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Le cirque en famille d’Alexandre et Délia Romanès

19 Mar

J’aurais aimé être Tzigane. Je me reconnais dans les valeurs de cette communauté, son mode de vie empreint de liberté me fascine, sa musique chaleureuse me touche. Plus encore, j’aurais aimé être une des contorsionnistes tziganes du si poétique cirque Romanès.
C’est donc par une après-midi enneigée que je me suis rendue au campement du « premier cirque tzigane d’Europe », du côté de la Porte de Champerret, afin de m’entretenir avec Alexandre Romanès qui, dès qu’il m’a vu, m’a claqué la bise, offert un exemplaire de son recueil de poèmes « Paroles perdues » et m’a dévisagé avant de me demander : « Vous ne seriez pas Tzigane vous? » … Oui!
Trois heures durant, nous avons échangé sur le cirque en famille qu’il a fondé avec son épouse Délia ainsi que sur son parcours hors du commun: acrobate, dompteur de fauves pour le cirque Bouglione, luthiste baroque, poète auteur de trois recueils d’aphorismes publiés chez Gallimard, proche de Jean Genêt, Jean Gosjean et Yehudi Menuhin, porte-drapeau de la France lors de la dernière exposition universelle à Shanghai, fondateur avec son épouse du premier centre artistique tzigane « Tchiriclif ». Quel parcours mes amis! Et pourtant, l’homme, encensé par les médias, frappe par son étonnante simplicité, son humilité, sa générosité.
Je vous propose en écoute de ce post « Bàiatul Meu, Safirul Meu » chanté par Délia Romanès.

Bonne écoute et bonne lecture!

 

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« Alexandre Romanès, comment est né votre cirque? Il est né d’un drame. A une époque, je jouais du luth et donnais des concerts de musique baroque dans les églises et un jour, on m’a volé ma fille… C’était il y a vingt ans. Suite à ce drame, j’ai rangé mon instrument dans sa boîte et je n’en ai plus jamais joué, je me suis puni. Et puis, des années plus tard, je suis revenu au cirque. Jean Genêt et moi avions le projet de monter ensemble un cirque mais ça ne s’est pas fait. J’ai créé le cirque Romanes avec ma femme Délia, il y a 19 ans. C’était pour me sauver suite à la perte de mon enfant. Je me souviens que je tournais en rond, j’avais une petite caravane que je plantais dans les camps tziganes de Paris et un beau jour, j’ai observé autour d’un feu, des musiciens, une enfant qui faisait des contorsions, un autre gamin qui faisait des acrobaties, un de mes cousins présents s’est emparé de ses massues et s’est mis à jongler et là, je me suis dis « voilà,ça c’est joli, c’est ça le cirque, je veux faire du cirque. » Aujourd’hui, mes filles font presque tout, on peut dire qu’elles font les  trois quarts du spectacle.

Quel est l’esprit du cirque Romanès? On n’a pas de conventions. En réalité, on ne donne pas de spectacles. On peut dire que nous attirons les déçus du cirque classique. Vous savez, un vieux monsieur ayant assisté à notre spectacle à Bordeaux m’a dit cette chose : « cela fait des années que j’emmène mes enfants et petits-enfants au cirque et à chaque fois, j’ai l’impression de me faire voler et là, je sors d’un cirque gitan, c’est la première fois que je n’ai pas l’impression de me faire voler! »

Le cirque Romanès invité à Shanghai par le pavillon français à l’occasion de l’exposition universelle, quelle fierté pour la communauté tzigane d’être le porte-drapeau de la France ? Nous avons été très bien accueillis en Chine, les Chinois ont adoré. Selon eux nous serions le cirque le plus poétique. Vous savez ce que je retiens de cette aventure merveilleuse? C’est le voyage en avion vers la Chine. J’ai fait 200 signes de croix et j’ai demandé au pilote de l’avion de voler moins vite et plus bas, il m’a dit qu’il le ferait. Je l’ai cru.

