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Paris-Berlin : quand les familles des quartiers multiculturels se mobilisent pour un mieux-vivre ensemble

1 Déc

Le 28 novembre, le Centre d’information de l’ambassade d’Allemagne (CIDAL) qui se trouve rue de Condé dans le 6ème arrondissement de Paris organisait une table-ronde sur le thème de l’éducation et de l’intégration dans les quartiers multiculturels de Paris et Berlin.

La rencontre clôturait l’exposition de photos de Harriet Wolff, journaliste berlinoise installée à Neukölln depuis 13 ans, qui a figuré, dans leur quotidien, les habitants de son quartier situé dans le sud de Berlin. L’exposition s’intitule « Tout Berlin à Neukölln, zoom sur un quartier exemplaire ». Neukölln c’est 300 000 habitants, 160 nations représentées, un taux de chômage important, des problèmes de délinquance mais également un grand nombre d’initiatives individuelles ou associatives visant à créer du lien entre les familles. Neukölln aujourd’hui, c’est aussi un quartier qui attire de plus en plus de « hipsters » intéressés par les loyers moins onéreux que dans les autres arrondissements de la capitale, ce qui tend à modifier la physionomie du quartier qui est désormais qualifié de branché.

Le CIDAL avait convié Djamila Boumekik, mère d’origine algérienne et habitante de Neukölln depuis plus de 20 ans qui est « marraine de quartier ». Elle a raconté son parcours: la ténacité dont elle a fait montre pour maîtriser l’allemand, ce qu’elle présente comme le préalable à une bonne intégration dans le pays d’accueil, la découverte d’une nouvelle culture et son implication dans divers projets visant à promouvoir l’intégration des familles issues de l’immigration tout en incitant les parents à transmettre leur langue maternelle à leurs enfants.

créditsphotos : Nihad Nino Pusija

Djamila Boumekik a commencé par s’engager au sein de la crèche de ses enfants puis a fondé une association d’aide aux parents immigrés ainsi que des groupes de jeux turco-allemands et arabo-allemands à destination des mères et de leurs enfants.

Ce qui m’a frappé dans les témoignages de Harriet Wolff et Djamila Boumekik est le parallèle saisissant entre le quartier de Neukölln et les quartiers populaires parisiens tels que la Goutte d’Or ou Belleville: même mosaïque de populations, même cocktail de richesses culturelles, quartiers souffrant de clichés les classant parmi les  endroits « à problèmes », taux de chômage plus élevé que la moyenne mais également initiatives associatives afin que les habitants vivent mieux ensemble. Tout comme à Neukölln, on peut s’interroger quant à l’évolution de ces quartiers, longtemps qualifiés de ghettos infréquentables, vers des quartiers aujourd’hui frappés par la gentrification ou « boboïsation », ce qui risque de pousser les familles désespérément à la recherche de logements suffisamment grands et peu onéreux ainsi que les habitants les moins nantis vers la porte de sortie. Bref, Paris risque-t-elle de devenir un jour une ville musée?

Pour clore ce post, un peu de musique avec l’Orchestre national de Barbès, Salam Aleikoum !

 

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