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Archive | septembre, 2012

J’ai deux papas, j’ai deux mamans

20 Sep

Selon les chiffres de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), la France compterait 300 000 enfants vivant dans un foyer dans lequel un au moins des parents est homosexuel. Paradoxalement, cette parentalité bel et bien réelle a longtemps été niée par les pouvoirs publics et les familles homoparentales ne bénéficient pas encore d’une reconnaissance légale : un des parents (le parent dit social) n’est pas reconnu par la loi et les enfants élevés au sein de ces familles ne bénéficient pas de la même protection juridique que les enfants nés dans les familles répondant aux schémas dits classiques.

Crédits photo:Elvert Barnes/Flick’r

J’ai contacté l’APGL grâce à laquelle j’ai pu rencontrer deux familles parisiennes qui ont bien voulu me raconter leur histoire dont il ressort le même leitmotiv : la nécessité de légiférer pour donner à leur projet familial un cadre légal dans l’intérêt des adultes et surtout pour l’équilibre des enfants.

La semaine dernière,la garde des sceaux, Christiane Taubira, annonçait la présentation, fin octobre, en Conseil des ministres, d’un projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe.
C’est dans ce contexte que j’ai rendu visite à Vincent et Antoine*, heureux parents de jumeaux nés d’une mère porteuse, qui racontent leur parcours du combattant pour devenir parents. Il est ici rappelé que la gestation pour autrui, pratique controversée, est légale dans certains pays mais interdite en France. La veille, j’avais déjeuné avec Marie, qui se bat aujourd’hui pour faire reconnaître ses droits après que son ex-compagne, mère biologique de leurs deux filles, eut décidé de couper les ponts avec la mère sociale. Marie* nous fait part de son désarroi : elle aime ses enfants comme n’importe quelle autre mère mais elle ne peut faire valoir ses droits de mère car aux yeux de la loi, elle n’existe pas.

Deux papas et deux couffins

Crédits photo:Guillaume Paumier/Flick’r

Vincent et Antoine, qui m’ont reçu dans leur appartement parisien, forment un couple depuis 9 ans et se sont lancés dans le projet de fonder une famille en 2009. Après avoir envisagé d’accueillir un enfant dans la cadre d’un projet de coparentalité, ils se sont adressés à une mère porteuse vietnamienne qui a mis au monde non pas un mais deux bébés, l’été 2011 à Hanoï. Vincent est le père biologique des jumeaux, Antoine, le père social, n’a aucun droit. Les deux papas expliquent vouloir témoigner  de leur « acte d’amour »car « ils ont la chance d’avoir réussi » dans leur démarche d’homoparentalité et souhaiteraient dire à celles et ceux qui n’osent se lancer : « Il peut y avoir des obstacles mais allez-y, c’est possible ».