Vous craignez les vols en avion alors que vous avez été dompteur de fauves ! Un avion est une machine sur laquelle je n’ai aucune maîtrise, ce n’est pas le cas des lions!
Vous ne prenez pas la grosse tête? Ah non! Et vous savez, je suis né dans une famille très riche mais jusqu’à l’âge de 15/16 ans, j’ai cru qu’on était pauvre. Mon père considérait que la plus grosse insulte était « gosse de riche », il nous a donc mis dans la tête qu’on était pauvre. Connaissez-vous ce proverbe tzigane : « Ne te moque jamais des riches, cela pourrait t’arriver ». La richesse n’est pas matérielle.
Les femmes (vos filles) sont très nombreuses dans le dernier spectacle. Quelle est la place de la femme chez les Tziganes? Les femmes sont des reines, elles dominent, elles ne travaillent pas et décident de tout! Elles donnent souvent des prénoms féminins aux garçons, cela leur plaît. J’ai trois fils qui ont des prénoms féminins : Sorine, Dorine et Aline, ce sont les femmes qui veulent ça! La bizarrerie ne réside pas dans le fait que les femmes dominent, la bizarrerie est que cette domination ne pose pas problème aux hommes qui n’en parlent pas et ne contestent pas cet état de fait. Ils ne se sentent pas diminués pour autant. Mon fils Sorine a dit une très jolie chose : « ce serait joli s’il n’y avait que des femmes »… J’ajouterai qu’un trait de caractère des Tziganes est leur grande pudeur : un homme ne dira pas « je t’aime » à sa femme, par pudeur, mais on se marie très jeune et on fait des enfants très jeunes, une de mes filles a mis au monde un bébé à l’âge de 13 ans.

Quelle fut votre réaction? Cela fut un choc, elle était très jeune. Je me souviens qu’elle se tenait devant moi, j’ai fermé les yeux et je me suis dit « je lui arrache la tête ou je la prends dans mes bras » et je l’ai prise dans mes bras. Je lui ai dit que nous allions faire exactement ce qu’elle voulait, elle avait 13 ans, c’était lourd pour elle, il fallait la rassurer, ne pas en rajouter. Je lui ait dit  que nous allions faire ce qu’elle voulait. Je lui ai fait comprendre que ce n’était pas un drame.
Chez les Tziganes, il n’y aurait donc pas de difficultés à rencontrer l’âme sœur contrairement à ce qui se passe dans nos sociétés occidentales? Ce phénomène est un désastre, on ne se parle plus, on ne se rencontre plus. On est obsédé par la réussite sociale, la réussite matérielle, les vacances à Ibiza, l’obsession d’être à la mode, la mise sur un piédestal de la jeunesse et de la force …

Parlez-moi du quotidien de la famille Romanès? On est complètement désorganisé, une entreprise tzigane, c’est de la folie, il n’y a rien de logique. Je me dis toujours qu’il nous faudrait une goutte de sang allemand!
Concernant le choix des numéros, si un enfant veut aller dans une direction, on en parle et il est rare que les idées de mes enfants ne me séduisent pas. S’il n’y avait qu’une règle, ce serait la suivante : je m’arrange toujours pour que les répétitions soient un plaisir, un amusement. Ah, si les enfants allaient à l’école avec plaisir …
Que voulez-vous transmettre à vos enfants ? Tout d’abord, je souhaite qu’ils ne dépendent de personne. S’ils reprennent le cirque, ils ne dépendront que d’eux-mêmes. Et puis, j’aimerais qu’ils gardent les pieds sur terre, qu’ils ne prennent pas de drogues et qu’ils fassent montre de modestie. Mes enfants ignorent ce qu’est une boîte de nuit, ce qu’est un joint, ce qu’est la mode. Ah, la mode! Ma fille Rose va à l’école 2 jours par semaine. Je me souviens d’une de ses réflexions, le 1er jour où elle est allée à l’école. Je l’attendais à la sortie et elle m’a dit : « Oh, papa, ils m’ont fait une de ces têtes avec la mode, je n’avais pas les bonnes chaussures, je n’avais rien de bon. Est-ce que c’est important la mode? » Je lui ai répondu que non et là, elle m’a dit une chose extraordinaire : « Je le savais papa ». Nous, on ne cherche pas à avoir les dernières lunettes à la mode.

