Paris.fr
Accueil

Un papa américain à Paris … suite

20 Jan

Dimanche dernier, dans un petit café de la Place des Abbesses, je m’entretenais avec David, papa originaire du New Hampshire qui, avec son délicieux accent américain, parlait éducation des enfants à Paris, partage de la culture d’origine, hamburger maison etc… Au cours de notre conversation, il évoquait le fait que Mattéo, son fils de 10 ans, jouait dans un groupe de rock « les 6 /18 de Montmartre ». Il avait omis de me dire qu’une vidéo montrant les rockeurs en herbe lors de la dernière fête de la musique circulait sur Dailymotion, il m’en a parlé hier alors que nous faisions un débriefing de son interview et voilà le résultat, formidable ! Retenez le nom de ce groupe, qui s’entraîne tous les mardis au centre musical Barbara, du côté de Barbès, ils vont faire du bruit !!!

Bravo à Lilou, Edgar, Saci, Eliot, Justin et Mattéo qui est le chanteur aux cheveux longs, celui à l’accent américain!

 

http://www.dailymotion.com/video/xrtmtq

 

 

 

 

Il était une fois une girafe, un ours polaire et une famille de coccinelles

19 Jan


La ville de Boulogne Billancourt s’est dotée d’une nouvelle crèche dont les parents en attente d’une place en structure collective pour leur enfant n’oseraient rêver, il s’agit de la crèche C1 dite crèche de la girafe située dans le quartier du Trapèze, non loin de l’Ile Seguin et de la Tour Jean Nouvel.

L’édifice, inspiré de l’imaginaire enfantin, semble raconter une histoire : le bâtiment est porté par une girafe impressionnante couleur jaune citron, un ours polaire tente d’atteindre l’étage supérieur du bâtiment tandis que des coccinelles grimpent le long d’un mur. On se croirait dans « Zarafa », « Arctique » et « Minuscules » à la fois !

Le cabinet d’architecture Hondelatte Laporte n’avait pas seulement à cœur de faire rêver les enfants, parents, personnel amenés à fréquenter la crèche ainsi que les habitants du quartier du Trapèze, les architectes ont également veillé à construire un bâtiment respectueux de l’environnement dotant l’édifice de panneaux voltaïques, de panneaux solaires et autre ventilation à double flux.

Les instigateurs du projet ont ainsi relevé un sacré défi : construire une crèche écologique agrémentée de sculptures ludiques exprimant le monde de l’enfance qui se fonde harmonieusement dans l’environnement urbain. Il s’agirait d’une métaphore de la jungle urbaine, j’y vois une invitation à badiner dans l’imaginaire enfantin … et l’envie de faire un troisième enfant juste histoire de s’approprier ce lieu.

Jugez par vous-même!

cabinet Hondelatte Laporte- crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

 

cabinet Hondelatte Laporte-crédits photos P. Ruault

Histoires de goûts : Un papa américain à Paris !

15 Jan

La journaliste américaine Pamela Druckerman a écrit un livre préfacé par Elisabeth Badinter, Bébé made in France. Quels sont les secrets de notre éducation? (éd. Flammarion), dans lequel elle encense l’éducation des enfants et la parentalité à la française. Dans ce qui s’avère être un best-seller international, elle décrit combien les petits français sont sociables, polis, patients, engloutissant toujours le contenu de leur assiette même si les légumes verts sont au menu. Elle explique que, contrairement aux enfants américains, nos enfants ne répondraient pas à l’archétype du fameux enfant roi et contrairement aux parents américains, les papas et mamans français sauraient dire non à leur progéniture et ne négligeraient pas leur épanouissement individuel… A la bonne heure !

J’ai interrogé un papa américain sur la parentalité, l’éducation des enfants, Paris en famille et … le phénomène Pamela Druckerman.

David, originaire du New Hampshire, est professeur d’anglais. Il vit en France depuis 13 ans. Il a vécu deux ans à Boulogne-Billancourt avant de s’installer du côté de Pigalle avec sa femme et leur enfant, Matteo, 10 ans. A la fin de l’interview, vous trouverez sa recette du hamburger maison. Comme à mon habitude, je me suis mise aux fourneaux et résultat … Moi qui me gaussais de ceux qui ne jurent que par « un bout de viande hachée coincé dans du pain tout mou sans goût » et bien, j’en redemande ! Ah, l’Amérique !

______________________________________________________

 

«  Est-ce agréable de vivre dans le quartier de Pigalle en famille ?Oui car il y a une vraie vie de quartier, on a l’impression de se retrouver dans un village, il est facile de créer des contacts, il n’y a pas d’anonymat. J’apprécie tout particulièrement l’atmosphère du quartier le matin quand la vie commence, il y a

Paris Pigalle – Maurille Prévost

évidemment moins de monde qu’en pleine journée et donc moins de bruit. Ensuite, les gens vont travailler et les enfants prennent le chemin de l’école, une nouvelle journée commence.

Quelle place occupent vos origines américaines dans l’éducation de votre fils ? Elles occupent une place importante mais j’essaie de ne pas être lourd dans le partage de ma culture. Tout d’abord, je parle en anglais à Mattéo. Il fréquente actuellement l’école primaire de quartier mais l’année prochaine, il souhaite intégrer le collège international Balzac dans le 17ème arrondissement qui est le seul collège public à sections internationales dans Paris. Mais avant de pouvoir rejoindre les élèves de cette école, il lui faut réussir un test que nous préparons tous les deux. Le partage de la culture passe aussi par nos voyages aux Etats-Unis et par la pratique de sports américains comme le baseball ou le football américain au parc Monceau ou dans le jardin des Tuileries. On aime bien regarder les matchs de football américain retransmis sur les chaînes de sport américaines. Mattéo a commencé à jouer dans un « band » avec des copains de l’école, il chante. Leur répertoire va de Spencer Davis aux Beastie Boys ou encore aux White Stripes. Le groupe a eu l’occasion de jouer en public lors de la dernière fête de la musique !

Vous célébrez les traditionnelles fêtes américaines ? Mattéo connaît la signification de Thanksgiving et du 4 juillet. Quand il était petit, on achetait une citrouille et il se déguisait pour Halloween avant de faire le tour des commerces du quartier pour avoir des bonbons.

