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Rue de Rennes

20 Août

Année: 1877

Photographe: Charles Marville

© Charles Marville / BHVP / Roger-Viollet

 

Cette photo de la rue de Rennes a été prise en 1877 par Charles Marville depuis la place Saint-Germain-des-Près.

La construction de la rue de Rennes a débuté en 1866, sur décision du baron Haussmann, alors Préfet de la Seine.

La rue porte le nom de la ville de Rennes car, à l’époque, elle aboutissait à la gare de Paris-Montparnasse à partir de laquelle partent des lignes desservant la Bretagne.

La rue de Rennes devait à l’origine rejoindre la Seine. C’est pour cette raison que la numérotation commence au 41, les numéros précédents ayant été réservés pour la partie de la rue qui devait être percée au nord du boulevard Saint-Germain.

Crédit François Grunberg

 

Il avait été prévu en effet de la prolonger jusqu’à la Seine plus tard en construisant un pont en X avec une rue de chaque côté de l’Institut de France.

A cet effet, de nombreuses maisons du quartier ont été achetées par la ville de Paris, mais le projet n’a jamais vu le jour.

Ce qui a permis sans doute de préserver le caractère ancien et pittoresque (avec des antiquaires et galeries d’art) des rues qui séparent le boulevard Saint Germain de la Seine  (rue de seine, rue des Beaux-arts, rue Mazarine, rue de Buci, rue Jacob,  rue saint André des Arts etc….) et de  la place Saint Germain des Prés, cœur du quartier latin.

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Transport d'arbre sur le boulevard Saint-Michel (1877)

19 Août

© Charles Marville / BHVP / Roger-Viollet

 

Le boulevard Saint-Michel fut percé suivant les directives du baron Haussmann parallèlement à la rue Saint-Jacques qui marque l’axe nord-sud historique. Il constituait, avec le boulevard de Sébastopol, le nouveau grand axe Nord-Sud de la capitale et fut tout d’abord appelé « boulevard de Sébastopol rive gauche » avant de changer de nom en 1864.

Le Boulevard Saint-Michel aujourd’hui/François Grunberg

 

A cette époque, Paris est réorganisé : c’est l’occasion d’offrir de nouveaux « poumons » à la ville en offrant à ses habitants des espaces nouveaux destinés à la végétation.  En effet, les squares et les jardins constituent l’un des changements les plus visibles du paysage parisien. A l’aide d’Alphand, son « ingénieur-jardinier », Haussmann « plantera » la ville comme jamais elle n’eut l’occasion auparavant.

Près de 400.000 arbres plantés dans le bois de Boulogne, 200.000 autres sur les trottoirs de la capitale, 24 squares dessinés.

La création des bois de Boulogne et de Vincennes, des champs de courses de Longchamp et de Vincennes, des parcs des Buttes-Chaumont et de Montsouris, le réaménagement des jardins des Champs-Elysées, du Luxembourg et du Parc Monceau  feront également partie de cette transformation de Paris.

 

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La rue de Science-Po avant Science Po

18 Août

Année: 1866

Photographe: Charles Marville

© Charles Marville / BHVP / Roger-Viollet

 

Perpendiculaire au boulevard Saint Germain, la rue Saint Guillaume est surtout célèbre pour abriter Sciences Po (l’Institut d’Etudes Politiques – IEP Paris) au N°27. On utilise d’ailleurs souvent la métonymie de la Rue Saint Guillaume pour désigner cette prestigieuse école – le bulletin de l’association des anciens élèves, lui-même, a pris le nom de « La lettre de la rue Saint Guillaume ».

L’histoire de cette rue est indéfectiblement liée à celle du quartier de Saint-Germain-des-Prés et à celui du Quartier Latin, deux des plus anciens quartiers du Paris médiéval.

 

La rue Saint-Guillaume de nos jours/François Grunberg

 

Pour mémoire, l’IEP de Paris dans sa version « moderne » a été créée en 1945 en même temps que l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), pour permettre de « démocratiser » l’accès à la haute fonction publique. Mais c’est en 1872 que naît l’Ecole libre des sciences politiques sous l’impulsion d’Emile Boutmy et de René Stourm, mais ce n’est que quelques années plus tard que ce nouvel établissement s’installera rue Saint Guillaume dans l’hôtel de Mortemart, généreuse donation de Marie Brignole-Sale De Ferrari, duchesse de Galliera.

A cette époque, l’objectif des pères fondateurs était de former des élites pour participer à l’effort de renouvellement républicain après les graves crises traversées par le pays quelques années auparavant (défaite face aux Allemands, chute du Second Empire).

