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Quand trois mamans parisiennes donnent naissance à un projet

25 Août

Ça y est, c’est la rentrée !

Pour fêter dignement cet évènement, je suis allée à la rencontre de mamans parisiennes ayant décidé, un beau jour, de mener une nouvelle vie ! Bérénice, Nadine et Luisa ont monté leur affaire comme on dit après s’être toutes trois posé la même question : « comment concilier, dans la joie et la bonne humeur, vie familiale et vie professionnelle ? »

Voici les réponses apportées par ces femmes pleines d’énergie pour qui l’arrivée des enfants semble avoir agi tel un détonateur : Bérénice qui tient le salon de thé culturel propice aux rêves vagabonds le Miamophile, Nadine créatrice de la marque de prêt-à-porter aux vêtements intemporels classieux Davaï et Luisa, fondatrice du Petit café du mon de entier, premier café multiculturel pour petits et grands.

A elles trois, elles illustrent à merveille deux proverbes qui m’ont été soufflés fort à propos par deux amies qui se reconnaîtront : « Si tu veux créer une entreprise, commence par fonder une famille » et « Si la vie t’offre un citron, fais de la limonade » !

Ces parcours sauront, qui sait, inspirer des personnes désireuses de lancer leur projet …

Bonne lecture !

 


BÉRÉNICE, maman de Galathée (8 ans) et créatrice du MIAMOPHILE


« Bérénice, dans quelles circonstances est né le Miamophile? J’ai travaillé durant 20 ans comme journaliste chez RFI et j’ai souhaité opéré une reconversion. En 2009, j’ai pris une année sabbatique, je me suis posée, j’ai passé un bilan de compétence dont il est ressorti une chose : mon intérêt pour la nourriture et l’humanitaire. L’idée de créer un salon de thé a alors germé. J’ai passé un CAP de cuisine et suivi des formations dans les domaines du thé et de la pâtisserie. Après des recherches périlleuses, j’ai trouvé ce lieu à proximité de chez moi dans le quartier du plateau de Belleville que j’aime. Ce quartier est certes devenu bobo mais il y a toujours une grande mixité que j’aime et qui me tient à cœur car j’ai longtemps vécu en Algérie. Et puis, dans ce quartier, j’ai mes habitudes de vie de famille (école de ma fille, les commerces que je connais bien).

Qu’est-ce que le Miamophile? Le salon de thé a ouvert en février 2012. Je voulais ouvrir un lieu ancré dans le quartier que les gens puissent s’approprier, un lieu dans lequel je pourrais mettre à profit les rencontres faites lors de mes années chez RFI: tout ce que j’expose est produit par des personnes côtoyées lors de mes voyages en Afrique (confitures du Congo-Brazzaville, artisanat du Burkina-Faso et du Sénégal notamment). Dans un proche avenir, je prévois de mettre en place des ateliers de pâtisserie et des ateliers de contes pour enfants, des contes d’Afrique et du Maghreb.

Comment allier vie familiale et vie professionnelle quand on est parent et  créateur d’une toute nouvelle entreprise ? Grâce à mon Amoureux qui m’aide quand il faut dégager du temps et grâce à ma mère qui est une super maman et qui prend le relais auprès de ma fille quand cela est nécessaire. Et puis, entre parents d’élèves, nous nous aidons. On en revient à l’idée de « vie de quartier » et d’entraide, c’est ce que j’apprécie ici. Vous savez, un jour, j’ai confié ma boutique aux clients du salon de thé pour aller chercher ma fille. J’ai tout laissé en plan, la caisse, les produits exposés et ça s’est bien passé!

Quand j’étais journaliste, je menais une vie trépidante, les journées étaient longues, je n’avais pas de week-ends ou de jours fériés, j’étais tout le temps partie en voyages. Un jour ma fille m’a dit : « Maman, quand je me lève, tu te couches et quand je me couche, tu n’es pas là », ça fait réfléchir.

Avez-vous l’impression de courir après le temps? Oui et non. Je me lève tôt alors le matin, grâce à internet et via les textos, je passe mes commandes et je prends mes rendez-vous. Au salon, il y a des coups d’accélération quand il y a du monde et quand le rythme ralentit, je prends le temps de discuter, c’est ce qui me nourrit. Vous voyez l’escargot sur la porte d’entrée du salon, c’est un message qui signale qu’au Miamophile, on prend le temps, je ne suis pas dans une démarche mercantile et consumériste, ce qui ne va pas faire plaisir à mon banquier et à mon comptable qui attendent que l’argent rentre … Quand je veux fermer pour partir au vert, je ferme mais cela signifie zéro entrée d’argent, ce n’est plus ma vie de salariée qui me permettait de me faire une expo ou d’aller prendre un verre spontanément.

Y a-t-il un lieu ou une activité particulièrement propice à la détente et qui vous permet de suspendre le temps? Je n’ai pas de rituel particulier, je n’ai pas le temps de faire du sport. Mais une fois qu’on a baissé le rideau, mon Amoureux et moi nous affalons sur le canapé et il me masse les pieds. Et puis, j’aime lire et retrouver mes amis mais alors, je ne cuisine plus!