Où retrouvez-vous les Etats-Unis à Paris ? Je me rends parfois dans une boutique du 1er arrondissement dont j’ai oublié le nom pour acheter de la root beer, au goût très particulier. Mattéo apprécie beaucoup cette boisson. On prépare parfois des hamburgers à la maison et dans cette boutique, on trouve le bon pain à hamburger. Mais bon, à la maison, nous mangeons la plupart du temps à la française, j’apprécie la France pour la bonne nourriture et je me mets volontiers aux fourneaux pour préparer un bon pot-au-feu.

Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance ? Ce fut une enfance très joyeuse. J’ai grandi dans une ville de banlieue du New Hampshire où les familles vivent dans de grandes maisons avec jardin, où il y a beaucoup d’espaces verts, où on vit beaucoup à l’extérieur. L’espace me manque beaucoup à Paris. Et puis, enfant, je pouvais enfourcher mon vélo et aller chez des amis du quartier sans souci, je me sentais libre !

En quoi l’enfance de Mattéo est-elle différente de la vôtre? J’avais plus de liberté ! Ici à Paris, on ne peut laisser un enfant seul dans la rue. Mattéo sort parfois acheter du pain chez le boulanger et il commence à se rendre seul à l’école.

Paris est-elle kidsfriendly? Dans le quartier, tout le monde connaît Mattéo qui est toujours bien accueilli. Quand on sort du quartier, c’est différent… J’ai pensé emménager en banlieue mais je me suis vite ravisé car je travaille dans Paris et je ne m’imagine pas passer un temps interminable dans les transports. Mais je ne me plains pas car mon organisation du travail me permet de récupérer mon fils à la sortie de l’école.

David, avez-vous des principes éducatifs? Je dirais que j’élève mon fils à l’instinct. Je suis strict sur certaines choses, je ne transige pas sur des comportements comme la politesse et je suis attentif à la façon dont parle Mattéo. Je dois dire que tout se passe bien.

Que pensez-vous de l’ouvrage de P. Druckerman qui soutient que le parent français saurait être à l’écoute de son enfant tout en prenant soin de ne pas négliger son épanouissement individuel ou qui affirme encore que les parents français ne seraient pas dans le culte de la performance à tout prix? Je pense en effet que l’on fait moins de compromis en France et je suis parfois surpris de voir des enfants suivre leurs parents très tard dans les soirées. Je trouve ce type de comportement exagéré. J’aurais plutôt tendance à faire appel à une baby-sitter pour éviter ce type de situation. Concernant le culte de la performance, j’observe que les enfants parisiens se doivent aussi de pratiquer certaines activités, le piano, le tennis, le ski l’hiver etc. Pour ma part, bien qu’américain, je n’ai pas grandi dans une famille m’ayant élevé dans le culte de la performance. Ce type de comportement prévaut peut-être à New-York city, qui est très speed, je ne sais pas. Et puis, je pense que l’étude de P. Druckerman porte sur les familles aisées des quartiers parisiens chics. Vous savez, son livre me rappelle ce fameux livre écrit par une Américaine qui s’interrogeait sur la recette minceur des Françaises!

Quelles activités pratiquez-vous en famille, surtout les dimanches de pluie? On adore faire de longues ballades à vélo dans Paris. Le dimanche, on va sur les quais de Seine fermés à la circulation. Le mercredi, Mattéo joue au tennis. On va au musée, j’ai la carte du musée du Louvre et quand Mattéo était petit, on visitait souvent ce musée.

Je vois que vous saluez beaucoup de monde dans le quartier, avez-vous un réseau d’amis dans le coin, est-il composé de parents d’amis de Mattéo? Oui, on a connu beaucoup de monde grâce à Mattéo. Lui-même a beaucoup d’amis, les enfants passent la nuit chez les uns et chez les autres.

Que faudrait-il entreprendre pour que Paris soit plus agréable à vivre en famille? Il faudrait plus d’espaces verts et moins de voitures … Mais bon, on ne peut pas avoir la campagne dans la ville! »

Merci David!

_________________________________________________________________

La recette du hamburger maison selon David

Ingrédients :

– du pain à hamburger

– de la viande hachée que l’on peut mélanger à un œuf

– un oignon

– du cheddar en tranches

– une tomate

– quelques feuilles de laitue

– de la moutarde

– du ketchup

Préparation:

Faire revenir les oignons émincés à feu doux dans de l’huile d’olive (ça, c’est moi qui le dis, l’huile d’olive c’est bon pour la santé!), ajouter le steak.

Une fois la viande saisie, poser une tranche de cheddar sur le steak et laisser fondre.

Déposer le steak+le cheddar+les oignons sur une des tranches de pain préalablement tartinée d’un mélange de moutarde+ketchup.

Ajouter la laitue et des rondelles de tomate puis recouvrir le tout de l’autre tranche de pain.

Mon p’tit truc en plus : emballer le hamburger dans du papier aluminium puis faire chauffer 3 minutes au four.

A servir avec une petite salade ou des frites!

Enjoy your meal !

Ars Anima nous invite à rêver une ville humaine et créative

30 Déc

J’ai été contactée par la compagnie Ars Anima qui m’a demandé de parler de leur dernière action, « Un monde qui vient… rêver et inventer la ville de demain  ».

Si vous cherchez une idée de sortie en famille, en voici une:

En parallèle de l’exposition « Habiter demain », le public de la Cité des sciences est invité sur le forum Explora à vivre un parcours participatif « Un monde qui vient – Rêver la ville de demain » d’une demie heure établi en trois temps :
1. une invitation au rêve créatif afin de laisser venir les images, inspirations, idées sur la ville de demain
2. planter  son message ou son dessin dans le Champ des possibles, second espace spiralé, collecter, lire et afficher les messages déposés par d’autres personnes
3. Ecrire, selon inspiration, son twitt pour ajouter une idée, une proposition.
Toutes les informations sur : http://goo.gl/Vs9dh
Sur le même sujet, je vous invite à consulter le site Carfree.com et plus particulièrement les portfolios réalisés par J.H. Crawford, auteur de Carfree cities, montrant qu’une ville sans voitures est certes, bénéfique pour l’environnement mais favorise également une vie sociale (et donc familiale) plus forte.

Que va-t-on trouver au pied du sapin?