La première année, quatre-vingt-neuf élèves sont inscrits et plusieurs innovations pédagogiques caractérisent l’enseignement, comme ce qui continue aujourd’hui encore a marqué très fortement l’identité de l’école : sa coopération précoce avec des universités étrangères.

Aujourd’hui, ce sont plus d’un millier d’élèves qui suive le prestigieux cursus.

L’entrée de la fameuse école/Flickr/that ambitious girl

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Rue de la Réale, une voie avalée par les Halles

17 Août

Année: 1863-1867

Photographe: Charles Marville

© Charles Marville / BHVP / Roger-Viollet

 

Construite en 1210, la rue de Réale (1er), aujourd’hui disparue, allait des Halles Centrales (dans le prolongement de la rue Baltard) à la rue de Turbigo. Elle portait le nom de « ruélète » Jehan-Pigne.

Elle s’appela aussi rue Royale à cause d’une enseigne d’une galère royale. Elle était habitée par des usuriers lombards qui avec leur accent prononçaient rue la Réale au lieu de rue Royale. Cette rue se prolongeait au sud jusqu’aux Piliers-des-Halles, qui dataient de Henri II.

Par la suite, le passage de la Réale a été créé, en 1996, lors de l’aménagement du secteur Forum Central des Halles. Sur le pourtour de la place Basse (située en contrebas au niveau -3), en vis à vis du Balcon Saint-Eustache, desservant notamment le palier de la porte Rambuteau et la rue Pirouette, au niveau -2 du secteur Forum Central des Halles, ce passage n’existe plus.

A l’heure actuelle, voici donc ce que l’on peut voir en lieu et place de la rue d’autrefois :

François Grumberg

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L'ancien Hôtel de Ville de Paris

16 Août

Année: 1852

Photographe: Charles Marville

© Charles Marville / Musée Carnavalet / Roger-Viollet

 

L’hôtel de ville de Paris héberge les institutions municipales depuis 1357. C’est en juillet 1357 qu’Etienne Marcel fit, au nom de la municipalité, l’acquisition de la « Maison aux Piliers ».  Au XVIe siècle ce bâtiment fit place a un magnifique palais dessiné par l’architecte italien Boccador. Les travaux commencèrent en 1533 et s’achevèrent en 1628. Face au palais, la célèbre place de Grève fut souvent le rendez vous d’émeutiers, insurgés et révolutionnaires. D’Étienne Marcel à la Fronde, de la Révolution aux journées révolutionnaires de juillet 1830 et février 1848.
Sous le Second Empire (de 1852 à 1870) les travaux haussmanniens apportent une modernisation d’ensemble à la capitale française et c’est le début d’un Paris moderne fait de grands boulevards et de places dégagées.

C’est le 24 mai 1871, pendant la Commune de Paris, qu’un incendie réduisit le palais (ancien Hôtel de ville) en cendres.

Le bâtiment fut reconstruit entre 1874 et 1882 sur les plans des architectes Théodore Ballu et Édouard Deperthes qui conservèrent à la façade le style néo-renaissance de l’ancien palais.

L’Hôtel de Ville reconstruit quasiment à l’identique suite à l’incendie de la Commune/François Grunberg

 

La place de Grève, rebaptisée place de l’Hôtel-de-Ville le 19 mars 1803, est devenue un espace réservé aux piétons depuis 1982.

L’Hôtel de Ville actuel  (plus grand bâtiment municipal en Europe), est un lieu de pouvoir où siège le conseil de Paris et de prestige où sont reçus les hôtes du maire. Deux espaces sont dédiés a de prestigieuses expositions. Jusqu’en 1977, l’actuel bureau du maire était celui occupé par le préfet de Paris. Le maire disposait à l’origine d’un appartement de fonction de 1 400 m2. C’est Bertrand Delanoë, le maire actuel, qui a décidé de le transformer en crèche.

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Rue de la Montagne Saint-Geneviève

15 Août

Année: 1865

Photographe: Charles Marville

© Roger-Viollet

 

Ici, vous êtes en plein cœur de Paris. Ici, vous êtes en plein cœur de l’histoire. Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Cette rue est directement tracée dans les veines de Lutèce, car dès ses origines, elle composait une partie de la voie gallo-romaine reliant Fontainebleau et  la future capitale.

