MUSIQUE – Interview du groupe VENDREDI pour l’EP Veneris Dies : bidouillages sonores, Chiara, James Blake & Bach

Pierre-Elie Robert et Charles Valentin alias VENDREDI sont des bidouilleurs de génie. Ils enregistrent tout ce qui leur passe à proximité de l’oreille. Ils extraient ensuite, triturent et mixent pour créer des morceaux relevés, exigeants et maitrisés. La sortie de leur premier EP de 6 titres, Veneris Dies, chez No Format ! n’a certainement pas dû vous échapper. Elle s’est, en effet, accompagnée d’un clip remarqué donnant vie à une Chiara de chair et d’os.

Bien conscients que Vendredi est « le pire nom au monde pour un référencement », avant d’ajouter que « c’est aussi la preuve qu’[ils] ne se prenai[en]t pas au sérieux, au début de l’aventure », les jeunes musiciens gardent la tête froide sur les prochaines étapes de leur carrière. D’abord un autre EP et ensuite un album, dans la droite ligne de cette mythologie initiée autour du sanglier, d’un phacochère amoureux de Vénus. 

Vendredi music band Pierre-Elie Robert et Charles Valentin EP Veneris Dies Label No Format photo by Maud Chalard

United States of Paris : Comment vous êtes-vous retrouvés à Venise ?
Charles : C’était l’été 2012. On s’est fait prêter une maison à Venise et on n’a pas hésité.
Pierre-Elie : En fait, on saturait pas mal d’être à Paris. L’EP était pratiquement fini, mais il fallait une petite couche de vernis. Du coup, on a terminé la plupart des morceaux (GolnazNaissanceLe vide et la lumière étaient prêts), fini Vallium. Et on y a composé Venise et Chiara sur place.

Qui est donc cette accordéoniste nommée Chiara ?
Charles : On l’a rencontrée dans une rue à Venise, en se baladant.
Pierre-Elie : Il faut dire qu’on s’est tapé 200 accordéonistes qui jouaient les mêmes airs pour touristes depuis le début du séjour. Ce qui nous a marqué c’est son jeu. C’était une italienne vagabonde-routarde – aux dernières nouvelles elle est aux Balkans. Elle avait 24-25 ans.
On avait l’impression qu’elle ne jouait que pour elle. Ses morceaux duraient 20 minutes et elle ne regardait même pas si les gens l’écoutaient ou pas. Elle était en impro totale, avec un côté progressif, un peu trans. Ça nous a émus.
Charles : Y’avait un mélange entre rock psychédélique et techo-trans. On a « phasé » 25 min en l’écoutant. On a pris nos deux couilles à 2 mains et on lui a proposé d’enregistrer avec nous.
Pierre-Elie : Elle n’a pas hésité. Elle a pris son sac et nous a suivis. Le deal proposé – car on n’avait pas d’argent – « on te fait une maquette pro (avec le matos que j’avais amené, car je suis ingé son) et tu nous autorises à piocher dedans. »
Charles : Elle a dû enregistrer 30 minutes chez nous non stop, comme dans la rue. Elle nous dit au bout d’un moment : « j’ai fini, vous me l’envoyez par mail !«  C’était totalement spontané. Et nous avons ensuite pioché des notes pour composer le morceau Chiara.
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Comment avez-vous composé l’EP Veneris Dies en duo, chacun de votre côté ?
Pierre-Elie : Actuellement, on compose de plus en plus les morceaux ensemble car Vendredi prend de l’ampleur. Avant c’était plus ludique, récréatif. On faisait chacun un morceau de notre côté et on l’envoyait à l’autre. Maintenant, on prend les choses avec un peu de sérieux.

Charles : Pour cet EP, c’était : l’un de nous commençait un morceau. Et on arrivait chez l’autre en demandant : « est-ce que t’aimes bien ça ? » Ça arrivait qu’on arrive avec 3 morceaux et que l’autre n’en choisisse qu’un seul. A partir de là, on travaillait le titre ensemble.

