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Archive | août, 2012

Quand trois mamans parisiennes donnent naissance à un projet

25 Août

Ça y est, c’est la rentrée !

Pour fêter dignement cet évènement, je suis allée à la rencontre de mamans parisiennes ayant décidé, un beau jour, de mener une nouvelle vie ! Bérénice, Nadine et Luisa ont monté leur affaire comme on dit après s’être toutes trois posé la même question : « comment concilier, dans la joie et la bonne humeur, vie familiale et vie professionnelle ? »

Voici les réponses apportées par ces femmes pleines d’énergie pour qui l’arrivée des enfants semble avoir agi tel un détonateur : Bérénice qui tient le salon de thé culturel propice aux rêves vagabonds le Miamophile, Nadine créatrice de la marque de prêt-à-porter aux vêtements intemporels classieux Davaï et Luisa, fondatrice du Petit café du mon de entier, premier café multiculturel pour petits et grands.

A elles trois, elles illustrent à merveille deux proverbes qui m’ont été soufflés fort à propos par deux amies qui se reconnaîtront : « Si tu veux créer une entreprise, commence par fonder une famille » et « Si la vie t’offre un citron, fais de la limonade » !

Ces parcours sauront, qui sait, inspirer des personnes désireuses de lancer leur projet …

Bonne lecture !

 


BÉRÉNICE, maman de Galathée (8 ans) et créatrice du MIAMOPHILE


« Bérénice, dans quelles circonstances est né le Miamophile? J’ai travaillé durant 20 ans comme journaliste chez RFI et j’ai souhaité opéré une reconversion. En 2009, j’ai pris une année sabbatique, je me suis posée, j’ai passé un bilan de compétence dont il est ressorti une chose : mon intérêt pour la nourriture et l’humanitaire. L’idée de créer un salon de thé a alors germé. J’ai passé un CAP de cuisine et suivi des formations dans les domaines du thé et de la pâtisserie. Après des recherches périlleuses, j’ai trouvé ce lieu à proximité de chez moi dans le quartier du plateau de Belleville que j’aime. Ce quartier est certes devenu bobo mais il y a toujours une grande mixité que j’aime et qui me tient à cœur car j’ai longtemps vécu en Algérie. Et puis, dans ce quartier, j’ai mes habitudes de vie de famille (école de ma fille, les commerces que je connais bien).

Qu’est-ce que le Miamophile? Le salon de thé a ouvert en février 2012. Je voulais ouvrir un lieu ancré dans le quartier que les gens puissent s’approprier, un lieu dans lequel je pourrais mettre à profit les rencontres faites lors de mes années chez RFI: tout ce que j’expose est produit par des personnes côtoyées lors de mes voyages en Afrique (confitures du Congo-Brazzaville, artisanat du Burkina-Faso et du Sénégal notamment). Dans un proche avenir, je prévois de mettre en place des ateliers de pâtisserie et des ateliers de contes pour enfants, des contes d’Afrique et du Maghreb.

Comment allier vie familiale et vie professionnelle quand on est parent et  créateur d’une toute nouvelle entreprise ? Grâce à mon Amoureux qui m’aide quand il faut dégager du temps et grâce à ma mère qui est une super maman et qui prend le relais auprès de ma fille quand cela est nécessaire. Et puis, entre parents d’élèves, nous nous aidons. On en revient à l’idée de « vie de quartier » et d’entraide, c’est ce que j’apprécie ici. Vous savez, un jour, j’ai confié ma boutique aux clients du salon de thé pour aller chercher ma fille. J’ai tout laissé en plan, la caisse, les produits exposés et ça s’est bien passé!

Quand j’étais journaliste, je menais une vie trépidante, les journées étaient longues, je n’avais pas de week-ends ou de jours fériés, j’étais tout le temps partie en voyages. Un jour ma fille m’a dit : « Maman, quand je me lève, tu te couches et quand je me couche, tu n’es pas là », ça fait réfléchir.

