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Archive | octobre, 2011

Automne-Hiver à la MEP

31 Oct

Rome, Cinecittà, 1956 © William Klein

Rome, Cinecittà, 1956 © William Klein

Pour cette fin d’année, la Maison Européenne de la Photographie nous propose six expositions très différentes les unes des autres, dont trois ont particulièrement attiré mon attention.

L’Italie, Rome précisément, et qui plus est le Rome de William Klein.

Après New York et invité par Federico Fellini alors réalisateur des “Les Noces de Cabiria », Klein dresse le portrait d’une ville des années 50, festive, emprunt d’un fort caractère artistique, en perpétuel mouvement. Il dira de cette époque « Rome est ma ville porte bonheur.(…) J’étais un passionné de Fellini et je réussis à organiser un rendez-vous avec lui à Paris : je voulais lui donner un exemplaire de mon livre. Il me dit : “je l’ai déjà, il est sur ma table de nuit. Pourquoi ne venez-vous pas à Rome pour devenir mon assistant?” J’avais une vingtaine d’années et comme çà, tout simplement, j’arrivais à Rome. »

 

[…]

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Françoise Hardy par Jean-Marie Périer

31 Oct

Françoise Hardy en robe Paco Rabanne, 1966. Copyright : Jean-Marie Périer / Courtesy Galerie Photo 12

 

 

« La photographie, ce n’est pas difficile et ça te fera rencontrer du monde. » a dit un journaliste de Paris Match à Jean Marie Périer dans les années 50. Le prenant aux mots, le futur photographe des stars devint l’assistant de Daniel Filipacchi, alors photographe à Marie-Claire et de 1962 à 74 sera le photographe de Salut les Copains. Il rencontre alors en 62 Françoise Hardy, bientôt icône, et la photographie pour le magazine Salut les Copains. Ils se lient d’une grande amitié. « Ce qui m’a frappé, dit-il, c’est qu’elle n’avait aucune conscience de son incroyable beauté. Pour un photographe, c’est une situation idéale, et pour le jeune homme que j’étais, ce fut un vrai choc ».

A l’occasion de la sortie du livre Françoise de Jean Marie Périer aux éditions du Chêne, la Galerie Photo12 présente une exposition de belles photos de Françoise Hardy prises par le célèbre photographe. Nous la redécouvrons telle une icône, souriante et sereine mais toujours avec cette distance classieuse qui la caractérise, et  lors d’instants « volés » où elle nous apparait  sans fards et à mon goût plus belle que jamais. Le photographe nous livre de véritables moments de grâces, que seul un homme amoureux en devenir saurait saisir.

 

Françoise Hardy, Paris. Janvier 1967. Copyright : Jean-Marie Périer / Courtesy Galerie Photo 12

 

 

« Françoise par Jean-Marie Périer » est un très beau livre pour les inconditionnelles et amoureux de Françoise Hardy. Edité par les Editions du Chêne, il fera un très beau cadeau à l’approche des fêtes.

Prix : 29,90 euros

 

 

 

 

 

 

Exposition « Françoise » par Jean-Marie Périer jusqu’au 4 décembre 2011

Galerie Photo 12
14 rue des Jardins
Saint-Paul
75004 Paris
Tél. : 01 56 80 14 40
ou 01 42 78 24 21
Horaires d’ouverture :
Du mercredi au dimanche
de 14h à 18h30

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« Elles changent l’Inde », le Petit Palais dédié aux femmes indiennes

21 Oct

Salma Rokkaiah, mariée jeune par sa famille, entrée en politique pour "remplacer" son mari dans sa circonscription suite au vote paritaire, elle est aujourd'hui présidente du panchayat du Tamil Nadu, ainsi que romancière et poète tamoule renommée. © Patrick Zachmann / Magnum Photos

