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La photographie soudanaise à la Maison des Métallos

11 oct

Amna Ahmed, Tribu Jawama, Paysanne, Kordofan Nord – juillet 2001. Copyright : Claude Iverne

Claude  Iverné est photographe (et chercheur !). Il débute sa carrière sous les paillettes du monde de la mode dans le milieu des années 80 chez Pierre Cardin. Un détour par la pub et le studio Pin Up pour enfin se consacrer au reportage documentaire. Très vite, en 1998,  il s’intéresse et axe son travail sur le Soudan et particulièrement sur le Darfour, ses peuples, ses codes et son évolution politique. Il étudie précisément la « Darb al Arba’ïn », piste séculaire qui relie le Darfour a la vallée du Nil. Enfin il est fondateur de Elnour au Soudan et en France.

La Maison des Métallos, qui consacre sa toute nouvelle exposition aux « Photographies soudanaise« , donne la main au photographe afin qu’il articule cette exposition au travers de trois regards différents, afin de donner à voir un territoire complexe désormais scindé en deux Etats historiquement opposés.

« Mon intention est ici de proposer au visiteur de s’emparer de cette collecte et d’en éprouver l’usage. Il dispose de mes images – au caractère je crois faiblement temporel, calme et silencieux, certaines agencées en catalogues, d’autres en courts essais narratifs – et de leurs légendes de type descriptif. Il dispose également des regards de l’intérieur, des photographes soudanais d’Elnour qui lui livrent des esquisses d’histoires et d’intimité. À son tour de faire la part des choses et de constituer avec autant d’indices sa propre image de ce territoire d’ailleurs«  Claude Iverné

Trois lieux donc pour une proposition de description d’UN territoire.

- A la Maison des Métallos, sont exposées les travaux du photographe.

Introduction de l’exposition par un mur couvert de publications , articles et infographies de revues scientifiques. Puis, l’exposition photographique proprement dite se concentre sur des catalogues de portraits, paysages, habitats, végétation, déchets … Photographies grandeurs nature et   jeux de miroirs intégrant le visiteur à la scène observée.

« Contrairement à la définition du documentaire en photographie par Beaumont Newhall (la volonté du genre de persuader), il est ici nulle intention de convaincre. Qui pourrait prétendre résumer un territoire, une société à ses travaux photographiques ? (…)  J’ai vécu au Soudan. Ces sociétés se révélèrent très différentes de celles dépeintes dans la documentation variée compulsée avant mon départ. Cela m’a incité à tenter de les comprendre, dans leur temporalité et leur langue. Le mode de vie nomade me convenait. J’y ai trouvé un fort écho à ma propre nature, et trouvé sans effort les conditions propices à exploiter mon rythme, le révéler, assumer ma nature lente. En 1999, je me suis éloigné quelque part au milieu de nulle part au Darfour. Au prétexte de pister la fameuse « Darb al Arba’ïn » (piste des quarante jours), je répondais, sans réel but, à une intuition, une attirance à me désencombrer des codes et standards du monde de la communication acquis par mimétisme, et apprivoiser mon libre arbitre. Un certain goût du banal et de l’ordinaire, la vision de l’oeil humain, la lenteur. » Claude Iverné

- A l’Usine Spring Court,  est exposé le travail de photographes soudanais de 1885 à nos jours. Ce sont des photographies issu des archives Elnour,   »la lumière » en arabe, un bureau de documentation fondé par Claude Iverné.
Au cours de ses séjours au Soudan, Claude Iverné a rencontré des photographes pour la plupart en retraite, qui lui dévoilèrent une production d’une qualité rare. Séduit par cette prodigieuse découverte patrimoniale, et conscient des dangers qu’elle court (conditions de stockage, censure, contrôle de l’État), il commence lui-même en 2000 le sauvetage  de milliers de tirages et négatifs. Il fonde Elnour et poursuit cette tâche titanesque : nettoyer, scanner, numéroter, légender, ordonner, archiver chaque image, mais aussi de les situer dans le temps, interviewer les photographes, retracer leur parcours, etc.

- Enfin dans le quartier de Belleville, les habitants sont invités à participer à cette exposition de photographies soudanaise, en collant des tirages mis à leur disposition sur les murs avoisinant la Maison des métallos. Donnant lieu à une véritable exposition éphémère en constante évolution, qui elle même photographié sera à suivre sur banspublics.

 

« Photographies Soudanaise » à la Maison des Métallos jusqu’au 7 novembre 2012
94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011
Du lundi au vendredi de 9h à 19h, le samedi de 14h à 19h, en soirée et le dimanche lors des manifestations.

 

Multi-autoportrait #2, Khartoum – 1984. Copyright : Madani A. A. Gahory / Elnour

Porteur de valise, Khartoum, Circa 1955. Copyright : Gadala Gubara / Elnour

Chien Naturalisé, Maison Nubienne, Village de Toshka / Dar-Sukkot / Nubia / Soudan – février 2002. Copyright : Claude Iverné / Elnour

Mnaima Adjak, Tribu Shenabla, Nomade, Kordofan Nord – août 2001. Copyright : Claude Iverné / Elnour

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One Response to “La photographie soudanaise à la Maison des Métallos”

  1. Michael 15 octobre 2012 at 11 h 46 min #

    La photo du chien suspendu est juste super bizarre. Merci pour le partage et merci pour le blog que je découvre aujourd’hui avec plaisir.

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