J’ai passé un long moment dans cette famille, les enfants adorables vaquant à leurs occupations pendant que les papas, avides de faire part de leur « parcours du combattant », me faisaient voyager entre Paris et Hanoï.
« Quel a été votre parcours avant l’arrivée de vos garçons? Nous rêvions de fonder une famille depuis plusieurs années. Nous avons d’abord pensé à la coparentalité et avons rencontré plusieurs couples de femmes mais finalement, nous nous sommes dit que tout serait plus difficile à quatre, avec deux femmes quasi-inconnues de surcroît. Quel casse-tête de choisir à quatre un prénom, un mode de garde, l’organisation de la garde alternée, l’école! Et puis, nous ne souhaitions pas partager, nous ne voulions pas tomber d’emblée dans le schéma d’un couple divorcé. Alors, nous avons expérimenté une autre voie : Antoine est d’origine vietnamienne et sa maman qui connaissait notre projet nous a donné l’idée de la mère porteuse. Au Vietnam, il est courant de recourir à la gestation pour autrui au sein d’une famille quand une sœur ou une cousine ne peuvent enfanter. Nous sommes donc allés au Vietnam et avons fait appel à une cousine de la mère d’Antoine qui a bien voulu nous faire le cadeau de porter un enfant pour nous. Nous avons décidé que Vincent serait le père biologique dans le cadre d’une gestation pour autrui. En 2010, nous sommes partis pour Hanoï afin d’entamer les démarches auprès de l’hôpital, quelques mois après notre retour à Paris, nous avons appris que la mère porteuse portait deux bébés mais que seul un cœur battait, cela nous a bouleversé. Et puis, finalement, il s’est avéré que les deux cœurs battaient, quelle joie!
Nous voulions participer à la grossesse mais il était difficile de communiquer avec la mère porteuse, les rapports se sont avérés très complexes avec elle. Nous sommes tous deux allés la voir au cours de la grossesse pour remettre à plat les termes de notre accord. On tient à préciser que la mère a arrêté de travailler durant la grossesse, qu’elle a fixé les conditions financières et que nous avons pris en charge tous les frais médicaux et les frais de déplacement. Nous voulons aussi dire que nous voulons que les enfants sachent d’où ils viennent.
Parlez-moi de l’arrivée des bébés. Vincent et sa mère se sont envolés pour le Vietnam quand l’hôpital nous a informés de l’imminence de la naissance non sans avoir procédé à la pré-reconnaissance des bébés à Paris. Le jour de l’accouchement, Vincent tenait la main de la mère porteuse. Les enfants sont nés en pleine forme. C’était magique, il a pleuré car il est très sensible, il a pris les premières photos, sa mère attendait dans le couloir. Il restait à l’hôpital toute la journée, mais le soir, il ne voulait pas partir. Quelques jours après, Antoine et le père de Vincent se sont envolés pour le Vietnam, les bébés étaient déjà sortis de la maternité. Vincent aurait voulu qu’Antoine soit là le jour de la naissance des garçons mais ça n’était pas possible, il devait passer sa soutenance à Paris.
Comment s’est passé cette sortie? Ce fut une terrible épreuve que Vincent a du mal à surmonter. La mère porteuse est partie de son côté accompagnée par son frère et Vincent et sa mère, du leur avec les bébés. Nous pensions que la séparation devait se faire très vite car nous ne voulions pas qu’un attachement se crée, ça aurait été déchirant pour tout le monde. On avait cependant dit à la mère qu’elle pouvait passer voir les bébés autant qu’elle le souhaitait à l’appartement que nous avions loué à Hanoï pour un mois. Cette sortie de l’hôpital fut à la fois un moment de bonheur et d’immense tristesse.
Comment s’est passé le reste du séjour au Vietnam? Il a fallu remplir toutes les démarches administratives afin de pouvoir ramener les enfants en France. Jusqu’à la fin, nous avons craint de ne pouvoir quitter le Vietnam avec les enfants mais nous étions sûrs d’une chose : nous ne pouvions partir sans eux ! Nous avions envisagé la possibilité de passer par la Thaïlande! Heureusement, nous sommes parvenus à regagner la France avec nos enfants.
Vous recommenceriez? Oui, c’était un parcours du combattant mais nous sommes un peu croyants, et on s’est accroché. Et quand on y pense, en un an de procédures, nous nous sommes retrouvés pères.
Comment allez-vous expliquer aux enfants leur filiation? Avant même l’arrivée des bébés, Vincent a débuté la rédaction d’un livre, « la vraie histoire » des enfants. Nous avons l’intention de leur expliquer les choses au fur et à mesure de ce qu’ils seront en mesure de comprendre. Vous savez, nous avons lu les témoignages d’enfants nés dans des familles homoparentales, notamment celui d’un garçon de dix ans qui bien que tout petit était en mesure d’expliquer d’où il venait, il avait tout compris. Pour ce qui concerne la mère qui les a portés, les enfants pourront la rencontrer s’ils le désirent quand ils seront plus grands.
Que pensez-vous du projet Taubira? Nous pensons qu’il faut se réjouir de chaque avancée favorisant la reconnaissance des droits des couples homosexuels et de leurs enfants. A ce jour, Antoine n’a aucune existence juridique, il n’est rien et cette situation est très pénible.
Quel est le regard de vos proches sur votre famille? Au début, le frère d’Antoine qui est aussi homosexuel nous a découragés. Pour lui, un enfant est le fruit d’un couple hétérosexuel … Aujourd’hui cependant il adore ses neveux. Dans l’ensemble, nous bénéficions d’un regard bienveillant. Avant la naissance des petits, Vincent envoyait des bulletins d’information à nos proches pour les informer du bon déroulement des opérations.
Et que direz-vous à l’école quand les enfants seront en âge d’y aller? On assume à 100% notre parentalité, on dira la vérité, nous ne voulons pas monter de cabanes ! Nous allons à la piscine avec les bébés, dans le cadre des séances bébés nageurs, et on a d’emblée informé les animatrices de notre configuration familiale.
Quelles activités faites-vous en famille? Nous aimons nous balader, on met les enfants dans la poussette et on file. On va au restaurant avec eux, tous les samedis, nous brunchons dans le Marais. On emmène les enfants partout. En mai, nous sommes allés en Tunisie et nous partons bientôt à l’Ile Maurice tous ensemble. On a tellement galéré pour les avoir alors on veut les avoir près de nous en toutes circonstances. Même s’il est parfois difficile au quotidien d’élever deux enfants, on s’est promis de ne jamais se plaindre !!! »
Merci à vous quatre !