Selon vous, quel lieu parisien résiste au temps? J’aime les passages tels que ceux de Choiseul ou du Grand cerf qui ont gardé un côté suranné typiquement parisien. Beaucoup ont été refaits, c’est dommage.

Quelle chanson est selon vous intemporelle ? Une chanson de la Mano Negra, c’est plein d’énergie, ils font partie des premiers groupes à avoir mélangé tous types d’influences. Et puis, j’adore les chansons de Dalida et d’Édith Piaf évidemment qui est une figure du quartier.

Merci Bérénice. »

Bérénice que je ne connaissais pas avant cette rencontre m’a donné rendez-vous dans son salon de thé à 8 heures du matin, nous nous sommes quittés à 15 heures… Autant vous dire qu’on se sent bien chez elle, alors un conseil, prenez le temps de faire un détour vers Belleville et arrêtez-vous au Miamophile  6, rue Mélingue 75019 Paris Métro Pyrénées – tél : 01 42 01 59 85 – c’est ouvert du lundi au samedi de 8H30 à 18H00.

 

 

 


NADINE, maman d’Edgar (7 ans) et créatrice de la marque de prêt-à-porter DAVAÏ

J’ai rencontré Nadine au Miamophile où elle expose actuellement ses créations.


«  Nadine, comment est né Davaï? J’ai travaillé durant 15 ans dans le domaine des bijoux pour une boutique au sein de laquelle j’ai tout appris et pour laquelle j’ai voyagé à travers le monde. Mais à la naissance de mon fils Edgar, j’ai pensé à une reconversion, je ne pouvais plus me déplacer comme je le faisais à l’époque et à l’aide du Fongécif, j’ai suivi une formation de styliste-modéliste. Ensuite, j’ai lancé mon projet! Au départ, je souhaitais monter des ateliers de couture pour les femmes en réinsertion au Maroc et en Turquie, j’avais pensé à des ateliers proposant à ces femmes des cours d’alphabétisation et des services tels que des crèches. Je me vois encore en train de visiter des coopératives de femmes au Maroc avec Edgar âgé de deux ans mais le projet n’a pas abouti alors j’ai monté mon entreprise à Paris. J’ai commencé par créer des vêtements pour femmes enceintes car j’éprouve une véritable fascination pour les femmes enceintes et j’avais noté que nombre d’entre elles vivaient mal leur grossesse, ne se supportaient pas, ne savaient pas comment s’habiller, portaient les chemises de leur homme. Moi, au contraire, lors de ma grossesse, j’étais épanouie, je me sentais belle et aimée. Alors, j’ai eu l’idée de les aider à vivre leur grossesse de manière tout aussi épanouie que moi! Puis, mon projet a évolué, je crée aujourd’hui des vêtements intemporels que l’on peut porter à toutes les périodes de la vie d’une femme avant, pendant et après la grossesse. La première collection Davaï date de février 2010, aujourd’hui, je vends mes créations à des boutiques situées à Paris, Lyon, Berlin, Vienne, dans le New-Jersey etc. Je crée deux collections par an.


Faut-il être particulièrement organisée quand on est mère entrepreneuse? Je dois dire que je ne suis pas très organisée mais je me fixe des objectifs, l’objectif principal étant de remplir le frigo et de payer le loyer à la fin du mois ! Mon travail est très varié, je n’ai pas de journée type. Je dessine mes modèles que je construis avec une modéliste, je présente mes modèles dans les boutiques, travaille avec trois ateliers qui fabriquent mes modèles, j’achète les fournitures, je vais dans divers salons, j’organise des ventes privées etc.   Je travaille en journée quand Edgar est à l’école, parfois le soir mais dès que mon fils est là, j’arrête tout. J’ai un bon réseau d’amis, on s’entraide, on s’occupe des enfants des uns et des autres. Edgar passe souvent la nuit chez ses copains et vice versa.

Est-on parfois tenté de redevenir salarié? Oui, je rêve parfois d’être salariée avec un salaire fixe qui tombe à la fin du mois ! Ces pensées me passent par la tête quand je « budgétise ». Mais ce n’est que passager, j’aime ce que je fais, j’adore l’idée de gagner ma vie à partir de mes créations puis de réinvestir dans une autre collection, j’aime cette idée de vase communiquant.

Comment débutent vos journées de travail? J’accompagne Edgar à l’école puis, je prends le temps de prendre un café avec mes copines. Après, je me mets au travail.

Avez-vous l’impression de courir après le temps? Oui mais je cours après le temps car je suis désorganisée !

Y a-t-il un lieu ou une activité qui vous permet de vous échapper un peu? Ce sont les copains et les copines, ils occupent une place très importante dans ma vie et me permettent de souffler.

Quel est pour vous le monument ou le quartier parisien que vous qualifieriez d’intemporel? Le quartier de Belleville qui représente beaucoup pour moi : un village, des amitiés fortes, un quartier qui est resté populaire et qui est d’une mixité incroyable.

Quelle est la chanson qui selon vous est intemporelle? Sans hésiter, La vie en rose d’Édith Piaf.

Merci Nadine. »

Allez découvrir les créations de Nadine sur le site internet Davaï et rendez-vous au Miamophile qui expose ses créations actuellement.