Sa dénomination est d’autant plus emblématique qu’elle repose sur le chemin qu’empruntait régulièrement Geneviève, (future Sainte et patronne de la ville de Paris) pour aller prier au Monastère des Saints-Apôtres qui avait été fondé en 502 par Clovis et son épouse Clotilde et qui est devenu plus tard l’abbaye Sainte-Geneviève. La rue telle qu’elle est de nos jours existe depuis le XIIIe siècle.

François Grunberg

 

Historique aussi car elle n’a eu de cesse de lier des hommes et des lieux. L’Ecole polytechnique jusqu’en 1976, l’institut Monge et puis le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche ont eu porte commune le long de la rue.

N’oublions pas la montagne du même nom qu’elle irrigue, colline (61 mètres) qui occupe une grande partie du 5e arrondissement de Paris, ni le Panthéon dessiné par Soufflot qui y culmine. Monument néoclassique, lieu emblématique où la nation reconnaissante dépose le souvenir de ses grands noms communs. La composition globale des lieux et sa géographie unique dans Paris en font un témoignage permanent d’une ville elle-même incomparable.

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Une vespasienne

14 Août

Année: 1877

Photographe: Charles Marville

© Roger-Viollet

 

Elle a déserté Paris depuis longtemps maintenant(1980) . Pourtant, on s’attend toujours à l’apercevoir au détour d’un carrefour, ornant les boulevards haussmanniens de la capitale, au détour d’un parc. Il faut dire qu’elle illustre une part commune de l’histoire urbaine et hygiénique de Paris depuis le milieu du 19e siècle.

A l’origine, nous retrouvons Rome. L’empereur Vespasien célèbre pour avoir eu l’idée d’étendre l’impôt à la collecte de… l’urine, et à qui l’on doit aussi cet adage, devenu proverbial et en lien direct avec le thème du jour : « l’argent n’a pas d’odeur ».

Une sanisette, héritière des vespasiennes qui remontaient, dans leur principe, à l’antiquité/François Grunberg

 

A Paris, c’est dans les années 70, (enfin, 1770) que Sartine, lieutenant général de la police fait disposer des » barils d’aisance » dans la capitale, sorte d’ancêtre de la vespasienne. 1834, le préfet Rambuteau fait installer 178 édicules rapidement nommées colonnes vespasiennes. 1839, les colonnes moresques font leur apparition dans les rues parisiennes. Affichage à l’extérieur, urinoirs à l’intérieur jusqu’en 1868 année ou cours de laquelle les colonnes Morris s’imposent pour l’affichage et les vespasiennes pour les lieux d’aisances, du moins est-ce là leur utilité initiale. Elles feront aussi office parallèle de lieu de rencontre ce qui conduira en 1961 le conseil municipal de Paris à acter leur suppression progressive. Depuis 1980, les sanisettes sont en lieu et place disponibles gratuitement dans tout Paris.

Pour en savoir plus

– La rubrique sanisette sur Paris.fr

Où faire pipi à Paris ?

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Quand Polytechnique était à Paris

13 Août

Année: 1860

Photographe: Charles Marville

© Roger-Viollet

 

Le collège de Navarre a été fondé en 1304 à Paris grâce à Jeanne Ire de Navarre. Épouse de Philippe le Bel, elle lègue son hôtel de la rue Saint-André-des-Arts pour y établir un collège destiné à recevoir des étudiants de sa province.

L’entrée pouvait en être ouverte, sans condition de naissance, de famille ou d’âge, à tout Français pauvre qui se destinait à l’étude de la grammaire, de la logique ou de la théologie (à l’exclusion de la médecine et du droit).

Au lendemain de la Révolution, la France a perdu beaucoup de ses officiers et son système d’enseignement supérieur est totalement désorganisé. Consciente qu’elle a besoin de cadres et d’ingénieurs, le Comité de Salut Public décide de créer une « École centrale des travaux publics ». C’est ainsi qu’en 1794 nait l’École centrale des travaux publics, future École polytechnique.

 

Crédit: François Grunberg

 

Tout d’abord installée au Palais Bourbon, puis à l’Hôtel de Lassay, c’est en 1805 qu’elle reçoit un statut militaire de Napoléon qui l’installe dans l’ancien Collège de Navarre.

Elle demeurera à cette adresse jusqu’en 1976,quand elle déménage en Essonne à Palaiseau. Elle conserve néanmoins son surnom : l’« X », sobriquet qu’elle doit à son blason (deux canons croisés) ou à la prééminence des mathématiques dans l’enseignement qu’elle délivre.

Parmi les élèves de cette grande école typique du modèle méritocratique français on trouve trois Président de la République : Sadi Carnot, Albert Lebrun et Valéry Giscard d’Estaing, Henri Poincaré,

Quant aux bâtiment de l’école de Navarre, ils furent démolis les uns après les autres.

