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Qu’as-tu mangé à la cantine ce midi mon amour?

14 Avr

Mes enfants mangent à la cantine. Chaque jour, je consulte le tableau des menus histoire de me faire une petite idée de ce qu’ils dégustent à l’école et de ne pas préparer la même chose le soir à la maison. Comme tous les parents, je leur demande à la sortie de l’école si la cantine scolaire était bonne et leur réponse est invariablement la même : « Maman, c’est pas bon la cantine. La viande est dure, les légumes sont beurkh surtout les patates qui n’ont pas de goût », j’ai aussi parfois entendu « J’ai failli vomir ». Pourtant, quand on lit les menus, qui proposent de temps en temps des produits bio (cliquez donc sur l’image ci-dessous), on a plutôt envie de se mettre à table.

Je pourrais me dire qu’étant un vrai cordon bleu, mes petits ont des palais si fins que rien ne peut égaler mes prouesses culinaires mais j’ai préféré suivre une démarche plus empirique : j’ai interrompu dans leurs jeux des enfants du square Gardette, dans le 11ème, et je leur ai demandé ce qu’ils pensaient de leurs déjeuners à la cantine.

Avant de lire leurs remarques, je vous propose un panorama intéressant de ce que les écoliers mangent le midi à travers le monde. Ces photos sont notamment consultables sur le site What’s for school lunch?

Au Japon:

En Finlande:

Aux États-Unis:

En Inde:

En Angleterre:

En Chine:

 

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Au square Gardette, Paris 11ème:

Léa, 8 ans « Moi, j’aime bien la cantine parce que je retrouve mes copains et c’est pas grave si c’est pas toujours bon. Je ne mange que les choses que j’aime, le reste, je laisse. J’aime les pâtes et quand il y a des yaourts au caramel avec le caramel au fond. »

Sa grand-mère : « Léa n’est pas difficile. Elle ne se plaint pas des repas servis à la cantine. Je n’ai pas l’impression qu’on les force à manger si les repas ne sont pas à leur goût. »

Mehdi, 10 ans « C’est meilleur à la maison. A la cantine, les repas ne sont pas toujours bien chauds et moi, je n’aime pas manger tiède ou froid. Heureusement, je ne mange pas tous les jours à la cantine, maman vient me chercher à 11H30 le mardi et le vendredi ».

Sa maman : « Mehdi ne mange pas beaucoup le midi car ce n’est pas à son goût et il se rattrape au moment du goûter! Je pense qu’il n’est pas possible de faire de la bonne cuisine « en masse » comme dans les cuisines scolaires ou d’entreprise. »

Paul, 7 ans « Ca peut aller mais souvent, il n’y a pas assez à manger. Ce que je préfère, ce sont les lasagnes. »

Son papa : « J’avoue que je ne l’interroge pas souvent sur la cantine. Ce que je peux dire c’est que Paul dit préférer les lasagnes de la cantine à celles de sa mère qui est italienne … Inutile de vous dire que ma femme est très vexée! »

Manon, 5 ans « Ça va mais parfois je n’aime pas. Je ne mange jamais les betteraves mais j’aime quand il y a des cordons bleus. »

Sa maman : « Je suis représentante de parents d’élèves et j’ai demandé à goûter les repas de la cantine de ma fille, cela a été l’occasion de découvrir ce qu’elle mange le midi et de voir l’ambiance de ses déjeuners à l’école, j’en ai profité pour interroger ses camarades au sujet de la qualité des repas servis. Bon, ce jour-là, ce n’était pas top. Il y avait de la viande en sauce un peu dure à mon goût et des pommes de terre fades. Il y avait des kiwis, bio certes, mais durs. La seule chose qui a trouvé grâce à mes yeux, c’est le yaourt aux fruits qui leur a été servi. Ce qui m’a surtout frappé en fait c’est le bruit dans la cantine, cela me fatiguerait de déjeuner dans ces conditions. »

Pour finir en musique, j’ai retrouvé sur Dailymotion la fameuse chanson de Carlos « Je préfère manger à la cantine », avec le Club Dorothée…

http://www.dailymotion.com/video/x3bz00

 

 

 

 

Histoires de goûts : Un papa américain à Paris !