Et si vos enfants décidaient d’arrêter le cirque? Ils peuvent prendre cette décision mais il faut bien comprendre qu’il est très difficile d’arrêter le cirque quand on est né dans ce milieu. Que peut-on faire de mieux que voyager, rencontrer des gens, être applaudi, être sous les projecteurs, changer de ville, ne pas avoir de patron, vivre dans une caravane située à 10 mètres de son lieu de travail?
Ce n’est donc jamais difficile le quotidien dans un cirque, il n’y a pas de week-end par exemple? Oui mais vous avez vu les gens qui travaillent  en région parisienne, quelle vie ils mènent! Ils n’ont qu’une idée en tête, rentrer chez eux et regarder la télé pour se vider la tête! Je comprends bien pourquoi la télévision a autant de succès, on lui demande une seule chose à la télé : des conneries pour ne plus penser à rien, voilà d’où vient  la force de la télé!
La vie dans un cirque ne ressemble pas à cela : on se lève vers 9h, on prend le temps, vers 10h/11h, on commence à s’activer : on remplit les cuves de gasoil ou on part faire des courses, les plus jeunes commencent  à répéter et s’arrêtent quand ils le veulent. On essaye de rester sérieux tout de même et de répéter au moins 1h – 1h30 par jour. Parfois, ils répètent 3 ou 4 heures s’ils s’amusent. On n’est pas pris par le temps bien qu’on fasse beaucoup de choses. Et travailler avec une équipe agréable, c’est formidable!
Quels étaient vos rêves d’enfant? J’étais un grand rêveur. Je suis allé à l’école durant 3 ou 4 mois, pas plus. Un jour, la maîtresse nous a proposé des déguisements et pour moi, elle a choisi celui de Pierrot…
Quels sont vos rêves aujourd’hui? J’aimerais rassembler les plus belles pièces de musique baroque et diriger un orchestre de musique baroque mais c’est trop tard, on ne peut pas tout faire. Cependant, j’ai l’intention de redonner des concerts.
Y a-t-il une chanson que vous affectionnez tout particulièrement? Je me suis arrêté au 17ème siècle mais de temps en temps, j’écoute du Brassens. Et il y a une chanson que j’aime écouter qui parle d’un gros dégueulasse qui tient un bar dans le vieux Paris, il est marié à une femme très belle, il boit du gros rouge … Je ne me souviens pas du titre.
Quel est votre coin préféré à Paris? Je déteste les villes, je trouve qu’elles se ressemblent toutes mais si je devais vivre à Paris, j’habiterais du côté de la Goutte d’Or qui est selon moi, le quartier le plus vivant de Paris mais il a été très abîmé.

Pouvez-vous me parler du centre artistique tzigane Tchiriclif? Tchiriclif veut dire oiseau. Ce projet est né de la constatation suivante : il se passe des choses artistiquement sur les camps tziganes mais personne ne les voit. L’idée est de les montrer et comme personne ne veut les programmer, nous allons les programmer. Ce projet est surtout une idée de Délia. Mon rêve à moi est d’acheter un petit âne et de me promener dans le sud du Maroc. J’aimerais tenter l’expérience du désert.

Quels sont les voyages à venir? Nous étions à Turin puis, à Bordeaux avant de revenir sur Paris. Nous prévoyons d’aller dans le Bassin d’Arcachon, à Marseille, à Strasbourg, à Munich, à Berlin.

Merci Alexandre Romanès!