 


LUISA, maman de deux petite filles âgées de 5 et 8 ans et créatrice du PETIT CAFÉ DU MONDE ENTIER

 width=« Luisa, comment est né le si joli Petit café du monde entier? Un jour, j’ai eu un déclic. Je me suis dit que le temps passé au boulot, loin de mes filles, devait vraiment en valoir la peine, j’ai donc décidé de changer de vie ! L’idée de créer un lieu comme le petit café a germé lorsque j’étais enceinte de ma première fille. Pendant mon congé maternité, je hantais les parcs, seule. Les échanges avec les autres étaient restreints. Je devais entendre trois mots dans la journée et j’attendais avec impatience le retour de mon mari le soir pour pouvoir parler enfin. A la naissance de ma deuxième fille, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule mère à me morfondre ainsi. Où va-t-on quand on est enceinte ou mère avec deux enfants? Je me suis dit que je devais monter mon projet de café. J’ai constaté qu’on était très entouré durant la grossesse émaillée de toutes sortes de rendez-vous médicaux notamment mais après, que reste-t-il à part la PMI? Après la naissance de l’enfant, il n’existe pas de lieux où les parents et enfants peuvent se retrouver et créer du lien, il existe des dizaines de forums de discussions mais pas de lieux physiques pour les familles. Je me suis dit qu’il y avait un truc à faire !

La solitude évoquée est-elle propre à Paris selon vous? Je pense que c’est caractéristique des grandes villes comme Paris. A Paris, il y a plein de gens qui viennent d’ailleurs (de province ou de l’étranger) et qui se retrouvent seuls, sans famille, sans amis, sans réseau. Moi qui suis mexicaine, j’ai pu observer qu’il était difficile de s’intégrer ici car les codes sont différents. En France par exemple, on ne parle pas de sa grossesse avant les trois premiers mois, ce n’est pas le cas chez moi où on organise des baby-showers, on offre des cadeaux au bébé bien avant son arrivée.

Comment parvenez-vous à concilier vie familiale et vie professionnelle? Tout d’abord, j’ai à mes côtés, un époux à l’épreuve de tout qui prend en charge la maisonnée. Une baby-sitter va chercher les filles à la sortie de l’école, ensuite, elles viennent parfois au café. Le café étant fermé le lundi, je vais chercher mes enfants à la sortie de la classe ce jour-là. Je ne suis pas à la maison le samedi et je travaille le soir parfois à la maison. Mais nous dînons tous les soirs ensemble et je suis présente pour le petit rituel du coucher. Mon objectif à terme est de réduire mon activité et de rentrer plus tôt chez moi le soir.

Vous arrive-t-il de regretter l’époque où vous étiez salariée? Cela m’arrive parfois, car cela ne fut pas aisé de quitter mon travail en CDI que je connaissais sur le bout des doigts et qui représentait une certaine sécurité. En plus, pour moi qui ai fait de longues études, ce fut difficile de me figurer en train de servir du thé et du café. Et puis, mon activité peut être stressante. Si ce n’est pas moi qui bouge, rien ne bouge. Chaque jour, il faut trouver l’essence qui me fait avancer, je ne peux pas me laisser porter mais mon projet n’en demeure pas moins super exaltant !

Votre café est un observatoire idéal pour scruter les parents, les trouvez-vous stressés les parents parisiens? Oui, tout est compliqué à Paris. Il faut courir après le temps, les appartements sont trop petits, on ne trouve pas de place en crèche, il faut prendre les transports en commun qui ne sont pas bien rigolos, il faut se frayer un chemin avec la poussette, veiller aux voisins qui peuvent râler à cause du bruit etc. Pour moi, Paris n’est pas la ville la plus kids friendly de la terre. D’ailleurs, nombre des habitués du Petit café sont allés s’installer en banlieue ou en province pour y trouver des conditions de vie meilleure.

Y a-t-il un lieu ou une activité qui vous permet d’échapper au tumulte quotidien? Mon pays le Mexique. Et puis, les dimanches matins au lit avec mon mari et mes filles.

Quel monument ou lieu parisien est selon vous intemporel? Le square Léopold-Achille situé dans le Marais, qui est bordé par la rue du Parc royal. C’est un joli square entouré de beaux immeubles.

De même, quelle chanson est intemporelle? Une berceuse mexicaine que je chante à mes filles qui s’intitule El vals del rey (la valse du roi).

Pour finir, avez-vous un message à transmettre aux personnes désireuses de créer leur projet? Fais ce qu’il te plaît vraiment sinon ça n’en vaut pas la peine !

Merci Luisa d’avoir bien voulu m’accorder de votre temps alors que vous rentriez tout juste de vacances et que vous aviez tout plein de choses à mettre en place. »

Rendez-vous au Petit café du monde entier 95, rue du Chemin vert 75011 Paris –  tel : 01 79 25 06 44 – c’est ouvert du mardi au samedi de 10H à n18H30. Sur le site, vous trouverez tout un panel d’activités pour les parents et les enfants.