15 Jan

La journaliste américaine Pamela Druckerman a écrit un livre préfacé par Elisabeth Badinter, Bébé made in France. Quels sont les secrets de notre éducation? (éd. Flammarion), dans lequel elle encense l’éducation des enfants et la parentalité à la française. Dans ce qui s’avère être un best-seller international, elle décrit combien les petits français sont sociables, polis, patients, engloutissant toujours le contenu de leur assiette même si les légumes verts sont au menu. Elle explique que, contrairement aux enfants américains, nos enfants ne répondraient pas à l’archétype du fameux enfant roi et contrairement aux parents américains, les papas et mamans français sauraient dire non à leur progéniture et ne négligeraient pas leur épanouissement individuel… A la bonne heure !

J’ai interrogé un papa américain sur la parentalité, l’éducation des enfants, Paris en famille et … le phénomène Pamela Druckerman.

David, originaire du New Hampshire, est professeur d’anglais. Il vit en France depuis 13 ans. Il a vécu deux ans à Boulogne-Billancourt avant de s’installer du côté de Pigalle avec sa femme et leur enfant, Matteo, 10 ans. A la fin de l’interview, vous trouverez sa recette du hamburger maison. Comme à mon habitude, je me suis mise aux fourneaux et résultat … Moi qui me gaussais de ceux qui ne jurent que par « un bout de viande hachée coincé dans du pain tout mou sans goût » et bien, j’en redemande ! Ah, l’Amérique !

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«  Est-ce agréable de vivre dans le quartier de Pigalle en famille ?Oui car il y a une vraie vie de quartier, on a l’impression de se retrouver dans un village, il est facile de créer des contacts, il n’y a pas d’anonymat. J’apprécie tout particulièrement l’atmosphère du quartier le matin quand la vie commence, il y a

Paris Pigalle – Maurille Prévost

évidemment moins de monde qu’en pleine journée et donc moins de bruit. Ensuite, les gens vont travailler et les enfants prennent le chemin de l’école, une nouvelle journée commence.

Quelle place occupent vos origines américaines dans l’éducation de votre fils ? Elles occupent une place importante mais j’essaie de ne pas être lourd dans le partage de ma culture. Tout d’abord, je parle en anglais à Mattéo. Il fréquente actuellement l’école primaire de quartier mais l’année prochaine, il souhaite intégrer le collège international Balzac dans le 17ème arrondissement qui est le seul collège public à sections internationales dans Paris. Mais avant de pouvoir rejoindre les élèves de cette école, il lui faut réussir un test que nous préparons tous les deux. Le partage de la culture passe aussi par nos voyages aux Etats-Unis et par la pratique de sports américains comme le baseball ou le football américain au parc Monceau ou dans le jardin des Tuileries. On aime bien regarder les matchs de football américain retransmis sur les chaînes de sport américaines. Mattéo a commencé à jouer dans un « band » avec des copains de l’école, il chante. Leur répertoire va de Spencer Davis aux Beastie Boys ou encore aux White Stripes. Le groupe a eu l’occasion de jouer en public lors de la dernière fête de la musique !

Vous célébrez les traditionnelles fêtes américaines ? Mattéo connaît la signification de Thanksgiving et du 4 juillet. Quand il était petit, on achetait une citrouille et il se déguisait pour Halloween avant de faire le tour des commerces du quartier pour avoir des bonbons.

Où retrouvez-vous les Etats-Unis à Paris ? Je me rends parfois dans une boutique du 1er arrondissement dont j’ai oublié le nom pour acheter de la root beer, au goût très particulier. Mattéo apprécie beaucoup cette boisson. On prépare parfois des hamburgers à la maison et dans cette boutique, on trouve le bon pain à hamburger. Mais bon, à la maison, nous mangeons la plupart du temps à la française, j’apprécie la France pour la bonne nourriture et je me mets volontiers aux fourneaux pour préparer un bon pot-au-feu.

Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance ? Ce fut une enfance très joyeuse. J’ai grandi dans une ville de banlieue du New Hampshire où les familles vivent dans de grandes maisons avec jardin, où il y a beaucoup d’espaces verts, où on vit beaucoup à l’extérieur. L’espace me manque beaucoup à Paris. Et puis, enfant, je pouvais enfourcher mon vélo et aller chez des amis du quartier sans souci, je me sentais libre !

En quoi l’enfance de Mattéo est-elle différente de la vôtre? J’avais plus de liberté ! Ici à Paris, on ne peut laisser un enfant seul dans la rue. Mattéo sort parfois acheter du pain chez le boulanger et il commence à se rendre seul à l’école.

Paris est-elle kidsfriendly? Dans le quartier, tout le monde connaît Mattéo qui est toujours bien accueilli. Quand on sort du quartier, c’est différent… J’ai pensé emménager en banlieue mais je me suis vite ravisé car je travaille dans Paris et je ne m’imagine pas passer un temps interminable dans les transports. Mais je ne me plains pas car mon organisation du travail me permet de récupérer mon fils à la sortie de l’école.

David, avez-vous des principes éducatifs? Je dirais que j’élève mon fils à l’instinct. Je suis strict sur certaines choses, je ne transige pas sur des comportements comme la politesse et je suis attentif à la façon dont parle Mattéo. Je dois dire que tout se passe bien.

Que pensez-vous de l’ouvrage de P. Druckerman qui soutient que le parent français saurait être à l’écoute de son enfant tout en prenant soin de ne pas négliger son épanouissement individuel ou qui affirme encore que les parents français ne seraient pas dans le culte de la performance à tout prix? Je pense en effet que l’on fait moins de compromis en France et je suis parfois surpris de voir des enfants suivre leurs parents très tard dans les soirées. Je trouve ce type de comportement exagéré. J’aurais plutôt tendance à faire appel à une baby-sitter pour éviter ce type de situation. Concernant le culte de la performance, j’observe que les enfants parisiens se doivent aussi de pratiquer certaines activités, le piano, le tennis, le ski l’hiver etc. Pour ma part, bien qu’américain, je n’ai pas grandi dans une famille m’ayant élevé dans le culte de la performance. Ce type de comportement prévaut peut-être à New-York city, qui est très speed, je ne sais pas. Et puis, je pense que l’étude de P. Druckerman porte sur les familles aisées des quartiers parisiens chics. Vous savez, son livre me rappelle ce fameux livre écrit par une Américaine qui s’interrogeait sur la recette minceur des Françaises!

Quelles activités pratiquez-vous en famille, surtout les dimanches de pluie? On adore faire de longues ballades à vélo dans Paris. Le dimanche, on va sur les quais de Seine fermés à la circulation. Le mercredi, Mattéo joue au tennis. On va au musée, j’ai la carte du musée du Louvre et quand Mattéo était petit, on visitait souvent ce musée.

Je vois que vous saluez beaucoup de monde dans le quartier, avez-vous un réseau d’amis dans le coin, est-il composé de parents d’amis de Mattéo? Oui, on a connu beaucoup de monde grâce à Mattéo. Lui-même a beaucoup d’amis, les enfants passent la nuit chez les uns et chez les autres.

Que faudrait-il entreprendre pour que Paris soit plus agréable à vivre en famille? Il faudrait plus d’espaces verts et moins de voitures … Mais bon, on ne peut pas avoir la campagne dans la ville! »

Merci David!

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La recette du hamburger maison selon David

Ingrédients :

– du pain à hamburger

– de la viande hachée que l’on peut mélanger à un œuf

– un oignon

– du cheddar en tranches

– une tomate

– quelques feuilles de laitue

– de la moutarde

– du ketchup

Préparation:

Faire revenir les oignons émincés à feu doux dans de l’huile d’olive (ça, c’est moi qui le dis, l’huile d’olive c’est bon pour la santé!), ajouter le steak.

Une fois la viande saisie, poser une tranche de cheddar sur le steak et laisser fondre.

Déposer le steak+le cheddar+les oignons sur une des tranches de pain préalablement tartinée d’un mélange de moutarde+ketchup.

Ajouter la laitue et des rondelles de tomate puis recouvrir le tout de l’autre tranche de pain.