13 Déc

 

J – 12 … Noël approche à grands pas, les lettres au bonhomme rouge sont envoyées. Petits et grands enfants rêvent de trouver sous le sapin qui une poupée, qui une voiture télécommandée, qui un joli livre …
La semaine dernière, alors que je faisais la queue au cinéma pour voir le dernier Kirikou avec mes enfants, j’ai demandé à Célia, Martin, Jules, Nathan et Lou de me révéler le contenu de leur lettre au Père noël. J’ai aussi écouté les réflexions des parents qui vont jouer les bonshommes rouges au chapeau pointu dans l’espoir de combler les attentes de leurs rejetons.

Peu avant, je m’étais entretenue avec une professionnelle du jouet sur cette frénésie qui agite, d’un coup d’un seul, les familles au mois de décembre. Aurélia, créatrice de la jolie boutique un Zèbre au grenier et maman d’une petite fille de cinq ans, est passionnée par les jouets, objets de décoration, vêtements pour enfants qu’elle déniche notamment lors de ses pérégrinations en France et dans les pays du Nord de l’Europe qu’elle affectionne pour leur originalité et leur utilisation de matériaux de bonne qualité. On a beaucoup parlé de l’influence de la télévision et de la publicité sur les choix cadeaux de nos enfants … du règne des licences … du rôle du jouet… du comment être sûr de choisir le bon cadeau…

______________________________________________________

En faisant la queue devant le cinéma pour voir Kirikou …

Célia, 5 ans et demi, est venue voir Kirikou avec sa baby-sitter Selma

« Bonjour Célia, qu’aimerais-tu trouver au pied du sapin cette année? Euh… Mes parents m’ont dit que je voulais trop de jouets … Je veux trop de choses alors j’ai dit ce que j’aimais le plus et le Père noël choisira.

Alors, quels sont les jouets que tu aimes le plus? J’aimerais bien avoir le déguisement de Raiponce, je l’ai vu chez Disney et aussi une boîte avec des perles pour faire des colliers et des bracelets et puis un chien qui aboit et tourne la tête, j’en au vu un très joli dans le catalogue des jouets et puis des bottes comme celles de ma copine Léa, elles sont en fourrure … Et puis, du maquillage mais ma maman ne veut pas que je me maquille quand je vais à l’école, je peux parfois mettre du vernis sur les mains quand on est en vacances. »

______________________________________________________

Jules et Nathan (13 ans) sont jumeaux, ils sont venus voir le dernier Ocelot avec leur petit frère Martin qui a 6 ans et leur père, Bruno

« Bonjour, que souhaitez-vous trouver au pied du sapin cette année?

Jules : Moi, j’ai demandé de l’argent …

Tu as une idée de comment tu vas utiliser cet argent? Oui, j’ai ma petite idée, j’aimerais m’acheter un I-pod ou une console de jeux mais je ne suis pas bien sûr.

As-tu déjà été déçu par un cadeau? Oui, l’an dernier ma tante m’a offert un cadeau qui ne correspondait pas à mon âge.

Le père, Bruno : En fait, ma sœur lui a offert des vêtements tout à fait à sa taille mais qui ne correspondaient pas au type de vêtements que Jules aime porter. Mais ils étaient très beaux ces vêtements…

C’est parce que tu as été déçu que tu préfères recevoir de l’argent? C’est simplement que je ne sais pas encore ce que je veux et je préfère faire les magasins et faire mon choix.

Nathan : J’ai demandé pas mal de choses : un ocarina, une jolie montre et une trottinette à grosses roues.

C’est original de jouer de l’ocarina.

Bruno: En fait, Nathan veut jouer de cet instrument car une héroïne d’un jeu vidéo joue de l’ocarina.

Et toi Martin? Je voudrais un train de marchandises, un train Légo et un train télécommandé … Je voudrais trois trains! »

_____________________________________________________

Lou, 7 ans, mangeait des biscuits avec sa maman, Carole

« A quoi ressemble ta commande de noël? J’aimerais avoir un déguisement de princesse et des rollers comme ma sœur.

Carole, la maman: Je pense que tu es trop jeune pour faire du roller. Sa sœur a débuté à 10 ans et ça n’était pas simple!

Lou: Alors, je voudrais un vélo.

Carole : On verra.

Lou, penses-tu qu’il y a des jouets pour les filles et des jouets pour les garçons? Oui mais quand je suis avec mes cousins, j’aime bien jouer avec leurs jeux.

Quels jeux de garçons tu aimes bien? J’aime bien leurs personnages des Power Rangers par exemple et leurs épées!

On dit que les enfants n’aiment pas trop recevoir de livres et préfèrent les jouets, qu’en penses-tu? J’aime bien les livres mais pour moi, les vrais cadeaux, ce sont les jouets. »

___________________________________________________

Aurélia m’a gentiment accueilli dans sa boutique, le Zèbre au grenier, véritable caverne d’Ali Baba pour les enfants et les parents. On y trouve des jouets traditionnels à prix très abordables dont beaucoup sont une invitation à un voyage vers le passé. Comme le dit Aurélia, la référence à nos parents et à nos grand-parents nous rassure. Dans les années 60, on regardait vers l’avenir, on parlait progrès … Aujourd’hui, temps de crise oblige, on aime se rappeler l’odeur des pots de colle d’antan, les poupées de papier ou le téléphone Fisherprice.

« Que pensez-vous de l’influence de la télévision et du règne des licences et super héros qui se déclinent en figurines, t-shirts et déguisements? J’ai une amie qui n’avait pas le droit de regarder la télé quand elle était enfant et je dois dire qu’elle est devenue une dingue du petit écran… Une autre connaissance, qui avait des parents très stricts lui ayant interdit de regarder la télévision, leur en a toujours voulu car elle a eu le sentiment de ne pas avoir de repères communs avec les gens de sa génération. Je crois qu’il ne faut pas tout interdire, cela crée de la frustration. Il faut essayer de trouver un équilibre. Pour ma part, je n’ai pas la télévision, je ne prends pas les catalogues de jouets au moment de noël, je n’aime pas trop les produits dérivés des dessins animés Walt Disney et je n’ai pas emmené ma fille voir les vitrines de noël des grands magasins remplis de Barbies vêtues de rose placées en tête de gondole et dont on a l’impression qu’elles vont nous sauter au visage. Cependant, à 3 ans, elle voulait une poupée Barbie qu’elle a aperçue au BHV. Elle savait à peine parler mais elle a pu dire « c’est ce que je veux que le Père noël m’apporte »! On lui a acheté une poupée espagnole Paola Reina, elle était ravie! Aujourd’hui, elle a des poupées de toutes les couleurs, une noire, une indienne etc.

