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L’artiste Nicolas Dhervillers au collège Yvonne-le-Tac (18e)

30 Avr

 

Priest (série My Sentimental Archives) 2011 - Cibachrome contrecollé sur aluminium sous Diasec mat, 130 x 205 cm, édition 1/8 Acquisition en 2011. Collection du Fonds Municipal d’Art Contemporain — Ville de Paris (FMAC)

Priest (série My Sentimental Archives), 2011 – Cibachrome contrecollé sur aluminium sous Diasec mat, 130 x 205 cm, édition 1/8
Acquisition en 2011. Collection du Fonds Municipal d’Art Contemporain — Ville de Paris (FMAC)

 

Priest, une photographie imposante de Nicolas Dhervillers, côtoie vitrail et fresque de la chapelle qu’occupe le centre de documentation, mais aussi d’étranges paysages. L’artiste est venu rencontrer 2 classes de 6e du collège le jeudi 12 avril. Récit d’une rencontre.

 

© FMAC, Paris

© FMAC, Paris

 

Depuis l’installation de l’œuvre Priest dans le centre de documentation et d’information du collège, en novembre, les élèves de deux classes de 6e découvrent le travail artistique du photographe Nicolas Dhervillers. Des séances de présentation et un atelier photographique ont été conduits par la médiatrice culturelle du programme FMAC à l’école, Cécilia Almirón. Avec leur professeure d’arts plastiques, Lilas Grieco-Bastelica, les élèves ont travaillé à la production de paysages « bizarres, étranges et inattendus » et sous influence… Alors lorsque l’artiste, Nicolas Dhervillers, vient à la rencontre de ces jeunes plasticiens, c’est un « super ! », que l’on entend de la bouche d’une élève.

 

© FMAC, Paris

© FMAC, Paris

 

Six mois de travail pour 14 photographies…

Nicolas Dhervillers ouvre son catalogue et raconte comment il a produit ses photographies issues de la série My Sentimental Archives.

Invité en Suisse, pour une carte blanche, il a travaillé sur ce territoire. Il s’est rendu dans les archives de la ville de Sion. Ici, les personnages sont tirés de photos d’archives. « Ici vous voyez un groupe de femmes portant le deuil. Il s’agit de 5 sœurs qui ont perdu leur mari le même jour, dans un éboulement de pierres dans une carrière. J’ai été respectueux, à ma façon je fais rejaillir l’histoire».

L’artiste évoque la technique cinématographique appelée la nuit américaine*, chère au cinéma des années 50, qu’il reprend dans son travail, en post-production. Le projet artistique est pensé, produit sur 6 mois. « Et nous, en 4 heures ! » répond un élève dans une ambiance joviale.

 

© FMAC, Paris

© FMAC, Paris

 

Au tour des enfants de présenter leurs réalisations…

L’artiste montre ses réalisations pour aborder la notion d’échelle. À la question-jeu « quel personnage préférez-vous ? » posé par l’un des élèves, l’artiste sélectionne celui avec le personnage en jaune, peut-être en pleins phares d’une voiture, dit-il.

 

© FMAC, Paris

© FMAC, Paris

 

Enfin arrive le tour des 6e B. Cette fois-ci, les règles sont inversées, deux collégiennes présentent à leur manière son œuvre.

© FMAC, Paris

© FMAC, Paris

 

Pour approfondir son travail,  l’artiste interroge les élèves : «  Est-ce qu’on a besoin des artistes ?  Et répond : «  Nous sommes là pour parler du monde qui nous entoure et apporter de la lumière sur l’information « . L’artiste rappelle l’étymologie du mot photographie – écriture de la lumière -. D’ailleurs, cette lumière est essentielle dans son œuvre, elle est son obsession, sa signature de style.

Avant de partir, les élèves accompagnent Nicolas Dhervillers en face de leurs photomontages sur Saint-Denis de Paris, pour expliquer le propos et le processus de travail. Ils ont fait une mise en scène inspirée de la légende sur le martyr qui aurait été décapité dans le même lieu qu’occupe aujourd’hui le collège Yvonne-le-Tac.

 

© FMAC, Paris

© FMAC, Paris

 

« Mon travail porte aussi sur les fantômes  » dit Nicolas Dhervillers, avant de demander s’ils ont déjà croisé Saint-Denis portant sa tête entre ses mains, suivi d’un éclat de rires.

 

Avec la collaboration de Jean-Marc David, professeur documentaliste, le CDI se transforme en un lieu d’exposition, jusqu’à la sélection de livres sur le thème © FMAC, Paris

Avec la collaboration de Jean-Marc David, professeur documentaliste, le CDI se transforme en un lieu d’exposition, jusqu’à la sélection de livres sur le thème © FMAC, Paris

 

Les 11 et 12 juin, les parents d’élèves seront invités à découvrir, au CDI, les travaux des élèves réalisés autour de l’œuvre.

 

 

* Une nuit américaine est une technique cinématographique permettant de tourner en plein jour des scènes d’extérieur censées se dérouler la nuit.