 

A vos agendas :

– Jusqu’au 1er mai 2013, ne manquez pas le dernier spectacle du cirque Romanès intitulé « Lignes de la main jusqu’au coude » au cœur même du campement Romanès, 42/44 bd de Rheims, Paris 17ème (métro Porte de Champerret).

– Les 23, 24 et 25 mars 2013, venez découvrir la richesse de la culture tzigane à l’occasion de l’ouverture du centre artistique tzigane Tchiriclif avec une programmation pluridisciplinaire (conférences,danse, chant, artisanat tzigane etc). Toutes les informations sur http://www.tchiriclif-centreartistiquetzigane.com/.

 

Un papa américain à Paris … suite

20 Jan

Dimanche dernier, dans un petit café de la Place des Abbesses, je m’entretenais avec David, papa originaire du New Hampshire qui, avec son délicieux accent américain, parlait éducation des enfants à Paris, partage de la culture d’origine, hamburger maison etc… Au cours de notre conversation, il évoquait le fait que Mattéo, son fils de 10 ans, jouait dans un groupe de rock « les 6 /18 de Montmartre ». Il avait omis de me dire qu’une vidéo montrant les rockeurs en herbe lors de la dernière fête de la musique circulait sur Dailymotion, il m’en a parlé hier alors que nous faisions un débriefing de son interview et voilà le résultat, formidable ! Retenez le nom de ce groupe, qui s’entraîne tous les mardis au centre musical Barbara, du côté de Barbès, ils vont faire du bruit !!!

Bravo à Lilou, Edgar, Saci, Eliot, Justin et Mattéo qui est le chanteur aux cheveux longs, celui à l’accent américain!

 

http://www.dailymotion.com/video/xrtmtq

 

 

 

 

Il était une fois une girafe, un ours polaire et une famille de coccinelles

19 Jan


La ville de Boulogne Billancourt s’est dotée d’une nouvelle crèche dont les parents en attente d’une place en structure collective pour leur enfant n’oseraient rêver, il s’agit de la crèche C1 dite crèche de la girafe située dans le quartier du Trapèze, non loin de l’Ile Seguin et de la Tour Jean Nouvel.

L’édifice, inspiré de l’imaginaire enfantin, semble raconter une histoire : le bâtiment est porté par une girafe impressionnante couleur jaune citron, un ours polaire tente d’atteindre l’étage supérieur du bâtiment tandis que des coccinelles grimpent le long d’un mur. On se croirait dans « Zarafa », « Arctique » et « Minuscules » à la fois !

Le cabinet d’architecture Hondelatte Laporte n’avait pas seulement à cœur de faire rêver les enfants, parents, personnel amenés à fréquenter la crèche ainsi que les habitants du quartier du Trapèze, les architectes ont également veillé à construire un bâtiment respectueux de l’environnement dotant l’édifice de panneaux voltaïques, de panneaux solaires et autre ventilation à double flux.

Les instigateurs du projet ont ainsi relevé un sacré défi : construire une crèche écologique agrémentée de sculptures ludiques exprimant le monde de l’enfance qui se fonde harmonieusement dans l’environnement urbain. Il s’agirait d’une métaphore de la jungle urbaine, j’y vois une invitation à badiner dans l’imaginaire enfantin … et l’envie de faire un troisième enfant juste histoire de s’approprier ce lieu.

Jugez par vous-même!

cabinet Hondelatte Laporte- crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

Que va-t-on trouver au pied du sapin?

13 Déc

 

J – 12 … Noël approche à grands pas, les lettres au bonhomme rouge sont envoyées. Petits et grands enfants rêvent de trouver sous le sapin qui une poupée, qui une voiture télécommandée, qui un joli livre …
La semaine dernière, alors que je faisais la queue au cinéma pour voir le dernier Kirikou avec mes enfants, j’ai demandé à Célia, Martin, Jules, Nathan et Lou de me révéler le contenu de leur lettre au Père noël. J’ai aussi écouté les réflexions des parents qui vont jouer les bonshommes rouges au chapeau pointu dans l’espoir de combler les attentes de leurs rejetons.