L’an passé, elle a demandé  la poupée de la Belle et la bête pour noël, elle joue beaucoup avec cette poupée, lui confectionne des vêtements en papier. Les grands-parents ont offert le livre de la Belle et la Bête, une jolie version, pas un énième Disney. Et quand il s’est agi d’acheter le film, on a opté pour la version de Jean Cocteau, en noir et blanc. Au début, j’avais peur de la décevoir mais elle adore ce film et est en empathie totale avec la Bête.

Cette année, elle souhaite se voir offrir le déguisement de Lucille, héroïne du film « Un monstre à Paris », j’ai trouvé un blog de maman qui propose une idée de confection de la robe.

Ma fille a un t-shirt orné de trois princesses Disney, elle adore ce vêtement. Quand elle est partie en colo pour la première fois, l’an passé, elle s’est inquiété d’une seule chose : savoir si elle pouvait emporter ce t-shirt fétiche. Elle possède aussi un pot de yaourt avec des personnages Disney dessus. Bref, toujours par souci de ne pas frustrer, je laisse une place – un peu de place mais pas trop – à ces choses.

Comment choisit-on un cadeau pour un enfant selon vous et quelle est la fonction du jouet? Quand les clients entrent pour acquérir un cadeau de naissance par exemple, j’observe qu’ils mettent beaucoup d’eux-mêmes, ils recherchent un objet qui leur ressemble, qui les rappelle eux, ils veulent créer un lien avec le bébé mais ils choisissent aussi selon ce qui fera plaisir aux parents. Je me souviens d’une jeune cliente venue acheter un cadeau pour le bébé d’une amie. Elle a acheté un doudou classique car elle disait que la maman était plutôt classique mais elle avait craqué pour un autre doudou, un superhéros plus moderne. Pour les cadeaux naissance, les boîtes à musique séduisent beaucoup aussi. Pour ce qui concerne la fonction du jouet, je dirai qu’avant 18 mois, le jouet doit être investi par les parents ou par un tiers sinon il y a de fortes chances qu’il soit laissé de côté. L’important pour les tout petits enfants, c’est de communiquer avec leurs parents et le jouet peut en être le vecteur, il va favoriser la communication, l’échange, ce peut être un doudou qu’on va faire parler. Si les petits enfants adorent jouer avec les clés de la maison ou les téléphones portables, c’est parce qu’ils veulent avoir entre leurs mains ce à quoi leurs référents s’intéressent et donc communiquer avec eux par le biais de ces objets. Après 18 mois, les enfants aiment les jeux d’imitation et s’intéressent aux petites cuisinières ou aux établis. A cette période, les petits se tournent vers les jeux de construction, ils aiment assembler, empiler. Tout cela permet de développer le langage et la motricité fine. Plus tard, ils aiment les déguisements qui leur permettent de raconter des histoires.

Pensez-vous qu’il y a des jouets pour les garçons et des jouets pour les filles? Là, je suis traditionnelle. Et dans ma boutique, je suis le marché. Je sais que les garçons aiment les jouets de garçons et vice versa pour les filles. Les jouets mixtes fonctionnent jusqu’à 18 mois, après il y a une distinction, les univers ne se croisent plus.

Un dernier mot? J’aimerais évoquer la notion de « boîte à désirs » dans laquelle placer ses désirs et demander pour noël l’objet des vrais désirs, ceux qui restent, ceux qui ont perduré. La notion de « boîte à désirs » fait ainsi échec aux achats d’impulsion dont on se lasse souvent très vite. Je me rappelle d’une petite fille qui voulait à tout prix que sa maman lui achète la cage à oiseau chanteur. Sa mère lui a dit de bien réfléchir, voulait-elle vraiment cet objet? Et bien quelque temps plus tard, la petite fille est revenue et alors, quelle joie pour elle de recevoir ce cadeau qu’elle désirait tant! »

Merci à tous ceux qui ont bien voulu s’exprimer dans ce post et JOYEUX NOËL !

 

___________________________________________________

Pour finir, voici une vidéo montrant un enfant catastrophé lorsqu’il découvre des livres parmi ses cadeaux!

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

Paris-Berlin : quand les familles des quartiers multiculturels se mobilisent pour un mieux-vivre ensemble

1 Déc

Le 28 novembre, le Centre d’information de l’ambassade d’Allemagne (CIDAL) qui se trouve rue de Condé dans le 6ème arrondissement de Paris organisait une table-ronde sur le thème de l’éducation et de l’intégration dans les quartiers multiculturels de Paris et Berlin.

La rencontre clôturait l’exposition de photos de Harriet Wolff, journaliste berlinoise installée à Neukölln depuis 13 ans, qui a figuré, dans leur quotidien, les habitants de son quartier situé dans le sud de Berlin. L’exposition s’intitule « Tout Berlin à Neukölln, zoom sur un quartier exemplaire ». Neukölln c’est 300 000 habitants, 160 nations représentées, un taux de chômage important, des problèmes de délinquance mais également un grand nombre d’initiatives individuelles ou associatives visant à créer du lien entre les familles. Neukölln aujourd’hui, c’est aussi un quartier qui attire de plus en plus de « hipsters » intéressés par les loyers moins onéreux que dans les autres arrondissements de la capitale, ce qui tend à modifier la physionomie du quartier qui est désormais qualifié de branché.

Le CIDAL avait convié Djamila Boumekik, mère d’origine algérienne et habitante de Neukölln depuis plus de 20 ans qui est « marraine de quartier ». Elle a raconté son parcours: la ténacité dont elle a fait montre pour maîtriser l’allemand, ce qu’elle présente comme le préalable à une bonne intégration dans le pays d’accueil, la découverte d’une nouvelle culture et son implication dans divers projets visant à promouvoir l’intégration des familles issues de l’immigration tout en incitant les parents à transmettre leur langue maternelle à leurs enfants.

créditsphotos : Nihad Nino Pusija

Djamila Boumekik a commencé par s’engager au sein de la crèche de ses enfants puis a fondé une association d’aide aux parents immigrés ainsi que des groupes de jeux turco-allemands et arabo-allemands à destination des mères et de leurs enfants.