Avez-vous l’impression de courir après le temps? Oui et non. Je me lève tôt alors le matin, grâce à internet et via les textos, je passe mes commandes et je prends mes rendez-vous. Au salon, il y a des coups d’accélération quand il y a du monde et quand le rythme ralentit, je prends le temps de discuter, c’est ce qui me nourrit. Vous voyez l’escargot sur la porte d’entrée du salon, c’est un message qui signale qu’au Miamophile, on prend le temps, je ne suis pas dans une démarche mercantile et consumériste, ce qui ne va pas faire plaisir à mon banquier et à mon comptable qui attendent que l’argent rentre … Quand je veux fermer pour partir au vert, je ferme mais cela signifie zéro entrée d’argent, ce n’est plus ma vie de salariée qui me permettait de me faire une expo ou d’aller prendre un verre spontanément.

Y a-t-il un lieu ou une activité particulièrement propice à la détente et qui vous permet de suspendre le temps? Je n’ai pas de rituel particulier, je n’ai pas le temps de faire du sport. Mais une fois qu’on a baissé le rideau, mon Amoureux et moi nous affalons sur le canapé et il me masse les pieds. Et puis, j’aime lire et retrouver mes amis mais alors, je ne cuisine plus!

Selon vous, quel lieu parisien résiste au temps? J’aime les passages tels que ceux de Choiseul ou du Grand cerf qui ont gardé un côté suranné typiquement parisien. Beaucoup ont été refaits, c’est dommage.

Quelle chanson est selon vous intemporelle ? Une chanson de la Mano Negra, c’est plein d’énergie, ils font partie des premiers groupes à avoir mélangé tous types d’influences. Et puis, j’adore les chansons de Dalida et d’Édith Piaf évidemment qui est une figure du quartier.

Merci Bérénice. »

Bérénice que je ne connaissais pas avant cette rencontre m’a donné rendez-vous dans son salon de thé à 8 heures du matin, nous nous sommes quittés à 15 heures… Autant vous dire qu’on se sent bien chez elle, alors un conseil, prenez le temps de faire un détour vers Belleville et arrêtez-vous au Miamophile  6, rue Mélingue 75019 Paris Métro Pyrénées – tél : 01 42 01 59 85 – c’est ouvert du lundi au samedi de 8H30 à 18H00.

 

 

 


NADINE, maman d’Edgar (7 ans) et créatrice de la marque de prêt-à-porter DAVAÏ

J’ai rencontré Nadine au Miamophile où elle expose actuellement ses créations.


«  Nadine, comment est né Davaï? J’ai travaillé durant 15 ans dans le domaine des bijoux pour une boutique au sein de laquelle j’ai tout appris et pour laquelle j’ai voyagé à travers le monde. Mais à la naissance de mon fils Edgar, j’ai pensé à une reconversion, je ne pouvais plus me déplacer comme je le faisais à l’époque et à l’aide du Fongécif, j’ai suivi une formation de styliste-modéliste. Ensuite, j’ai lancé mon projet! Au départ, je souhaitais monter des ateliers de couture pour les femmes en réinsertion au Maroc et en Turquie, j’avais pensé à des ateliers proposant à ces femmes des cours d’alphabétisation et des services tels que des crèches. Je me vois encore en train de visiter des coopératives de femmes au Maroc avec Edgar âgé de deux ans mais le projet n’a pas abouti alors j’ai monté mon entreprise à Paris. J’ai commencé par créer des vêtements pour femmes enceintes car j’éprouve une véritable fascination pour les femmes enceintes et j’avais noté que nombre d’entre elles vivaient mal leur grossesse, ne se supportaient pas, ne savaient pas comment s’habiller, portaient les chemises de leur homme. Moi, au contraire, lors de ma grossesse, j’étais épanouie, je me sentais belle et aimée. Alors, j’ai eu l’idée de les aider à vivre leur grossesse de manière tout aussi épanouie que moi! Puis, mon projet a évolué, je crée aujourd’hui des vêtements intemporels que l’on peut porter à toutes les périodes de la vie d’une femme avant, pendant et après la grossesse. La première collection Davaï date de février 2010, aujourd’hui, je vends mes créations à des boutiques situées à Paris, Lyon, Berlin, Vienne, dans le New-Jersey etc. Je crée deux collections par an.