Peu avant, je m’étais entretenue avec une professionnelle du jouet sur cette frénésie qui agite, d’un coup d’un seul, les familles au mois de décembre. Aurélia, créatrice de la jolie boutique un Zèbre au grenier et maman d’une petite fille de cinq ans, est passionnée par les jouets, objets de décoration, vêtements pour enfants qu’elle déniche notamment lors de ses pérégrinations en France et dans les pays du Nord de l’Europe qu’elle affectionne pour leur originalité et leur utilisation de matériaux de bonne qualité. On a beaucoup parlé de l’influence de la télévision et de la publicité sur les choix cadeaux de nos enfants … du règne des licences … du rôle du jouet… du comment être sûr de choisir le bon cadeau…

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En faisant la queue devant le cinéma pour voir Kirikou …

Célia, 5 ans et demi, est venue voir Kirikou avec sa baby-sitter Selma

« Bonjour Célia, qu’aimerais-tu trouver au pied du sapin cette année? Euh… Mes parents m’ont dit que je voulais trop de jouets … Je veux trop de choses alors j’ai dit ce que j’aimais le plus et le Père noël choisira.

Alors, quels sont les jouets que tu aimes le plus? J’aimerais bien avoir le déguisement de Raiponce, je l’ai vu chez Disney et aussi une boîte avec des perles pour faire des colliers et des bracelets et puis un chien qui aboit et tourne la tête, j’en au vu un très joli dans le catalogue des jouets et puis des bottes comme celles de ma copine Léa, elles sont en fourrure … Et puis, du maquillage mais ma maman ne veut pas que je me maquille quand je vais à l’école, je peux parfois mettre du vernis sur les mains quand on est en vacances. »

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Jules et Nathan (13 ans) sont jumeaux, ils sont venus voir le dernier Ocelot avec leur petit frère Martin qui a 6 ans et leur père, Bruno

« Bonjour, que souhaitez-vous trouver au pied du sapin cette année?

Jules : Moi, j’ai demandé de l’argent …

Tu as une idée de comment tu vas utiliser cet argent? Oui, j’ai ma petite idée, j’aimerais m’acheter un I-pod ou une console de jeux mais je ne suis pas bien sûr.

As-tu déjà été déçu par un cadeau? Oui, l’an dernier ma tante m’a offert un cadeau qui ne correspondait pas à mon âge.

Le père, Bruno : En fait, ma sœur lui a offert des vêtements tout à fait à sa taille mais qui ne correspondaient pas au type de vêtements que Jules aime porter. Mais ils étaient très beaux ces vêtements…

C’est parce que tu as été déçu que tu préfères recevoir de l’argent? C’est simplement que je ne sais pas encore ce que je veux et je préfère faire les magasins et faire mon choix.

Nathan : J’ai demandé pas mal de choses : un ocarina, une jolie montre et une trottinette à grosses roues.

C’est original de jouer de l’ocarina.

Bruno: En fait, Nathan veut jouer de cet instrument car une héroïne d’un jeu vidéo joue de l’ocarina.

Et toi Martin? Je voudrais un train de marchandises, un train Légo et un train télécommandé … Je voudrais trois trains! »

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Lou, 7 ans, mangeait des biscuits avec sa maman, Carole

« A quoi ressemble ta commande de noël? J’aimerais avoir un déguisement de princesse et des rollers comme ma sœur.

Carole, la maman: Je pense que tu es trop jeune pour faire du roller. Sa sœur a débuté à 10 ans et ça n’était pas simple!

Lou: Alors, je voudrais un vélo.

Carole : On verra.

Lou, penses-tu qu’il y a des jouets pour les filles et des jouets pour les garçons? Oui mais quand je suis avec mes cousins, j’aime bien jouer avec leurs jeux.