Une maman face à la justice

J’ai rencontré Marie autour d’un déjeuner et son histoire m’a bouleversée. Elle explique avoir rencontré son ex-compagne en 1997, elles se sont aimées, se sont pacsées en 2004 puis elles ont décidé de fonder une famille. Les deux femmes ont opté pour la procréation médicale assistée en Belgique, décidant que l’ex-conjointe de Marie porterait leurs deux filles qui ont aujourd’hui 7 ans et 3 ans. Mais, un beau jour, la maman biologique a décidé de mettre fin à leur relation emmenant les enfants et privant Marie du droit de voir leurs filles.Des séparations, des couples qui se déchirent concernant la garde des enfants sont des évènements très banals sauf que dans le cadre d’une famille homoparentale, le parent social n’a aucune existence juridique et ne peut donc faire valoir ses droits.

Crédits photo: Guillaume Paumier/Flick’r

« Dans quelles circonstances vos filles sont-elles nées? Nous avons tout d’abord envisagé la coparentalité. Nous avons cherché des couples d’hommes par le biais de l’APGL, nous avons commencé des amitiés mais nous n’avons pas rencontré de pères qui nous correspondaient. Finalement, nous nous sommes dit qu’il serait plus simple de fonder une famille à deux. On avait entendu parler de la procréation médicale assistée en Belgique, nous nous sommes informées sur internet puis, on a pris rendez-vous avec le centre (AZvub). Nous avons rencontré plusieurs médecins et psychologues avant de recevoir un accord pour acheter des paillettes d’un donneur anonyme. La grossesse s’est très bien passée, j’étais présente lors des inséminations, j’ai assisté aux échographies et évidemment, je me trouvais auprès de mon ex-compagne lors de l’accouchement en 2005.
Et concernant votre statut, aviez-vous des inquiétudes? Nous avons pensé à rédiger une charte mais finalement nous n’avons rien fait. Nous avons juste établi un testament prévoyant que j’adopterais les filles en cas de décès de la mère biologique. Par ailleurs, ses parents et son frère ont signé un document acceptant les termes du testament.
Comment se déroule votre quotidien? Les parents de mon ex-compagne ne m’acceptaient pas en tant que mère, ils voulaient être plus présents encore parce qu’il n’y avait pas de père, c’était très difficile. Je pense qu’ils  ont toujours eu du mal à accepter l’homosexualité de leur fille et après la naissance des enfants, le malaise s’est intensifié.
Notre couple s’est perdu avec l’arrivée des filles, comme dans un couple hétérosexuel. Je travaillais beaucoup, mon ex-conjointe m’a reproché mon manque d’investissement alors que je remplissais mon rôle de mère. Dès 2006, notre relation s’est dégradée mais elle a insisté pour faire un second enfant alors que j’étais contre, je voulais qu’on commence par se retrouver. Finalement, au terme d’une seconde insémination, notre seconde fille est née en 2009. Quand elle a eu un an et demi, mon ex-compagne m’a annoncé qu’elle souhaitait qu’on se sépare. Un soir, après le travail, je suis rentrée et elle était partie avec les enfants chez ses parents.
