en vain. Comment ne pas péter les plombs ? Pas de quête obsessionnelle chez nous, on essaie juste de faire ce qui est souvent  une question de bon sens.Par exemple, quand les enfants choisissent un fruit ils nous demandent automatiquement s’il est bio ou  pas, non pas qu’ils ne mangent jamais de fruits non bio, mais ils savent très bien qu’ un fruit traité est un fruit qui doit être épluché ! Les autres peuvent être croqués tel quel.

Chaque saison apporte son lot de mauvaises nouvelles d’un point de vue sanitaire,le paraben dans tous les produits de beauté et particulièrement dans les produits bébés, le bisphénol A dans les  biberons ….

Toutes ces choses qui ont permis aux femmes d’avoir la double casquette de femme active et de mère,sont aujourd’hui montrées du doigt, et les femmes culpabilisent d’avoir utilisé tous ces produits « dangereux » les yeux fermés.
Mais il est possible aujourd’hui de faire autrement .On ne communique pas vraiment sur ces autres façons de faire … On pense encore que les couches lavables sont les langes rectangulaires des années 60 difficiles à mettre et réservés aux femmes au foyer. Sait-on que les biberons en verre ne sont pas plus compliqués à utiliser que ceux en plastique si on les recouvre d’une petite coque de protection prévue à cet effet ? On a aujourd’hui à notre disposition les moyens de se « protéger » un peu.

Dans son livre Le conflit. La femme et la mère, Élisabeth Badinter soutient qu’écologie rime avec régression de la condition féminine fustigeant la femme qui s’épuise à concocter des petits pots maisons, à laver des couches lavables, à allaiter etc. Alors? J’ai fait tout ce qu’elle réprouve dans son livre mais je ne me suis jamais sentie aliénée tout en continuant à travailler à plein temps. Je me sens femme, féministe, « maternante » à la fois et je veux le meilleur pour mes enfants. Élisabeth Badinter a oublié une chose capitale : c’est la notion de plaisir. Quand on trouve du plaisir dans ce qu’on fait, où est le problème? J’ai des amies qui ont fait le choix de ne pas allaiter, d’acheter des couches jetables et des petits pots. Il n’y a aucune différence entre elles et moi dès lors qu’on prend du plaisir dans ce que l’on fait. Et je tiens à préciser que je me conduis en écocitoyenne à mon niveau. Parfois, je n’ai pas une attitude écocitoyenne. Cela va être le cas cet été quand nous allons prendre l’avion pour aller au Maroc par exemple. Je ne m’impose pas de contraintes.

J’aurais souhaité que vous évoquiez la Menuiserie. Nous avons découvert la Menuiserie par le biais d’un ami de Jean-Philippe qui venait de se lancer dans la restauration d’une partie de cette même menuiserie.
Nous sommes tombés sous le charme de ce lieu et de son grand espace vert (plutôt une décharge à l’époque) . Il y avait un gros potentiel mais tout à faire. Aidés de nos amis et familles nous avons détruit, vidé, creusé, construit, nous improvisant bricoleurs, architecte et maitre d’œuvre. Les travaux se terminent tout juste après 8 ans de chantier, quelques breaks et deux bébés.

C’est un luxe de vivre dans une telle maison à Paris avec jardin, poules etc. alors que les familles parisiennes vivent dans de tout petits logements onéreux. Je me demandais si, après 8 ans dans ce lieu, vous savouriez toujours la chance de vivre à la campagne à Paris ? Nous savourons tous les jours cette chance. J’ai grandi en pleine campagne, dans une ferme, alors me retrouver aujourd’hui à Paris avec ce havre de verdure sous mes fenêtres, c’était inespéré.
Le jardin est devenu un lieu très ouvert à nos amis, aux amis de nos enfants, quel plaisir de les voir courir, grimper, se cacher dans les bambous. »

Familles du bout du monde en goguette à Paris

17 Juil

Selon le site de la Mairie de Paris, la capitale accueille chaque année plus de 27 millions de touristes dont 18 millions d’étrangers. Parmi eux, de nombreuses familles des quatre coins du monde.
Je me suis rendue Place de l’Hôtel de ville et j’ai abordé quatre familles venues d’ailleurs …


Namaste !