Quels jeux de garçons tu aimes bien? J’aime bien leurs personnages des Power Rangers par exemple et leurs épées!

On dit que les enfants n’aiment pas trop recevoir de livres et préfèrent les jouets, qu’en penses-tu? J’aime bien les livres mais pour moi, les vrais cadeaux, ce sont les jouets. »

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Aurélia m’a gentiment accueilli dans sa boutique, le Zèbre au grenier, véritable caverne d’Ali Baba pour les enfants et les parents. On y trouve des jouets traditionnels à prix très abordables dont beaucoup sont une invitation à un voyage vers le passé. Comme le dit Aurélia, la référence à nos parents et à nos grand-parents nous rassure. Dans les années 60, on regardait vers l’avenir, on parlait progrès … Aujourd’hui, temps de crise oblige, on aime se rappeler l’odeur des pots de colle d’antan, les poupées de papier ou le téléphone Fisherprice.

« Que pensez-vous de l’influence de la télévision et du règne des licences et super héros qui se déclinent en figurines, t-shirts et déguisements? J’ai une amie qui n’avait pas le droit de regarder la télé quand elle était enfant et je dois dire qu’elle est devenue une dingue du petit écran… Une autre connaissance, qui avait des parents très stricts lui ayant interdit de regarder la télévision, leur en a toujours voulu car elle a eu le sentiment de ne pas avoir de repères communs avec les gens de sa génération. Je crois qu’il ne faut pas tout interdire, cela crée de la frustration. Il faut essayer de trouver un équilibre. Pour ma part, je n’ai pas la télévision, je ne prends pas les catalogues de jouets au moment de noël, je n’aime pas trop les produits dérivés des dessins animés Walt Disney et je n’ai pas emmené ma fille voir les vitrines de noël des grands magasins remplis de Barbies vêtues de rose placées en tête de gondole et dont on a l’impression qu’elles vont nous sauter au visage. Cependant, à 3 ans, elle voulait une poupée Barbie qu’elle a aperçue au BHV. Elle savait à peine parler mais elle a pu dire « c’est ce que je veux que le Père noël m’apporte »! On lui a acheté une poupée espagnole Paola Reina, elle était ravie! Aujourd’hui, elle a des poupées de toutes les couleurs, une noire, une indienne etc.

L’an passé, elle a demandé  la poupée de la Belle et la bête pour noël, elle joue beaucoup avec cette poupée, lui confectionne des vêtements en papier. Les grands-parents ont offert le livre de la Belle et la Bête, une jolie version, pas un énième Disney. Et quand il s’est agi d’acheter le film, on a opté pour la version de Jean Cocteau, en noir et blanc. Au début, j’avais peur de la décevoir mais elle adore ce film et est en empathie totale avec la Bête.

Cette année, elle souhaite se voir offrir le déguisement de Lucille, héroïne du film « Un monstre à Paris », j’ai trouvé un blog de maman qui propose une idée de confection de la robe.

Ma fille a un t-shirt orné de trois princesses Disney, elle adore ce vêtement. Quand elle est partie en colo pour la première fois, l’an passé, elle s’est inquiété d’une seule chose : savoir si elle pouvait emporter ce t-shirt fétiche. Elle possède aussi un pot de yaourt avec des personnages Disney dessus. Bref, toujours par souci de ne pas frustrer, je laisse une place – un peu de place mais pas trop – à ces choses.