Que s’est-il passé entre l’été 2012 et mars 2014, date de sortie de votre EP ?
Pierre-Elie : On a commencé plein de morceaux entre temps. On aurait déjà de quoi faire 3 albums, non terminés !
En fait, cet EP on ne voulait pas le mettre sur Internet. On voulait signer avec un label. Après pas mal de démarchages sans réponse, on a fini par se dire qu’on allait l’auto-produire et on l’a posté sur bandcamp. Et là, on reçoit un message de KCPR, une radio californienne, et ensuite une seconde radio californienne, UCLA, qui voulaient diffuser nos morceaux. Des japonais voulaient publier sur leur blog et ensuite, Radio Campus Montpellier et une radio à Harlem. Le délire total ! Nous avions lancé notre EP comme une bouteille à la mer.
Et par le fruit du hasard, No Format ! tombe sur nous car on correspondait au type de projets électro que le label cherchait à signer. On a rencontré les gens du label le lendemain de leur mail et on a signé 2 semaines après. C’était en juin. Et on avait prévu de sortir l’EP en septembre.

Charles : Je présentais le barreau de paris entre temps. Donc c’était compliqué d’assurer la promo. Et entre temps, No Format ! s’est rapproché de Sony.

Vendredi music EP Veneris Dies by Pierre-Elie Robert et Charles Valentin No Label Recods Label musique

Pas de trop de frustration ?
Charles : A si ! C’est gigantesque ! A partir de notre rencontre en février 2012, on a mis 6 mois pour composer. L’EP est fini depuis un an et demi. Ça fait donc un an et demi qu’on attend. (rires)

Pierre-Elie : La succession de reports a été usant. (rires)

Qu’est-ce qui vous a attiré chez l’autre ?
Pierre-Elie : C’est à un pique-nique organisé par des amis en commun qu’on a commencé à parler musique, de références pas forcément partagées par nos amis (James BlakeUntold, Flying Lotus…) et aussi de bruits.
On était au Bois de Boulogne, il y avait des oies. Et on est parti dans le délire de les enregistrer et de faire un morceau avec.
Charles : C’est une anecdote aussi triste et pathétique qu’elle puisse paraitre ! (rires)
Pierre-Elie : Et c’était la première fois que je rencontrais une personne qui euille, comme moi, enregistrer des sons pour faire de la musique. On s’est retrouvé ensuite un vendredi.

Charles : Quand je proposais à mes amis d’écouter certains titres qui me plaisaient, on me répondait : « C’est de la merde ! » ou « C’est nul, je préfère David Guetta« . Et ça m’a plus de rencontrer quelqu’un qui aime des sonorités différentes.

Avez-vous avec Pierre Henry ou Pierre Shaeffer ?
Pierre-Elie : Ce sont des compositeurs que l’on admire pour leur démarche. Mais nous ne les écoutons pas tous les matins au petit-déj ! (rires)
C’est ce qu’on essaie de faire aussi, très humblement, de bidouiller et chercher de nouvelles sonorités. Le titre Venise ce ne sont que des sons concrets. A 100%.
Charles : La rythmique est faite par des pas de passants. Il y a aussi des moteurs de bateau.

Pierre-Elie : On se baladait avec notre enregistreur et une perche avec un micro dans les rues de la ville. On courrait après les pigeons sur la Place San Marco.

Le kiff musical suprême ?
Pierre-Elie : Je viens d’une famille musicale. J’ai fait le Conservatoire. Ce qui m’a le plus bouleversé c’est James Blake que j’ai découvert en 2008. Si je devais partir sur une île déserte, je partirais avec l’EP The Bells Sketch. Car pour moi, c’est révolutionnaire. Y’a du baroque, du jazz. Quelque chose d’inouïe et audacieux. Mais il y a aussi BachRobert Glasper et Giovanni Mirabassi.
Charles : Les premiers mecs sur lesquels j’ai vraiment vibré, c’est con à dire mais c’est Homework de Daft Punk et 2001 de Dr. Dre. Et un des morceaux qui m’a le plus marqué à vie c’est Jef Gilson et Malagasy qui reprend le titre de Pharoah Sanders, The creator as a master plan. Ca me rend juste dingue.
Je connais les notes par coeur, mais ça me rend en trans. On ne sait jamais combien de temps la passion (qui est régulière) pour un morceau va durer, car le grand amour musical est extrêmement rare.
Pierre-Elie : Ce qui nous procure autant d’endorphines à l’écoute de ces musiciens et morceaux, c’est la spontanéité !
 