J’ai rencontré Maruti et Shakuntala, parents de Soumya (33 ans) et Shreya (30 ans), ils viennent d’Inde.


« Pourquoi avez-vous choisi Paris pour vos vacances ?
Soumya : Je vis à Francfort en Allemagne, ma famille est venue me rendre une petite visite et nous avons décidé de visiter Paris. Nous sommes arrivés hier. J’ai déjà visité Paris l’année dernière et j’aime cette ville qui est pour moi, une ville d’artistes. Il y a toutes sortes de musées, Paris est une ville très intéressante.
Comment avez-vous préparé votre voyage ?    
Soumya : J’ai consulté le Lonely Planet sur internet.
Où logez-vous sur Paris ? Nous avons loué un appartement dans le 11ème arrondissement de Paris, en passant par le site internet Paris attitude.com.
Qu’avez-vous visité ? Nous venons tout juste d’arriver, nous n’avons pas vu grand-chose.
Quel est votre programme ? Là, nous allons à Notre-Dame. Nous voulons voir le Musée d’Orsay et Versailles.
Que pensez-vous de Paris ?
Maruti : Ce qui nous a particulièrement frappés est que les Parisiens ne parlent pas l’anglais, ce n’est pas simple de communiquer. Si tout le monde parlait anglais comme vous, ce serait bien (Vu mon piètre niveau d’anglais, je n’ose imaginer à quels spécimens parisiens mes amis indiens ont eu affaire …….).
Comment imaginez-vous la vie en famille à Paris ?
Maruti : Cela doit être agréable, j’apprécie l’atmosphère de cette ville. Il y a beaucoup de parcs et le peu que j’ai pu voir est que les familles passent du temps ensemble. De toute façon, tant que la famille est unie, on ne peut qu’être heureux quel que soit l’endroit au monde où l’on se trouve (« when family is cohesive and bound together, it is nice to live anywhere in the world »). »


Ni hao !

J’ai rencontré Bill et Léa avec leur fille Lisa (5 ans), ils viennent de la ville de Yangzhou, non loin de Shanghai en Chine.


«  Pourquoi avez-vous choisi de passer vos vacances à Paris ?
Bill : Ma femme et moi nous sommes mariés il y a 10 ans. Nous sommes venus à Paris avec notre fille pour célébrer cet anniversaire de mariage.
Comment avez-vous préparé votre séjour ? Nous avons notre Lonely Planet et on a fait des recherches sur internet.
Logez-vous à l’hôtel ou dans un appartement ? Nous sommes installés dans un hôtel qui se trouve dans le quartier de la Bastille.
Combien de jours allez-vous séjourner à Paris ? Juste cinq jours, nous avons commencé notre voyage en Europe par l’Allemagne et la Suisse.
Que comptez-vous visiter ? Nous souhaitons visiter les musées à commencer par le Musée d’Orsay et le Louvre.
Comment trouvez-vous Paris ? C’est une ville vraiment magnifique mais le temps n’est pas beau.
Vous imaginez-vous vivre en famille à Paris ? Oh oui, on y a déjà pensé. On aimerait beaucoup vivre ici, c’est un rêve ! »


Hi !

J’ai rencontré Keith, Melissa et leurs filles Isabella (8 ans) et Gabriella (5 ans) ainsi que Niki et son fils Chase (6 ans), ils vivent à Phœnix en Arizona.