Comment choisit-on un cadeau pour un enfant selon vous et quelle est la fonction du jouet? Quand les clients entrent pour acquérir un cadeau de naissance par exemple, j’observe qu’ils mettent beaucoup d’eux-mêmes, ils recherchent un objet qui leur ressemble, qui les rappelle eux, ils veulent créer un lien avec le bébé mais ils choisissent aussi selon ce qui fera plaisir aux parents. Je me souviens d’une jeune cliente venue acheter un cadeau pour le bébé d’une amie. Elle a acheté un doudou classique car elle disait que la maman était plutôt classique mais elle avait craqué pour un autre doudou, un superhéros plus moderne. Pour les cadeaux naissance, les boîtes à musique séduisent beaucoup aussi. Pour ce qui concerne la fonction du jouet, je dirai qu’avant 18 mois, le jouet doit être investi par les parents ou par un tiers sinon il y a de fortes chances qu’il soit laissé de côté. L’important pour les tout petits enfants, c’est de communiquer avec leurs parents et le jouet peut en être le vecteur, il va favoriser la communication, l’échange, ce peut être un doudou qu’on va faire parler. Si les petits enfants adorent jouer avec les clés de la maison ou les téléphones portables, c’est parce qu’ils veulent avoir entre leurs mains ce à quoi leurs référents s’intéressent et donc communiquer avec eux par le biais de ces objets. Après 18 mois, les enfants aiment les jeux d’imitation et s’intéressent aux petites cuisinières ou aux établis. A cette période, les petits se tournent vers les jeux de construction, ils aiment assembler, empiler. Tout cela permet de développer le langage et la motricité fine. Plus tard, ils aiment les déguisements qui leur permettent de raconter des histoires.

Pensez-vous qu’il y a des jouets pour les garçons et des jouets pour les filles? Là, je suis traditionnelle. Et dans ma boutique, je suis le marché. Je sais que les garçons aiment les jouets de garçons et vice versa pour les filles. Les jouets mixtes fonctionnent jusqu’à 18 mois, après il y a une distinction, les univers ne se croisent plus.

Un dernier mot? J’aimerais évoquer la notion de « boîte à désirs » dans laquelle placer ses désirs et demander pour noël l’objet des vrais désirs, ceux qui restent, ceux qui ont perduré. La notion de « boîte à désirs » fait ainsi échec aux achats d’impulsion dont on se lasse souvent très vite. Je me rappelle d’une petite fille qui voulait à tout prix que sa maman lui achète la cage à oiseau chanteur. Sa mère lui a dit de bien réfléchir, voulait-elle vraiment cet objet? Et bien quelque temps plus tard, la petite fille est revenue et alors, quelle joie pour elle de recevoir ce cadeau qu’elle désirait tant! »

Merci à tous ceux qui ont bien voulu s’exprimer dans ce post et JOYEUX NOËL !

 

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Pour finir, voici une vidéo montrant un enfant catastrophé lorsqu’il découvre des livres parmi ses cadeaux!

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Quand je serai grand, je serai …

10 Nov

Ne vous êtes-vous jamais demandé ce que vos enfants feront plus tard? Avez-vous constaté chez votre progéniture des talents particuliers qui vous laissent à penser qu’elle suivra telle ou telle voie? Vous prêtez-vous à rêver que votre bambin devienne surfeur, cordonnier, garde-forestier ou superhéros?

J’ai questionné parents et enfants lors de mes déambulations dans Paris. Il ressort de mes rencontres que l’argent, la compétitivité, la réussite à tout prix ne sont pas les valeurs partagées par les familles interrogées, ce qui compte, c’est d’être heureux !

J’ai trouvé les photos qui illustrent ce post sur le site MondayMonday.fr.

Je propose en écoute le « Quand je serai grand » du Klub des 7 : « qu’est-ce qu’on va faire quand on sera grand? Ça seul l’avenir nous le dira. Qu’est-ce qu’on deviendra si on a le temps? … »

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Julien, chef de projet évènementiel, est le papa d’Esteban (13 ans) qui a longtemps voulu embrasser la carrière d’ « aventurier-explorateur » avant d’opter pour celle de réalisateur de films d’animation et d’Achille (6 ans) qui souhaite devenir pilote de course

