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Archive | mars, 2013

Le cirque en famille d’Alexandre et Délia Romanès

19 Mar

J’aurais aimé être Tzigane. Je me reconnais dans les valeurs de cette communauté, son mode de vie empreint de liberté me fascine, sa musique chaleureuse me touche. Plus encore, j’aurais aimé être une des contorsionnistes tziganes du si poétique cirque Romanès.
C’est donc par une après-midi enneigée que je me suis rendue au campement du « premier cirque tzigane d’Europe », du côté de la Porte de Champerret, afin de m’entretenir avec Alexandre Romanès qui, dès qu’il m’a vu, m’a claqué la bise, offert un exemplaire de son recueil de poèmes « Paroles perdues » et m’a dévisagé avant de me demander : « Vous ne seriez pas Tzigane vous? » … Oui!
Trois heures durant, nous avons échangé sur le cirque en famille qu’il a fondé avec son épouse Délia ainsi que sur son parcours hors du commun: acrobate, dompteur de fauves pour le cirque Bouglione, luthiste baroque, poète auteur de trois recueils d’aphorismes publiés chez Gallimard, proche de Jean Genêt, Jean Gosjean et Yehudi Menuhin, porte-drapeau de la France lors de la dernière exposition universelle à Shanghai, fondateur avec son épouse du premier centre artistique tzigane « Tchiriclif ». Quel parcours mes amis! Et pourtant, l’homme, encensé par les médias, frappe par son étonnante simplicité, son humilité, sa générosité.
Je vous propose en écoute de ce post « Bàiatul Meu, Safirul Meu » chanté par Délia Romanès.

Bonne écoute et bonne lecture!

 

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« Alexandre Romanès, comment est né votre cirque? Il est né d’un drame. A une époque, je jouais du luth et donnais des concerts de musique baroque dans les églises et un jour, on m’a volé ma fille… C’était il y a vingt ans. Suite à ce drame, j’ai rangé mon instrument dans sa boîte et je n’en ai plus jamais joué, je me suis puni. Et puis, des années plus tard, je suis revenu au cirque. Jean Genêt et moi avions le projet de monter ensemble un cirque mais ça ne s’est pas fait. J’ai créé le cirque Romanes avec ma femme Délia, il y a 19 ans. C’était pour me sauver suite à la perte de mon enfant. Je me souviens que je tournais en rond, j’avais une petite caravane que je plantais dans les camps tziganes de Paris et un beau jour, j’ai observé autour d’un feu, des musiciens, une enfant qui faisait des contorsions, un autre gamin qui faisait des acrobaties, un de mes cousins présents s’est emparé de ses massues et s’est mis à jongler et là, je me suis dis « voilà,ça c’est joli, c’est ça le cirque, je veux faire du cirque. » Aujourd’hui, mes filles font presque tout, on peut dire qu’elles font les  trois quarts du spectacle.

Quel est l’esprit du cirque Romanès? On n’a pas de conventions. En réalité, on ne donne pas de spectacles. On peut dire que nous attirons les déçus du cirque classique. Vous savez, un vieux monsieur ayant assisté à notre spectacle à Bordeaux m’a dit cette chose : « cela fait des années que j’emmène mes enfants et petits-enfants au cirque et à chaque fois, j’ai l’impression de me faire voler et là, je sors d’un cirque gitan, c’est la première fois que je n’ai pas l’impression de me faire voler! »

Le cirque Romanès invité à Shanghai par le pavillon français à l’occasion de l’exposition universelle, quelle fierté pour la communauté tzigane d’être le porte-drapeau de la France ? Nous avons été très bien accueillis en Chine, les Chinois ont adoré. Selon eux nous serions le cirque le plus poétique. Vous savez ce que je retiens de cette aventure merveilleuse? C’est le voyage en avion vers la Chine. J’ai fait 200 signes de croix et j’ai demandé au pilote de l’avion de voler moins vite et plus bas, il m’a dit qu’il le ferait. Je l’ai cru.