« Combien de temps allez-vous séjourner à Paris ? 30 jours.
Pourquoi avez-vous choisi Paris pour vos vacances ? C’est une question qui ne se pose pas. Paris est juste Paris.
Que comptez-vous visiter à Paris ? Nous souhaitons vivre Paris, vivre au rythme des Parisiens. Là, nous allons du côté de Notre-Dame, nous avons envie de marcher, de nous ballader.
Comment avez-vous préparé votre voyage ?
Melissa : J’ai un peu surfé sur internet, j’ai vécu à Paris durant 3 mois, il y a 20 ans, je connais un peu la ville. Je n’ai pas acheté de guide, je n’ai même pas de plan de la ville, Niki a une carte de Paris. On se débrouille comme ça.
Où logez-vous sur Paris ? Dans un appartement qui se trouve dans le 2ème arrondissement et que l’on a trouvé sur le site vrbo.com (vacation rental by owner).
Comment trouvez-vous Paris ?
Keith : Je suis new-yorkais et New-York est une grande ville à l’architecture impressionnante mais Paris est une ville plus belle, j’aime les vieux monuments parisiens, cela n’existe pas à New-York qui est une ville récente. Cette Place de l’Hôtel de ville est magnifique, j’aime le bâtiment de la Mairie de Paris.
Vous n’avez pas de chance avec le mauvais temps. Vous savez, nous vivons dans le désert, en ce moment à Phœnix, il fait 116° Fahrenheit (environ 46°C) alors un peu de pluie, ça fait du bien.
Que pensez-vous des Parisiens dont beaucoup disent qu’ils sont bourrus ? Je pense que les Parisiens sont comme les New-yorkais, ils sont concentrés sur ce qu’ils ont à faire, ils sont pressés, toujours occupés. Mais si on est sympa, si on est souriant, l’autre l’est aussi, c’est ce que je pense.
Comment imaginez-vous la vie en famille à Paris ? Je pense que c’est agréable et simple d’élever des enfants à Paris. Le seul défaut dans cette ville est qu’il n’y a pas assez de toilettes.*
Je trouve que les moyens de transport sont très pratiques, vous avez le métro, les bus. Chez nous à Phœnix, on se déplace tout le temps en voiture, ce n’est pas possible autrement.

* C’est seulement une fois rentrée chez moi que je me suis souvenue de la parution toute récente d’un « guide pratique et culturel  des WC gratuits » à Paris.


Bonjour !

Pour finir, j’ai abordé un fringant et sympathique jeune grand-père de Montréal en visite à Paris avec sa fille et sa petite-fille. Tabernacle ! Paris n’est décidément pas sa tasse de thé …


Pourquoi avez-vous choisi de séjourner à Paris ? Pour des raisons familiales, nous allons rester un mois environ à Paris.
Que souhaitez-vous voir de la ville ? Des musées que l’on a déjà vus, que l’on voudrait revoir. On va voir les classiques : le musée du Louvre, le jardin du Luxembourg, prendre le Batobus.
Que pensez-vous des Parisiens décrits parfois comme peu sympathiques ? NOUS CONFIRMONS. Mais à l’extrême opposé, il y a aussi des gens qui sont vraiment très gentils. Voici l’exemple d’une mauvaise expérience que nous avons vécue: l’an passé, nous voulions visiter la Conciergerie et nous avons demandé notre chemin à un taxi, nous étions tout prêt du lieu ; le chauffeur de taxi a répondu qu’il ne savait pas et là on a compris qu’on l’embêtait et qu’il ne voulait pas répondre… J’ai beaucoup voyagé et je trouve les Parisiens, pour la plupart, très arrogants. Bon, encore une fois, il y a des exceptions … Et malheureusement lorsque les touristes arrivent en France, ils arrivent à Paris et ont affaire aux Parisiens. Beaucoup donnent de mauvaises informations quand on leur pose des questions, vraisemblablement pour se débarrasser des gens. Mais bon, Paris ce n’est pas la France et en province, c’est différent. Il y a beaucoup de touristes à Paris qui viennent dépenser leur argent dans la capitale et il faudrait peut-être songer à changer d’attitude.
Ah, j’ai une chose à dire à M. Delanoë qui va passer à Québec pour le sommet de la langue française, je veux lui dire que je trouve que la langue française ici est malmenée. Au Québec, nous luttons férocement pour conserver cette belle langue et ici elle est vraiment massacrée, ça n’arrête pas : on parle de « phone house », pourquoi ne pas dire « boutique du téléphone », ça ne fait pas assez branché ?! Je comprends que Paris est une ville internationale mais pourquoi l’anglais devrait-il dominer culturellement, économiquement ? Pour tout vous dire, j’ai l’impression que la France s’américanise tellement qu’on peut représenter le Français avec des oreilles de Mickey !
Vous vous imagineriez vivre à Paris en famille ? N’y vivant pas, j’ignore si c’est vraiment adéquat, c’est vous qui devriez me répondre puisque vous habitez ici.
A votre avis ? C’est une ville vivante. Mais j’imagine le quotidien des parisiens stressant, je pense que ça doit être difficile de subir chaque jour le métro, le train, toute cette cohue. Et puis, je sais que les appartements sont petits, les loyers sont chers par rapport à Montréal. Il faut être nanti pour vivre bien ici. Si vous allez à Montréal, vous verrez que « ça relâche ».
Vous semblez remonté à l’égard de Paris et des Parisiens ? J’ai été victime d’un pickpocket dans le métro et à plusieurs reprises, on m’a mal renseigné … Et puis, en ce moment, on loge du côté de Belleville et on vit au milieu des prostituées, ce n’est pas top. Il y a une espèce de laxisme, c’est bizarre … Et puis, il y a beaucoup de mendicité. Personne ne fait rien.