« Faire de longues études, c’est important? Je pense qu’il est important, avant tout, que les enfants sachent se débrouiller dans la vie, qu’ils puissent se cuire un œuf ou réparer un robinet qui fuit. Les études, c’est bien, je souhaite que mes fils étudient le plus longtemps possible mais je ne prie pas chaque soir pour qu’ils entrent dans une grande école, les études n’apprennent pas la vie. J’aimerais qu’ils sachent rebondir, qu’ils sachent se construire et faire des choses qu’ils aiment, je ne voudrais pas les voir « s’emmerder ». Je veux que mes enfants soient heureux avant tout et je fais en sorte de leur donner les quelques outils pour, je ne leur apporterai pas tous les outils, cela tue la création, ils doivent fabriquer leurs propres outils, on ne doit pas trop leur mâcher le travail. Nous parlons beaucoup de tout cela ensemble.

Dans quel domaine souhaiteriez-vous les voir évoluer? J’aime ce qui touche au domaine artistique mais s’ils devenaient avocats, pourquoi pas … Toutefois, je pense que les enfants sont influencés par leurs parents et leurs amis; de notre côté, on est entouré de personnes travaillant dans la publicité, les films d’animation qui intéressent actuellement Esteban ou encore la sculpture.

Que vouliez-vous faire quand vous étiez enfant ? Tout petit, je voulais faire le métier de mon père qui travaillait dans une usine de traitement des eaux, il ouvrait et fermait des vannes pour donner de l’eau propre aux gens, ça me fascinait. Puis, j’ai eu envie de devenir astronaute mais j’ai arrêté l’école en 5ème pour me tourner vers l’ébénisterie, rien à voir … »


Anne, formatrice, est la maman de Lukas (12 ans) et Arno (8 ans) qui souhaitent devenir archéologues

« Que vouliez-vous faire enfant ? Mes parents étaient profs, ils aimaient leur métier, le domaine de l’enseignement m’a toujours intéressé, je suis formatrice, j’ai suivi le chemin de mes parents en quelque sorte.

Faire des études longues et prestigieuses, c’est important ? Faire des études tout court, oui mais seulement si on en a l’envie et la capacité, on verra bien.

Poussez-vous vos enfants dans leur scolarité ? Pour l’instant, tout se passe bien à l’école, je n’ai pas à les pousser comme vous dites mais je suis là s’ils ont besoin d’aide. Je connais des jeunes ayant intégré des écoles parisiennes prestigieuses et qui ont fait des déprimes car ils n’y arrivaient pas, je ne veux pas arriver à une telle situation. Je souhaite que mes fils soient bien dans leurs baskets, c’est tout ce qui compte ! Mes garçons vont dans des établissements classés ZEP et je n’ai pas hésité une seconde à les inscrire dans les écoles de secteur, alors qu’autour de moi, de nombreux parents demandaient des dérogations ou inscrivaient leurs enfants dans le privé, moi, je veux qu’ils vivent dans leur quartier et aillent dans l’école de leur quartier où ils se sentent bien. »


Alexandre, chargé de mission dans l’administration, est le papa d’Isaac (6 ans) qui voudrait être policier et astronaute et de Marius (3 ans) qui ne sait pas encore ce qu’il fera plus tard …

«Comment imaginez-vous vos fils plus tard ? J’aimerais qu’ils vivent les choses avec passion et qu’ils soient curieux, qu’ils soient ouverts, qu’ils aient envie d’apprendre. J’aimerais qu’ils aient l’amour du travail bien fait.

A la question « que feras-tu quand tu seras grand ? », que répondiez-vous ? Policier et astronaute comme votre fils Isaac ? Moi, j’aurais plutôt répondu brigand ! Non, en fait, j’ai toujours voulu devenir une rock star, aujourd’hui encore… ou astronaute…

Faire des études, c’est indispensable ? Oui, je pense qu’il faut avoir un bagage minimum. Et si mes enfants choisissent un métier qui offre peu de débouchés, dans le domaine artistique notamment, alors j’espère qu’ils le feront bien, qu’ils travailleront avec passion et endurance. »

Merci à vous !