Vous craignez les vols en avion alors que vous avez été dompteur de fauves ! Un avion est une machine sur laquelle je n’ai aucune maîtrise, ce n’est pas le cas des lions!
Vous ne prenez pas la grosse tête? Ah non! Et vous savez, je suis né dans une famille très riche mais jusqu’à l’âge de 15/16 ans, j’ai cru qu’on était pauvre. Mon père considérait que la plus grosse insulte était « gosse de riche », il nous a donc mis dans la tête qu’on était pauvre. Connaissez-vous ce proverbe tzigane : « Ne te moque jamais des riches, cela pourrait t’arriver ». La richesse n’est pas matérielle.
Les femmes (vos filles) sont très nombreuses dans le dernier spectacle. Quelle est la place de la femme chez les Tziganes? Les femmes sont des reines, elles dominent, elles ne travaillent pas et décident de tout! Elles donnent souvent des prénoms féminins aux garçons, cela leur plaît. J’ai trois fils qui ont des prénoms féminins : Sorine, Dorine et Aline, ce sont les femmes qui veulent ça! La bizarrerie ne réside pas dans le fait que les femmes dominent, la bizarrerie est que cette domination ne pose pas problème aux hommes qui n’en parlent pas et ne contestent pas cet état de fait. Ils ne se sentent pas diminués pour autant. Mon fils Sorine a dit une très jolie chose : « ce serait joli s’il n’y avait que des femmes »… J’ajouterai qu’un trait de caractère des Tziganes est leur grande pudeur : un homme ne dira pas « je t’aime » à sa femme, par pudeur, mais on se marie très jeune et on fait des enfants très jeunes, une de mes filles a mis au monde un bébé à l’âge de 13 ans.

Quelle fut votre réaction? Cela fut un choc, elle était très jeune. Je me souviens qu’elle se tenait devant moi, j’ai fermé les yeux et je me suis dit « je lui arrache la tête ou je la prends dans mes bras » et je l’ai prise dans mes bras. Je lui ai dit que nous allions faire exactement ce qu’elle voulait, elle avait 13 ans, c’était lourd pour elle, il fallait la rassurer, ne pas en rajouter. Je lui ait dit  que nous allions faire ce qu’elle voulait. Je lui ai fait comprendre que ce n’était pas un drame.
Chez les Tziganes, il n’y aurait donc pas de difficultés à rencontrer l’âme sœur contrairement à ce qui se passe dans nos sociétés occidentales? Ce phénomène est un désastre, on ne se parle plus, on ne se rencontre plus. On est obsédé par la réussite sociale, la réussite matérielle, les vacances à Ibiza, l’obsession d’être à la mode, la mise sur un piédestal de la jeunesse et de la force …

Parlez-moi du quotidien de la famille Romanès? On est complètement désorganisé, une entreprise tzigane, c’est de la folie, il n’y a rien de logique. Je me dis toujours qu’il nous faudrait une goutte de sang allemand!
Concernant le choix des numéros, si un enfant veut aller dans une direction, on en parle et il est rare que les idées de mes enfants ne me séduisent pas. S’il n’y avait qu’une règle, ce serait la suivante : je m’arrange toujours pour que les répétitions soient un plaisir, un amusement. Ah, si les enfants allaient à l’école avec plaisir …
Que voulez-vous transmettre à vos enfants ? Tout d’abord, je souhaite qu’ils ne dépendent de personne. S’ils reprennent le cirque, ils ne dépendront que d’eux-mêmes. Et puis, j’aimerais qu’ils gardent les pieds sur terre, qu’ils ne prennent pas de drogues et qu’ils fassent montre de modestie. Mes enfants ignorent ce qu’est une boîte de nuit, ce qu’est un joint, ce qu’est la mode. Ah, la mode! Ma fille Rose va à l’école 2 jours par semaine. Je me souviens d’une de ses réflexions, le 1er jour où elle est allée à l’école. Je l’attendais à la sortie et elle m’a dit : « Oh, papa, ils m’ont fait une de ces têtes avec la mode, je n’avais pas les bonnes chaussures, je n’avais rien de bon. Est-ce que c’est important la mode? » Je lui ai répondu que non et là, elle m’a dit une chose extraordinaire : « Je le savais papa ». Nous, on ne cherche pas à avoir les dernières lunettes à la mode.