Mon p’tit truc en plus : emballer le hamburger dans du papier aluminium puis faire chauffer 3 minutes au four.

A servir avec une petite salade ou des frites!

Enjoy your meal !

Histoires de goûts : une famille iranienne

14 Oct

Qu’est-ce qu’une bonne éducation? Chaque culture a sa réponse.

J’ai posé la question à Mina, jeune maman d’origine iranienne, qui vit à Paris depuis huit ans et a mis au monde des jumeaux aujourd’hui âgés de 18 mois : Shadi et Bahman. Ils vivent aux abords du parc des Buttes Chaumont avec le papa Babak que je n’ai pu voir le jour de ma rencontre avec Mina et les enfants car il travaille beaucoup. Les petits vont à la crèche trois fois par semaine, ce qui laisse le temps à Mina, graphiste de formation, de souffler et de réfléchir à sa reconversion dans la céramique.

Tout en buvant un café accompagné de pâtisseries iraniennes, nous avons donc parlé famille, éducation, partage de la culture d’origine et cuisine. Mina m’a donné la recette d’un plat iranien traditionnel : le Khoresht Karafs (sauce au céleri) que je me suis empressée de préparer de retour chez moi et que j’expose en photo à la fin de ce post. Bonne lecture !

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« Mina, comment se passe le quotidien avec des jumeaux? Nous avons de la chance car les enfants ont obtenu une place en crèche sans difficulté. Ils y vont trois fois par semaine entre 10H et 16H. Comme Babak et moi n’avons pas de famille à Paris, cela me permet de respirer un peu. Parfois, je dépose un seul bébé et je m’occupe exclusivement du frère et vice versa, comme ça, je profite pleinement de l’un et de l’autre, cela me permet de mieux les connaître, de manière individuelle. Depuis que les garçons vont à la crèche, nous avons fait la connaissance d’autres parents avec lesquels nous sommes devenus amis, c’est très appréciable.

Avez-vous contacté une association de parents de jumeaux? Oui, mais je n’ai pas trouvé le temps de profiter de leurs services. J’ai reçu de la documentation qui m’a été bien utile, notamment concernant l’allaitement qui n’est pas aisé avec des jumeaux.

Quelle place occupent vos origines iraniennes dans l’éducation de vos enfants? Il est très important pour moi que les petits connaissent leurs origines iraniennes. L’acquisition du persan que Babak et moi leur parlons est fondamental. Et puis, on écoute des chansons en persan, on leur raconte des contes traditionnels iraniens tels que les histoires et chants traditionnels « Jomjombarg Khazoon ». Je cuisine à l’iranienne car je souhaite qu’ils apprennent les goûts du pays. De plus, nous allons en Iran afin qu’ils sachent d’où ils viennent. Je viens du Sud de l’Iran, dans le désert, tout près du Golfe persique. Je voulais qu’ils voient les hectares de champs de pistaches qui y fleurissent en septembre et qui me rappellent tant mon grand-père aujourd’hui décédé. En septembre dernier, nous avons cueilli les pistaches avec les enfants qui couraient dans les champs, c’était merveilleux. Chaque année, toute ma famille se retrouve non loin de Chiraz, c’est pour moi l’occasion de revoir ma grand-mère âgée de 80 ans et tous mes cousins. C’est toujours la fête, nous faisons de la musique et chantons toute la nuit, à commencer par la chanson populaire des années 40 « Mara Beboos » qui signifie embrasse-moi et qui raconte l’histoire d’un père qui fait ses adieux à sa fille et veut l’embrasser pour la dernière fois. Quand les familles iraniennes se retrouvent, elles chantent cette chanson. Je la chante aux enfants, c’est très doux comme une berceuse.

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Où retrouvez-vous l’Iran à Paris? Nous allons dans la rue des Entrepreneurs dans le 15ème arrondissement. Il y a des supermarchés où on peut trouver des grenades notamment, très importantes dans la cuisine iranienne, et des restaurants iraniens. Le dimanche, nous allons parfois déjeuner dans un des restaurants du quartier. Quand nous voulons écouter de la musique, nous dînons et dansons dans un restaurant irano-arménien de la rue Mouffetard.