Ce qui m’a frappé dans les témoignages de Harriet Wolff et Djamila Boumekik est le parallèle saisissant entre le quartier de Neukölln et les quartiers populaires parisiens tels que la Goutte d’Or ou Belleville: même mosaïque de populations, même cocktail de richesses culturelles, quartiers souffrant de clichés les classant parmi les  endroits « à problèmes », taux de chômage plus élevé que la moyenne mais également initiatives associatives afin que les habitants vivent mieux ensemble. Tout comme à Neukölln, on peut s’interroger quant à l’évolution de ces quartiers, longtemps qualifiés de ghettos infréquentables, vers des quartiers aujourd’hui frappés par la gentrification ou « boboïsation », ce qui risque de pousser les familles désespérément à la recherche de logements suffisamment grands et peu onéreux ainsi que les habitants les moins nantis vers la porte de sortie. Bref, Paris risque-t-elle de devenir un jour une ville musée?

Pour clore ce post, un peu de musique avec l’Orchestre national de Barbès, Salam Aleikoum !

 

Image de prévisualisation YouTube

Tu la veux ma place de mère?

20 Nov

Dans mon quartier situé entre Gambetta et le Père Lachaise, on trouve un grand nombre d’associations dont j’admire la mission telles que Les amis du bus des femmes, Génération médiateurs ou encore la Vingtième Chaise.

Samedi dernier, la Vingtième Chaise a offert aux habitants du quartier un spectacle saisissant. L’association a invité une dizaine de femmes de Besançon qui ont évoqué leur rôle de mère par le biais du théâtre forum. Aidées dans leur démarche par les travailleurs sociaux du Conseil général du Doubs ainsi que par Clara Guenoun, comédienne professionnelle de la compagnie théâtrale parisienne NAJE (Nous n’abandonnerons jamais l’espoir), elles ont abordé toutes sortes de thématiques : autorité, mères isolées, culpabilité de ne pas incarner l’idéal de mère, rapports parfois houleux avec l’institution scolaire, difficultés financières, discriminations, addictions, place du père au sein de la famille, dialogue avec les ados etc.

Ces femmes donnaient leur 5ème représentation au cours de laquelle comédiennes, « spect-acteurs » et spectateurs ont alterné rires et larmes. Clara Guenoun officiait comme meneuse de jeu.

Les comédiennes ont commencé par jouer des saynètes figurant des mères fières de leur réussite :

 » Je suis fière de moi, j’ai élevé mon fils seule, il se ballade au bout du monde avec son amoureuse » … « Je suis fière de donner une bonne éducation à mon fils malgré mon handicap » … « Je suis fière car mon fils a atteint un niveau d’études plus élevé que ce qu’il avait prévu » …

Puis, la compagnie a proposé trois théatres forums abordant les difficultés d’une mère seule face à son enfant en pleine adolescence, la situation d’une mère en plein burn-out qui craque le mercredi devant ses enfants qu’elle a du mal à maîtriser mais qui peine à exprimer son désarroi au père et enfin, la question des addictions des parents sous le regard des enfants.

J’ai été surprise de voir la spontanéité avec laquelle les « spect-acteurs », adultes et enfants, se sont investis, proposant spontanément d’explorer des pistes nouvelles, de faire progresser la cause de ces difficultés familiales.

Un grand MERCI à toutes ces mères en qui je/nous nous sommes reconnues à un moment ou à un autre. En les regardant, j’avais en tête la chanson d’Arno, « Les yeux de ma mère », je voudrais la leur dédier.

Image de prévisualisation YouTube
Alors, qu’est-ce qu’un théâtre forum ?
Il s’agit d’une technique théâtrale participative créée dans les années 60 par le Brésilien Augusto Boal, dans les favelas de São Paulo, pour soutenir les populations opprimées désireuses de transformer des systèmes injustes. Dans un premier temps, les comédiens jouent une histoire concrète inspirée de la réalité sociale qui se termine généralement mal. Puis, dans un second temps, un meneur de jeu invite les spectateurs à monter sur scène afin de rejouer la saynète en explorant une autre attitude dans le conflit qui permettra d’infléchir le cours des évènements. Comme l’a expliqué Clara Guenoun samedi dernier, le théâtre forum est un outil de lutte, un outil d’entraînement pour le futur. L’idée étant que quand on échange, on peut faire évoluer des causes.

Quand je serai grand, je serai …

10 Nov

Ne vous êtes-vous jamais demandé ce que vos enfants feront plus tard? Avez-vous constaté chez votre progéniture des talents particuliers qui vous laissent à penser qu’elle suivra telle ou telle voie? Vous prêtez-vous à rêver que votre bambin devienne surfeur, cordonnier, garde-forestier ou superhéros?

J’ai questionné parents et enfants lors de mes déambulations dans Paris. Il ressort de mes rencontres que l’argent, la compétitivité, la réussite à tout prix ne sont pas les valeurs partagées par les familles interrogées, ce qui compte, c’est d’être heureux !

J’ai trouvé les photos qui illustrent ce post sur le site MondayMonday.fr.

Je propose en écoute le « Quand je serai grand » du Klub des 7 : « qu’est-ce qu’on va faire quand on sera grand? Ça seul l’avenir nous le dira. Qu’est-ce qu’on deviendra si on a le temps? … »

Image de prévisualisation YouTube

Julien, chef de projet évènementiel, est le papa d’Esteban (13 ans) qui a longtemps voulu embrasser la carrière d’ « aventurier-explorateur » avant d’opter pour celle de réalisateur de films d’animation et d’Achille (6 ans) qui souhaite devenir pilote de course

« Faire de longues études, c’est important? Je pense qu’il est important, avant tout, que les enfants sachent se débrouiller dans la vie, qu’ils puissent se cuire un œuf ou réparer un robinet qui fuit. Les études, c’est bien, je souhaite que mes fils étudient le plus longtemps possible mais je ne prie pas chaque soir pour qu’ils entrent dans une grande école, les études n’apprennent pas la vie. J’aimerais qu’ils sachent rebondir, qu’ils sachent se construire et faire des choses qu’ils aiment, je ne voudrais pas les voir « s’emmerder ». Je veux que mes enfants soient heureux avant tout et je fais en sorte de leur donner les quelques outils pour, je ne leur apporterai pas tous les outils, cela tue la création, ils doivent fabriquer leurs propres outils, on ne doit pas trop leur mâcher le travail. Nous parlons beaucoup de tout cela ensemble.

