Paris.fr
Accueil

Doisneau, Paris les Halles

10 fév

 

La marchande de fleurs, 1968 et La marchande des Halles, 1953. Copyright : Atelier Robert Doisneau

C’est l’effervescence en ce moment à l’Hôtel de ville de Paris. Deux monstres de créativité et de talent se côtoient en nos murs. D’un coté, un dessinateur, Sempé pour ne pas le citer, formidable sourire par le trait, de l’autre Doisneau.
Doisneau, évidemment c’est de lui dont je vais vous parler. Mais alors comment ?
Nous savons déjà beaucoup de chose à son sujet, et beaucoup sont écrites, et réécrites depuis quelques jours.
Je vous passerai alors les détails de sa biographie , j’éviterai de vous (re)dire que son regard était si vrai et malicieux, que son amour pour les « petites gens » le rendait si merveilleux, que tout cela faisait de lui ce monstre d’humanité, tant apprécié, aimé, je dirais. Du talent, un vrai regard sur la vie. Sur les toutes petites choses de la vie, si essentielles, qui font que l’on existe. Un regard sur le quotidien d’une capitale qui ne saurait être oubliée tant le photographe fut présent dans les rues parisiennes. Oui, Doisneau est un homme que l’on admire.

Oui oui tout cela est vrai, si vrai. Tant de simplicité dans le regard, de générosité.
Mais alors quel est le sujet ?
Les Halles bien sûr ! Ses Halles. Sujet de l’expo. Nous y sommes.

Doisneau et les Halles

Triporteur aux Halles. © Atelier Robert Doisneau

Doisneau a célébré ce quartier et ses pavillons Baltard comme personne. Seul ou accompagné, avec un autre Robert, Giraud par exemple, qui lui dédicacera « Le vin des rues » en 1955. Ou Prévert. Ce monde de petits métiers, des travailleurs, de café, des travestis, des sans travail, Doisneau en est l’acteur et le témoin. C’est autant de visages que de matins qui sont levés près de Saint Eustache que le « Doisneau des Halles » a fixé sur ses pellicules avant que fut détruit « Le cœur de Paris », resté longtemps « le trou » du centre de Paris.

 » J’y avais beaucoup d’amis, dans cette sorte de village j’étais photographe inoffensif considéré comme un doux maniaque, aussi je ne peux rien comprendre aux conceptions des technocrates imbibés de géométrie. (…) Tout ceci va diamétralement à l’inverse de ce que je venais chercher dans les nuits des Halles, j’y trouvais l’image même. (…)
L’église du village, Saint Eustache elle-même, était un mélange de styles et de parfums.(…) Et autour, une curieuse humanité dans une lumière de fête foraine, des rupins et des clochards, des chauffeurs routiers et des tireurs de diable, des bouchers et des clientes de Dior, des maraichers et des poivrots. Tout ce monde se disait « tu » et surtout flottaient une grosse gaîté et une bonne volonté, valeurs dont ne tiennent pas compte les ordinateurs électronique.(…)paris perd son ventre et un peu son esprit. Je me moque du noctambule qui n’y trouvera plus le bain de fraîcheur après les plaisirs frelatés de la nuit mais je pense à l’homme à la dérive, sans amis dans la ville endormie où les téléphones sont muets, il accostait aux Halles, un peu de chance, il y trouvait de quoi vivre ; un peu de chance encore, il était adopté. Ceci n’est pas une légende unique mais une histoire répétée cent fois en confidences de bistrot » Propos de Robert Doisneau, extraits de la préface du catalogue d’exposition.

 

Les Halles, la fête, 1968. Copyright : Atelier Robert Doisneau

C’est ce monde que nous présente l’exposition « Doisneau, Paris des Halles » et ses 208 photographies, la plupart « vintage » dont la première fut prise en 1933.