Vous souvenez-vous de vos premières impressions à votre arrivée à Paris? La ville m’a plu tout de suite. Babak qui vivait déjà à Paris m’a présenté ses amis qui m’ont accueilli chaleureusement. J’avais entendu que les Français étaient froids or, on m’a toujours aidé et bien qu’étrangère, je ne me suis jamais sentie comme une étrangère.

Avez-vous des principes éducatifs? Non, pas vraiment. J’aimerais que mes fils soient indépendants, j’essaie de leur transmettre l’amour de l’humanité et deux qualités qui me semblent importantes : la franchise et le respect de l’autre.

Quelles activités faites-vous en famille? Dès qu’on peut, on part en ballade en forêt ou on s’aère à la campagne chez des amis. A Paris, nous allons beaucoup au parc des Buttes Chaumont, on marche, on joue au ballon, les enfants s’ébattent dans le bac à sable. On a l’intention de commencer à aller à la piscine.

Quel est le rituel du soir? Les enfants prennent leur couverture, leur doudou et on leur lit une histoire. Ensuite, on leur donne un biberon, c’est l’instant câlins, j’en prends un dans mes bras, Babak câline l’autre. Je chante une berceuse puis on les dépose dans leur lit.

A quoi ressemblera la célébration de leur prochain anniversaire? On organisera une petite fête avec des enfants de leur âge.

Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance Mina? La séparation de mes parents. A l’âge de neuf ans, ils se sont séparés et cela m’a beaucoup marqué. Mon père est parti, je me suis retrouvée seule avec ma mère et il s’est remarié alors que je ne m’y attendais pas… Et puis j’ai connu huit années de guerre, la guerre Iran-Irak qui a commencé alors que je n’avais que trois ans … Je garde en souvenir le retentissement des alarmes annonçant l’imminence d’un bombardement, je me vois descendre dans la cave, on avait peur que la bombe tombe sur notre maison. Une fois, la bombe est tombée tout près de chez nous, j’avais dix ans… Alors que j’avais onze ans, les écoles ont fermé, on étudiait à distance grâce à la télévision.

Je garde en mémoire des choses positives aussi. Par exemple l’odeur de la terre après une averse. En Iran, il pleut peu mais quand cela arrive l’odeur de la terre qui se lève est vraiment caractéristique. J’adore la neige à Téhéran où j’ai grandi. La ville est recouverte d’un manteau blanc, je me souviens des bonhommes de neige et du fait que les écoles fermaient parfois quand on ne pouvait circuler. La neige me manque à Paris.

En quoi votre enfance est-elle différente de celle de vos garçons? Moi, j’étais entourée de ma famille malgré la séparation de mes parents. Cela me manque aujourd’hui à Paris. Norouz (célébration du nouvel an) était l’occasion de se retrouver chez les uns et chez les autres, mes enfants ne connaîtront pas cela. J’ai reçu beaucoup d’amour de ma famille, eux reçoivent de l’amour de leurs parents et de nos amis, c’est comme ça, c’est différent … L’amour de la famille est différent de celui qui vient des amis. Et puis, les Iraniens sont très sentimentaux, ils sont plus démonstratifs dans leur façon d’exprimer leurs sentiments.

Ce qui est bien, c’est qu’ils ne connaîtront pas tous les interdits inhérents à la société iranienne, je peux citer des dizaines d’exemples. Après la révolution, les Iraniens ont appris à adopter une attitude particulière en société, différente de leur comportement à la maison. Concernant l’alcool ou l’organisation de fêtes par exemple, qui sont prohibés en Iran, les gens doivent mentir. Sous Khomeiny, je me souviens que les petites filles ne pouvaient pas porter de chaussettes de couleur. Moi qui suis graphiste de formation, je ne pouvais pleinement m’exprimer dans mon travail … »

Merci Mina !