Dans quel domaine souhaiteriez-vous les voir évoluer? J’aime ce qui touche au domaine artistique mais s’ils devenaient avocats, pourquoi pas … Toutefois, je pense que les enfants sont influencés par leurs parents et leurs amis; de notre côté, on est entouré de personnes travaillant dans la publicité, les films d’animation qui intéressent actuellement Esteban ou encore la sculpture.

Que vouliez-vous faire quand vous étiez enfant ? Tout petit, je voulais faire le métier de mon père qui travaillait dans une usine de traitement des eaux, il ouvrait et fermait des vannes pour donner de l’eau propre aux gens, ça me fascinait. Puis, j’ai eu envie de devenir astronaute mais j’ai arrêté l’école en 5ème pour me tourner vers l’ébénisterie, rien à voir … »


Anne, formatrice, est la maman de Lukas (12 ans) et Arno (8 ans) qui souhaitent devenir archéologues

« Que vouliez-vous faire enfant ? Mes parents étaient profs, ils aimaient leur métier, le domaine de l’enseignement m’a toujours intéressé, je suis formatrice, j’ai suivi le chemin de mes parents en quelque sorte.

Faire des études longues et prestigieuses, c’est important ? Faire des études tout court, oui mais seulement si on en a l’envie et la capacité, on verra bien.

Poussez-vous vos enfants dans leur scolarité ? Pour l’instant, tout se passe bien à l’école, je n’ai pas à les pousser comme vous dites mais je suis là s’ils ont besoin d’aide. Je connais des jeunes ayant intégré des écoles parisiennes prestigieuses et qui ont fait des déprimes car ils n’y arrivaient pas, je ne veux pas arriver à une telle situation. Je souhaite que mes fils soient bien dans leurs baskets, c’est tout ce qui compte ! Mes garçons vont dans des établissements classés ZEP et je n’ai pas hésité une seconde à les inscrire dans les écoles de secteur, alors qu’autour de moi, de nombreux parents demandaient des dérogations ou inscrivaient leurs enfants dans le privé, moi, je veux qu’ils vivent dans leur quartier et aillent dans l’école de leur quartier où ils se sentent bien. »


Alexandre, chargé de mission dans l’administration, est le papa d’Isaac (6 ans) qui voudrait être policier et astronaute et de Marius (3 ans) qui ne sait pas encore ce qu’il fera plus tard …

«Comment imaginez-vous vos fils plus tard ? J’aimerais qu’ils vivent les choses avec passion et qu’ils soient curieux, qu’ils soient ouverts, qu’ils aient envie d’apprendre. J’aimerais qu’ils aient l’amour du travail bien fait.

A la question « que feras-tu quand tu seras grand ? », que répondiez-vous ? Policier et astronaute comme votre fils Isaac ? Moi, j’aurais plutôt répondu brigand ! Non, en fait, j’ai toujours voulu devenir une rock star, aujourd’hui encore… ou astronaute…

Faire des études, c’est indispensable ? Oui, je pense qu’il faut avoir un bagage minimum. Et si mes enfants choisissent un métier qui offre peu de débouchés, dans le domaine artistique notamment, alors j’espère qu’ils le feront bien, qu’ils travailleront avec passion et endurance. »

Merci à vous !

Portrait d’une maman engagée

28 Oct

Jeune femme de 26 ans originaire de Côte d’Ivoire, Synthia est une maman engagée. Elle est investie dans l’éducation de sa fille Sarah, âgée de 8 ans, en tant que représentante de parents d’élèves, et plus largement, dans le cadre du quartier des Amandiers où elle a mis en place des activités destinées aux familles. Un dimanche sur deux, elle donne rendez-vous aux familles afin que parents et enfants « bougent ensemble ». Au programme : marathon dans les rues du quartier, corde à sauter, jeux de ballon. Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, Synthia et Sarah sont là! Le premier rendez-vous a eu lieu mi-octobre, il pleuvait à verse et pourtant 4 familles étaient présentes, j’y étais, c’était formidable !
Mais où Synthia puise-t-elle toute son énergie ?


« Synthia, pouvez-vous nous parler de votre engagement dans l’école de Sarah et au sein du quartier des Amandiers? Quand Sarah a fait son entrée au cours préparatoire, une maman de l’école m’a demandé si je voulais me présenter aux élections de représentants de parents d’élèves. J’ai accepté. Au début ma démarche était égoïste, tournée uniquement vers Sarah, je voulais connaître les coulisses de l’école, avoir des informations sur ce que je ne voyais pas quand ma fille était à l’école. Alors j’assistais juste aux conseils d’école. Et puis, j’ai observé les parents de l’école et du quartier et j’ai noté le manque de dialogue et de cohésion entre les familles, j’ai constaté l’absence de présence parentale, cela m’a attristé, j’ai senti un malaise. Vous savez, dans mon pays, les gens communiquent, tout le monde se connaît, les rapports humains sont très différents de ce que j’ai pu observer à Paris. Dans les parcs, j’ai remarqué que les parents ne communiquaient pas avec les autres familles, souvent, ils restent assis sur un banc … Un jour, je faisais du roller avec Sarah, j’avais mis en place une espèce de jeu de piste et nous avons été rejointes par un, puis deux puis trois enfants qui voulaient s’amuser avec nous. En 2010, je suis rentrée en Côte d’Ivoire pour les vacances, j’ai acheté une balle, des cordes à sauter et on a passé nos journées à s’amuser avec les enfants des environs, avec un budget ridicule, c’était la fête! Du coup, à plusieurs reprises, les gens m’ont dit « mais pourquoi n’organises-tu pas quelque chose? »….

Et alors? J’ai décidé d’organiser des activités, de donner rendez-vous aux familles de l’école un dimanche sur deux. J’ai discuté avec un papa de l’école de Sarah, on a réfléchi aux jeux à mettre en place et on s’est dit qu’avec un tout petit budget, on pourrait amuser les enfants et les parents.

En effet, lors de la première séance, tout le monde s’est amusé, enfants comme adultes! Et oui, on a tous gardé notre âme d’enfant. Les adultes peuvent s’amuser en sautant à la corde, en jouant au ballon. Moi, quand je vois des enfants, j’ai envie de jouer, j’aime l’idée d’évoluer avec mon enfant ! Je tiens ce côté joueur et investi de mon père ! Il était directeur d’une école en Côte d’Ivoire et il aimait organiser des activités. Je me souviens qu’il avait créé un jardin dans un champ proche de l’école, les parents et les enfants s’occupaient du potager du jardin tous les samedis, on faisait pousser du manioc, des salades, du gombo, des tomates, des aubergines … Les familles se retrouvaient et bêchaient ensemble.