La visite de cette exposition je l’ai faite évidemment, mais accompagnée. Et grande veinarde que je suis, c’est en compagnie d’une de ses filles, Francine Deroudille (commissaire d’exposition avec sa sœur Annette Doisneau) et Jean Claude Gautrand, photographe, journaliste et historien de renom. Je les connaissais tous deux, mais séparément. Je les savais proches, l’une ayant grandi dans les pas du photographe, l’autre, devenu ami du père. L’idée de parcourir ces photographies en leur compagnie ne pouvait m’échapper. Cette rencontre les ravirent, pour mon plus grand plaisir. Et le votre, je l’espère.

C’est donc dans les coulisses du montage de l’exposition que je vous emmène. Anecdotes sur Doisneau par la fille, histoire des Halles par l’historien, ce diaporama sonore présente l’exposition sous un angle inédit.

http://www.dailymotion.com/video/xof5xh

Et pour les passionnés, voici l’intégralité de cette belle promenade en leur compagnie.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Compléments d’exposition

Plusieurs SUPPORTS complète cette exposition.
- Un très beau catalogue d’exposition « Doisneau Paris les Halles » par Vladimir Vasak aux Editions Flammarion. Tentez de le gagner en cliquant sur le visuel ci dessous :

 

Vladimir Vasak Grand reporter à Arte, est également l’auteur du texte de Doisneau, « Un voyage en Alsace 1945″ paru chez Flammarion en 2008.

- Des supports jeune public pour préparer votre visite avec les plus jeunes : Brochure/jeux pour les primaires, celle pour les Collégiens et une brochure pédagogique pour les professeurs.

- Un Web Documentaire « Le destin des Halles de Paris » de Vladimir Vasak qui nous entraîne sur les traces de Robert Doisneau et sur l’histoire de ce patrimoine architectural et de sa vie battante. Une partie est à découvrir dans l’exposition.
Le documentaire est à apprécier ICI.

Echo à l’exposition

Programme SFR Jeunes Talents à proposé à huit photographes (après appel à candidature) de suivre 50 ans après leur illustre aîné de porter un regard sur les Halles en mutation.
Découvrez les en cliquant sur les photos.

Copyright : Carlos Ayesta et Copyright : Emilie Arfeuil

Une exposition « Paris les Halles Regards d’aujourd’hui » leur est consacrée du 8 février au 15 mars 2012 sur les verrières du Forum des Halles niveaux -1, -2, -3.

 

Et pour finir sur « les Halles de demain », je vous propose de découvrir le projet « La Canopée » conçue par Patrick Berger et Jacques Anziutti, lauréats du concours international d’architecture pour le réaménagement des Halles de Paris. Promesse sera tenue, avec de nouvelles Halles modernisées et restructurées et plus accueillantes, mieux insérées dans leur environnement. La nouvelle « Canopée » reliera la ville du dessus à la ville du dessous.

 

© SEURA ARCHITECTES - PHILIPPE RAGUIN / GOLEM X. DEPAULE

Cliquez sur l’image pour accéder au dossier des Halles de demain

 

Je finirais en me faisant plaisir et à vous aussi je l’espère, en vous redirigeant (si vous cliquez sur le visuel ci-dessous) vers l’exposition (virtuelle pour le coup)   »Doisneau, Paris en liberté » de fin 2006, où nous entendons le photographe nous parler de  de son art.

 

***************

EXPOSITION GRATUITE À L’HÔTEL DE VILLE
DU 8 FÉVRIER AU 28 AVRIL 2012
OUVERT TOUS LES JOURS
SAUF DIMANCHES ET JOURS FÉRIÉS DE 10 H À 19 H

Les Halles, printemps 1964. © Atelier Robert Doisneau

Share

3 Responses to “Doisneau, Paris les Halles”

  1. chris 10 février 2012 at 16 h 25 min #

    Mr Doisneau est éternel, j’ai hâte d’aller voir cette nouvelle exposition proposée par la mairie de Paris.

  2. Laura 22 mars 2012 at 11 h 17 min #

    Je suis en train de lire Le Ventre de Paris de Zola… Cette exposition tombe à point nommé, vivement que j’aie le temps d’y faire un tour !

Trackbacks and Pingbacks

  1. Doisneau, Paris les Halles : entre ruptures et continuité (shahinez) | blogcfj - 20 avril 2012

    [...] – Le blog de l’exposition [...]

Leave a Reply