Et si vos enfants décidaient d’arrêter le cirque? Ils peuvent prendre cette décision mais il faut bien comprendre qu’il est très difficile d’arrêter le cirque quand on est né dans ce milieu. Que peut-on faire de mieux que voyager, rencontrer des gens, être applaudi, être sous les projecteurs, changer de ville, ne pas avoir de patron, vivre dans une caravane située à 10 mètres de son lieu de travail?
Ce n’est donc jamais difficile le quotidien dans un cirque, il n’y a pas de week-end par exemple? Oui mais vous avez vu les gens qui travaillent  en région parisienne, quelle vie ils mènent! Ils n’ont qu’une idée en tête, rentrer chez eux et regarder la télé pour se vider la tête! Je comprends bien pourquoi la télévision a autant de succès, on lui demande une seule chose à la télé : des conneries pour ne plus penser à rien, voilà d’où vient  la force de la télé!
La vie dans un cirque ne ressemble pas à cela : on se lève vers 9h, on prend le temps, vers 10h/11h, on commence à s’activer : on remplit les cuves de gasoil ou on part faire des courses, les plus jeunes commencent  à répéter et s’arrêtent quand ils le veulent. On essaye de rester sérieux tout de même et de répéter au moins 1h – 1h30 par jour. Parfois, ils répètent 3 ou 4 heures s’ils s’amusent. On n’est pas pris par le temps bien qu’on fasse beaucoup de choses. Et travailler avec une équipe agréable, c’est formidable!
Quels étaient vos rêves d’enfant? J’étais un grand rêveur. Je suis allé à l’école durant 3 ou 4 mois, pas plus. Un jour, la maîtresse nous a proposé des déguisements et pour moi, elle a choisi celui de Pierrot…
Quels sont vos rêves aujourd’hui? J’aimerais rassembler les plus belles pièces de musique baroque et diriger un orchestre de musique baroque mais c’est trop tard, on ne peut pas tout faire. Cependant, j’ai l’intention de redonner des concerts.
Y a-t-il une chanson que vous affectionnez tout particulièrement? Je me suis arrêté au 17ème siècle mais de temps en temps, j’écoute du Brassens. Et il y a une chanson que j’aime écouter qui parle d’un gros dégueulasse qui tient un bar dans le vieux Paris, il est marié à une femme très belle, il boit du gros rouge … Je ne me souviens pas du titre.
Quel est votre coin préféré à Paris? Je déteste les villes, je trouve qu’elles se ressemblent toutes mais si je devais vivre à Paris, j’habiterais du côté de la Goutte d’Or qui est selon moi, le quartier le plus vivant de Paris mais il a été très abîmé.

Pouvez-vous me parler du centre artistique tzigane Tchiriclif? Tchiriclif veut dire oiseau. Ce projet est né de la constatation suivante : il se passe des choses artistiquement sur les camps tziganes mais personne ne les voit. L’idée est de les montrer et comme personne ne veut les programmer, nous allons les programmer. Ce projet est surtout une idée de Délia. Mon rêve à moi est d’acheter un petit âne et de me promener dans le sud du Maroc. J’aimerais tenter l’expérience du désert.

Quels sont les voyages à venir? Nous étions à Turin puis, à Bordeaux avant de revenir sur Paris. Nous prévoyons d’aller dans le Bassin d’Arcachon, à Marseille, à Strasbourg, à Munich, à Berlin.

Merci Alexandre Romanès!