Faut-il être particulièrement organisée quand on est mère entrepreneuse? Je dois dire que je ne suis pas très organisée mais je me fixe des objectifs, l’objectif principal étant de remplir le frigo et de payer le loyer à la fin du mois ! Mon travail est très varié, je n’ai pas de journée type. Je dessine mes modèles que je construis avec une modéliste, je présente mes modèles dans les boutiques, travaille avec trois ateliers qui fabriquent mes modèles, j’achète les fournitures, je vais dans divers salons, j’organise des ventes privées etc.   Je travaille en journée quand Edgar est à l’école, parfois le soir mais dès que mon fils est là, j’arrête tout. J’ai un bon réseau d’amis, on s’entraide, on s’occupe des enfants des uns et des autres. Edgar passe souvent la nuit chez ses copains et vice versa.

Est-on parfois tenté de redevenir salarié? Oui, je rêve parfois d’être salariée avec un salaire fixe qui tombe à la fin du mois ! Ces pensées me passent par la tête quand je « budgétise ». Mais ce n’est que passager, j’aime ce que je fais, j’adore l’idée de gagner ma vie à partir de mes créations puis de réinvestir dans une autre collection, j’aime cette idée de vase communiquant.

Comment débutent vos journées de travail? J’accompagne Edgar à l’école puis, je prends le temps de prendre un café avec mes copines. Après, je me mets au travail.

Avez-vous l’impression de courir après le temps? Oui mais je cours après le temps car je suis désorganisée !

Y a-t-il un lieu ou une activité qui vous permet de vous échapper un peu? Ce sont les copains et les copines, ils occupent une place très importante dans ma vie et me permettent de souffler.

Quel est pour vous le monument ou le quartier parisien que vous qualifieriez d’intemporel? Le quartier de Belleville qui représente beaucoup pour moi : un village, des amitiés fortes, un quartier qui est resté populaire et qui est d’une mixité incroyable.

Quelle est la chanson qui selon vous est intemporelle? Sans hésiter, La vie en rose d’Édith Piaf.

Merci Nadine. »

Allez découvrir les créations de Nadine sur le site internet Davaï et rendez-vous au Miamophile qui expose ses créations actuellement.

 


LUISA, maman de deux petite filles âgées de 5 et 8 ans et créatrice du PETIT CAFÉ DU MONDE ENTIER

 width=« Luisa, comment est né le si joli Petit café du monde entier? Un jour, j’ai eu un déclic. Je me suis dit que le temps passé au boulot, loin de mes filles, devait vraiment en valoir la peine, j’ai donc décidé de changer de vie ! L’idée de créer un lieu comme le petit café a germé lorsque j’étais enceinte de ma première fille. Pendant mon congé maternité, je hantais les parcs, seule. Les échanges avec les autres étaient restreints. Je devais entendre trois mots dans la journée et j’attendais avec impatience le retour de mon mari le soir pour pouvoir parler enfin. A la naissance de ma deuxième fille, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule mère à me morfondre ainsi. Où va-t-on quand on est enceinte ou mère avec deux enfants? Je me suis dit que je devais monter mon projet de café. J’ai constaté qu’on était très entouré durant la grossesse émaillée de toutes sortes de rendez-vous médicaux notamment mais après, que reste-t-il à part la PMI? Après la naissance de l’enfant, il n’existe pas de lieux où les parents et enfants peuvent se retrouver et créer du lien, il existe des dizaines de forums de discussions mais pas de lieux physiques pour les familles. Je me suis dit qu’il y avait un truc à faire !

