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Le passage Tivoli

1 Août

Année: 1865

Photographe: Charles Marville

© Roger-Viollet

Aujourd’hui, promenons-nous du côté de la rue de Budapest qui allonge ses pavés sur 144 mètres de long et 8 de large à une encablure de la gare Saint-Lazare. Voici pour la description géographique. Pour la petite histoire, cette rue a été rebaptisée à deux reprises. Avant 1910, les parisiens empruntaient alors le même tracé mais parlaient du passage Tivoli. Leurs ainés traversaient eux d’un même pas le passage alors dénommé de Navarin…

La rue, le passage, c’est selon, est ouvert vers 1826 sur l’emplacement de Tivoli, jardin parisien d’alors reconnu pour ses mœurs plutôt… fleuries (depuis lui aussi disparu).

François Grunberg

Remontons encore un peu avant : Simon-Gabriel Boutin aménage en 1766 un vaste jardin qu’il baptise Tivoli, clin d’œil aux jardins de la ville italienne éponyme. Lieu fréquenté, en vue, il sera déplacé et rouvert en 1812 sous le nom de « grand Tivoli » enrichi d’attractions (grande roue…). Ruggieri organise des spectacles pyrotechniques, le jardin, sorte de parc d’attraction avant l’heure vit aux rythmes des spectacles pyrotechniques de Ruggieri jusqu’en 1825 où il ferme définitivement après un grand « bouquet » final donné pour le sacre de Charles X. vendu il devient le quartier de l’Europe.

Tivoli, dernier acte : le lieu disparaît mais reste dans les esprits. Au point que Roberston, ouvre un troisième Tivoli. Inauguré en 1826, le Nouveau Tivoli de Robertson – savant distingué qui perfectionnera un peu plus tard le parachute, le miroir d’Archimède et fait d’intéressant travaux aérostatiques – n’aura jamais le lustre des jardins Boutin. Après une vingtaine d’années, le public finit par se lasser. Une dernière grande fête y est donnée, le 3 juin 1840, et le terrain est vendu en lotissement.

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One Response to “Le passage Tivoli”

  1. yann renaud 13 septembre 2012 at 13 h 51 min #

    Des « moeurs fleuris » qui perdurent puisque cette rue a été la rue du plaisir du quartier de la Gare St Lazare en accueillant de nombreux sex-shops (comme tout quartier de gare qui se respecte, comme la rue de la Gaité à Montparnasse, par exemple). Il n’en reste que deux, les autres laissant la place à des restaurants comme le symptomatique Bobo lounge, par exemple. Autre temps, autres moeurs !

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