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Les nouveaux pères

14 Juin

Dimanche 16 juin, les papas sont censés être à la fête ! Les boutiques de cadeaux et les affiches publicitaires se chargent bien de nous le rappeler.

Mais au fait, qu’est-ce qu’être père aujourd’hui? Devenir « chef de famille » comme on dit, ça vous change un homme? On parle de « nouveaux pères », en quoi sont-ils différents de leurs géniteurs? Et la fête des pères, c’est important?

Je suis allée à la rencontre de trois papas parisiens. Aias, jeune restaurateur gréco-normand, ouvre le bal.

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Aias, la paternité sereine

Avenue Gambetta, face au cimetière du Père-Lachaise. Il pleut, il fait froid, on se croirait au mois de novembre. Je pousse la porte du restaurant grec Pikilia et me laisse envelopper par la douceur du lieu tenu par Aias, 31 ans.

C’est une personnalité du quartier, on loue ses talents culinaires certes, mais également sa chaleur, sa bonhomie et son humour. Dans son restaurant, on croise beaucoup de familles qui viennent s’attabler ou emporter les préparations d’Aias qui cuisine et sert ses convives, entouré de sa famille et d’une ribambelle d’amis. Le jeune homme a un drôle de parcours : né dans la ville de Cherbourg d’un père grec et d’une mère normande, il a étudié la géographie à Caen, a vécu en Finlande dans le cadre du programme Erasmus, a fait divers petits boulots, s’est lancé dans un tour du monde en voilier…

En janvier 2011, il ouvrait son restaurant. En juin 2012, naissait sa fille, Daphné que vous croiserez très certainement si vous vous attablez au Pikilia.

Aias est presque étonné qu’on l’interroge sur son statut de père. La paternité ne semble pas avoir été le cataclysme de sa vie même s’il est fou amoureux de sa fille, plusieurs photos de son enfant accrochées dans le restaurant en attestent.

Je bois un bon verre de Naoussa, Aias s’active préparant feuilletés au fromage, moussaka , caviar d’aubergines tout en servant sa clientèle.

« Vous souvenez-vous du moment où vous avez appris que vous alliez devenir père? Oui, très bien, je me trouvais au restaurant, je cuisinais. Ma compagne semblait inquiète. Moi, je lui ai tout de suite dit que tout allait bien se passer. Je ne suis pas inquiet de nature. On a fait des bébés avant même d’avoir parlé. A l’annonce de la nouvelle, j’ai pensé : tout va bien se passer, on est jeune, on a un appartement, un travail, nos familles ne sont pas loin, on est en bonne santé. Et puis, la famille, les enfants, on connaît, nous sommes tous deux nés dans de grandes familles. Moi-même, j’ai 6 frères et sœurs!

Et le jour de la naissance de votre enfant, vous vous êtes senti différent? J’étais excité bien sûr mais pour moi, tout a semblé naturel. Vous savez, devant un match de foot, on peut me prendre pour un fou mais le jour de la naissance de Daphné, j’étais simplement serein.

Quel père êtes-vous? Je suis un père normal. J’essaie d’être bon. Je ne m’attribue pas de titres ou d’étiquettes, tout cela ne sert à rien, c’est juste bon pour que ça ne tienne pas. Je suis content que ma fille soit là, je suis content d’être content … Je pense être un père présent, j’ai organisé mon temps autour de ma famille.

Que souhaitez-vous transmettre à votre fille? Mes parents nous ont laissé « être nous ». Mon père disait la chose suivante : « le soir, il faut que tu puisses dormir ». Cela signifie « fais ce que tu veux du moment que tu le fais en accord avec toi-même et pour toi-même ». Je crois qu’il faut faire les choses pour soi, être le seul juge de ses actes, ne pas prêter attention à ce que les autres pensent. Dans ma famille, on a confiance en nous. L’autre est important mais il ne dirige pas ma vie, voilà.Tout cela pour dire que je souhaite pour ma fille qu’elle soit juste et libre.

La fête des pères a-t-elle une signification pour vous? Non! Si j’ai mon père au téléphone, je lui souhaiterai une bonne fête, c’est tout. Peut-être que cette fête aura un sens à mes yeux quand ma fille me rapportera un collier de nouilles! Mais je tiens à dire que je n’attends pas la célébration d’un événement pour offrir des fleurs à ma femme. Je n’aime pas les chichis et tralalas des fêtes qu’on a inventées pour ne pas oublier. »

Restaurant PIKILIA

1, avenue Gambetta

75020 Paris (Métro Père Lachaise)

tél : 09 54 92 15 36

https://fr-fr.facebook.com/pages/Pikilia/173956865960442

Pour terminer en musique et faire venir le soleil, voici Ta pedia tou Pirea, interprété par la grande Melina Mercouri

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