« Elles changent l’Inde » du 21 octobre 2011 au 8 janvier 2012 au Petit Palais

Ces femmes qui changent l’Inde, nous  les connaissons peu. L’idée que l’on se fait d’elles est souvent obsolète, les clichés vont bon train et l’image collective occidentale de ces femmes est de plus en plus éloignée de leur quotidien.
En 2010, à l’initiative de la BNP Paribas qui voulait marquer sa présence en Inde depuis 150 ans et en partenariat avec Magnum Photos, six photographes, Olivia Arthur, Martine Franck, Alex Webb, Patrick Zachmann, Alessandra Sanguinetti et Raghu Rai, ont photographiés la Femme indienne et le rôle primordial qu’elle joue dans le développement économique, social et culturel de l’Inde d’aujourd’hui. Ils ont chacun choisis un thème pour leur reportage.
Qu’elles soient citadines où à la campagne, artistes, politiciennes, dans les hôpitaux ou épouses ou mères de familles, courageuses, les femmes alors photographiées sont l’exacte représentation de la place de la femme en Inde. Présentes partout, elles occupent toutes les places dans cette société pourtant encore très marquée par la toute puissance masculine. Grâce à elles, à leur volonté et à leur ténacité, au mouvement qu’elles impulsent, l’Inde change de visage.
La centaine de photographie exposée au Petit Palais jusqu’au 8 janvier 2012, à été présenté dans 5 villes indiennes depuis 2 ans avant d’arriver à Paris : Bombay, Chennai, Kochi, Calcutta, Delhi. L’exposition y a chaque fois rencontré un vif succès. Hautes en couleurs, les photos abordent des sujets variés, le micro crédit, l’accès des femmes à l’éducation et à la politique, la prise de responsabilité dans des domaines réservés aux hommes tels que les métiers de la sécurité ou être derrière les fourneaux de grands hôtels comme Chef cuisiniers, ce qui reste très rare en inde comme en France d’ailleurs !

 

Dans les coulisses de l’exposition 

Le blog photo était présent lors du montage de cette très belle exposition. Le diaporama sonore qui suit, nous fait part du travail des commissaires de l’exposition, Aurette Leroy et Cécilie Champy, ainsi que du Scénographe Vincen Cornu

 

http://www.dailymotion.com/video/xlu9nf

 

A l’occasion de cette exposition, Reporter Sans Frontières a choisi « Elles changent l’Inde » pour son nouvel album, « 100 photos pour la liberté de la presse » vendu au profit de l’association.
Soucieuse en matière d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, notons que BNP Paribas a signé en mars 2011 la Charte d’engagement des principes des WEP, Les Women’s Empowerment Principles, développés par ONU Femmes et le Pacte mondial des Nations Unies.
– Avoir une direction favorable à l’égalité des sexes au plus haut niveau des entreprises
– Traiter tous les hommes et les femmes de manière équitable au travail – respecter et appuyer les droits de l’homme et la non-discrimination
– Garantir la santé, la sécurité et le bien-être des travailleurs des deux sexes
– Promouvoir l’éducation, la formation et le développement professionnel des femmes
– Mettre en œuvre des pratiques permettant d’autonomiser les femmes au niveau du développement des entreprises, de la chaîne logistique et du marketing
– Promouvoir l’égalité grâce à des initiatives communautaires et à la mobilisation

 

L’exposition est accompagnée d’un livre réalisé en partenariat avec la maison d’édition féministe indépendante Zubaan, spécialisée dans les ouvrages pour et à propos des femmes.Elle est basée à New Delhi et fondée en 2003 par Urvashi Butalia, écrivain et commissaire scientifique de l’exposition.

 Urvashi Butalia et Martine Franck, une des six photographe de l’exposition, ont eu la gentillesse de répondre à nos questions :

 [dailymtion width= »480″ height= »270″]http://www.dailymotion.com/video/xlui2r_-exposition-elles-changent-l-inde_creationundefined[/dailymotion]

 

 « Elles changent l’Inde » du 21 octobre 2011 au 8 janvier 2012

Petit Palais Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill 75008 Paris
Ouvert tous les jours, de 10h à 18h sauf les lundis et jours fériés.
Nocturne les jeudis jusqu’à 20h

Dans la ville de Bhuj, les premières initiatives urbaine de KMVS fut d'organiser la collecte de déchets par les femmes de la communauté Maheshwari. La municipalité les rémunère et leur fournit des uniformes et des masques protecteurs. © Martine Franck / Magnum Photos

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"René et Jean" de Lolita Bourdet au BAL BOOKS

20 Oct

Copyright : Lolita Bourdet

LE BAL et SFR Jeunes Talents se sont associés pour lancer en 2009 le premier Prix dédié aux Ecoles d’art. Ce prix, destiné exclusivement aux étudiants en fin de cycle d’une des 58 écoles d’art en France, a pour but d’accompagner la réalisation d’une première œuvre photographique, sous forme de tirages ou d’un livre.
Après Marie Sommer en 2010, c’est le tour de Lolita Bourdet, âgée de 25 ans et étudiante à l’Ecole nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, de se voir récompensée par l’édition de son travail : LE BAL et Filigranes Editions co-éditent son livre « René et Jean ».

