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Archive | décembre, 2012

Ars Anima nous invite à rêver une ville humaine et créative

30 Déc

J’ai été contactée par la compagnie Ars Anima qui m’a demandé de parler de leur dernière action, « Un monde qui vient… rêver et inventer la ville de demain  ».

Si vous cherchez une idée de sortie en famille, en voici une:

En parallèle de l’exposition « Habiter demain », le public de la Cité des sciences est invité sur le forum Explora à vivre un parcours participatif « Un monde qui vient – Rêver la ville de demain » d’une demie heure établi en trois temps :
1. une invitation au rêve créatif afin de laisser venir les images, inspirations, idées sur la ville de demain
2. planter  son message ou son dessin dans le Champ des possibles, second espace spiralé, collecter, lire et afficher les messages déposés par d’autres personnes
3. Ecrire, selon inspiration, son twitt pour ajouter une idée, une proposition.
Toutes les informations sur : http://goo.gl/Vs9dh
Sur le même sujet, je vous invite à consulter le site Carfree.com et plus particulièrement les portfolios réalisés par J.H. Crawford, auteur de Carfree cities, montrant qu’une ville sans voitures est certes, bénéfique pour l’environnement mais favorise également une vie sociale (et donc familiale) plus forte.

Que va-t-on trouver au pied du sapin?

13 Déc

 

J – 12 … Noël approche à grands pas, les lettres au bonhomme rouge sont envoyées. Petits et grands enfants rêvent de trouver sous le sapin qui une poupée, qui une voiture télécommandée, qui un joli livre …
La semaine dernière, alors que je faisais la queue au cinéma pour voir le dernier Kirikou avec mes enfants, j’ai demandé à Célia, Martin, Jules, Nathan et Lou de me révéler le contenu de leur lettre au Père noël. J’ai aussi écouté les réflexions des parents qui vont jouer les bonshommes rouges au chapeau pointu dans l’espoir de combler les attentes de leurs rejetons.

Peu avant, je m’étais entretenue avec une professionnelle du jouet sur cette frénésie qui agite, d’un coup d’un seul, les familles au mois de décembre. Aurélia, créatrice de la jolie boutique un Zèbre au grenier et maman d’une petite fille de cinq ans, est passionnée par les jouets, objets de décoration, vêtements pour enfants qu’elle déniche notamment lors de ses pérégrinations en France et dans les pays du Nord de l’Europe qu’elle affectionne pour leur originalité et leur utilisation de matériaux de bonne qualité. On a beaucoup parlé de l’influence de la télévision et de la publicité sur les choix cadeaux de nos enfants … du règne des licences … du rôle du jouet… du comment être sûr de choisir le bon cadeau…

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En faisant la queue devant le cinéma pour voir Kirikou …

Célia, 5 ans et demi, est venue voir Kirikou avec sa baby-sitter Selma

« Bonjour Célia, qu’aimerais-tu trouver au pied du sapin cette année? Euh… Mes parents m’ont dit que je voulais trop de jouets … Je veux trop de choses alors j’ai dit ce que j’aimais le plus et le Père noël choisira.

Alors, quels sont les jouets que tu aimes le plus? J’aimerais bien avoir le déguisement de Raiponce, je l’ai vu chez Disney et aussi une boîte avec des perles pour faire des colliers et des bracelets et puis un chien qui aboit et tourne la tête, j’en au vu un très joli dans le catalogue des jouets et puis des bottes comme celles de ma copine Léa, elles sont en fourrure … Et puis, du maquillage mais ma maman ne veut pas que je me maquille quand je vais à l’école, je peux parfois mettre du vernis sur les mains quand on est en vacances. »

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Jules et Nathan (13 ans) sont jumeaux, ils sont venus voir le dernier Ocelot avec leur petit frère Martin qui a 6 ans et leur père, Bruno

« Bonjour, que souhaitez-vous trouver au pied du sapin cette année?

Jules : Moi, j’ai demandé de l’argent …

Tu as une idée de comment tu vas utiliser cet argent? Oui, j’ai ma petite idée, j’aimerais m’acheter un I-pod ou une console de jeux mais je ne suis pas bien sûr.

As-tu déjà été déçu par un cadeau? Oui, l’an dernier ma tante m’a offert un cadeau qui ne correspondait pas à mon âge.

Le père, Bruno : En fait, ma sœur lui a offert des vêtements tout à fait à sa taille mais qui ne correspondaient pas au type de vêtements que Jules aime porter. Mais ils étaient très beaux ces vêtements…

C’est parce que tu as été déçu que tu préfères recevoir de l’argent? C’est simplement que je ne sais pas encore ce que je veux et je préfère faire les magasins et faire mon choix.

Nathan : J’ai demandé pas mal de choses : un ocarina, une jolie montre et une trottinette à grosses roues.

C’est original de jouer de l’ocarina.

Bruno: En fait, Nathan veut jouer de cet instrument car une héroïne d’un jeu vidéo joue de l’ocarina.