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Recette du KHORESHT KARAFS selon Mina

Ingrédients pour 4 personnes:

– 500 g de viande de bœuf, d’agneau ou un poulet fermier

– 1 gros oignon

– 1 pied de céleri

– du persil plat

– des feuilles de menthe

– 1 verre d’eau

– du safran

– sel, poivre

– citron persan (voir photo) ou jus d’un citron jaune

Préparation: 20 mn – cuisson : 30 mn

Découper la viande en morceaux;

Émincer l’oignon, couper le céleri en petits morceaux de 2cm environ, hacher le persil, la menthe, les feuilles de céleri;

Dans une casserole, faire dorer les oignons et la viande dans un fond d’huile;

Quand la viande est cuite, ajouter les morceaux de céleri ainsi que le persil, la menthe et les feuilles de céleri hachés;

Ajouter le citron persan ou le jus de citron jaune à doser en fonction du goût de chacun;

Ajouter le safran puis un verre d’eau;

Saler, poivrer puis couvrir et laisser cuire 30mn;

Vérifier la cuisson et l’assaisonnement;

Servir chaud accompagné de riz blanc. Déguster en écoutant le morceau « Mara Beboos » magnifiquement interprété par Hasan Golnaraghi (en écoute sur ce post).

Nusheh Jân!    نوش جان

 

Histoires de goûts: une famille sénégalaise

8 Juil

Paris est un kaléidoscope où toutes les communautés du monde cohabitent : hommes et femmes venus d’Afrique ou d’Asie pour trouver des conditions de vie meilleures, étudiants étrangers désireux de découvrir une autre culture et de « s’encanailler », expatriés en poste dans la capitale, amoureux et amoureuses ayant suivi leur moitié etc.

Quand on est loin de son pays d’origine, rien de tel qu’un bon petit plat du pays pour se rappeler le goût et l’odeur des racines.

Kady et le goût du Sénégal

Je suis allée à la rencontre de Kady, qui vient du Sénégal et qui habite aujourd’hui dans le 20ème arrondissement de Paris. Je lui ai posé des questions sur sa vie familiale dans la capitale et je lui ai également demandé de révéler les secrets de sa recette sénégalaise préférée. C’est avec beaucoup de gentillesse et d’enthousiasme qu’elle a bien voulu évoquer certains aspects de son quotidien puis elle a donné sa recette du yassa au poulet, un plat originaire de la Casamance.

Une fois rentrée à la maison, je me suis mise aux fourneaux, le résultat se trouve à la fin de ce post !

République du Sénégal

Afrique de l’ouest

Capitale: Dakar
Population : 12 millions d’habitants
Diversité linguistique : diola, malinké, pular, soninké, wolof etc.
Culture : littérature (Léopold Sédar Senghor, Birago Diop ou Aminata Sow Fall), musique (Youssou N’Dour, Ismaël Lo), arts (Osman Sow).
Cuisine : thiep bou dien, maffe, caldou, soupe kandia etc. Autant de mets occupant une place essentielle dans la culture et la vie quotidienne sénégalaises, mis à l’honneur dans « Un grain de vie et d’espérance » de l’écrivain Aminata Sow Fall et dans le livre de Youssou N’Dour, « La cuisine de ma mère ».

Native de la ville de Thies, à 70 kilomètres de Dakar, et d’origine diola, Kady est la maman de trois garçons (Abba, 21ans, Mohammed, 11 ans et Ismaïl, 7 ans qui sont nés en France). Elle parle le wolof et le diola. Elle vit aujourd’hui dans le 20ème arrt de Paris, dans le quartier des Amandiers, après avoir vécu dans le quartier de la Chapelle dans le 18ème puis, dans le 15ème arrt.

« Depuis quand habitez-vous à Paris? Au mois d’aout, cela fera 22 ans que j’ai quitté le Sénégal pour rejoindre mon mari à paris.

Vous souvenez-vous de vos premières impressions? Beaucoup de tristesse, j’ai eu du mal à vivre dans un studio. J’ai vraiment eu du mal à le supporter. Et, je me souviens que je manquais de chuter quand j’empruntais les escalators (rires). Mes nièces m’avaient mise en garde pourtant, elles m’avaient fait peur avec çà !

Quelle enfance avez-vous eu? Je vivais en milieu urbain, j’ai le souvenir de routes propres et larges, je passais mon temps à courir.