Et le son du moment ? 

Charles : C’est tout frais : le groupe Illum Sphere avec Love theme for foreverness. Mais y’en a tellement !

Un conseil que vous retenez de vos parents ? 
Pierre-Elie : Mes parents me supplient de dormir ! (rires) Mon père m’a toujours répété: « la première qualité d’un artiste c’est sa santé. » Mais je ne l’applique pas forcément.
Ce qu’ils m’ont transmis c’est un patrimoine musical incroyable, même s’ils écoutaient beaucoup de baroque.

Charles : C’est ce que je retiens c’est une certaine nonchalance et le désir de vivre !.

VENDREDI, premier EP Veneris Dies chez NO FORMAT ! en téléchargement su r Itunes

En écoute sur : https://soundcloud.com/vendredimusic

Actu du groupe à suivre sur la FB de Vendredimusic et sur twitter @vendredimusic

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Music : interview with CHVRCHES about scottish pop, concerts, touring, The Bones of That you believe & the next album

Met a few hours before going on stage at the Trianon for their concert event in Paris, members of the group CHVRCHES talk about their influences, the atmosphere tour and the evolution of their live music, their latest album – The Bones of That you believe – and the next one, ready to be recorded.

B & G: We’d like to know what you think about several Scottish bands, starting with Glasvegas ?
Iain Cook: I really loved their first album. When it came out, there were a lot of people that we are friends with who were a bit suspicious of them because of the way they were using the dialect and the accent and stuff like that… But it’s a nice kind of blending of styles: shoegaze, 50s-style rock, genuine Glasgow confessions or stories. That’s a really interesting band and their new album is also really good.

B & G: Primal Scream ?
Martin Doherty: This band is not entirely Scottish but they have a Scottish front man [ndlr: Bobby Gillespie]. I’m a big fan of Primal Scream. From a personal point of view, two records are considered to be very important: XTRMNTR [2000], at least because Kevin Shields was involved, and Evil Heat [2002].

CHVRCHES  Lauren Mayberry Lain Cook Martin Doherty musique pop interview The Bones Of What You Believe music electropop

B & G: Belle & Sebastian ?
IC: Belle & Sebastian have been around for… as long as I can remember. I remember being at school and one of my friends had got a copy of Tigermilk [Belle & Sebastian debut album, 1996] which at the time was not released properly, it was only ever released on a very small pressing of vinyls, so it was really difficult to come by. It was just the time when The Boy With The Arab Strap was blowing up. My friend came at school with this copy, on a tape he got from somebody. It was a really big deal! Their importance remains. It’s not the kind of music that I listen to, but I have a lot of respect for a band that has a career as long as they have.

B & G: Has any of these Scottish bands been an inspiration to you ?
IC: We grew up listening to all of the bands of Glasgow that we were into at the time. All of the bands of the Chemikal underground [an independent record label set up in 1994 by Glasgow Scotland rock band The Delgados] were really important to us, forming our musical landscape. We loved the Delgados, Arab Strap, particularly Mogwai for me. Those are the bands I still listen to and still think they’re really important.

B & G: Do you think there is a Scottish pop with a Scottish specificity ?
MD: There are different styles. Maybe Scottish bands have in common a certain level of self-depreciation and humor. That’s what, I would say, would be the “Scottish element” (laughs).

Synthpop

 

B & G: You said in an interview that synthpop suited better groups like Depeche Mode because you think you use more modern production techniques, especially in the rhythm techniques, and the focus on melody can make your band more unique. What’s the Chvrches’trademark ?
Lauren Mayberry: I think that synthpop implies a certain time period… We are not really part of that. But I don’t really know, does anyone want to help me? (laughs) We don’t want to be a pastiche band nor a chart pop band. We are just writing primarily on the synth instead of the guitar.

