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Ma Sarah, comme elle parle à mon âme...

3 Nov

Ma Sarah @Pousse le son

Certains soirs aux lueurs instables, oh combien j’aime la chanson française, celle qui vient chatouiller l’âme et qui prend les rythmes des poèmes d’antan. Avec Ma Sarah j’ai tout de suite senti que la résonnance allait être intense, aux abords des choses vécues, des souvenirs enfouis, des peines que l’on a cru apprivoiser, des colères ravalées mais qui parfois se livrent encore de singuliers combats dans nos têtes. Ma Sarah, je l’ai rencontrée virtuellement dans « son jardin », cette chanson magnifique qui disait « souviens toi ». Sur un accompagnement au piano, ce morceau me donnait des frissons partout. La voix de Ma Sarah me guidait dans ses souvenirs, vers sa mère… Et cette voix était bouleversante. Notre rencontre réelle fut un moment de forte émotion avec notamment la version de « Consolation » qu’elle nous a offerte, ce jour-là et que j’avais publiée dès le lendemain. C’était la forme la plus épurée qui soit : une guitare, sa voix, mais quand Ma Sarah chante c’est comme si sa voix jouait aussi d’un instrument… Et puis il ya une telle paix qui émane d’elle que cela en est captivant. Mais elle est aussi joyeuse et accueillante avec son beau sourire apaisant. Elle était un peu toute étonnée que je lui « tombe » dessus, comme cela pour que l’on parle un peu d’elle (voir la vidéo).

http://www.dailymotion.com/video/xm4ezj

Après avoir joué dans le groupe Les Egarés (reprises de musiques juives et arabes traditionnelles) Ma Sarah a décidé de porter son projet en solo et de mener ses chansons vers nous, après une lente maturation. Elle n’a pas encore fait de concerts de toutes les belles compositions qu’elle a minutieusement travaillé « dans sa chambre ». Pour moi, Ma Sarah c’est comme une histoire sans fin, une armoire aux mille tiroirs magiques où on en ouvre un qui nous en ouvre un autre qui nous donne une clé pour en ouvrir encore un autre… Elle aime d’ailleurs cet empilement subtil de strates, écrire des textes qui parlent d’autres textes, qui font parler des auteurs, qui convoquent des poètes que plus personne ne lit trop… Et puis il y a chez Ma Sarah « cette femme ni tout fait la même ni tout à fait une autre », la volonté de dire ou de faire « écho à ces voix chères qui se sont tues »… Et pour s’accompagner, elle a les accents de ses origines et jouent d’inflexions musicales subtiles ou les arrangements arabo-andaloux cotoient les sonorités slaves de la langue yidish, ou le piano s’élève comme  une cavalcade sur des landes infinies et la guitare prend des sonorités tournoyantes.

Ecoutez Eau rage, enregistrée lors de l’interview.

http://www.dailymotion.com/video/xm4uei

Ma Sarah nous surprend dans notre agitation quotidienne et nous force à nous poser. Elle convoque les absents et les fantômes parfois amers de sa vie mais aussi les compagnons bienveillants afin qu’ils dansent autour de nous, nous poussent à tendre l’oreille et à écouter profondément ce vibrato poignant qui chante la parole des coeurs qui furent ou qui seront…
Une maquette est en cours de mixage mais en attendant vous pouvez l’écouter sur Noomiz

alt : Noomiz

Vous pouvez aussi la suivre sur son blog, avec des tas de petites merveilles à lire et à écouter.

Elle est en concert le 5 novembre au Trois Arts, 21 rue des Rigoles, 75020 et le 18 novembre au Tempo, 18 rue Brochant, 750017, pour deux concerts intimistes.

Et merci Véronique qui, en me parlant des Egarés, m’a menée vers Ma Sarah … 

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