En quoi l’enfance de vos enfants est-elle différente de la vôtre? J’ai eu une enfance très heureuse, il y avait beaucoup de fous rires. J’avais un cadre familial équilibré, un bon père mais mes enfants n’ont pas cette chance malheureusement … Élever un enfant à Paris est difficile. Au Sénégal, l’enfant vit dehors, il n’y a pas de problèmes, il y a toujours une personne qui veille sur lui. A Paris, ce n’est pas le cas, on ne peut pas laisser ses enfants jouer en toute liberté dans la rue, il faut toujours avoir un œil sur ses enfants.

Quelle mère êtes-vous? J’essaye d’être un parent moderne, je ne suis pas dans la tradition. J’essaye de faire comme les autres, comme les Européens. En Afrique, on dit : Si tu vas dans un autre pays et que dans ce pays, tout le monde marche sur ses deux pieds, fais de même, ne marche pas sur un pied sinon, on va te remarquer!

Comment transmettez-vous la culture de vos origines sénégalaises à vos fils nés en France? Tout passe par la cuisine, la cuisine c’est les racines et puis, j’aime leur raconter des contes et des fables que l’on me racontait le soir quand j’étais enfant. Il y a par exemple, le conte « Leuk » qui signifie lièvre en wolof.

Leur parlez-vous en wolof ou en diola? Seulement quand je les gronde et là, ils comprennent tout de suite !

Quelles activités faites-vous avec vos enfants? On aime aller au square de la rue Duris où mes garçons retrouvent leurs amis et ont leurs marques. On fait du shopping, on va au théâtre et ils m’accompagnent à mon cours de danse de ballet africain. Je vis avec mes fils, ils sont toujours près de moi. On se sépare uniquement quand ils vont à l’école et moi au travail.

Je crois savoir que vous êtes très investie dans la vie de votre quartier où tout le monde vous connaît. Oui, j’aime discuter avec les gens et essayer de résoudre les problèmes du quartier, notamment avec l’équipe du centre social des habitants des Amandiers, la 20ème Chaise, qui propose de nombreuses activités dont l’aide aux devoirs, une université populaire et citoyenne, des ateliers parents-enfants, des sorties culturelles etc. Cette année, je fais partie d’un projet de théâtre participatif interprété par les parents des Amandiers.

Où retrouvez-vous le Sénégal à Paris? Dans le quartier de Château-Rouge où j’achète les produits de chez moi, je vais aussi dans celui de Stalingrad. J’y achète les feuilles de bissap, le gombo, les diahatous qui sont des aubergines du Sénégal et du Mali, le poisson fumé et le yet qui est un escargot coupé en petits morceaux, on s’en sert pour préparer le thiep qui est du riz au poisson.
Je vais parfois au restaurant Porokhane qui se trouve dans le 11ème arrondissement  de la capitale, rue Moret.

Dernière question avant de passer à votre recette, quelle est votre chanson sénégalaise préférée? La chanson « Tajabone » d’Ismaël Lo. »

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Le Yassa au poulet de Kady

Préparation : 30 min.

Cuisson: 50 min.

Les ingrédients :

Pour 4/5 personnes
– 1 poulet fermier
– 6 oignons
– 4 citrons
– 6 gousses d’ail
– 3 cubes de bouillon Maggi (« jumbo »)
– sel, poivre, moutarde, feuilles de laurier, huile d’arachide
– olives vertes dénoyautées

Couper le poulet en morceaux puis le faire mariner idéalement 12 heures dans le mélange huile+ ail écrasé+ 1 cube Maggi émietté+le jus de 2 citrons
Puis, faire griller le poulet au four en position grill jusqu’à ce qu’il soit doré (environ 30 mn).
Dans un plat, mélanger les oignons coupés en lamelles + ail + 2 cubes Maggi + sel+ poivre+ le jus de 2 citrons+ 1 cuillère à soupe de moutarde+ poivron en petits morceaux+ 5 feuilles de laurier.
Une fois le poulet doré, déposer le poulet dans une cocotte puis y ajouter le mélange à base d’oignons + 1 verre d’eau
Faire cuire environ 20 min. à feu moyen. A la fin, ajouter les olives.

Bon appétit !