En surfant sur internet, j’ai découvert un clip très drôle sur les joies de la parentalité qui s’intitule « the parent rap » , je ne résiste pas au plaisir de partager ma découverte. Yo !Image de prévisualisation YouTube

La campagne à Paris contée par une famille écocitoyenne

26 Juil


Sonia et Jean-Philippe ont réalisé le rêve de beaucoup de Parisiens. Ils ont transformé une ancienne menuiserie située non loin de la Villette en un loft avec jardin dans lequel ils vivent avec leurs deux enfants : Côme qui a pointé son nez à « la Menuiserie » il y a 7 ans et demi et Albertine, 4 ans, qui a vu le jour en Indonésie lors des nombreuses pérégrinations de cette famille qui a, entre autres particularités, une vraie conscience écologique.

Cette famille écocitoyenne nous fait partager son état d’esprit sous le regard de « Mathilde la coquine » et « Rose la canne » qui sont les deux superbes poules de la maisonnée. Prenons en de la graine !


« Côme, dis-moi, que fais-tu en faveur de la protection de l’environnement? On donne aux poules tous les aliments qu’on ne mange pas comme les épluchures. Comme ça, les poules grossissent et ensuite, elles pondent des œufs. On trie aussi les déchets et on ne gâche pas le papier en dessinant sur du papier brouillon. Et puis, j’éteins toujours la lumière quand je n’en ai pas besoin.

Fais-tu autre chose? Oui, en hiver, on coupe le chauffage avant de sortir.

Qui t’a parlé de tout cela? Mon copain Jules, mes parents et ma maîtresse à la Living School.

Peux-tu citer d’autres gestes verts? Oui, on achète nos fruits et légumes sans pesticides dans une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne); Loïc le fermier nous les rapporte de sa ferme. Et à la cantine, on ne mange que du bio.

Sonia poursuit : Nous avons un compost. Nous trions bien le papier, les plastiques et le verre. Nous sommes vigilants concernant l’eau; dernièrement, on s’est aperçu que l’eau de la  salle de bain chauffait après un certain temps, on  a noté que nous perdions des litres d’eau à attendre qu’elle chauffe. Alors maintenant, on met l’eau non utilisée dans une bassine puis on l’utilise pour la chasse d’eau.

Nous avons posé des récupérateurs d’eau dans le jardin. L’hiver, nous veillons bien à ne pas trop chauffer la maison, mieux vaut un bon pull. Nous avons peu d’appareils électroménagers (pas de lave-vaisselle ou de sèche-linge). Les enfants portaient des couches lavables quand ils étaient bébés et ce, malgré l’absence de sèche-linge!

Avez-vous une voiture? Non, nous circulons à vélo !

Est-ce rassurant de circuler à vélo dans Paris avec des enfants? Bon, soyons clairs, il faut faire attention. Nous empruntons bien les pistes cyclables et ne circulons jamais sur les couloirs de bus qui tiennent aussi lieu de pistes cyclables, c’est bien trop dangereux. Je crois que l’essentiel des accidents de vélib impliquent des bus.

Côme circules-tu seul sur ton vélo? Oui mais je regarde bien ce qui se passe autour de moi, j’attends bien ma maman. Et puis, je porte toujours un casque et quand il fait sombre, je porte un gilet fluo pour être bien visible.

Où est-il agréable de circuler à vélo? Nous habitons près du bassin de la Villette et jusqu’à Bastille, il y a une piste cyclable protégée, c’est sûr et agréable.

Comment est née cette conscience écologique? Je viens de la campagne, certains gestes tels que l’installation d’un compost sont pour moi naturels. Et puis, à la naissance de Côme, cette conscience a évolué, on s’est dit qu’il fallait vraiment faire attention à nos gestes. Nos lectures se sont orientées vers les livres sur la protection de la nature. Nous avons acheté des produits bio et depuis cinq ans, nous faisons partie d’une AMAP.

Vivre en écocitoyen – manger bio, acheter des produits ménagers bio, cuisiner ses petits pots pour bébé quand on est déjà débordé etc. –  est-il accessible à tous financièrement et en terme de temps?
Du point de vue financier, manger bio c’est faire des choix, pour notre part nous avons troqué les protéines animales(viande, poisson) par des légumes secs couplés à des céréales, les apports recommandés sont là mais le prix est  très inférieur.
On mange essentiellement des légumes et fruits de saisons qui sont souvent moins chers, et surtout des produits « bruts » non transformés. Notre panier de légumes hebdomadaire (via l’AMAP) nous coûte 15 euros par semaine. On le complète en achetant quelques fruits supplémentaires.

Du point de vue de la disponibilité, c’est clair que cela prend du temps mais c’était plus lourd quand les enfants étaient bébés( le soir après la journée de travail, quand les bébés sont couchés, préparer les petits pots … on a heureusement un petit congélateur ce qui permettait de stocker), maintenant que les enfants sont plus grands, tout le monde mange la même chose, c’est plus simple.
Je n’ai pas vécu cette période de « soirées petits pots » comme un sacrifice. J’adore manger des choses que je prépare moi même, entre une soupe en brique et une soupe maison le plaisir n’est clairement pas le même … du coup je me suis toujours dit que Côme et Albertine apprécieraient aussi de gouter tous ces parfums.