Rencontre / signature autour du livre « René et Jean » en présence de la lauréate et de Magali Jauffret auteur du texte,  demain,  jeudi 20 octobre à partir de   19 h
à la librairie LE BAL BOOKS

LE BAL
6, impasse de la Défense 75018 Paris
M°Place de Clichy – T. 01 44 70 75 50

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"56000 kilomètres, un continent et des hommes", un livre pour un monde isolé et oublié, par Kares Le Roy

10 Oct

Tsaatan, Mongolie. Copyright : Kares Le Roy

Tsaatan, Mongolie. Copyright : Kares Le Roy

 

Il arrive, de temps en temps, que l’on ait de vrais coups de cœur. C’est ce qui m’est arrivé en découvrant les photos et le récit du long voyage de Kares Le Roy, à travers le livre « 56000 kilomètres, un continent et des hommes ».

Deux ans. 2 ans et 56 000 kms à parcourir l’Asie, à la découverte ou plutôt à la recherche de tribus, de peuples ou tout simplement de cultures méconnues. Méconnues et pour certaines, incomprises et vouées à disparaître.
2 ans à se fondre dans leur quotidien et à se faire adopter par ces populations, ce qui n’est pas chose aisée, voire impossible…

Des tribus sédentaires du Sud-Est asiatique aux gitans du Cachemire et du Rajasthan, de la culture Tibétaine au nomadisme d’Asie central, des montagnes du Népal aux steppes mongoles, du bouddhisme à l’Islam, splendeurs du Moyen Orient, les images rapportées par Kares éveillent sur ce qu’est l’Autre, la vie ailleurs.  Profondément humaniste, son amour ou plutôt cette évidence, ce don de la rencontre, lui ont permis de toucher de près des identités que l’on pourrait penser hostile à toute forme d’intrusion, car maltraitées ou oubliées. Rares sont ceux qui peuvent se vanter de les avoir fait sourire. Car ce qui frappe avant tout dans toutes ces images c’est la joie qui les envahit.

L’idée du periple imaginé par Kares et son but, l’ont aidé à avancer. Mais le chemin emprunté n’était finalement pas connu au départ. Comment l’aurait pu t-il être ? La magie des rencontres a opéré. C’est le chemin emprunté qui a formé ce magnifique voyage, qui s’est tricoté au fur et à mesure.

Bandari Burqa, Iran. Copyright : Kares Le Roy

 

Sâdhus, Rajasthan, Inde. Copyright : Kares Le Roy

Sâdhus, Rajasthan, Inde. Copyright : Kares Le Roy

 

Elevation, Rajasthan, Inde & Welcome, Tibet. Copyright : Kares Le Roy

 

Om mani padme hum, Nepal. Copyright : Kares Le Roy

Om mani padme hum, Nepal. Copyright : Kares Le Roy

Shikara, Cachemire, Inde. Copyright : Kares Le Roy

Kares Le Roy nous raconte le monde comme on ne le connait pas, dit ce qu’on ne pourrait connaitre sans ses photographies.  Elles transmettent un message, la vérité à un instant T. Certaines des rencontres révélées en images, n’appartiennent qu’à lui et cela se sent. Un geste livré, un sourire permis devant l’objectif, trahissent cette proximité exceptionnelle et acquise à force d’humilité et d’attention.  Ce regard est assez rare et beau pour que l’on s’y attarde.  On se dit alors que l’homme, le photographe, ne peut être que bon.

Ces instants « volés » trahissent les moments intenses que ce voyage lui a offert. On dit souvent qu’il existe de réelles rencontres. Kares en a fait de vraies, de rares. A travers ses photos, il nous les offre à son tour.