Alors, on s’ennuie au square?

8 Juil

Crédits photo : Jean-Louis Zimmermann/Flick’r

Quand on n’a pas d’enfants, le parc c’est ça :

un footing le dimanche sur les coups de 13H après une soirée arrosée qui s’est terminée au petit matin, la lecture d’un journal couché dans l’herbe ou encore un apéro entre amis organisé spontanément.

Quand on est parent, le parc est nécessairement associé aux aires de jeux que les enfants a-do-rent qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige. Et là, la sortie au parc peut ressembler à ce que Florence Foresti décrit de manière désopilante dans un de ses sketchs cultes.

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Certains passages du sketch ont forcément  interpelé nombre de parents …  Histoire de vérifier, je suis allée à leur rencontre dans deux parcs parisiens. Je leur ai demandé s’ils s’ennuyaient au parc et j’ai profité de l’occasion  pour leur demander de bien vouloir révéler leurs idées de sorties à eux.

Bonne lecture !


J’ai rencontré Lætitia et Eliott (3 ans et demi) dans le parc du Champs de Mars, dans le 7ème arrondissement de Paris

 » Pour quelles raisons venez-vous dans ce parc précisément? Ce parc se trouve non loin de chez moi. J’apprécie ce lieu, ses deux aires de jeux, les deux manèges, un manuel et un électrique.

Connaissez-vous le sketch de Florence Foresti sur les parcs pour enfants? Oh oui !!!

Et vous vous êtes reconnue? Complètement (rire) ! Je me traîne au parc, j’y vais tous les samedis et dimanches pendant que le papa s’occupe des courses.

On sent une pointe de regret, faire les courses serait plus sympa qu’aller au parc avec les enfants? Non …

Vous copinez avec les autres mamans, papas du square? Oui, je retrouve les mamans des enfants qui allaient à la crèche avec Eliott. Je copine avec certaines, on va prendre des verres avec ou sans les enfants, avec d’autres, j’avoue que les discussions ne m’enchantent pas .

Les papas sont-ils vraiment nombreux dans les squares? Oui, ils sont nombreux seuls ou avec la maman. Mais je trouve que les hommes en font trop aujourd’hui, il y a confusion des genres, par exemple les papas avec leur bébé dans le porte- bébé à toutes les occasions, c’est ridicule.

C’est pourtant sympa et important que les pères s’investissent en emmenant notamment les enfants au parc, non? Quel est leur rôle selon vous? Pour moi, le père incarne l’autorité.