Quelle fut votre réaction? J’ai proposé une garde alternée qui a assez bien fonctionné au début puis tout a dégénéré. Elle a invoqué toutes sortes de prétextes pour me retirer la garde des filles. J’ai fait appel à un avocat de l’APGL pour que je puisse bénéficier d’un droit de visite, il y a eu une médiation au cours de laquelle nous avons plus réglé nos comptes que la situation des enfants… Au fil des mois, nous ne sommes pas parvenues à trouver un terrain d’entente, loin de là. Elle a prétendu que j’exerçais des violences morales sur nos enfants car je m’épuisais à corriger la mauvaise image qu’elle et ses parents donnait de moi aux filles. Et puis, un beau jour, elle a décidé que je ne verrai plus les filles afin de les protéger de mon influence néfaste.
Quelle est la situation aujourd’hui? Je suis autorisée à voir les filles durant une heure, le dimanche, sur une aire de jeux, en sa présence … Les enfants sont déchirées du fait de cette situation. Leur mère a dit à l’école que je ne devais pas m’approcher des petites, mon nom n’apparaît plus sur les documents scolaires. A la maison, leurs chambres sont inoccupées. La grande demande à venir chez moi.
Quel est votre état d’esprit? Je suis aidée par un avocat de l’APGL qui se montre confiant. Je suis déterminée, je vais gagner. Mon cas illustre la nécessité de garantir aux enfants de couples homoparentaux un droit au maintien des liens avec le parent dit social qui les a aimés et élevés. »
Merci !
* Les prénoms ont été modifiés à la demande des personnes interviewées.

Dans Paris à vélo …

14 Sep

Ces dernières années, la Mairie de Paris s’est fait fort de faciliter les déplacements à bicyclette des Parisiens en aménageant des espaces dévolus à ce mode de transport (création de pistes cyclables, de rues à double-sens pour les vélos, instauration du « tourne à droite » aux feux rouges, aires de stationnement, ouverture d’une Maison du vélo, sans oublier la mise en place des Vélibs).

« A Paris, le vélo est un véritable art de vivre la ville différemment » a déclaré Bertrand Delanoë. Quel est l’avis des familles parisiennes circulant à vélo quotidiennement?

Joe Dassin entonnerait-il aujourd’hui le même refrain « Dans Paris, à vélo, on dépasse les autos… A vélo, dans Paris, on dépasse les taxis »

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Fabien, sa compagne Alexandra et sa sœur Laurence qui est la maman de Mathis (8 ans) et Eliott (4 ans)

« Depuis quand circulez-vous à vélo? Fabien : depuis 4 ans environ.

Depuis la mise en place du Vélib? Oui.

Les derniers aménagements initiés par la Mairie de Paris ont-ils permis de faire de la circulation à vélo une activité rassurante? Fabien : Ça s’améliore mais on peut toujours faire mieux.

Alexandra : Je pense qu’il faudrait créer plus de pistes cyclables, faire du vélo à Paris serait alors bien plus chouette.

Que pensez-vous des doubles sens cyclables? Pour les enfants, ce n’est pas top. Le petit vient de tomber et si une voiture était arrivée en face, ça aurait pu être grave.

Que pourrait faire la Mairie pour améliorer la circulation à vélo alors? Mettre une séparation, un petit parapet entre les deux.

Mathis circule comme un grand sur son vélo dans les rues de Paris, ça roule? Fabien : c’est mon neveu, il est anglais vivant à Dubaï et c’est la première fois qu’il roule à vélo dans Paris, tout va bien, nous sommes tous très prudents, on l’encadre bien pour éviter les accidents.