« A l’opposé des formats de beauté imposés par l’Occident, j’ai tenté à travers mes photos d’en retranscrire un autre, peut être moins sophistiqué, sûrement plus naturel. Le parti pris était de ne montrer que ceux dont on ne parle pas, ou pas assez, que l’on stigmatise ou que l’on oublie.
Plus que jamais après de telles rencontres, je fais partie de ceux qui marchent contre le vent …
Ce n’est pas la fin d’un voyage, c’est le début d’une histoire. » Kares Le Roy

facebook.com/bykares

Un week end signature du livre est organisé au Lutetia les 15 et 16 octobre 2011, de 14 h à 20h
Hôtel Lutetia, 45   boulevard Raspail, 75006  PARIS

Vous pouvez également vous procurer ce livre dans les librairies suivantes :

Artazart
83 Quai Valmy. 75010 Paris, France
Le 29
29 Rue des Récollet. 75010 Paris
librairie-photographique
17 Rue de la Villette. 75019 Paris
Le Monte-en-l’air
6 rue des Panoyaux. 75020 Paris

Sri Lanka, NuwaraEliya. Copyright : Kares Le Roy

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Reporters sans frontières pour la liberté de la presse

7 Oct

Etre informé est chose primordiale à mon sens. Nombreux sont les exemples de journalistes brimés, emprisonnés ou tué pour avoir dit et montrer la réalité de notre monde. Etre le témoin de l’histoire ne devrait pas être exercice dangereux.

Reporter sans frontière s’emploie depuis 1985 à défendre la liberté d’information. Actions diverses, lutte contre la censure, bourse d’assistance au journalistes en difficulté, dénonciation des difficultés à exercer un métier, rencontre des autorités des pays pris en défaut.

Karuna Nundy, avocate à la cour suprème, lors d'une cérémonie d'offrande au temple. Copyright : Olivia Arthur / Magnum Photos

 

Pour assurer son financement, en plus des dons, des cotisations, du mécénat ou de subventions publiques et privées, Reporters sans Frontières publie de puis 1992 de très beaux albums photographiques. Le dernier, « Elles changent l’Inde, 100 photos pour la liberté de la presse » est sortie en kiosque le 15 septembre.

Six photographe de chez Magnum Photos, nous régalent de leur vision de la femme en Inde : Olivia Arthur, Martine Franck, Alex Webb, Patrick Zachmann, Alessandra Sanguinetti et Raghu Rai.

Qu’elles soient artistes, politiciennes, dans les hôpitaux ou mères de familles, courageuses, les femmes photographiées dans cet album sont l’exacte représentation de la place de la femme en Inde. Elles sont présentes partout, occupent toutes les places dans cette société pourtant encore très marquée par la toute puissance masculine. Malgré ce statut qui reste avant tout représentatif, c’est une femme, Pratibha Patil, qui est à la tête du pays.

Anjolie Ela Menon, artiste, peintre contemporaine, New Delhi, Inde. Copyright : Raghu Rai / Magnum Photos

 
Cela fait plusieurs années que je reste fidèle à l’achat de ces albums.
Les bénéfices des ventes des trois albums annuels, représentent 50% des recources de l’association et lui permettent de mener ses actions en toute indépendance.
L’album est disponible en kiosque et  en librairie au prix de 9€90
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Une exposition portant sur les reportages de ce dernier album, se tiendra au Petit Palais , en partenariat avec la BNP, du 21 octobre 2011 au 8 janvier 2012. A suivre sur ce blog …

 

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Salon de la photo 2011 : Se rencontrer, s’informer et s’équiper

6 Oct

Le salon de la photo est l’image de ce qu’est la photo aujourd’hui. Des grandes marques du monde de l’image, fabricants et importateurs en passant par les écoles et groupements professionnels, presque tous les acteurs de ce médium se retrouvent à cette ocasion.

Invité du salon, Karl Lagerfeld à sélectionné 30 clichés personnels en noir et blanc, portraits de personnalités de la mode, plus 30 autres réalisés par de grands noms de la photo : Allen Ginsberg, Gisèle Freund, Robert Doisneau, René Burri ou Irving Penn. Vous réalisez la majorité de vos photos en noir et blanc. Pourquoi ?
Il y a dans ce choix un lien évident avec ma mode, mes créations. Le noir et le blanc sont devenus emblématiques de mon style et ils traduisent ma vision de la modernité. En mode comme en photo, ils ne souffrent rien moins que la perfection. Travailler la photo en noir et blanc est donc un choix exigeant mais passionnant.

Une exposition à ne pas manquer.