Comment sensibiliser les enfants et les ados au respect de l’environnement dans notre société consumériste? C’est le travail des parents d’expliquer que le bonheur ne se mesure pas au nombre de jouets que possède l’enfant, c’est une lutte de tous les jours. Heureusement, nous n’avons pas de téléviseur, Côme et Albertine ne connaissent pas la publicité. Leurs listes de noël sont basées sur leur imaginaire …

Le discours écologique peut parfois sembler drôlement alarmiste et culpabilisant, surtout quand on est parent. Ce discours peut nous pousser à poursuivre une quête obsessionnelle du produit et du mode de vie parfaits, en vain. Comment ne pas péter les plombs ? Pas de quête obsessionnelle chez nous, on essaie juste de faire ce qui est souvent  une question de bon sens.Par exemple, quand les enfants choisissent un fruit ils nous demandent automatiquement s’il est bio ou  pas, non pas qu’ils ne mangent jamais de fruits non bio, mais ils savent très bien qu’ un fruit traité est un fruit qui doit être épluché ! Les autres peuvent être croqués tel quel.

Chaque saison apporte son lot de mauvaises nouvelles d’un point de vue sanitaire,le paraben dans tous les produits de beauté et particulièrement dans les produits bébés, le bisphénol A dans les  biberons ….

Toutes ces choses qui ont permis aux femmes d’avoir la double casquette de femme active et de mère,sont aujourd’hui montrées du doigt, et les femmes culpabilisent d’avoir utilisé tous ces produits « dangereux » les yeux fermés.
Mais il est possible aujourd’hui de faire autrement .On ne communique pas vraiment sur ces autres façons de faire … On pense encore que les couches lavables sont les langes rectangulaires des années 60 difficiles à mettre et réservés aux femmes au foyer. Sait-on que les biberons en verre ne sont pas plus compliqués à utiliser que ceux en plastique si on les recouvre d’une petite coque de protection prévue à cet effet ? On a aujourd’hui à notre disposition les moyens de se « protéger » un peu.

Dans son livre Le conflit. La femme et la mère, Élisabeth Badinter soutient qu’écologie rime avec régression de la condition féminine fustigeant la femme qui s’épuise à concocter des petits pots maisons, à laver des couches lavables, à allaiter etc. Alors? J’ai fait tout ce qu’elle réprouve dans son livre mais je ne me suis jamais sentie aliénée tout en continuant à travailler à plein temps. Je me sens femme, féministe, « maternante » à la fois et je veux le meilleur pour mes enfants. Élisabeth Badinter a oublié une chose capitale : c’est la notion de plaisir. Quand on trouve du plaisir dans ce qu’on fait, où est le problème? J’ai des amies qui ont fait le choix de ne pas allaiter, d’acheter des couches jetables et des petits pots. Il n’y a aucune différence entre elles et moi dès lors qu’on prend du plaisir dans ce que l’on fait. Et je tiens à préciser que je me conduis en écocitoyenne à mon niveau. Parfois, je n’ai pas une attitude écocitoyenne. Cela va être le cas cet été quand nous allons prendre l’avion pour aller au Maroc par exemple. Je ne m’impose pas de contraintes.

J’aurais souhaité que vous évoquiez la Menuiserie. Nous avons découvert la Menuiserie par le biais d’un ami de Jean-Philippe qui venait de se lancer dans la restauration d’une partie de cette même menuiserie.
Nous sommes tombés sous le charme de ce lieu et de son grand espace vert (plutôt une décharge à l’époque) . Il y avait un gros potentiel mais tout à faire. Aidés de nos amis et familles nous avons détruit, vidé, creusé, construit, nous improvisant bricoleurs, architecte et maitre d’œuvre. Les travaux se terminent tout juste après 8 ans de chantier, quelques breaks et deux bébés.

C’est un luxe de vivre dans une telle maison à Paris avec jardin, poules etc. alors que les familles parisiennes vivent dans de tout petits logements onéreux. Je me demandais si, après 8 ans dans ce lieu, vous savouriez toujours la chance de vivre à la campagne à Paris ? Nous savourons tous les jours cette chance. J’ai grandi en pleine campagne, dans une ferme, alors me retrouver aujourd’hui à Paris avec ce havre de verdure sous mes fenêtres, c’était inespéré.
Le jardin est devenu un lieu très ouvert à nos amis, aux amis de nos enfants, quel plaisir de les voir courir, grimper, se cacher dans les bambous. »

Familles du bout du monde en goguette à Paris

17 Juil

Selon le site de la Mairie de Paris, la capitale accueille chaque année plus de 27 millions de touristes dont 18 millions d’étrangers. Parmi eux, de nombreuses familles des quatre coins du monde.
Je me suis rendue Place de l’Hôtel de ville et j’ai abordé quatre familles venues d’ailleurs …


Namaste !

J’ai rencontré Maruti et Shakuntala, parents de Soumya (33 ans) et Shreya (30 ans), ils viennent d’Inde.