Que faites-vous au parc? Je regarde Eliott jouer, je veille à ce qu’il ne tape pas les copains, qu’il ne pique pas le seau d’un autre, qu’il ne se fasse pas lui-même taper.

Mais alors pourquoi allons-nous au parc si c’est ennuyeux? Mais mon fils adore ! Il s’amuse, se défoule. J’y vais pour lui voilà.

Vous l’avez déjà perdu? Oui, une fois, ça a été une expérience terrible, la panique ! J’étais venue au parc avec ses deux cousines, j’étais bien occupée et puis, je l’ai perdu de vue. Nous l’avons cherché partout. Et quelque temps plus tard (ça m’a semblé une éternité), je l’ai vu entouré de deux policiers à vélo. J’avoue que je me suis demandée « j’y vais, j’y vais pas? » …

 Oublions le parc, où l’emmenez-vous à part ça? Je déteste rester à la maison alors on sort tout le temps. Eliott adore les ballades en bateaux-mouches, on va parfois à l’Aquarium du Trocadéro qui est hors de prix. On va dans les musées, on aime visiter le musée de la marine. Mais le top pour Eliott c’est de prendre le métro aérien et d’aller dans les gares pour voir les trains. Parfois, le samedi après-midi, on va à la Gare de l’Est car sous la gare, se trouve un endroit magique pour Eliott, c’est le réseau des trains locaux de l’AFAC (Association française des amis des chemins de fer) qui propose au public d’admirer l’activité ferroviaire à travers des maquettes de trains miniatures et c’est gratuit le samedi après-midi.

Quel type de lieux voudriez-vous voir se développer à Paris? Des ludothèques ouvertes le dimanche, surtout les dimanches de pluie ! Et puis, dans mon quartier, j’aimerais que s’ouvre un café-bar avec un coin enfant, comme le Cafézoïde dans l’est de Paris. »


J’ai rencontré Olivier parisien d’adoption, papa d’ Achille (5 ans et demi) et Martin (2 ans et demi), dans le parc Édouard Vaillant, dans le 20ème arrondissement

 » Connaissez-vous le sketch de Florence Foresti sur les parcs pour enfants? Non.

Dans son sketch, elle décrit combien elle s’ennuie dans les parcs pour enfants, c’est votre cas? J’aime moyennement le parc, j’y vais tout simplement pour faire plaisir aux enfants. J’emmène un ballon, on joue. Achille a appris à faire du vélo dans ce parc. Il retrouve ses copains. Ce qui est pénible, c’est lorsque le square est bondé, quand c’est la mêlée.

Que faites-vous à Paris avec vos enfants? Nous allons souvent dans le bois de Vincennes, il nous arrive d’aller voir les chevaux à la Cartoucherie. On y va souvent entre garçons, on prend le bus et le métro, on emporte le vélo d’Achille, le pique-nique. On va souvent au Jardin des plantes, au cinéma, on aime le bateau-mouche, la grande roue située dans le parc des Tuileries, le manège de Saint-Paul dans le Marais, on se fait des expos à la Cité des Sciences de la Villette ou encore au Louvre. Dernièrement, on est allé aux ateliers pour enfants du Louvre qui portaient sur Toutankhamon. Tous les ans, ont lieu les journées portes ouvertes chez les pompiers de Paris, Achille a pu monter le long de l’échelle, a pris part à une opération de sauvetage, il a adoré. Ah et puis, on ne rate pas le salon de l’agriculture en février !

Et le dimanche, y a-t-il une sortie de prédilection? On va sur les quais de la Seine qui sont fermés aux voitures, on se ballade, c’est chouette.

Je constate que vous organisez beaucoup de sorties hors de votre quartier, hors de votre arrondissement, vous déplacez-vous à vélo? Non jamais, pour moi, le vélo à Paris c’est trop dangereux. On se déplace en bus et en métro.

Qu’est-ce qui manque à Paris? un zoo et puis, un endroit suffisamment spacieux pour que les enfants puissent faire du vélo, dans les parcs parisiens bondés, c’est trop dangereux.