La solitude évoquée est-elle propre à Paris selon vous? Je pense que c’est caractéristique des grandes villes comme Paris. A Paris, il y a plein de gens qui viennent d’ailleurs (de province ou de l’étranger) et qui se retrouvent seuls, sans famille, sans amis, sans réseau. Moi qui suis mexicaine, j’ai pu observer qu’il était difficile de s’intégrer ici car les codes sont différents. En France par exemple, on ne parle pas de sa grossesse avant les trois premiers mois, ce n’est pas le cas chez moi où on organise des baby-showers, on offre des cadeaux au bébé bien avant son arrivée.

Comment parvenez-vous à concilier vie familiale et vie professionnelle? Tout d’abord, j’ai à mes côtés, un époux à l’épreuve de tout qui prend en charge la maisonnée. Une baby-sitter va chercher les filles à la sortie de l’école, ensuite, elles viennent parfois au café. Le café étant fermé le lundi, je vais chercher mes enfants à la sortie de la classe ce jour-là. Je ne suis pas à la maison le samedi et je travaille le soir parfois à la maison. Mais nous dînons tous les soirs ensemble et je suis présente pour le petit rituel du coucher. Mon objectif à terme est de réduire mon activité et de rentrer plus tôt chez moi le soir.

Vous arrive-t-il de regretter l’époque où vous étiez salariée? Cela m’arrive parfois, car cela ne fut pas aisé de quitter mon travail en CDI que je connaissais sur le bout des doigts et qui représentait une certaine sécurité. En plus, pour moi qui ai fait de longues études, ce fut difficile de me figurer en train de servir du thé et du café. Et puis, mon activité peut être stressante. Si ce n’est pas moi qui bouge, rien ne bouge. Chaque jour, il faut trouver l’essence qui me fait avancer, je ne peux pas me laisser porter mais mon projet n’en demeure pas moins super exaltant !

Votre café est un observatoire idéal pour scruter les parents, les trouvez-vous stressés les parents parisiens? Oui, tout est compliqué à Paris. Il faut courir après le temps, les appartements sont trop petits, on ne trouve pas de place en crèche, il faut prendre les transports en commun qui ne sont pas bien rigolos, il faut se frayer un chemin avec la poussette, veiller aux voisins qui peuvent râler à cause du bruit etc. Pour moi, Paris n’est pas la ville la plus kids friendly de la terre. D’ailleurs, nombre des habitués du Petit café sont allés s’installer en banlieue ou en province pour y trouver des conditions de vie meilleure.

Y a-t-il un lieu ou une activité qui vous permet d’échapper au tumulte quotidien? Mon pays le Mexique. Et puis, les dimanches matins au lit avec mon mari et mes filles.

Quel monument ou lieu parisien est selon vous intemporel? Le square Léopold-Achille situé dans le Marais, qui est bordé par la rue du Parc royal. C’est un joli square entouré de beaux immeubles.

De même, quelle chanson est intemporelle? Une berceuse mexicaine que je chante à mes filles qui s’intitule El vals del rey (la valse du roi).

Pour finir, avez-vous un message à transmettre aux personnes désireuses de créer leur projet? Fais ce qu’il te plaît vraiment sinon ça n’en vaut pas la peine !

Merci Luisa d’avoir bien voulu m’accorder de votre temps alors que vous rentriez tout juste de vacances et que vous aviez tout plein de choses à mettre en place. »

Rendez-vous au Petit café du monde entier 95, rue du Chemin vert 75011 Paris –  tel : 01 79 25 06 44 – c’est ouvert du mardi au samedi de 10H à n18H30. Sur le site, vous trouverez tout un panel d’activités pour les parents et les enfants.


En surfant sur internet, j’ai découvert un clip très drôle sur les joies de la parentalité qui s’intitule « the parent rap » , je ne résiste pas au plaisir de partager ma découverte. Yo !Image de prévisualisation YouTube