« Pourquoi avez-vous choisi Paris pour vos vacances ?
Soumya : Je vis à Francfort en Allemagne, ma famille est venue me rendre une petite visite et nous avons décidé de visiter Paris. Nous sommes arrivés hier. J’ai déjà visité Paris l’année dernière et j’aime cette ville qui est pour moi, une ville d’artistes. Il y a toutes sortes de musées, Paris est une ville très intéressante.
Comment avez-vous préparé votre voyage ?    
Soumya : J’ai consulté le Lonely Planet sur internet.
Où logez-vous sur Paris ? Nous avons loué un appartement dans le 11ème arrondissement de Paris, en passant par le site internet Paris attitude.com.
Qu’avez-vous visité ? Nous venons tout juste d’arriver, nous n’avons pas vu grand-chose.
Quel est votre programme ? Là, nous allons à Notre-Dame. Nous voulons voir le Musée d’Orsay et Versailles.
Que pensez-vous de Paris ?
Maruti : Ce qui nous a particulièrement frappés est que les Parisiens ne parlent pas l’anglais, ce n’est pas simple de communiquer. Si tout le monde parlait anglais comme vous, ce serait bien (Vu mon piètre niveau d’anglais, je n’ose imaginer à quels spécimens parisiens mes amis indiens ont eu affaire …….).
Comment imaginez-vous la vie en famille à Paris ?
Maruti : Cela doit être agréable, j’apprécie l’atmosphère de cette ville. Il y a beaucoup de parcs et le peu que j’ai pu voir est que les familles passent du temps ensemble. De toute façon, tant que la famille est unie, on ne peut qu’être heureux quel que soit l’endroit au monde où l’on se trouve (« when family is cohesive and bound together, it is nice to live anywhere in the world »). »


Ni hao !

J’ai rencontré Bill et Léa avec leur fille Lisa (5 ans), ils viennent de la ville de Yangzhou, non loin de Shanghai en Chine.


«  Pourquoi avez-vous choisi de passer vos vacances à Paris ?
Bill : Ma femme et moi nous sommes mariés il y a 10 ans. Nous sommes venus à Paris avec notre fille pour célébrer cet anniversaire de mariage.
Comment avez-vous préparé votre séjour ? Nous avons notre Lonely Planet et on a fait des recherches sur internet.
Logez-vous à l’hôtel ou dans un appartement ? Nous sommes installés dans un hôtel qui se trouve dans le quartier de la Bastille.
Combien de jours allez-vous séjourner à Paris ? Juste cinq jours, nous avons commencé notre voyage en Europe par l’Allemagne et la Suisse.
Que comptez-vous visiter ? Nous souhaitons visiter les musées à commencer par le Musée d’Orsay et le Louvre.
Comment trouvez-vous Paris ? C’est une ville vraiment magnifique mais le temps n’est pas beau.
Vous imaginez-vous vivre en famille à Paris ? Oh oui, on y a déjà pensé. On aimerait beaucoup vivre ici, c’est un rêve ! »


Hi !

J’ai rencontré Keith, Melissa et leurs filles Isabella (8 ans) et Gabriella (5 ans) ainsi que Niki et son fils Chase (6 ans), ils vivent à Phœnix en Arizona.


« Combien de temps allez-vous séjourner à Paris ? 30 jours.
Pourquoi avez-vous choisi Paris pour vos vacances ? C’est une question qui ne se pose pas. Paris est juste Paris.
Que comptez-vous visiter à Paris ? Nous souhaitons vivre Paris, vivre au rythme des Parisiens. Là, nous allons du côté de Notre-Dame, nous avons envie de marcher, de nous ballader.
Comment avez-vous préparé votre voyage ?
Melissa : J’ai un peu surfé sur internet, j’ai vécu à Paris durant 3 mois, il y a 20 ans, je connais un peu la ville. Je n’ai pas acheté de guide, je n’ai même pas de plan de la ville, Niki a une carte de Paris. On se débrouille comme ça.
Où logez-vous sur Paris ? Dans un appartement qui se trouve dans le 2ème arrondissement et que l’on a trouvé sur le site vrbo.com (vacation rental by owner).
Comment trouvez-vous Paris ?
Keith : Je suis new-yorkais et New-York est une grande ville à l’architecture impressionnante mais Paris est une ville plus belle, j’aime les vieux monuments parisiens, cela n’existe pas à New-York qui est une ville récente. Cette Place de l’Hôtel de ville est magnifique, j’aime le bâtiment de la Mairie de Paris.
Vous n’avez pas de chance avec le mauvais temps. Vous savez, nous vivons dans le désert, en ce moment à Phœnix, il fait 116° Fahrenheit (environ 46°C) alors un peu de pluie, ça fait du bien.
Que pensez-vous des Parisiens dont beaucoup disent qu’ils sont bourrus ? Je pense que les Parisiens sont comme les New-yorkais, ils sont concentrés sur ce qu’ils ont à faire, ils sont pressés, toujours occupés. Mais si on est sympa, si on est souriant, l’autre l’est aussi, c’est ce que je pense.
Comment imaginez-vous la vie en famille à Paris ? Je pense que c’est agréable et simple d’élever des enfants à Paris. Le seul défaut dans cette ville est qu’il n’y a pas assez de toilettes.*
Je trouve que les moyens de transport sont très pratiques, vous avez le métro, les bus. Chez nous à Phœnix, on se déplace tout le temps en voiture, ce n’est pas possible autrement.

* C’est seulement une fois rentrée chez moi que je me suis souvenue de la parution toute récente d’un « guide pratique et culturel  des WC gratuits » à Paris.


Bonjour !

