Paris.fr
Accueil

« Vers Walden », héliogravures par Georges Saillard à la galerie Imagineo

14 Fév

«Vers Walden», Le Bain. Copyright :  Georges Saillard, courtesy Galerie Imagineo, Paris

«Vers Walden», Le Bain. Copyright : Georges Saillard, courtesy Galerie Imagineo, Paris

Il est des rencontres qui relèvent de l’évidence, de la connivence, de la filiation. Elles sont rares et précieuses et bouleversent les existences, tout au moins en infléchissent direction et rythme.
Pour Georges Saillard, photographe et spécialiste de l’héliogravure, ce rendez-vous particulier a eu lieu à l’occasion de la lecture de Walden d’Henri David Thoreau.
Un double retour aux sources s’est alors imposé à lui : retour aux sources de la photographie, à ses prémices pictorialistes, et retour à un Eden oublié, sommeillant dans son inconscient.

« Walden ou la Vie dans les Bois » est un récit publié en 1854 par l’écrivain américain Henri David Thoreau (1817-1862). Il y raconte un épisode de sa vie, idyllique selon lui : deux ans, deux jours et deux mois passés dans une cabane, en forêt, dans le Massachussets, à proximité de l’étang de Walden.
De ce long séjour en pleine nature, Thoreau explique comment, au contact de cette dernière et en épilogue de cette expérience, l’Homme peut se régénérer et se transformer, réaliser la nécessité de suivre dans son cheminement le rythme des éléments, des saisons.

«Vers Walden», La Couronne d’Ambroisie. Copyright :  Georges Saillard, courtesy Galerie Imagineo, Paris

«Vers Walden», La Couronne d’Ambroisie. Copyright : Georges Saillard, courtesy Galerie Imagineo, Paris

« Chaque jour j’aime faire le tour de l’étang au crépuscule, quand le soleil, transperçant les feuillages, parvient en flaques scintillantes à certains endroits isolés du rivage où fusionnent alors l’eau et la lumière dans des clapotis d’or et de bleu.
Hier soir, ébloui par ces éclats au détour d’un saule dont les branches caressaient l’eau, j’eus la fugace vision d’une Ève assise sur un rocher entre les hautes herbes de la berge. Illusion ou réalité, elle était là, immobile dans les miroitements de l’eau dorée. » Extrait du journal de Georges Saillard

C’est lors d’un séjour à la campagne, également près d’un étang que Georges Saillard se plonge dans la lecture du livre.
Elle fait tout de suite écho aux questionnements qui traversent alors sa vie. Les sentiments, les émotions qui jaillissent entre les lignes sont les doubles de ceux du photographe. Le besoin aussi d’un retour à l’essentiel, à la terre, aux éléments, à la nature.
L’idée d’une série de photographies en héliogravure lui semble alors être le prolongement artistique de cette proximité philosophique avec Thoreau.
Cette série est bien sur un hommage à Walden et à son auteur, mais c’est également pour Georges Saillard un hommage sensuel et sensible à la Terre.
Il marche dans les traces imprimées de ce récit devenu mythique, en lui adjoignant une figure humaine et féminine.

La matérialisation des esprits de la faune et de la flore ? Au final un symbole de pureté, le retour à un état premier, la parabole d’un temps où humanité et nature s’harmonisaient.
Georges Saillard s’interroge et nous interroge également sur cet Eden. Est-ce un mirage, une chimère ?
Au delà de l’hommage du photographe à l’écrivain, Georges Saillard, par sa technique et sa vision, situe cette série dans la lignée des pictorialistes. Photographe de mode, son oeil est amoureux de la figure féminine. Celle qui hante «Vers Walden» semble intervenir comme une muse.

Le grain inhérent à l’héliogravure ajoute à la matérialité et à la sollicitation de nos sens. Ces images ont à voir avec la vibration, le frémissement, le bruissement.
L’extrême richesse du rendu donne relief et incite à la pause, à l’écoute. La teinte de certaines images nous entraînent aux frontières du rêve et de l’onirisme.
Nous quittons la réalité d’un monde fracassant et nous laissons gagner par la sérénité d’un paradis retrouvé.

«La connaissance, l’expérimentation du monde passent par les mains. Sans ce rapport au toucher, au manuel, mon environnement reste virtuel. Il en est de même pour ma recherche artistique. Elle ne peut être que conceptuelle. J’ai besoin de saisir, de manipuler la matière comme si ma réflexion se nourrissait de ce contact pour s’épanouir. L’héliogravure m’autorise tout cela.
C’est une technique difficile à mettre en oeuvre, lente et capricieuse, mais riche de possibilités. Chaque plaque a ses complexités, ses secrets, un potentiel propre à découvrir. Au final, j’aime que chaque tirage soit un objet unique.» dit Georges Saillard

Les photographies de Georges Saillard sont réalisées en héliogravure au grain, technique utilisée par les photographes pictorialistes de la fin du XIXème siècle.
Les plaques de cuivre, pièces uniques, servent de matrices à partir desquelles il réalise les tirages sur papier Hahnemüle.
Les plaques sont ensuite poinçonnées, encrées et vernies rendant tout tirage supplémentaire impossible. Certaines plaques originales de cette série sont également exposées.

 « Vers Walden », héliogravures par Georges Saillard du 13 mars au 19 avril 2014

Galerie Imagineo
50 rue de Montreuil
75011 Paris
Entrée libre
Du mardi ou samedi, de 11h à 19h

Vernissage le jeudi 13 mars 2014 à partir de 18h

«Vers Walden», Jeux de Lumière sur la Rive II. Copyright :  Georges Saillard, courtesy Galerie Imagineo, Paris

«Vers Walden», Jeux de Lumière sur la Rive II. Copyright : Georges Saillard, courtesy Galerie Imagineo, Paris

«Vers Walden», Endormie. Copyright :  Georges Saillard, courtesy Galerie Imagineo, Paris

«Vers Walden», Endormie. Copyright : Georges Saillard, courtesy Galerie Imagineo, Paris

 

Share

No comments yet

Leave a Reply