Vous êtes originaire des Baux de Provence, en quoi votre enfance est-elle différente de celle d’Achille et Martin? Les enfants ont un rythme très soutenu ici, alors que c’est bien plus cool en province. Enfant, je me souviens, je courais dans les champs. Pour les activités en plein air, la province c’est bien mieux mais à Paris, il est indéniable qu’on a un grand choix d’activités culturelles. J’ajouterai qu’à Paris, quand il pleut, on n’est pas désespéré,  on peut toujours se replier sur une exposition, une séance cinéma, ce n’est pas toujours le cas à la campagne. »

Histoires de goûts: une famille sénégalaise

8 Juil

Paris est un kaléidoscope où toutes les communautés du monde cohabitent : hommes et femmes venus d’Afrique ou d’Asie pour trouver des conditions de vie meilleures, étudiants étrangers désireux de découvrir une autre culture et de « s’encanailler », expatriés en poste dans la capitale, amoureux et amoureuses ayant suivi leur moitié etc.

Quand on est loin de son pays d’origine, rien de tel qu’un bon petit plat du pays pour se rappeler le goût et l’odeur des racines.

Kady et le goût du Sénégal

Je suis allée à la rencontre de Kady, qui vient du Sénégal et qui habite aujourd’hui dans le 20ème arrondissement de Paris. Je lui ai posé des questions sur sa vie familiale dans la capitale et je lui ai également demandé de révéler les secrets de sa recette sénégalaise préférée. C’est avec beaucoup de gentillesse et d’enthousiasme qu’elle a bien voulu évoquer certains aspects de son quotidien puis elle a donné sa recette du yassa au poulet, un plat originaire de la Casamance.

Une fois rentrée à la maison, je me suis mise aux fourneaux, le résultat se trouve à la fin de ce post !

République du Sénégal

Afrique de l’ouest

Capitale: Dakar
Population : 12 millions d’habitants
Diversité linguistique : diola, malinké, pular, soninké, wolof etc.
Culture : littérature (Léopold Sédar Senghor, Birago Diop ou Aminata Sow Fall), musique (Youssou N’Dour, Ismaël Lo), arts (Osman Sow).
Cuisine : thiep bou dien, maffe, caldou, soupe kandia etc. Autant de mets occupant une place essentielle dans la culture et la vie quotidienne sénégalaises, mis à l’honneur dans « Un grain de vie et d’espérance » de l’écrivain Aminata Sow Fall et dans le livre de Youssou N’Dour, « La cuisine de ma mère ».

Native de la ville de Thies, à 70 kilomètres de Dakar, et d’origine diola, Kady est la maman de trois garçons (Abba, 21ans, Mohammed, 11 ans et Ismaïl, 7 ans qui sont nés en France). Elle parle le wolof et le diola. Elle vit aujourd’hui dans le 20ème arrt de Paris, dans le quartier des Amandiers, après avoir vécu dans le quartier de la Chapelle dans le 18ème puis, dans le 15ème arrt.

« Depuis quand habitez-vous à Paris? Au mois d’aout, cela fera 22 ans que j’ai quitté le Sénégal pour rejoindre mon mari à paris.

Vous souvenez-vous de vos premières impressions? Beaucoup de tristesse, j’ai eu du mal à vivre dans un studio. J’ai vraiment eu du mal à le supporter. Et, je me souviens que je manquais de chuter quand j’empruntais les escalators (rires). Mes nièces m’avaient mise en garde pourtant, elles m’avaient fait peur avec çà !

Quelle enfance avez-vous eu? Je vivais en milieu urbain, j’ai le souvenir de routes propres et larges, je passais mon temps à courir.