Voici une sélection de conférences et rencontres intéressantes entre vendredi 7 et lundi 10 octobre :

Vendredi 7 octobre :
10h30 : Conférence « Photographes, quelles solutions pour contrôler la diffusion de vos œuvres et gérer vos droits ? »
14h30 : Rencontre avec Nicolas Guerin

Samedi 8 octobre :
16h : Présence exceptionnelle de William Klein, pour une séance de signature sur le Stand Polka Magazine
16h : Conférence « Photojournalisme et journalisme d’investigation. Pièces à conviction» avec Alain Genestar (Polka Magazine) et Edwy Plenel (Mediapart)
17h30 : Rencontre avec William Klein

Dimanche 9 octobre :
12h : Rencontre avec Olivier Laban- Mattei
14h : Discussion entre Klaus Reisinger (photographe) & Marion Liard (journaliste culture) sur le Stand Polka Magazine. Avec la collaboration de Paris.fr
15h : Séance de signature de Jane Evelyn Atwood sur le Stand Polka Magazine
16h : Rencontre avec Claude Nori

Lundi 11 octobre :
10h30 : C onférence «Les photographes et le référencement Internet» et «Vendre ses photographies sociales sur Internet»
14h30 : Rencontre avec Véronique de Viguerie

 

 

New York, 11 septembre 2001. Copyright : Klaus Reisinger

 

 

N’omettez pas de vous pencher sur les zoom 2011, de la presse et du public :
12 rédacteurs en chef ou directeurs de rédaction ont chacun désigné leur poulain : un photographe professionnel «émergent» (français ou installé en France), coup de coeur pour un talent encore peu connu ou pas assez reconnu.
Le jury est présidé par Lucien Clergue (académicien). Alexandre PARROT, lauréat de cette édition est honoré d’une exposition de 20 de ses photographies.

Le vote du Public s’est effectué sur le site du Salon de la Photo : dès le 1er juin, les nominés y ont été présentés, avec 5 photos chacun, leur biographie et l’éloge de leur parrain respectif. Emmanuel BOITIER lauréat 2011 est également honoré d’une exposition de 20 de ses photographies.

Les 40 photos seront présentées lors d’une exposition qui tournera dans les galeries photo de la FNAC courant 2012.

Les 12 rédacteurs en chef ou directeurs de rédaction : Dimitri Beck ( Polka magazine ), Sophie Bernard ( Images magazine ), Guy Boyer ( Connaissances des Arts ), Stéphane Brasca ( De l’air ), Guy-Michel Cogné ( Nat’Images ), Didier de Faÿs ( Photographie.com ), Agnès Grégoire ( Photo ), Sylvie Hugues (Réponses Photo),Ronan Loaëc ( Chasseur d’Images ), Nicolas Mériau ( Image & Nature ), Vincent Trujillo ( Le Monde de la Photo ), Bruno Waraschitz ( Déclic Photo ) se sont réunis le 13 septembre en un jury présidé par l’académicien Lucien CLERGUE , pour désigner le lauréat de la presse Photo.

Plus d’infos : Salon de la photo 2011 et Photographie.com

Salon de la photo 2011
Du jeudi 6 au Lundi 10 octobre 2011.
Pavillon 4 du parc des expositions de la Porte de Versailles
Horaires : 10h à 19h tous les jours.
Ouverture à 9h le samedi 8 et fermeture à 18h le lundi 10.
Tarif normal : 11 Euros
Tarif réduit : 6 Euros (étudiants, moins de 18 ans, groupes de 10 personnes)
Gratuit pour les – de 12 ans

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Göksin Sipahioglu, un grand bonhomme s'en va

5 Oct

Un grand « bonhomme » s’est éteint aujourd’hui. Göksin Sipahioglu, photographe, journaliste-grand reporter et fondateur de l’agence SIPA, s’en est allé à 84 ans, laissant derrière lui une grande famille désormais orpheline d’une des figures incontestées du milieu de la photo.

Göksin Sipahioglu durant un reportage au Cambodge. Crédits : SIPA

Tout commence très tôt pour Göksin Sipahioglu. Vers 10, 12 ans, il écrit et enquête déjà sur sa ville, Istanbul. La vocation est là, jamais elle ne la lâchera. Entre écriture et photographie, sa carrière est jalonnée de scoops que lui seul est capable de réaliser tant il sait être là où il faut être : En 1956, à 29 ans, il photographie des blessés égyptiens mourants dans le Sinaï.

