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Anders Petersen à la Galerie VU' et à la BNF : consécration !

8 Nov

 

Copyright : Anders Petersen / Galerie VU’

 

Anders Petersen mis en lumière dans deux lieux incontournables de la scène culturel et photographique parisienne. Consécration donc, pour ce photographe …..

La Galerie VU’, à travers l’exposition « To belong », présente les photographies inédites et des vintages de Café Lehmitz, série devenue culte, qui a valu à Anders Petersen, une reconnaissance mondiale. Une grande rétrospective lui est également consacrée à BnF durant tout l’hiver 2013-2014. 

 

« To Belong », dernier corpus réalisé en 2012, accompagné d’un livre.

Le 20 mai 2012 à 4h03 52 secondes précisément, une faille s’est ouverte dans l’écorce terrestre, juste au dessous d’un village près de Modène appelé Finale Emilia, à la frontière millénaire entre le territoire d’Emilia et le reste du pays. Les rues se sont rapidement emplies d’hommes et de femmes terrorisés. De cette région très dynamique, il ne reste que maisons en ruine, usines dévastées. En un peu plus de deux mois, ce tremblement de terre causant 30 morts et laissant une population sous le choc.

Une agence de communication internationale installée dans la région, Studio Blanco, a la particularité et le talent de faire appel à des artistes, des photographes, des musiciens, des commissaires pour concevoir des campagnes publicitaires et créer des événements culturels. Pour conjurer le sort, l’effondrement du pays et l’abattement désespéré de la population, Valerio Tamagnini, son directeur, décide de faire appel à Anders Petersen pour raconter en images l’histoire de la province d’Emilia, de ses visages et ses lieux, de les faire exister et les rassembler.
Anders Petersen ne sait rien de cette région mais depuis 40 ans, il n’a eu de cesse de documenter de façon sensible et émouvante notre vulnérabilité face au monde.

Pendant 8 jours, Anders va partout, sur les routes, dans les musées, dans ces endroits dévastés photographiant à sa façon l’esprit de cette région. Une année après le tremblement de terre, les photographies de Petersen composent une sorte de poème sur Emilia, pour refermer les plaies profondes et rendre à cette terre toute l’humanité qui l’a toujours caractérisée.

« Je ne suis jamais venu ici. Je n’ai jamais rencontré ces gens. Je n’ai jamais conduit dans un tel brouillard, comme si nous traversions une bouteille de lait. Le lait, la vie, le blanc opaque, le brouillard, l’incapacité de voir, vouloir faire éclater la bouteille de lait… »

Cette phrase d’Anders Petersen en exergue du livre « Studio Blanco (2013) » sur cette semaine pas ordinaire à Emilia exprime un sentiment très fort. Il se retrouve là face à de magnifiques paysages qui, pour lui, ressemblent à une ancienne chanson d’amour. Ce n’est pas sur eux qu’Anders pose son regard, mais bien sur les gens, leur vie, leur quotidien.

« Je ne peux pas prendre autant de photographies que ce que voient mes yeux. Et, cela ne m’intéresse pas. Je préfère prendre des photos de ce que je sens. Et je sens les gens. C’est là que je trouve l’énergie. C’est ça qui me porte et m’anime ici. »

C’est pour cette authentique et incessante attention à l’autre que ce dernier corpus trouve sa place dans le prolongement de l’oeuvre d’Anders Petersen; une place d’autant plus particulière qu’elle tend ici à se débarrasser de toute sophistication formelle. Même si on y retrouve ces récurrences volontaires qui jalonnent son oeuvre – les animaux, vivants morts ou terriblement domestiqués, les formes organiques, l’intimité extrêmement proche, les regards, les mains, les gens qui se touchent et s’enlacent – l’exposition To Belong à la Galerie VU’ semble être le titre d’une chanson, une ritournelle de notre existence, la vie, la mort, que l’on ne peut s’empêcher de fredonner devant la beauté et la misère du monde. Une chanson qui appartient à tout le monde.

« To Belong » de Anders Petersen, du 8 novembre 2013 au 11 janvier 2014

 Galerie VU’Hôtel Paul Delaroche – 58 rue Saint-Lazare – 75009 Paris

Du lundi au samedi, 14 h –19 h

 

Copyright : Anders Petersen / Galerie VU’

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Anders Petersen [photographies], première monographie du photographe à la BnF

Pour la première fois à Paris, une grande exposition monographique est consacrée à Anders Petersen à la Bibliothèque nationale de France. Trois cent trente photographies présentées qui ne se veulent pas une rétrospective mais une magnifique et fulgurante traversée de l’oeuvre élaborée pendant un demi-siècle par le grand photographe suédois, allant des tirages d’époque de Café Lehmitz (1970) aux très récentes séries Soho (2011) et Roma (2012). De l’univers clos de ses débuts à l’ouverture vers le monde, c’est un itinéraire personnel et la vigueur d’un style intuitif et sensuel qui se donnent à voir.

Anders Petersen pratique la photographie depuis plus de 40 ans.