En quoi l’enfance de vos enfants est-elle différente de la vôtre? J’ai eu une enfance très heureuse, il y avait beaucoup de fous rires. J’avais un cadre familial équilibré, un bon père mais mes enfants n’ont pas cette chance malheureusement … Élever un enfant à Paris est difficile. Au Sénégal, l’enfant vit dehors, il n’y a pas de problèmes, il y a toujours une personne qui veille sur lui. A Paris, ce n’est pas le cas, on ne peut pas laisser ses enfants jouer en toute liberté dans la rue, il faut toujours avoir un œil sur ses enfants.

Quelle mère êtes-vous? J’essaye d’être un parent moderne, je ne suis pas dans la tradition. J’essaye de faire comme les autres, comme les Européens. En Afrique, on dit : Si tu vas dans un autre pays et que dans ce pays, tout le monde marche sur ses deux pieds, fais de même, ne marche pas sur un pied sinon, on va te remarquer!

Comment transmettez-vous la culture de vos origines sénégalaises à vos fils nés en France? Tout passe par la cuisine, la cuisine c’est les racines et puis, j’aime leur raconter des contes et des fables que l’on me racontait le soir quand j’étais enfant. Il y a par exemple, le conte « Leuk » qui signifie lièvre en wolof.

Leur parlez-vous en wolof ou en diola? Seulement quand je les gronde et là, ils comprennent tout de suite !

Quelles activités faites-vous avec vos enfants? On aime aller au square de la rue Duris où mes garçons retrouvent leurs amis et ont leurs marques. On fait du shopping, on va au théâtre et ils m’accompagnent à mon cours de danse de ballet africain. Je vis avec mes fils, ils sont toujours près de moi. On se sépare uniquement quand ils vont à l’école et moi au travail.

Je crois savoir que vous êtes très investie dans la vie de votre quartier où tout le monde vous connaît. Oui, j’aime discuter avec les gens et essayer de résoudre les problèmes du quartier, notamment avec l’équipe du centre social des habitants des Amandiers, la 20ème Chaise, qui propose de nombreuses activités dont l’aide aux devoirs, une université populaire et citoyenne, des ateliers parents-enfants, des sorties culturelles etc. Cette année, je fais partie d’un projet de théâtre participatif interprété par les parents des Amandiers.

Où retrouvez-vous le Sénégal à Paris? Dans le quartier de Château-Rouge où j’achète les produits de chez moi, je vais aussi dans celui de Stalingrad. J’y achète les feuilles de bissap, le gombo, les diahatous qui sont des aubergines du Sénégal et du Mali, le poisson fumé et le yet qui est un escargot coupé en petits morceaux, on s’en sert pour préparer le thiep qui est du riz au poisson.
Je vais parfois au restaurant Porokhane qui se trouve dans le 11ème arrondissement  de la capitale, rue Moret.

Dernière question avant de passer à votre recette, quelle est votre chanson sénégalaise préférée? La chanson « Tajabone » d’Ismaël Lo. »

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Le Yassa au poulet de Kady

Préparation : 30 min.

Cuisson: 50 min.

Les ingrédients :

Pour 4/5 personnes
– 1 poulet fermier
– 6 oignons
– 4 citrons
– 6 gousses d’ail
– 3 cubes de bouillon Maggi (« jumbo »)
– sel, poivre, moutarde, feuilles de laurier, huile d’arachide
– olives vertes dénoyautées

Couper le poulet en morceaux puis le faire mariner idéalement 12 heures dans le mélange huile+ ail écrasé+ 1 cube Maggi émietté+le jus de 2 citrons
Puis, faire griller le poulet au four en position grill jusqu’à ce qu’il soit doré (environ 30 mn).
Dans un plat, mélanger les oignons coupés en lamelles + ail + 2 cubes Maggi + sel+ poivre+ le jus de 2 citrons+ 1 cuillère à soupe de moutarde+ poivron en petits morceaux+ 5 feuilles de laurier.
Une fois le poulet doré, déposer le poulet dans une cocotte puis y ajouter le mélange à base d’oignons + 1 verre d’eau
Faire cuire environ 20 min. à feu moyen. A la fin, ajouter les olives.

Bon appétit !