Comment qualifieriez-vous la circulation à vélo? C’est très agréable de rouler à vélo ici. »


Irène est la maman d’Armand (10 ans), Hortense (8 ans) et Mathilde (5 ans)

« Depuis quand circulez-vous à vélo? Depuis 15 ans.

A quelles occasions? Tous les jours, je prends mon vélo pour aller travailler. Le soir, quand mon mari et moi sortons, je suis à vélo. On peut dire que le vélo remplace les transports en commun. Bon, c’est un peu moins vrai quand il fait froid et qu’il neige …

Vous roulez à Vélib? Non, j’ai mon vélo électrique qui a été pour partie financé par la Mairie de Paris.

Quel est l’intérêt du vélo électrique? On pédale tout le temps mais on ne fournit pas le même effort que sur un vélo classique. Ça aide bien dans les montées ! Par exemple, la rue de Ménilmontant qui monte bien, je la grimpe sans effort.

Pourquoi le vélo? Quand je rentre tard le soir, le vélo est sécurisant car il m’amène jusqu’au pied de mon immeuble, ce qui n’est pas le cas du métro.

Vous circulez à vélo depuis 15 ans, quelles améliorations sont à relever?B. Delanoë a fait du bon boulot ! Au départ, on circulait sur les voies de bus, puis, les pistes cyclables ont été créées. Ensuite, les doubles feux voiture-vélo ont été mis en place, ça c’est important. Ensuite, les rues à double sens se sont développées mais je trouve le principe dangereux. La Mairie a pensé que voitures et vélos allaient cohabiter, s’habituer à ce système mais il faut rester vigilant car c’est la loi du plus fort. Et il est clair que les voitures ne font pas attention. Ce qui marche difficilement, ce sont les voies bus et vélos.

Crédits photos : J.L. Zimmermann/Flick’r

Que faudrait-il améliorer pour que circuler à vélo soit plus sûr et plus agréable? Il faudrait mettre en place partout des pistes cyclables destinées uniquement aux vélos. Tout citoyen devrait se mettre au vélo, tout citoyen devrait respecter les piétons, les cyclistes, les voitures, les bus. Concernant l’infrastructure, il y a encore du travail,mais j’ai bien conscience que c’est une infrastructure qui demande beaucoup de moyens car il faut réaménager les espaces. Alors, il faut insister sur la discipline, il faut développer les campagnes de sensibilisation. L’école de mes enfants sensibilise les écoliers à la circulation, notamment à vélo!

A Paris, quels sont les endroits où il fait bon circuler à vélo? Nulle part, car on n’est pas discipliné à Paris ! Dans un quartier comme Belleville par exemple, c’est l’enfer des cyclistes alors que les pistes cyclables sont bien délimitées mais les gens ne font pas attention. Dans un pays comme l’Allemagne, piétons, cyclistes, voitures se côtoient de manière harmonieuse, à Paris, la cohabitation n’est pas bonne !

Casque ou pas casque? Moi, je ne porte pas de casque mais je réfléchis à en acheter un. En revanche, les enfants eux en portent toujours un.

Parlez-moi du vélo avec les enfants. Je transporte les enfants sur un siège enfant, ils ne circulent pas seuls. Ils roulent sur leurs propres vélos uniquement quand on prend la voiture et qu’on embarque les vélos pour aller se balader dans le bois de Vincennes. Ce n’est pas sécurisant des enfants sur un vélo dans les rues de Paris.

Un Paris sans engins motorisés, c’est possible? Non, on ne peut pas faire comme s’il n’y avait que Paris et rayer la banlieue de la carte. Les transports en commun le soir ne sont pas assez accessibles et développés quand on vient de la banlieue. Il est difficile de trouver un taxi le samedi soir et c’est horriblement cher ! »


Aurore est la maman d’Iléane (6 ans) et Ondine (4 ans)

« Depuis quand circulez-vous à vélo? Depuis 2 ans.