L’artiste Mathieu Pernot au collège Daniel Mayer (18e)

30 Avr

Mathieu Pernot présente son travail pendant le cours d’arts plastiques de Laura Carau © Juliette Degorce - Fmac, Paris

Mathieu Pernot présente son travail pendant le cours d’arts plastiques de Laura Carau © Juliette Degorce – Fmac, Paris

 

Jeudi 22 mars, le photographe Mathieu Pernot est venu rencontrer les élèves de deux classes de 4e du collège Daniel Meyer (18e), où deux de ses œuvres sont exposées jusqu’à la fin de l’année. Intitulées Sans titre (de la série Le meilleur des mondes)  et Sans titre (de la série des Témoins), ces deux photographies ont été réalisées en 2007 et font parties d’un projet plus global sur les grands ensembles urbains aujourd’hui décriés. D’autres photographies sur ces immeubles ont été réalisées par l’artiste au moment de leur destruction (série Les implosions).

Proche de la démarche documentaire, Mathieu Pernot s’intéresse souvent aux milieux sociaux défavorisés.

A partir de se ses photographies, l’artiste a questionné les élèves sur ce qu’ils voyaient et comprenaient des images.

Il leur a notamment montré des photographies issues de la série intitulée les Hurleurs qui montre des personnes en train de crier. Le cadre serré des photographies ne permet pas de comprendre où se situe la scène et à qui les hurleurs s’adressent.  Mathieu Pernot raconte ce qui n’est pas visible et donne les clés de lecture aux élèves. Ces personnes crient dans un contexte bien spécifique : elles s’adressent à des proches incarcérés dans des maisons d’arrêt de centres villes (Avignon, Marseille, Barcelone).

 

Mathieu Pernot présente son travail pendant le cours d’arts plastique de Laura Carau © Juliette Degorce - Fmac, Paris

Mathieu Pernot présente son travail pendant le cours d’arts plastique de Laura Carau © Juliette Degorce – Fmac, Paris

 

L’artiste aborde avec les élèves une autre série de photographies d’une famille Tsigane, les Gorgan, devenue des amis proches, qu’il photographie depuis plus de 20 ans. Son travail sur cette famille est présenté jusqu’au 28 août au Musée national de l’histoire de l’immigration dans l’exposition Mondes tsiganes la fabrique des images.

Très attentifs et intéressés par la démarche de l’artiste, les collégiens lui ont posé beaucoup de questions : Vous travaillez tout seul ? Quand avez-vous su que vous aviez un talent ? Est-ce que vous demandez à la personne de faire quelque chose ?

Mathieu Pernot a répondu à toutes ces questions en prenant le temps d’évoquer son histoire et celles des personnes photographiées.

Le Fmac à l’école participe au Mois du dessin

6 Avr

Dans le cadre du Mois du Dessin et de Drawing Now Art Fair, une table ronde a été organisée le jeudi 22 mars à l’auditorium du Carreau du Temple, s’interrogeant sur le rôle de l’artiste et des institutions artistiques dans la passation des savoirs auprès des différents publics. Lors de cette table ronde, différentes vidéos ont été projetées relatant les actions menées dans le cadre du Mois du Dessin, dont le reportage réalisé au lycée Maximilien-Vox lors de la venue de Jochen Gerner.

Découvrez la vidéo ici :

© Le Mois du dessin par DRAWING NOW Art Fair, janvier-mars 2018

L’artiste Florence Doléac à l’école élémentaire Tlemcen

29 Mar

Florence Doléac présentant son oeuvre Passages aux élèves © Claire Boustani - FMAC, Paris.

Florence Doléac présentant son œuvre Passages aux élèves © Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

Le vendredi 23 mars, Florence Doléac est venue rencontrer une classe de CM2 et une classe de CE1 de l’école élémentaire Tlemcen, où son œuvre Passages est exposée jusqu’à la fin de l’année scolaire.

« Cette porte vous parait-elle normale ? » demande -t-elle d’abord aux enfants. « Non » répondent-ils en cœur, soulignant qu’une porte normale n’est pas percée par deux autres petites portes. « Et pourquoi 3 portes selon vous ? » demande l’artiste. « La petite porte est pour les petits, la moyenne pour les moyens, et la grande pour les grands » répond un élève. « C’est pour les animaux » déclare un autre enfant.

Florence Doléac explique qu’après des études de Design industriel, elle a souhaité se détacher du Design de production pour créer des objets qui sortent de l’ordinaire. « J’ai des idées bizarres et je veux faire des choses bizarres » déclare-t-elle aux enfants amusés. Les 3 portes de Passages ont donc pour objectif de stimuler l’imaginaire de la personne qui les regarde. L’artiste aime également l’idée qu’on ne sait jamais ce qu’il y a derrière une porte fermée. En créant des portes multiples, elle joue sur ce moment, un peu stressant, de l’ouverture de la porte et de la découverte de ce qui se trouve derrière.

 

A dada © Claire Boustani - FMAC, Paris.