MD: Synthpop refers to a period in time and a synthpop band appears to be a retro band. We don’t really subscribe to that. There is a small element of what we do that is in the technology that was used at the time and that we use. But to describe our band now, it’s just “song focused electronic pop music”, somehow influenced by yesterday but it’s not really definite. When you tie something to genre, you immediately impose rules on yourself and I consider that to be a negative thing. I don’t think there should be any rules.

CHVRCHES  Lauren Mayberry Lain Cook Martin Doherty musique pop interview The Bones Of What You Believe concert Live show Live concert Trianon Paris

Touring

 

B & G: About the concerts, are you more anxious with the venues getting bigger and bigger as your success is growing ?
IC: I think that initial nervousness comes from the fact that it was a studio based project. There were no plans to take it live. Technically, it was a difficult exercise to translate our songs on stage, to translate it well in a live environment. We played our first show in July 2012, that’s nearly two years ago, we played a lot of shows, so I feel like that kind of nervousness about playing live is way gone. Now, every time we play, every tour we do, we thrive to be better.

B & G: You did a lot of concerts in 2013 and you are touring a lot around Europe still now in early 2014. Do you still manage to appreciate waking up at 4 or 5 in the morning to take the bus and go from one place to another… ?
MD: I don’t think I’ll ever appreciate waking up at 4, even if it was to get a million pounds! But, I mean, it’s hard to complain about this job. There is a lot of worst things that we could be doing with our lives. And I love all our songs. About the evolution, to us, it’s not about being more comfortable on stage, it’s more about feeling better.
IC: The only time I can get bored with playing a song is when we’re not having a great gig for technical reasons. But the most important is that people have a good time and enjoy and sing along, and when it means something to them.

B & G: How would you sum up, in a few words, 2013 ?
LM: I feel like we covered a lot of ground, it was a lot of ‘first times’ of things [first album, first shows…]. We learned a lot, but we are still learning a lot, I think. So, yeah, it was good!
MD: It was good, that’s the word!

B & G: And in January 2015, how would you like to sum up 2014 ?
MD: In one word? (laughs) I would like to achieve satisfaction and success, in the way that I want to.

CHVRCHES  Lauren Mayberry Lain Cook Martin Doherty musique pop interview The Bones Of What You Believe photo by Christina Kernohan

The next album

 

B & G: You said in an interview that you were “looking forward to getting back to the studio”. Do you know where your second album is heading to ?
IC: We play in some festivals during the summer but we have some breaks that we will use to make a proper start. We’re looking forward to getting back to the studios. We have many ideas.
MD: We would not be very good musicians if we had no ideas! (laughs)
IC: Let’s say we want to finish the heavy schedule for September…

B & G: Which colour would you choose to describe your first album? And the next one ?
MD: I’d say the first album is dark orange; the second album will be red.
IC: The third is going to be purple.
LM: That sounds good. Red and blue, that makes purple!

by Baptiste et Gérald PETITJEAN
http://ljspoplife.magicrpm.com

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CONCOURS Humour : Des invits à gagner pour Louis-José HOUDE au Point Virgule à Paris le 25 avril !

Besoin de vous détendre les zygomatiques ? L’équipe du blog vous propose un saut sans parachute de l’autre côté de l’Atlantique mais en restant sur la rive droite de Paris. Après avoir triomphé au Grand Point Virgule la saison dernière, Louis-José Houde, le Québécois qui asticote les clichés français, s’offre 9 représentations exceptionnelles à partir de cette semaine.

Ce comique aux 1 millions de spectateurs dans son pays – passionné de l’écrivain Philip Roth dont il conseille la lecture – ne va pas lâcher son accent pour nous. Bien au contraire !
Il va combler tous les amoureux de la gouaille outre-Atlantique pour croquer les scènes de la vie, partager quelques-uns de ses sketchs cultes ou nous balancer quelques jokes concoctées tout spécialement pour le public de frenchies.

Affiche spectacle Louis José Houde humoriste comique québecois Le Point Virgule Paris le Marais humour

CONCOURS !

 

Des invitations sont à gagner pour la représentation de ce vendredi 25 avril 2014 à 21h25. Vous pourrez ainsi découvrir qu’il n’y a pas les chanteuses à voix qui s’exportent bien !