A quelles occasions? Tous les jours pour aller travailler. Et puis, je suis amenée à me déplacer au cours de la journée pour mon travail. Je prends aussi le vélo le week-end pour faire des ballades, Ondine sur le siège enfant et Iléane sur le scooter du papa. Mon mari ne prend pas le vélo pour aller travailler car son bureau est trop éloigné du domicile.

Qu’est-ce qui vous a incité à faire du vélo? J’en avais marre du métro ! J’avais un long changement et peu de stations à parcourir. J’ai essayé le Vélib, ça m’a plu. J’ai apprécié le sentiment de liberté que procure ce mode de transport. Et puis, cela me permet de faire du sport. J’ai constaté que la circulation à vélo s’était beaucoup améliorée. Je précise que j’ai la chance d’habiter à 20 minutes de mon lieu de travail, je ne ferais pas du vélo si je demeurais à 1 heure du bureau!

Je vois que votre vélo n’est pas un Vélib. Au début, durant un mois ou deux, j’ai pris le Vélib mais c’est devenu très vite trop contraignant. Il faut se rendre à la station Vélib, ce qui est une perte de temps et on n’est pas certain de trouver un vélo. Sans compter que les vélos ne sont pas toujours en état de marche. Et puis, sur les Vélibs, on ne peut pas transporter les enfants. J’ai donc acheté un vélo. La raison pour laquelle j’ai commencé à circuler à vélo est que je ne voulais pas perdre de temps entre l’école où était scolarisée ma grande fille et la crèche de la petite. Aujourd’hui, je circule sans problèmes, je traverse Paris. Dimanche, je suis allée jusqu’à la Tour Eiffel avec Ondine, on a fait une sacrée trotte !

Que faudrait-il faire pour que la circulation à vélo soit plus sûre et plus agréable à Paris? J’aimerais que les voies de vélo ne soient pas considérées comme des voies de stationnement ! J’ai horreur des camionnettes qui stationnent sans clignotant, les conducteurs déchargeant leurs marchandises en se fichant des cyclistes! Dans certains quartiers, c’est courant et je ne vois pas de policiers verbaliser ces personnes. Il faut développer les vraies voies de vélo protégées, notamment sur les trottoirs car les piétons, on peut s’en accommoder! Certaines artères sont dépourvues de voies de vélo, comme les grandes avenues qui mènent à la Place de la République (l’Avenue de la République, l’Avenue Parmentier). Il faudrait aussi augmenter les endroits pour garer les vélos car on ne sait pas toujours comment faire. J’ai observé que les piétons détestent les cyclistes. Quand on utilise les sonnettes pour signaler notre présence, ils râlent. Les voitures nous détestent aussi… Vous savez, j’ai déjà vu des voitures de la mairie garées sur les voies de vélo, j’ai même déjà vu des policiers garer leurs voitures sur les voies de vélo avant d’intervenir!

Vous vous êtes déjà fait de grosses frayeurs? Des grosses non mais des petites chaque jour, oui! Ce que je trouve angoissant, ce sont les rues à double sens, vous savez les rues à sens unique sauf vélo. J’ai l’impression que les cyclistes servent de ralentisseurs aux voitures!!!

Où est-il agréable de circuler à vélo dans Paris? Le dimanche, sur les voies sur berges fermées à la circulation, là, je dis merci Monsieur Delanoë ! Il n’y a pas de voitures, c’est calme, c’est joli, les péniches sont belles. Dimanche, j’ai roulé de Bastille jusqu’à la Tour Eiffel sur les voies sur berges et c’était super. J’aime aussi rouler sur la Coulée verte et puis, le long du Canal Saint-Martin car la voie de vélo est certes étroite mais bien protégée par un parapet qui empêche les voitures de stationner.

Casque ou pas casque? Pas casque mais j’admets que c’est idiot … »

 


C’est la rentrée des classes!

2 Sep

En septembre, toutes les familles célèbrent avec plus ou moins d’enthousiasme un évènement récurrent : la fameuse rentrée des classes qui aura lieu le mardi 4 septembre cette année. J-2 donc et nos chères têtes blondes arboreront cartables, crayons, cahiers et habits neufs censés les booster pour aborder une année scolaire au terme de laquelle ils sortiront grandis.