Göksin est également le premier journaliste turc à entrer en pays communistes comme la Tchécoslovaquie en 58 ou en Chine en 65. Entre-temps, il photographie l’Albanie d’après-guerre en 61. Est le premier journaliste à entrer à Cuba lors de la crise des missiles en 62, dont les photos font plus de 40 couvertures americaines. Paris et ses barricades en mai 68.

Etre le premier à voir et à transmettre, telle était son éternelle préoccupation. Il parcourt ainsi le monde, figeant sur la pellicule les maux de celui-ci avec la plus grande indulgence et propose ses clichés au regard via le quotidien Hürriyet, leader en Turquie.

Légionnaires ouvrant le feu contre les opposants et le photographe. Djibouti, mars 1967. Crédits : SIPAHIOGLU/SIPA

Nigeria, Lagos,1964. Crédits : SIPAHIOGLU/SIPA

Djibouti, Mars 1967. Lors du référundum de l'indépendance. Crédits : SIPAHIOGLU / SIPA

Djibouti, mars 67. Caricature hostile à de Gaulle avant le rérerendum d'indépendance. Crédits : SIPAHIOGLU / SIPA

Chine. Crédits : SIPAHIOGLU/SIPA

Dans l’interview qui suit, Göksin Sipahioglu nous parle des émeutes parisiennes de mai 68 qu’il a couvert.

Image de prévisualisation YouTube

Une divergence avec le propriétaire de Gamma qui ne voyait pas l’intérêt d’un sujet proposé par Göksin, motiva l’envie de ce dernier à monter sa propre agence. Animé par ce puissant besoin d’informer le monde, Göksin Sipahioglu crée l’agence SIPA accompagnée de Phyllis Springer sa compagne : Officieusement en 1969, par manque d’argent, officiellement en 1973 grâce à la générosité d’un ami arménien.
C’est le début d’une magnifique aventure qui durera 30 ans avec à la tête de cet empire, cet impressionnant personnage, journaliste dans l’âme, curieux de tout, audacieux et que nul ne saurait détester malgré un caractère bien trempé. Ouvert, laissant à chacun le droit de s’exprimer, il a ce don de découvrir de vrais talents : Reza, Olivier Jobard ou Alexandra Boulat … sont « ses enfants » comme il aimait à le dire. Comme lui, ils sont devenus de grands noms du photo-journalisme.

Un matin à l’agence, tôt, alors que je lui propose un café qu’il ne prendra pas, il me dit au détour de la conversation « Que faire d’autre que d’être là ». Sa vie, ses amis, « ses enfants », tout le rattache à son agence. Elle était sa vie, son bébé. Tous ceux qui ont travaillé avec lui diront qu’il est impossible de trouver dans sa vie professionnelle autre personnage plus charismatique que cet homme là. Grande chance ont-ils d’avoir côtoyé un regard si juste, un esprit si pertinent. Un seul de ses conseils ou des remarques critiques étant à graver précieusement dans leur esprit tant leurs valeurs faisaient foi. Il avait souvent, presque toujours raison, aussi énervant cela pouvait-il être.

Crédits : SIPA

Mauvais gestionnaire, reconnaît-il lui même, mais si bon journaliste. Visionnaire, sur bien des points, beaucoup de flair, charmeur, un peu « loulou » mais en costard, et pour la bonne cause, celle du journalisme, il se laissera dépasser (croit-on), par cette crise de la presse. Mais là encore il a une vision précise et intelligente du tournant à prendre. Le photo journalisme pour la gloire, parce qu’il coûte cher et que les finances ne sont plus là, se servir des nouvelles technologies et se résoudre à devenir une agence généraliste. Parce qu’une certaine presse, celle qui plaît tant et que tout le monde décrie mais qui caracole au sommet en terme de tirage tant la demande est forte, détrône la presse d’actualité.

Il dirige donc, à contre coeur et malgré tout, son agence en ce sens jusqu’à son départ en 2003, deux ans après son premier rachat.
Coïncidence ou mauvais hasard, l’agence de nouveau rachetée il y a quelques semaines par l’agence de presse allemande DAPD, vit depuis quelques heures les derniers moments d’une histoire écrite par un monstre sacré.
Une vraie page se tourne …

Crédits : SIPA

 

Agence SIPA PRESS

101 Boulevard Murat 75016 PARIS  

Tel +33 (0)1 47 43 47 43  

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