Et toi Martin? Je voudrais un train de marchandises, un train Légo et un train télécommandé … Je voudrais trois trains! »

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Lou, 7 ans, mangeait des biscuits avec sa maman, Carole

« A quoi ressemble ta commande de noël? J’aimerais avoir un déguisement de princesse et des rollers comme ma sœur.

Carole, la maman: Je pense que tu es trop jeune pour faire du roller. Sa sœur a débuté à 10 ans et ça n’était pas simple!

Lou: Alors, je voudrais un vélo.

Carole : On verra.

Lou, penses-tu qu’il y a des jouets pour les filles et des jouets pour les garçons? Oui mais quand je suis avec mes cousins, j’aime bien jouer avec leurs jeux.

Quels jeux de garçons tu aimes bien? J’aime bien leurs personnages des Power Rangers par exemple et leurs épées!

On dit que les enfants n’aiment pas trop recevoir de livres et préfèrent les jouets, qu’en penses-tu? J’aime bien les livres mais pour moi, les vrais cadeaux, ce sont les jouets. »

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Aurélia m’a gentiment accueilli dans sa boutique, le Zèbre au grenier, véritable caverne d’Ali Baba pour les enfants et les parents. On y trouve des jouets traditionnels à prix très abordables dont beaucoup sont une invitation à un voyage vers le passé. Comme le dit Aurélia, la référence à nos parents et à nos grand-parents nous rassure. Dans les années 60, on regardait vers l’avenir, on parlait progrès … Aujourd’hui, temps de crise oblige, on aime se rappeler l’odeur des pots de colle d’antan, les poupées de papier ou le téléphone Fisherprice.

« Que pensez-vous de l’influence de la télévision et du règne des licences et super héros qui se déclinent en figurines, t-shirts et déguisements? J’ai une amie qui n’avait pas le droit de regarder la télé quand elle était enfant et je dois dire qu’elle est devenue une dingue du petit écran… Une autre connaissance, qui avait des parents très stricts lui ayant interdit de regarder la télévision, leur en a toujours voulu car elle a eu le sentiment de ne pas avoir de repères communs avec les gens de sa génération. Je crois qu’il ne faut pas tout interdire, cela crée de la frustration. Il faut essayer de trouver un équilibre. Pour ma part, je n’ai pas la télévision, je ne prends pas les catalogues de jouets au moment de noël, je n’aime pas trop les produits dérivés des dessins animés Walt Disney et je n’ai pas emmené ma fille voir les vitrines de noël des grands magasins remplis de Barbies vêtues de rose placées en tête de gondole et dont on a l’impression qu’elles vont nous sauter au visage. Cependant, à 3 ans, elle voulait une poupée Barbie qu’elle a aperçue au BHV. Elle savait à peine parler mais elle a pu dire « c’est ce que je veux que le Père noël m’apporte »! On lui a acheté une poupée espagnole Paola Reina, elle était ravie! Aujourd’hui, elle a des poupées de toutes les couleurs, une noire, une indienne etc.

L’an passé, elle a demandé  la poupée de la Belle et la bête pour noël, elle joue beaucoup avec cette poupée, lui confectionne des vêtements en papier. Les grands-parents ont offert le livre de la Belle et la Bête, une jolie version, pas un énième Disney. Et quand il s’est agi d’acheter le film, on a opté pour la version de Jean Cocteau, en noir et blanc. Au début, j’avais peur de la décevoir mais elle adore ce film et est en empathie totale avec la Bête.

Cette année, elle souhaite se voir offrir le déguisement de Lucille, héroïne du film « Un monstre à Paris », j’ai trouvé un blog de maman qui propose une idée de confection de la robe.

Ma fille a un t-shirt orné de trois princesses Disney, elle adore ce vêtement. Quand elle est partie en colo pour la première fois, l’an passé, elle s’est inquiété d’une seule chose : savoir si elle pouvait emporter ce t-shirt fétiche. Elle possède aussi un pot de yaourt avec des personnages Disney dessus. Bref, toujours par souci de ne pas frustrer, je laisse une place – un peu de place mais pas trop – à ces choses.

Comment choisit-on un cadeau pour un enfant selon vous et quelle est la fonction du jouet? Quand les clients entrent pour acquérir un cadeau de naissance par exemple, j’observe qu’ils mettent beaucoup d’eux-mêmes, ils recherchent un objet qui leur ressemble, qui les rappelle eux, ils veulent créer un lien avec le bébé mais ils choisissent aussi selon ce qui fera plaisir aux parents. Je me souviens d’une jeune cliente venue acheter un cadeau pour le bébé d’une amie. Elle a acheté un doudou classique car elle disait que la maman était plutôt classique mais elle avait craqué pour un autre doudou, un superhéros plus moderne. Pour les cadeaux naissance, les boîtes à musique séduisent beaucoup aussi. Pour ce qui concerne la fonction du jouet, je dirai qu’avant 18 mois, le jouet doit être investi par les parents ou par un tiers sinon il y a de fortes chances qu’il soit laissé de côté. L’important pour les tout petits enfants, c’est de communiquer avec leurs parents et le jouet peut en être le vecteur, il va favoriser la communication, l’échange, ce peut être un doudou qu’on va faire parler. Si les petits enfants adorent jouer avec les clés de la maison ou les téléphones portables, c’est parce qu’ils veulent avoir entre leurs mains ce à quoi leurs référents s’intéressent et donc communiquer avec eux par le biais de ces objets. Après 18 mois, les enfants aiment les jeux d’imitation et s’intéressent aux petites cuisinières ou aux établis. A cette période, les petits se tournent vers les jeux de construction, ils aiment assembler, empiler. Tout cela permet de développer le langage et la motricité fine. Plus tard, ils aiment les déguisements qui leur permettent de raconter des histoires.