 

Flickr Pierre Métivier

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Le jardin des Champs-Elysées

12 Août

Année: 1868

Photographe: Charles Marville

© Roger-Viollet

 

À l’origine, les Champs-Élysées ne sont que des terrains marécageux et inhabités. C’est en 1616 que Marie de Médicis décide d’y faire aménager, le long de la Seine, une longue allée bordée d’arbres: les jardins des Champs-Élysées. Ils bordent l’avenue du même nom, considérée par beaucoup comme la plus belle avenue de la capitale.

Marie de Médicis créa le Cours-la-Reine, une large promenade plantée d’arbres, qui s’étendait du Palais des Tuileries à l’actuelle place de l’Alma. Lenôtre modifia de nouveau son tracé, en 1670 et il fut rebaptisé « Grand-Cours ».

La promenade ne cessa de s’agrandir, le marquis de Marigny, frère de Madame de Pompadour, prolongeant l’avenue jusqu’au pont de Neuilly. A l’époque, les jardins de Champs-Elysées étaient devenus le lieu de promenade favori des militaires et des filles de joie. Les vaches y paissaient encore tranquillement, mais mieux valait-t-il être armé dès la nuit tombée… nombre de viols et de crimes étaient commis régulièrement…Elle s’appelait alors l’avenue de Neuilly.

Au début du 18e siècle, on redonna ses lettres de noblesse au jardin en le rebaptisant du nom du lieu de séjour des âmes vertueuses dans la mythologie grecque : les « Champs-Elysées ». L’avenue des Champs-Elysées se para alors d’une multitude d’hôtels particuliers et de grands hôtels de voyageurs et devint le lieu de promenade favori des élégantes.

crédit : François Grunberg

 

Les Champs-Élysées virent défiler de nombreuses têtes couronnées qui privilégiaient cet axe grandiose pour leurs parades. C’est par là que l’impératrice Marie-Louise fit son entrée dans Paris, en 1810, et que les cendres de Napoléon passèrent devant une foule de 100 000 spectateurs, en 1840. Plus tard, le petit Marcel Proust y aura également ses habitudes, y faisant des promenades qu’il immortalisera un jour dans « A la recherche du temps perdu ».

En 1828, les jardins des Champs-Élysées devinrent la propriété de la Ville de Paris. S’inspirant des jardins à l’anglaise, l’ingénieur Alphand leur donna 12 ans plus tard l’aspect qu’on leur connaît aujourd’hui.

Parmi les hauts lieux qui s’y trouvent, notons le Grand Palais au sud, ainsi que le théâtre du Rond-Point et le théâtre Marigny. Les jardins du palais de l’Élysée jouxtent l’espace vert, au nord.

L’avenue a inspiré la création du Paseo de la Reforma à Mexico (Mexique) en 1860, de la Avenida 9 de julio à Buenos Aires, de la Benjamin Franklin Parkway à Philadelphie (Pennsylvanie) en1917 et du Corso Sempione à Milan.

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Du couvent à l'Armée du Salut: la rue des Cordelières

11 Août

Année: 1866-1868

Photographe: Charles Marville

 

© Roger-Viollet

 

Située dans le quartier Croulebarbe (13e), cette rue doit son nom à l’ancien couvent des Cordelières (ordre devenu de nos jours l’ordre des Clarisses) qui s’y trouvait. Fondé à la fin du XIIIe siècle par Marguerite de Provence devenue veuve de Saint Louis. Les bâtiments s’étendent alors sur huit hectares situés en bordure de la Bièvre. Ceux situés rue de Lourcine, sont très exposés aux crues de la rivière et sont largement endommagés lors du siège de Paris par Henri IV en 1589-1590.

Devenu Bien national à la Révolution française, les bâtiments sont vendus en 1796 aux industries de tanneries implantées dans la vallée de la Bièvre. En 1834, ils sont transformés en hôpital de Lourcine puis à partir de 1972 progressivement détruits pour faire place au moderne hôpital Broca. C’est justement à cette période que sont retrouvés les vestiges du réfectoire gothique qui est relevé et visible depuis, dans la rue de Julienne.

Rue des Cordelières aujourd’hui/François Grunberg

 

A noter que le « Palais du Peuple » de l’Armée du salut, situé au numéro 29 de cette rue, fut érigé en 1912 et adjoint en 1926 d’un bâtiment d’habitation social, de 110 appartements, situé côté cour (donnant sur le square René-Le Gall) construit par Le Corbusier.

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