Pour ma part, j’attendais la rentrée avec autant d’impatience que noël. Je garde en souvenir l’odeur des cahiers et des livres neufs et surtout l’immense joie de retrouver mes camarades de classe après un été qui, sur la fin, s’étirait en longueur.

Trois familles parisiennes ont bien voulu évoquer leur rentrée, abordant leurs souvenirs d’enfance et la rentrée de leurs enfants qui s’annonce décontractée. Septembre rimant également avec « rentrée littéraire », je leur ai demandé de citer leur livre de chevet familial.  Bonne lecture !

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Heidi est la maman de deux enfants faisant leur rentrée en moyenne section de maternelle pour le cadet et en CP pour l’aînée

« La rentrée évoque pour moi l’odeur du papier et des crayons neufs. J’ai le souvenir d’un sentiment d’excitation et d’anxiété tout à la fois, quelque chose de stimulant en tout cas. Pour ce qui concerne la rentrée de mes enfants, je ne suis pas de rite particulier, on en parle un peu mais j’évite d’en faire tout un plat, on essaye de faire en sorte que cette période soit quelque chose de naturel. Il faut dire que nous venons tout juste de rentrer de vacances alors nous ne sommes pas vraiment dans le bain!

Le livre « le tour du monde de Mouk à vélo et en gommettes » de Marc Boutavant est un livre que nous avons beaucoup lu. »

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Magalita et Alexis sont les parents de deux demoiselles faisant leur rentrée en moyenne section de maternelle et en CE2

Magalita : « Je suis angoissée par ma propre rentrée car je reprends mes études à la fac dès demain, je travaille et j’étudie. Pour notre grande qui entre en CE2 et qui parlait de l’école durant les vacances, on a acheté un cartable neuf et des fournitures, ça fait partie du rituel. »

Alexis: « Pour moi la rentrée était un moment d’appréhension et d’excitation. J’étais content d’aller à l’école afin de retrouver mes amis. Je trouvais l’été trop long.

« Les nouvelles histoires du soir: contes, fables et légendes » de Jérôme Brasseur est le livre que nous lisons chaque soir. On y trouve des contes de pays différents et avant le coucher, les filles choisissent celle que nous allons raconter. »

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Elsa est la maman de deux garçons qui feront leur rentrée en CE2 pour l’aîné et en CP pour le cadet

« Quand je pense à la rentrée des classes, je pense irrémédiablement à mon entrée au collège qui fut une grosse angoisse pour moi. En CM2, j’ai eu pour maîtresse une vieille dame qui avait divisé la classe en trois rangées d’élèves : celle des bons, celle des moyens et la dernière, la colonne des mauvais. Mes camarades et moi avions triché toute l’année pour avoir de bonnes notes et à mon arrivée en 6ème, je n’avais qu’une crainte : ne pas y arriver, être mauvaise élève. Finalement, tout s’est bien passé …sauf peut-être en orthographe.

Sinon, à la rentrée, j’étais contente de retrouver mes amis. Mes parents étant professeurs, on passait l’été en famille et je trouvais l’été trop long, j’avais hâte de retrouver les copains.

Concernant la rentrée de mes fils, il n’y a aucun rite. Si ce n’est qu’on se couche tôt, on reprend un rythme scolaire.

Deux livres sont lus et relus à la maison : « Charles à l’école des dragons » d’Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin, qui raconte l’histoire d’un dragonnet poète qui ne sait ni cracher du feu, ni voler, c’est un livre extraordinaire, d’une grande beauté du point de vue des thèmes abordés et de l’illustration. Et puis, j’aime beaucoup « L’arbre sans fin » de Claude Ponti qui conte le parcours initiatique d’une petite fille ayant perdu sa grand-mère. »

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Je conclue en citant mon livre culte : « La petite poule qui voulait voir la mer » de Christian Jolibois et Christian Heinrich, qui raconte les joyeuses péripéties d’une poule qui part à la découverte du monde. C’est le livre que j’aurais aimé pondre !