Pensez-vous qu’il y a des jouets pour les garçons et des jouets pour les filles? Là, je suis traditionnelle. Et dans ma boutique, je suis le marché. Je sais que les garçons aiment les jouets de garçons et vice versa pour les filles. Les jouets mixtes fonctionnent jusqu’à 18 mois, après il y a une distinction, les univers ne se croisent plus.

Un dernier mot? J’aimerais évoquer la notion de « boîte à désirs » dans laquelle placer ses désirs et demander pour noël l’objet des vrais désirs, ceux qui restent, ceux qui ont perduré. La notion de « boîte à désirs » fait ainsi échec aux achats d’impulsion dont on se lasse souvent très vite. Je me rappelle d’une petite fille qui voulait à tout prix que sa maman lui achète la cage à oiseau chanteur. Sa mère lui a dit de bien réfléchir, voulait-elle vraiment cet objet? Et bien quelque temps plus tard, la petite fille est revenue et alors, quelle joie pour elle de recevoir ce cadeau qu’elle désirait tant! »

Merci à tous ceux qui ont bien voulu s’exprimer dans ce post et JOYEUX NOËL !

 

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Pour finir, voici une vidéo montrant un enfant catastrophé lorsqu’il découvre des livres parmi ses cadeaux!

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Paris-Berlin : quand les familles des quartiers multiculturels se mobilisent pour un mieux-vivre ensemble

1 Déc

Le 28 novembre, le Centre d’information de l’ambassade d’Allemagne (CIDAL) qui se trouve rue de Condé dans le 6ème arrondissement de Paris organisait une table-ronde sur le thème de l’éducation et de l’intégration dans les quartiers multiculturels de Paris et Berlin.

La rencontre clôturait l’exposition de photos de Harriet Wolff, journaliste berlinoise installée à Neukölln depuis 13 ans, qui a figuré, dans leur quotidien, les habitants de son quartier situé dans le sud de Berlin. L’exposition s’intitule « Tout Berlin à Neukölln, zoom sur un quartier exemplaire ». Neukölln c’est 300 000 habitants, 160 nations représentées, un taux de chômage important, des problèmes de délinquance mais également un grand nombre d’initiatives individuelles ou associatives visant à créer du lien entre les familles. Neukölln aujourd’hui, c’est aussi un quartier qui attire de plus en plus de « hipsters » intéressés par les loyers moins onéreux que dans les autres arrondissements de la capitale, ce qui tend à modifier la physionomie du quartier qui est désormais qualifié de branché.

Le CIDAL avait convié Djamila Boumekik, mère d’origine algérienne et habitante de Neukölln depuis plus de 20 ans qui est « marraine de quartier ». Elle a raconté son parcours: la ténacité dont elle a fait montre pour maîtriser l’allemand, ce qu’elle présente comme le préalable à une bonne intégration dans le pays d’accueil, la découverte d’une nouvelle culture et son implication dans divers projets visant à promouvoir l’intégration des familles issues de l’immigration tout en incitant les parents à transmettre leur langue maternelle à leurs enfants.

créditsphotos : Nihad Nino Pusija

Djamila Boumekik a commencé par s’engager au sein de la crèche de ses enfants puis a fondé une association d’aide aux parents immigrés ainsi que des groupes de jeux turco-allemands et arabo-allemands à destination des mères et de leurs enfants.

Ce qui m’a frappé dans les témoignages de Harriet Wolff et Djamila Boumekik est le parallèle saisissant entre le quartier de Neukölln et les quartiers populaires parisiens tels que la Goutte d’Or ou Belleville: même mosaïque de populations, même cocktail de richesses culturelles, quartiers souffrant de clichés les classant parmi les  endroits « à problèmes », taux de chômage plus élevé que la moyenne mais également initiatives associatives afin que les habitants vivent mieux ensemble. Tout comme à Neukölln, on peut s’interroger quant à l’évolution de ces quartiers, longtemps qualifiés de ghettos infréquentables, vers des quartiers aujourd’hui frappés par la gentrification ou « boboïsation », ce qui risque de pousser les familles désespérément à la recherche de logements suffisamment grands et peu onéreux ainsi que les habitants les moins nantis vers la porte de sortie. Bref, Paris risque-t-elle de devenir un jour une ville musée?

Pour clore ce post, un peu de musique avec l’Orchestre national de Barbès, Salam Aleikoum !

 

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