 

A vos agendas :

– Jusqu’au 1er mai 2013, ne manquez pas le dernier spectacle du cirque Romanès intitulé « Lignes de la main jusqu’au coude » au cœur même du campement Romanès, 42/44 bd de Rheims, Paris 17ème (métro Porte de Champerret).

– Les 23, 24 et 25 mars 2013, venez découvrir la richesse de la culture tzigane à l’occasion de l’ouverture du centre artistique tzigane Tchiriclif avec une programmation pluridisciplinaire (conférences,danse, chant, artisanat tzigane etc). Toutes les informations sur http://www.tchiriclif-centreartistiquetzigane.com/.

 

Ousmane, le sage du quartier des Amandiers

3 Mar

Ousmane, père d’origine malienne, habite dans le quartier des Amandiers depuis très longtemps. Ce quartier du 20ème arrondissement de Paris dans lequel il s’est activement engagé pour un mieux vivre ensemble a vu grandir ses six enfants. Si vous sortez métro Père Lachaise, entrez dans la rue des Amandiers et peut-être apercevrez-vous sa longue silhouette.

Je lui ai posé des questions sur l’art d’être père, l’éducation, son engagement dans le quartier des Amandiers, ses rêves.

Je vous propose de lire cette discussion en écoutant une chanson qu’il affectionne particulièrement, Soundiata Keita, chantée par Selif Keita : « C’est une chanson qui donne du courage et fait la fierté du Mali nous explique Ousmane. L’idée maîtresse de cette chanson est que dans la vie, il faut se battre. Cette chanson raconte l’histoire de Soundiata Keita, un des rois du Manding, privé de l’usage de ses jambes à la naissance mais qui, un jour, a pu se lever. Tout le monde a crié, chanté en voyant l’enfant paralysé marcher. Cet enfant est devenu un grand roi conquérant. »

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« Ousmane, en quoi la naissance de vos enfants a bouleversé votre vie? La naissance de mes enfants résonne en moi comme la plus grande des joies. Un enfant, c’est un trésor. Ce petit bout de chou qui vient s’ajouter à soi est un bonheur immense. On se dit qu’on va lui donner la meilleure des éducations, une éducation supérieure à la nôtre. On pense, au quotidien, que notre enfant sera meilleur que nous. Quand on en a plusieurs, c’est la même joie à la naissance. Et puis, au fur et à mesure que les enfants grandissent, les appréhensions grandissent à l’égard de la vie, de la société que nos enfants côtoient. J’ai commencé à ressentir des inquiétudes quant aux fréquentations de mes enfants dès la maternelle. Beaucoup d’enfants ont décroché dans le quartier et cela est source de stress.

Pourquoi certains jeunes décrochent? Il y a plusieurs facteurs. Tout d’abord, le quartier a été stigmatisé, les jeunes le ressentent et en souffrent. Il y a beaucoup de familles monoparentales dépassées. Beaucoup de familles sont frappées par le chômage. Et il y a un problème culturel rencontré par les familles immigrées, nombreuses dans le quartier, qui rencontrent des problèmes de communication car elles maîtrisent mal le français. Il n’y a pas assez de structures adaptées pour venir en aide à ces familles et les enfants paient les pots cassés. Ils ne suivent plus à l’école, s’opposent à la famille, aux règles édictées par société et se perdent. Je reviens sur le problème de la double culture qui peut être difficile à gérer pour des parents non nés en France qui peinent à élever leurs enfants selon des principes qui ne sont pas les leurs. Les familles sont parfois démissionnaires car elles n’arrivent pas à suivre, elles sont démunies. L’enfant est partagé entre les valeurs du pays d’origine de leurs parents et celles du pays d’accueil. Les valeurs françaises sont bonnes mais certaines sont en contradiction avec celles du pays d’origine des parents, il faut gérer tout cela, ce n’est pas simple.