A dada © Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

L’artiste montre ensuite aux élèves d’autres de ses objets « bizarres ». « Pour éviter d’être dans le mécanique, dans le banal, j’aime faire des blagues avec les objets » explique-t-elle aux enfants. Ainsi leur montre-t-elle, entre autres, A dada, assise composée de boules gonflables et de filets de pêche, Le saloon vert, boules de billard en forme de pouf, En garde qui incite les visiteurs à faire une bataille de polochons, ou encore sa Chaise, mise à nue, qui a déjà été exposée à l’école il y a 2 ans.

 

Le saloon vert © Claire Boustani - FMAC, Paris.

Le saloon vert © Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

En garde © Claire Boustani - FMAC, Paris.

En garde © Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

Éternelle rêveuse, Florence Doléac évoque son dernier projet qui l’occupera jusqu’à la fin de sa vie : créer une colonie internationale de rêveurs, invitant les personnes à créer leur lit dans les arbres, à y dormir, puis à raconter leur rêve via l’application « Maxidreams ». Ce projet sera accompagné par des scientifiques et des psychanalystes.

 

La chambre des rêves © Claire Boustani - FMAC, Paris.

La chambre des rêves © Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

Ravis de cette rencontre, les élèves présenteront à la fin de l’année leurs travaux réalisés autour de l’œuvre avec leur professeure d’arts plastiques Susana Machado.

L’artiste Armand Jalut à l’école élémentaire Saint-Maur (10e)

21 Mar

Armand Jalut devant une classe de CE2 © Claire Boustani - FMAC, Paris.

Armand Jalut devant une classe de CE2 © Claire Boustani – FMAC, Paris.

Le mercredi 7 mars, Armand Jalut est venu rencontrer deux classes de CE2 de l’école élémentaire 200 rue Saint-Maur (10e) où son œuvre CLASS AZ8120 est exposée jusqu’à la fin de l’année scolaire.

L’artiste a d’abord répondu aux multiples questions des élèves : Comment avez-vous choisi l’art ? Quand vous étiez enfant, saviez-vous que vous seriez peintre ? Combien de temps vous restez par tableau ? Pourquoi mélangez-vous plusieurs images dans vos tableaux ?

Armand Jalut a expliqué aux élèves qu’il est venu tardivement à l’art, vers l’âge de 20 ans, après avoir fait des études d’économie. C’est la confrontation avec d’autres artistes qui lui a donné l’envie d’être peintre et de faire une école des Beaux-arts. Ne créant essentiellement que des grands formats, l’artiste passe environ un mois par œuvre. Ne souhaitant pas représenter quelque chose de réaliste, Armand Jalut déforme les objets, joue avec l’échelle. S’inscrivant dans la tradition du collage des artistes Dada et surréalistes, il assemble dans ses tableaux, à l’aide de Photoshop, plusieurs images afin de donner à voir une image surprenante.

 

Devant l'oeuvre © Claire Boustani - FMAC, Paris.

Devant l’oeuvre © Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

Devant l’œuvre, Armand Jalut a indiqué qu’il a créé ce tableau lors d’une résidence à Los Angeles, à la suite d’une visite de l’usine du fabriquant de vêtements American Apparel. Il a reproduit dans la peinture une machine à coudre, semblable à un moteur. La juxtaposition de différents éléments – machine à coudre, plantes grasses, patrons de vêtements – laisse libre-court à de multiples interprétations. Les élèves ont ainsi donné à l’artiste leur impression première : « Je vois une machine à coudre des salades », « Je vois un avion qui tire sur une voiture des bananes », « Je vois un dragon en train de détruire une machine géante », « Je vois une personne qui joue de la contrebasse », « Je vois un dragon qui fait des multiplications », « Je vois un robot qui vole avec des ailes vertes », « Je vois une machine qui fabrique des feuilles vertes pour en faire des habits », « Je vois une machine qui coût des feuilles et lance du fromage »…

 

Atelier d'arts plastiques © Claire Boustani - FMAC, Paris.

Atelier d’arts plastiques © Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

© Claire Boustani - FMAC, Paris.

© Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

A la suite de cet échange, les élèves ont poursuivi en classe le travail d’arts plastiques entrepris avec leur professeur d’arts plastiques Sylvain Noury. A la manière d’Armand Jalut, ils doivent dessiner en les transformant (déformation, changement d’échelles) des objets de leur quotidien, dessins qu’ils mettront ensuite en couleur. Lors de cet atelier, ils ont pu bénéficier des précieux conseils de l’artiste. « N’hésite pas à représenter l’objet selon différents points de vue » conseille-t-il par exemple un élève. « Joue avec l’échelle de l’objet et la superposition des éléments » dit-il à une autre élève.

... Avec les précieux conseils de l'artiste © Claire Boustani - FMAC, Paris.

… Avec les précieux conseils de l’artiste © Claire Boustani – FMAC, Paris.

 

© Claire Boustani - FMAC, Paris.

© Claire Boustani – FMAC, Paris.

Heureux de cette rencontre avec l’artiste, les élèves vont poursuivre leurs travaux qui seront exposés à la fin de l’année scolaire.