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Féminin pluriel ... et plus encore

11 mar

Copyright : Marc Riboud

Soixante ans de carrière, c’est beau ! Nous sommes gâtés, après son abécédaire photographique à la Maison européenne de la photographie (MEP), Marc Riboud nous régale de « ses femmes » avec l’exposition « Liberté. Egalité. Feminité » à la Polka Galerie (3e).

Tout au long de sa carrière, ce grand monsieur de la photo n’a jamais cessé de photographier la Femme, les femmes, dans toute leur feminité.

« On est attiré par le danger, comme on est attiré par les belles femmes » dit-il.

Que cela soit dans un camp de réfugiés à Calcuta en 1971, une magnifique mère donnant le sein à son enfant, des Japonaises dans les grands magasins de Tokyo en 1958, une religieuse à Paris en 1953 ou deux femmes afghanes  » je les ai photographiées de dos car c’est que comme cela que j’ai pu les suivre et faire la bonne photo au bon moment », Marc Riboud a  été le temoin de la condition des femmes par le monde, de leur identité. Certains parallèles sont saisisants, les photos présentées lors de cette exposition nous crient les différences évidentes de la place des femmes dans nos sociétés.

Marc Riboud nous parle de son métier, dans une interview qu’il nous a gentiment accordé la semaine dernière, à l’occasion de l’exposition « Liberté. Egalité. Féminité. »

http://www.dailymotion.com/video/xhicbn 

Copyright : Marc Riboud

 
 

« Grâce et sensualité »

 

Beauty, Milla-Jovovich. Copyright : Donata Wenders

Autre regard sur les femmes, celui de Donata Wenders.

Dotée d’une extrême sensibilité, cette photographe dévoile une dixaine de portraits de femmes, connues ou moins connues, dans ce qu’elles ont de plus intime. De plus authentique. Des noirs et blancs subtils, des gestes et des regards touchants. Les émotions saisies rendent le travail de Donata Wenders pudique mais d’une sensualité rare.

Elle a photographié quelques années avant sa disparition Pina Bausch. « Lorsque, voilà quelques années, j’ai photographié Pina Bausch, pour la seule et unique fois, à Paris, j’étais tout aussi intimidée, derrière mon appareil, qu’elle l’était devant lui.(…) Elle avait l’aura d’une reine et, en même temps, elle était comme une toute jeune fille perdue dans ses pensées. Délicate, enjouée et ouverte. »

Athmosphère émotionelle particulière et palpable, le regard d’une femme sur les femmes prend toute sa force dans les clichés de cette photographe.

http://www.dailymotion.com/video/xhj7on 

"Christiana". Copyright : Donata Wenders

« C’était en Transilvanie. J’ai vu cette femme (Christina) pendant un festival d’art. L’envie de la photographier, de réaliser ce portrait s’est imposée à moi. Le traitement photographique est très important pour moi, il fait partie de l’oeuvre photographique. J’ai voulu retrouver la matière, l’aspect, le rendu que l’on pourrait retrouver dans une peinture », nous explique Donata Weders à propos du portrait ci-dessus.

Les photographies de Donata Wenders et, particulièrement, celles qu’elle a réalisées sur Pina Baush seront également exposées pendant le salon ArtParis qui se tient au Grand Palais du 31 mars au 3 avril 2011.

« Solitude Urbaine »

Copyright : Marc Montméat

Conseiller d’insertion et de probation en millieu carcéral depuis 10 ans,  Marc Montméat, diplômé de sociologie et lauréat du prix SFR jeunes talents photo 2009, s’interroge sur l’Homme et son environnement. Après une série de photos très remarquée sur l’univers de quatres prisons françaises, il pousse son questionnement et aborde la « Solitude Urbaine ». Son travail, en noir et blanc exclusivement, est particulièrement graphique. Il nous pousse à concevoir le monde urbain comme oppressant  et soumet même l’idée de carcéralisation de la ville.

Photographe à suivre de près.

http://www.dailymotion.com/video/xhiqmu
 

« Les cavaliers de Fletcher Street » 

Martha Camarillo photographe autodidacte, a longtemps travaillé dans l’univers de la mode. C’est un tout autre univers qu’elle nous livre à travers sa série sur les « cavaliers de Fletcher Street » . Elle s’est introduite, non sans mal, dans une des communautés de ce quartier de Philadelphie. La particularité de cette communauté est de s’occuper et dresser des chevaux « abandonnés » par leur riches propriétaires partis en automobile pour des banlieues huppées. C’est sur ce quotidien équestre que la photographe s’est arrêtée. Ses photographies sont incroyables. Elles jouent sur l’étrangeté de la rencontre de jeunes des quartiers défavorisés, aux jeans et t-shirts trop grands, avec des chevaux dont la superbe n’a rien à envier à leurs compères des champs de courses.

Enfants fréquentant les écuries, Fletcher Street, Philadelphie, 2001-2010. Copyright : Martha Camarillo

« Holy Daughter »

Photographe, mais surtout artiste plasticienne et performeuse, Prune Nourry, se sert de la photo comme « moyen de conserver la trace d’une oeuvre éphémère » lors de performances. Pour son dernier travail intitulé « Holy Daughter », elle filme et photographie ses statues hybrides (entre la jeune fille et la tête de veau) qu’elle a « abandonnées » dans les rues de Bombay. Elle propose alors aux spectateurs les réactions et interrogations que suscitent aux passants indiens les sculptures, à travers photos et vidéos. Tradition, conditions feminine dans un pays où la vache est sacrée, place de l’homme dans cette societé…  son travail  se situe largement entre philosophie et sociologie. « Pour moi la photographie et la vidéo jouent un rôle de documentation (…)(elles) forment l’ensemble d’une oeuvre destinée à bousculer, à confronter les différences. La photographie est un outil du discours » nous explique Prune Nourry.

http://www.dailymotion.com/video/xgnjde

Ces  5 photographes sont exposés à la galerie Polka (3e) jusqu’au 21 mai 2011

Vous les retrouverez également au fil des pages du magazine Polka actuellement dans les kiosques.

Polka Galerie
Cour de Venise, 12 rue Saint-Gilles, 75003
Tél. : 01 71 20 54 97
www.polkaimage.com
Mº Chemin-Vert ou Saint-Paul
Ouvert du mardi au samedi de 11 h à 19 h 30.
Entrée libre

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