Parlons éducation. Il faut apprendre à l’enfant à réagir face à telle ou telle situation, il doit apprendre à se débrouiller. Je préférerais avoir toujours mon enfant tout près de moi, organiser des jeux, discuter mais en grandissant, il ne veut plus rester auprès de moi en permanence, il veut son indépendance et retrouver ses amis. Or, avec les copains, il peut entreprendre des choses dangereuses telles que circuler trop vite sur un deux roues dans la rue. Rien ne me garantit qu’il sera sage… Alors, je pense qu’il faut être très observateur avec ses enfants.

Qu’est-ce qu’un bon père? Dans la conjoncture actuelle, le père ne doit pas être bon. Il doit être autoritaire. Il faut de l’amour bien entendu mais de l’autorité aussi. Quand c’est non, c’est non! Il ne faut surtout pas revenir sur sa parole. A l’adolescence, l’enfant peut être redoutable. Voilà, il faut être autoritaire, mais également sage, patient et tolérant. Je pense qu’il est important d’échanger avec d’autres parents et tirer des enseignements de l’expérience d’autres familles.Vous savez, en Afrique, les parents ne se retrouvent jamais seuls et démunis. Mon enfant est aussi l’enfant du voisin, il ne peut s’égarer. Or, ici à Paris, on se retrouve chacun dans son appartement, seul face à ses interrogations. Les parents doivent être derrière leurs enfants, il faut toujours veiller. Ici, être parent, c’est être esclave de ses enfants en quelque sorte…

Je sais que vous êtes très investi dans votre quartier, auprès des familles en difficultés, pourquoi cet engagement? Je suis chef de famille. Je vois des familles en détresse. J’ai voulu apporter ma contribution. Dans les années 1990, on a créé une Régie de quartier pour venir en aide aux personnes âgées, aux chômeurs, aux familles en difficulté. On surveillait le quartier qui était stigmatisé. Puis, l’OPAC nous a donné un local dans lequel on organisait des brocantes, le marché de noël, des rencontres entre familles, des repas de quartier. Plusieurs associations se sont succédées. Aujourd’hui, je suis investi au sein de l’association la 20ème Chaise. J’ai notamment pris part aux Universités populaires des parents qui visent à créer du lien entre les familles du quartier.

Quelle place occupent vos origines maliennes au quotidien? On cuisine à l’africaine, je cuisine beaucoup et mes enfants ont appris à cuisiner en me regardant faire. Parfois, nous regardons une chaîne malienne.

Où retrouvez-vous le Mali à Paris? Dans le 18ème arrondissement, dans le quartier d’Avron, à Montreuil ou encore dans les boutiques chinoises où je me fournis en produits du pays. Un peu partout dans Paris, je trouve du manioc, du fonio, du mil, du riz du Mali, des patates douces, des ignams, du poisson séché etc. Parfois, il m’arrive d’acheter des vêtements ou des bijoux.

Il vous arrive de porter des vêtements traditionnels? Oui, lors de célébrations telles que le ramadan, pour aller à la mosquée ou encore, quand on reçoit à la maison.

A quoi ressemblait votre enfance? J’ai vécu dans l’amour, j’ai été choyé. Nous n’étions pas riches mais mon enfance a été heureuse. Quand j’étais enfant, on me répétait que les vieilles personnes étaient des bibliothèques et j’aimais me réfugier près des personnes âgées. J’aimais observer mon père, la façon dont il réglait les problèmes. Il me demandait toujours mon avis : « que penses-tu de telle ou telle chose? ».

Vous vous souvenez de vos rêves d’enfant? J’ai toujours voulu être cosmonaute comme Youri Gagarine! Il a marqué mon enfance. Je voulais être pilote d’avion, conduire des objets volants. Je me souviens de mon père me montrant des avions au Mali.

Quelle est votre madeleine de Proust? La sauce dakatine et les Tiebs, ces mets me rappellent mon pays.

Une dernière question, comment va votre famille au Mali? Les membres de ma famille vont bien. Ils vivent à Bamako où la situation est calme mais la vie est chère. »

Ousmane, merci pour cet entretien!