Les jeux d’enfants de P. Bruegel (1560)

Comment parvenez-vous à concilier vies familiale, professionnelle, associative? Je suis hyperactive mais pour pouvoir tout mener à bien et surtout pour pouvoir être le plus possible avec Sarah, j’ai fait le choix de travailler à temps partiel. Au sortir de mes études, j’ai cherché un emploi à temps partiel ! Ce choix est un sacrifice car financièrement, nous ne roulons pas sur l’or, je ne voyage pas, je ne sors pas tous les soirs avec mes amis mais l’essentiel est que je vois mon enfant grandir.

Synthia, parlons éducation, avez-vous des principes éducatifs? Mon père et ma mére m’ont transmis la notion de respect de l’autre et d’honnêteté au sein de la famille, en société. Avec Sarah, j’évite d’asséner des nons catégoriques. Quand elle se retrouve dans des situations compliquées, nous essayons de trouver ensemble une solution.

Quelle place occupent vos origines ivoiriennes dans votre quotidien (éducation bilingue, partage de votre culture)? Je pense que la transmission de la culture passe par la maîtrise de la langue de cette culture. Or, je ne parle pas de langues parlées dans mon pays d’origine. J’ai vécu en Côte d’Ivoire jusqu’à l’âge de 9 ans mais je ne parle ni la langue de mon père d’origine bété, ni celle de ma mère qui parle le dida. Je ne parle pas non plus le dioula, langue parlée dans le quartier dans lequel j’ai grandi. Mon père voulait que je parle bien le français et comme il ne parlait pas la langue de ma belle-mère avec laquelle j’ai vécu une partie de mon enfance, on parlait français à la maison. Ce qui me relie à mes origines, c’est la cuisine. Sarah adore la sauce graine (à base de jus de palme) et la sauce à base d’arachide. Quand on va déjeuner chez ma mère, elle nous prépare du placali (plat à base de manioc).

Quelles activités faites-vous avec Sarah? On aime regarder des films pour enfants, j’ai une carte de cinéma dont on profite bien. On dessine, j’ai récemment acheté un piano numérique alors nous faisons de la musique. On va à la piscine, ce qui me permet de faire du sport avec ma fille. J’aime organiser des pique-niques avec mes amis dans le parc des Buttes Chaumont ou sur les pelouses du Champ de Mars. Et puis, on fait du roller sur les Quais de Seine fermés à la circulation voiture le dimanche. Et on rencontre des amis qui ont également des enfants, comme ça, grands et petits se retrouvent.

Que faudrait-il faire pour que Paris soit plus agréable à vivre en famille? J’aimerais tout simplement que les gens soient plus sympathiques, plus citoyens. Mais bon, j’apprécie certaines évolutions de la ville et notamment ce qui a été fait sur les quais de Seine, j’aime l’idée de passer de quartiers en quartiers qui ont tous leur particularité. Et puis, je trouve qu’il y a tout plein de choses à faire à Paris, beaucoup sans avoir nécessairement à débourser beaucoup d’argent, notamment des expos. Je consulte parfois le site « on va sortir ! » qui est très intéressant. Quel que soit le temps, Sarah et moi sortons. On se lève le matin et on se demande: qu’est-ce qu’on pourrait bien faire aujourd’hui ? »

Merci Synthia!

Histoires de goûts : une famille iranienne

14 Oct

Qu’est-ce qu’une bonne éducation? Chaque culture a sa réponse.

J’ai posé la question à Mina, jeune maman d’origine iranienne, qui vit à Paris depuis huit ans et a mis au monde des jumeaux aujourd’hui âgés de 18 mois : Shadi et Bahman. Ils vivent aux abords du parc des Buttes Chaumont avec le papa Babak que je n’ai pu voir le jour de ma rencontre avec Mina et les enfants car il travaille beaucoup. Les petits vont à la crèche trois fois par semaine, ce qui laisse le temps à Mina, graphiste de formation, de souffler et de réfléchir à sa reconversion dans la céramique.

Tout en buvant un café accompagné de pâtisseries iraniennes, nous avons donc parlé famille, éducation, partage de la culture d’origine et cuisine. Mina m’a donné la recette d’un plat iranien traditionnel : le Khoresht Karafs (sauce au céleri) que je me suis empressée de préparer de retour chez moi et que j’expose en photo à la fin de ce post. Bonne lecture !

_______________________________________________________

« Mina, comment se passe le quotidien avec des jumeaux? Nous avons de la chance car les enfants ont obtenu une place en crèche sans difficulté. Ils y vont trois fois par semaine entre 10H et 16H. Comme Babak et moi n’avons pas de famille à Paris, cela me permet de respirer un peu. Parfois, je dépose un seul bébé et je m’occupe exclusivement du frère et vice versa, comme ça, je profite pleinement de l’un et de l’autre, cela me permet de mieux les connaître, de manière individuelle. Depuis que les garçons vont à la crèche, nous avons fait la connaissance d’autres parents avec lesquels nous sommes devenus amis, c’est très appréciable.

Avez-vous contacté une association de parents de jumeaux? Oui, mais je n’ai pas trouvé le temps de profiter de leurs services. J’ai reçu de la documentation qui m’a été bien utile, notamment concernant l’allaitement qui n’est pas aisé avec des jumeaux.