Pour finir, j’ai abordé un fringant et sympathique jeune grand-père de Montréal en visite à Paris avec sa fille et sa petite-fille. Tabernacle ! Paris n’est décidément pas sa tasse de thé …


Pourquoi avez-vous choisi de séjourner à Paris ? Pour des raisons familiales, nous allons rester un mois environ à Paris.
Que souhaitez-vous voir de la ville ? Des musées que l’on a déjà vus, que l’on voudrait revoir. On va voir les classiques : le musée du Louvre, le jardin du Luxembourg, prendre le Batobus.
Que pensez-vous des Parisiens décrits parfois comme peu sympathiques ? NOUS CONFIRMONS. Mais à l’extrême opposé, il y a aussi des gens qui sont vraiment très gentils. Voici l’exemple d’une mauvaise expérience que nous avons vécue: l’an passé, nous voulions visiter la Conciergerie et nous avons demandé notre chemin à un taxi, nous étions tout prêt du lieu ; le chauffeur de taxi a répondu qu’il ne savait pas et là on a compris qu’on l’embêtait et qu’il ne voulait pas répondre… J’ai beaucoup voyagé et je trouve les Parisiens, pour la plupart, très arrogants. Bon, encore une fois, il y a des exceptions … Et malheureusement lorsque les touristes arrivent en France, ils arrivent à Paris et ont affaire aux Parisiens. Beaucoup donnent de mauvaises informations quand on leur pose des questions, vraisemblablement pour se débarrasser des gens. Mais bon, Paris ce n’est pas la France et en province, c’est différent. Il y a beaucoup de touristes à Paris qui viennent dépenser leur argent dans la capitale et il faudrait peut-être songer à changer d’attitude.
Ah, j’ai une chose à dire à M. Delanoë qui va passer à Québec pour le sommet de la langue française, je veux lui dire que je trouve que la langue française ici est malmenée. Au Québec, nous luttons férocement pour conserver cette belle langue et ici elle est vraiment massacrée, ça n’arrête pas : on parle de « phone house », pourquoi ne pas dire « boutique du téléphone », ça ne fait pas assez branché ?! Je comprends que Paris est une ville internationale mais pourquoi l’anglais devrait-il dominer culturellement, économiquement ? Pour tout vous dire, j’ai l’impression que la France s’américanise tellement qu’on peut représenter le Français avec des oreilles de Mickey !
Vous vous imagineriez vivre à Paris en famille ? N’y vivant pas, j’ignore si c’est vraiment adéquat, c’est vous qui devriez me répondre puisque vous habitez ici.
A votre avis ? C’est une ville vivante. Mais j’imagine le quotidien des parisiens stressant, je pense que ça doit être difficile de subir chaque jour le métro, le train, toute cette cohue. Et puis, je sais que les appartements sont petits, les loyers sont chers par rapport à Montréal. Il faut être nanti pour vivre bien ici. Si vous allez à Montréal, vous verrez que « ça relâche ».
Vous semblez remonté à l’égard de Paris et des Parisiens ? J’ai été victime d’un pickpocket dans le métro et à plusieurs reprises, on m’a mal renseigné … Et puis, en ce moment, on loge du côté de Belleville et on vit au milieu des prostituées, ce n’est pas top. Il y a une espèce de laxisme, c’est bizarre … Et puis, il y a beaucoup de mendicité. Personne ne fait rien.

Histoires de goûts: une famille sénégalaise

8 Juil

Paris est un kaléidoscope où toutes les communautés du monde cohabitent : hommes et femmes venus d’Afrique ou d’Asie pour trouver des conditions de vie meilleures, étudiants étrangers désireux de découvrir une autre culture et de « s’encanailler », expatriés en poste dans la capitale, amoureux et amoureuses ayant suivi leur moitié etc.

Quand on est loin de son pays d’origine, rien de tel qu’un bon petit plat du pays pour se rappeler le goût et l’odeur des racines.

Kady et le goût du Sénégal

Je suis allée à la rencontre de Kady, qui vient du Sénégal et qui habite aujourd’hui dans le 20ème arrondissement de Paris. Je lui ai posé des questions sur sa vie familiale dans la capitale et je lui ai également demandé de révéler les secrets de sa recette sénégalaise préférée. C’est avec beaucoup de gentillesse et d’enthousiasme qu’elle a bien voulu évoquer certains aspects de son quotidien puis elle a donné sa recette du yassa au poulet, un plat originaire de la Casamance.

Une fois rentrée à la maison, je me suis mise aux fourneaux, le résultat se trouve à la fin de ce post !

République du Sénégal

Afrique de l’ouest

Capitale: Dakar
Population : 12 millions d’habitants
Diversité linguistique : diola, malinké, pular, soninké, wolof etc.
Culture : littérature (Léopold Sédar Senghor, Birago Diop ou Aminata Sow Fall), musique (Youssou N’Dour, Ismaël Lo), arts (Osman Sow).
Cuisine : thiep bou dien, maffe, caldou, soupe kandia etc. Autant de mets occupant une place essentielle dans la culture et la vie quotidienne sénégalaises, mis à l’honneur dans « Un grain de vie et d’espérance » de l’écrivain Aminata Sow Fall et dans le livre de Youssou N’Dour, « La cuisine de ma mère ».