A l’âge de 18 ans, il rompt avec son éducation plutôt traditionnelle et part à l’étranger. C’est ainsi qu’il parvient à Hambourg, ville portuaire riche en bars et cafés où se mêlent les milieux et les êtres les plus disparates. Le café Lehmitz devient pour lui une seconde famille et, au fil des soirées, il s’intègre parfaitemen parmi les habitués : « J’y découvris quantité de bizarreries, des choses et des moeurs qui ne se voyaient nulle part ailleurs. Je suis tombé amoureux de Vanja, une prostituée qui n’avait qu’un an de moins que moi. Je n’étais pas exactement un enfant de choeur, mais un adolescent qui vivait seul à Hambourg. Nous faisions partie d’un groupe et on nous prenait certainement pour un gang de gamins venus du monde entier. Vanja et moi avons traîné pendant au moins six mois, et j’en ai pas mal appris sur ce que signifie le fait de vivre sans privilèges, d’être vulnérable, de lutter durement pour survivre sans pour autant renoncer à ce que l’on croit. C’est une expérience qui, plus que tout autre, m’a construit 2.» : perception du monde de Petersen : généreuse et âpre. Petersen prendra plus tard, en ce même lieu, ses premières photographies. La série Café Lehmitz lui vaudra alors une reconnaissance immédiate.

À son retour à Stockholm, il fait la connaissance de Christer Strömholm (1918-2002), le plus grand photographe suédois de l’époque. Petersen, devient son élève, partage avec lui son approche du monde et sa pratique, celle d’une photographie en noir et blanc, vibrante, dynamique, percutante, proche du snapshot. Ni brutalité, ni voyeurisme, ni complaisance ne viennent entacher la qualité des rencontres, l’absolue sincérité du photographe dans sa relation à autrui. 
Ces scènes saisies dans la rue, portraits, détails du quotidien extravagant ou banal prennent leur relief grâce à une pratique presque hérétique du cadrage.

« […] Je ne crois pas avoir un style particulier, mais en revanche j’ai certainement une approche particulière. J’aime les gens. On peut voir le fil rouge qui lie mes premières photos et ce que je fais maintenant […] cependant, il ne s’agit pas tellement d’anecdotes et d’atmosphères, il s’agit de lumière et d’ombre. Ce qui m’intéresse c’est une attaque distincte, coupante, qui n’explique rien, qui n’apporte pas de réponses, mais pose des questions. Et plus je trouve de questions et de désirs dans le cadre, plus c’est
réussi » écrit Anders Petersen, sur le site du photographe Erick Kim

Christian Caujolle, un des fondateurs et le directeur artistique de l’Agence VU, grand connaisseur du travail de Petersen, écrit à son propos : « Il constate toujours, ne juge jamais, nous questionne sans cesse sur notre aveuglement par rapport à la norme. Il se doit, et il sait le faire de façon unique, de dépasser la surface des choses pour aller puiser l’émotion et le sens dans ces petits riens que Kertész cultivait et que l’évidence dissimule toujours. Pour cela il doit trouver la distance juste, ce qui est le plus difficile. Il résume ainsi cet enjeu central de son approche : « Pour que la photo soit bonne, il faut toujours avoir un pied dedans et un pied dehors. Mon problème est que je finis toujours avec les deux pieds dedans ! […]3 »

L’oeuvre de Petersen est totalement liée à ses prises de position personnelles et à sa sensibilité, à sa vie intime, à ses voyages et aux relations qu’il noue avec les êtres.

« Je pense que la photographie documentaire est très importante. Et je dois dire que mes racines se trouvent dans la photographie documentaire. J’aime Ed van der Elsken, Christer Strömholm, etc. Mais maintenant je me situe plutôt dans le documentaire intime. Une forme d’essai. Bien sûr c’est plutôt à mon sujet. Je veux mettre en évidence que c’est ma vision personnelle, qu’une vérité totalement objective n’existe pas. Tout est subjectif, et c’est ce que je veux signifier par l’expression “documentaire intime” » déclare le photographe (sur erickimphotography.com)

L’exposition entend montrer la superbe plasticité de l’oeuvre de Petersen, qui envisage la photographie sous tous les aspects que permet sa nature de multiple. Les tirages analogiques d’époque voisinent harmonieusement avec les impressions numériques, les livres et les planches contact. Par la grâce d’agencements audacieux, libres, variables, parfois proches de l’installation, ces images nous présentent non seulement une conception mais une reconstruction du visible, une manière d’ordonner le chaos
du monde.

Le département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque a acquis en juin 1974 vingt-cinq épreuves de la série Café Lehmitz.
Les photographies présentées lors de cette exposition appartiennent toutes à la collection de l’auteur.

 

Anders Petersen [photographies]du 13 novembre 2013 au 2 février 2014
BnF Richelieu
5 rue Vivienne – 75002 Paris 

Du mardi au samedi 10h-19h
Dimanche 12h-19h
Fermé lundi et jours fériés

 

Copyright : Anders Petersen / Galerie VU’

 

 

 

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