Quelle place occupent vos origines iraniennes dans l’éducation de vos enfants? Il est très important pour moi que les petits connaissent leurs origines iraniennes. L’acquisition du persan que Babak et moi leur parlons est fondamental. Et puis, on écoute des chansons en persan, on leur raconte des contes traditionnels iraniens tels que les histoires et chants traditionnels « Jomjombarg Khazoon ». Je cuisine à l’iranienne car je souhaite qu’ils apprennent les goûts du pays. De plus, nous allons en Iran afin qu’ils sachent d’où ils viennent. Je viens du Sud de l’Iran, dans le désert, tout près du Golfe persique. Je voulais qu’ils voient les hectares de champs de pistaches qui y fleurissent en septembre et qui me rappellent tant mon grand-père aujourd’hui décédé. En septembre dernier, nous avons cueilli les pistaches avec les enfants qui couraient dans les champs, c’était merveilleux. Chaque année, toute ma famille se retrouve non loin de Chiraz, c’est pour moi l’occasion de revoir ma grand-mère âgée de 80 ans et tous mes cousins. C’est toujours la fête, nous faisons de la musique et chantons toute la nuit, à commencer par la chanson populaire des années 40 « Mara Beboos » qui signifie embrasse-moi et qui raconte l’histoire d’un père qui fait ses adieux à sa fille et veut l’embrasser pour la dernière fois. Quand les familles iraniennes se retrouvent, elles chantent cette chanson. Je la chante aux enfants, c’est très doux comme une berceuse.

Image de prévisualisation YouTube

Où retrouvez-vous l’Iran à Paris? Nous allons dans la rue des Entrepreneurs dans le 15ème arrondissement. Il y a des supermarchés où on peut trouver des grenades notamment, très importantes dans la cuisine iranienne, et des restaurants iraniens. Le dimanche, nous allons parfois déjeuner dans un des restaurants du quartier. Quand nous voulons écouter de la musique, nous dînons et dansons dans un restaurant irano-arménien de la rue Mouffetard.

Vous souvenez-vous de vos premières impressions à votre arrivée à Paris? La ville m’a plu tout de suite. Babak qui vivait déjà à Paris m’a présenté ses amis qui m’ont accueilli chaleureusement. J’avais entendu que les Français étaient froids or, on m’a toujours aidé et bien qu’étrangère, je ne me suis jamais sentie comme une étrangère.

Avez-vous des principes éducatifs? Non, pas vraiment. J’aimerais que mes fils soient indépendants, j’essaie de leur transmettre l’amour de l’humanité et deux qualités qui me semblent importantes : la franchise et le respect de l’autre.

Quelles activités faites-vous en famille? Dès qu’on peut, on part en ballade en forêt ou on s’aère à la campagne chez des amis. A Paris, nous allons beaucoup au parc des Buttes Chaumont, on marche, on joue au ballon, les enfants s’ébattent dans le bac à sable. On a l’intention de commencer à aller à la piscine.

Quel est le rituel du soir? Les enfants prennent leur couverture, leur doudou et on leur lit une histoire. Ensuite, on leur donne un biberon, c’est l’instant câlins, j’en prends un dans mes bras, Babak câline l’autre. Je chante une berceuse puis on les dépose dans leur lit.

A quoi ressemblera la célébration de leur prochain anniversaire? On organisera une petite fête avec des enfants de leur âge.

Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance Mina? La séparation de mes parents. A l’âge de neuf ans, ils se sont séparés et cela m’a beaucoup marqué. Mon père est parti, je me suis retrouvée seule avec ma mère et il s’est remarié alors que je ne m’y attendais pas… Et puis j’ai connu huit années de guerre, la guerre Iran-Irak qui a commencé alors que je n’avais que trois ans … Je garde en souvenir le retentissement des alarmes annonçant l’imminence d’un bombardement, je me vois descendre dans la cave, on avait peur que la bombe tombe sur notre maison. Une fois, la bombe est tombée tout près de chez nous, j’avais dix ans… Alors que j’avais onze ans, les écoles ont fermé, on étudiait à distance grâce à la télévision.

Je garde en mémoire des choses positives aussi. Par exemple l’odeur de la terre après une averse. En Iran, il pleut peu mais quand cela arrive l’odeur de la terre qui se lève est vraiment caractéristique. J’adore la neige à Téhéran où j’ai grandi. La ville est recouverte d’un manteau blanc, je me souviens des bonhommes de neige et du fait que les écoles fermaient parfois quand on ne pouvait circuler. La neige me manque à Paris.

En quoi votre enfance est-elle différente de celle de vos garçons? Moi, j’étais entourée de ma famille malgré la séparation de mes parents. Cela me manque aujourd’hui à Paris. Norouz (célébration du nouvel an) était l’occasion de se retrouver chez les uns et chez les autres, mes enfants ne connaîtront pas cela. J’ai reçu beaucoup d’amour de ma famille, eux reçoivent de l’amour de leurs parents et de nos amis, c’est comme ça, c’est différent … L’amour de la famille est différent de celui qui vient des amis. Et puis, les Iraniens sont très sentimentaux, ils sont plus démonstratifs dans leur façon d’exprimer leurs sentiments.

Ce qui est bien, c’est qu’ils ne connaîtront pas tous les interdits inhérents à la société iranienne, je peux citer des dizaines d’exemples. Après la révolution, les Iraniens ont appris à adopter une attitude particulière en société, différente de leur comportement à la maison. Concernant l’alcool ou l’organisation de fêtes par exemple, qui sont prohibés en Iran, les gens doivent mentir. Sous Khomeiny, je me souviens que les petites filles ne pouvaient pas porter de chaussettes de couleur. Moi qui suis graphiste de formation, je ne pouvais pleinement m’exprimer dans mon travail … »

Merci Mina !

______________________________________________________________

Recette du KHORESHT KARAFS selon Mina

Ingrédients pour 4 personnes:

– 500 g de viande de bœuf, d’agneau ou un poulet fermier

– 1 gros oignon

– 1 pied de céleri

– du persil plat

– des feuilles de menthe

– 1 verre d’eau

– du safran

– sel, poivre

– citron persan (voir photo) ou jus d’un citron jaune

Préparation: 20 mn – cuisson : 30 mn

Découper la viande en morceaux;

Émincer l’oignon, couper le céleri en petits morceaux de 2cm environ, hacher le persil, la menthe, les feuilles de céleri;

Dans une casserole, faire dorer les oignons et la viande dans un fond d’huile;

Quand la viande est cuite, ajouter les morceaux de céleri ainsi que le persil, la menthe et les feuilles de céleri hachés;

Ajouter le citron persan ou le jus de citron jaune à doser en fonction du goût de chacun;

Ajouter le safran puis un verre d’eau;

Saler, poivrer puis couvrir et laisser cuire 30mn;

Vérifier la cuisson et l’assaisonnement;

Servir chaud accompagné de riz blanc. Déguster en écoutant le morceau « Mara Beboos » magnifiquement interprété par Hasan Golnaraghi (en écoute sur ce post).

Nusheh Jân!    نوش جان