Native de la ville de Thies, à 70 kilomètres de Dakar, et d’origine diola, Kady est la maman de trois garçons (Abba, 21ans, Mohammed, 11 ans et Ismaïl, 7 ans qui sont nés en France). Elle parle le wolof et le diola. Elle vit aujourd’hui dans le 20ème arrt de Paris, dans le quartier des Amandiers, après avoir vécu dans le quartier de la Chapelle dans le 18ème puis, dans le 15ème arrt.

« Depuis quand habitez-vous à Paris? Au mois d’aout, cela fera 22 ans que j’ai quitté le Sénégal pour rejoindre mon mari à paris.

Vous souvenez-vous de vos premières impressions? Beaucoup de tristesse, j’ai eu du mal à vivre dans un studio. J’ai vraiment eu du mal à le supporter. Et, je me souviens que je manquais de chuter quand j’empruntais les escalators (rires). Mes nièces m’avaient mise en garde pourtant, elles m’avaient fait peur avec çà !

Quelle enfance avez-vous eu? Je vivais en milieu urbain, j’ai le souvenir de routes propres et larges, je passais mon temps à courir.

En quoi l’enfance de vos enfants est-elle différente de la vôtre? J’ai eu une enfance très heureuse, il y avait beaucoup de fous rires. J’avais un cadre familial équilibré, un bon père mais mes enfants n’ont pas cette chance malheureusement … Élever un enfant à Paris est difficile. Au Sénégal, l’enfant vit dehors, il n’y a pas de problèmes, il y a toujours une personne qui veille sur lui. A Paris, ce n’est pas le cas, on ne peut pas laisser ses enfants jouer en toute liberté dans la rue, il faut toujours avoir un œil sur ses enfants.

Quelle mère êtes-vous? J’essaye d’être un parent moderne, je ne suis pas dans la tradition. J’essaye de faire comme les autres, comme les Européens. En Afrique, on dit : Si tu vas dans un autre pays et que dans ce pays, tout le monde marche sur ses deux pieds, fais de même, ne marche pas sur un pied sinon, on va te remarquer!

Comment transmettez-vous la culture de vos origines sénégalaises à vos fils nés en France? Tout passe par la cuisine, la cuisine c’est les racines et puis, j’aime leur raconter des contes et des fables que l’on me racontait le soir quand j’étais enfant. Il y a par exemple, le conte « Leuk » qui signifie lièvre en wolof.

Leur parlez-vous en wolof ou en diola? Seulement quand je les gronde et là, ils comprennent tout de suite !

Quelles activités faites-vous avec vos enfants? On aime aller au square de la rue Duris où mes garçons retrouvent leurs amis et ont leurs marques. On fait du shopping, on va au théâtre et ils m’accompagnent à mon cours de danse de ballet africain. Je vis avec mes fils, ils sont toujours près de moi. On se sépare uniquement quand ils vont à l’école et moi au travail.

Je crois savoir que vous êtes très investie dans la vie de votre quartier où tout le monde vous connaît. Oui, j’aime discuter avec les gens et essayer de résoudre les problèmes du quartier, notamment avec l’équipe du centre social des habitants des Amandiers, la 20ème Chaise, qui propose de nombreuses activités dont l’aide aux devoirs, une université populaire et citoyenne, des ateliers parents-enfants, des sorties culturelles etc. Cette année, je fais partie d’un projet de théâtre participatif interprété par les parents des Amandiers.

Où retrouvez-vous le Sénégal à Paris? Dans le quartier de Château-Rouge où j’achète les produits de chez moi, je vais aussi dans celui de Stalingrad. J’y achète les feuilles de bissap, le gombo, les diahatous qui sont des aubergines du Sénégal et du Mali, le poisson fumé et le yet qui est un escargot coupé en petits morceaux, on s’en sert pour préparer le thiep qui est du riz au poisson.
Je vais parfois au restaurant Porokhane qui se trouve dans le 11ème arrondissement  de la capitale, rue Moret.

Dernière question avant de passer à votre recette, quelle est votre chanson sénégalaise préférée? La chanson « Tajabone » d’Ismaël Lo. »

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Le Yassa au poulet de Kady

Préparation : 30 min.

Cuisson: 50 min.

Les ingrédients :

Pour 4/5 personnes
– 1 poulet fermier
– 6 oignons
– 4 citrons
– 6 gousses d’ail
– 3 cubes de bouillon Maggi (« jumbo »)
– sel, poivre, moutarde, feuilles de laurier, huile d’arachide
– olives vertes dénoyautées

Couper le poulet en morceaux puis le faire mariner idéalement 12 heures dans le mélange huile+ ail écrasé+ 1 cube Maggi émietté+le jus de 2 citrons
Puis, faire griller le poulet au four en position grill jusqu’à ce qu’il soit doré (environ 30 mn).
Dans un plat, mélanger les oignons coupés en lamelles + ail + 2 cubes Maggi + sel+ poivre+ le jus de 2 citrons+ 1 cuillère à soupe de moutarde+ poivron en petits morceaux+ 5 feuilles de laurier.
Une fois le poulet doré, déposer le poulet dans une cocotte puis y ajouter le mélange à base d’oignons + 1 verre d’eau
Faire cuire environ 20 min. à feu moyen. A la fin, ajouter les olives.

Bon appétit !