Pour participer, envoyez-nous VITE votre prénom et nom (avec LJ Houde en objet) à: usofparis@gmail.com
Les plus rapides gagneront leur invit pour deux. Un mail de confirmation leur sera envoyé.

Dates limite limite de participation jeudi 24 avril à 14h

Bonne chance à tous et toutes !

Louis-José Houde
du mercredi au samedi à 21h25

jusqu’au 3 mai 2014

au POINT VIRGULE
7, rue Saint-Croix de la Bretonnerie 75004 PARIS

 

Plus de jeux concours
Création de concours facebook

 

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L’Aide-Mémoire au Théâtre de l’Atelier : Sandrine Bonnaire et Pascal Greggory, brillant couple de parfaits inconnus

A l’affiche du Théâtre de l’Atelier, l’oeuvre de Jean-Claude Carrière, L’Aide-Mémoire, retrouve les lumières de la scène avec un bel état de grâce par la performance du couple Bonnaire Greggory.

Affiche pièce L'Aide Mémoire de Jean-Claude Carrière avec Sandrine Bonnaire et Pascal Greggory Théâtre de l'Atelier Paris mise en scène Ladislas Chollat

Une quadra dont vous découvrirez le prénom au cours de la soirée est à la recherche d’un homme. Elle finit par s’arrêter dans l’appartement d’un inconnu, croyant avoir trouvé celui qu’elle cherchait. Il y a pourtant méprise.
Ce monsieur ne comprend pas tout de suite la tornade qui vient de s’abattre chez lui. Elle, Sandrine Bonnaire, va se taper littéralement l’incruste le temps que lui, Pascal Greggory, vaque à ses habituels rendez-vous pros, car c’est un homme pressé, efficace et méthodique pour toute chose.

Ils ne devaient pas se rencontrer. Et pourtant cet homme et cette femme vont faire chacun leur connaissance respective dans ce studio cosy parisien. Un dialogue s’installe autour d’un carnet conservé par l’homme. Un aide-mémoire pour palier à la perte de souvenir au sujet de toutes les femmes qu’il a rencontrées. Il annote chaque inconnue pour ne rien omettre, ne pas confondre les unes avec les autres. La femme qui fait sien l’appartement de l’inconnu prend vite connaissance de ce carnet incroyable, qu’elle consulte comme une bible. Elle tente de déceler les indices de l’histoire et les failles de l’homme chez qui elle vit et pour qui elle a une attention toute particulière.

La situation est cocasse, voire désarmante. Les saillies sont parfois cinglantes. Le texte de Jean-Claude Carrière prend une saveur toute particulière à travers le corps et la voix de ces deux interprètes majestueux.

La Bonnaire est plutôt rare sur scène et la retrouver avec un personnage si audacieux et roublard est réjouissant. Jetant ses vêtements à travers l’appartement, elle rit et danse du trouble qu’elle peut causer. Ça fleure bon les années 60, un peu à la manière d’un Chapeau melon et bottes de cuir – la série, pas le film ! Pascal Greggory, la classe incarnée, nous avait aussi diablement manqué. Sa silhouette scie parfaitement à la scénographie ou si ce n’est plutôt l’inverse.

Un seul bémol, malgré la justesse des acteurs et la qualité de la mise en scène. Si vous découvrez le ressort de la pièce avant la fin, une petite longueur qui pourra vous faire – un peu – trépigner d’impatience sur votre siège avant le salut.

Le soir de la première, Daniel Auteuil, Clémentine Célarié et l’auteur de la pièce étaient aux premières loges pour consacrer ce nouveau duo de théâtre.

Pascal-Greggory-et-Sandrine-Bonnaire-sur-scène-salut-pièce-LAide-Mémoire-de-Jean-Claude-Carrière-mise-en-scène-Ladislas-Chollat-au-Théâtre-de-lAtelier-photo-by-United-States-of-Paris-blog

L’Aide-Mémoire

pièce de Jean-Claude Carrière 
mise en scène : Ladislas Chollat

avec : Sandrine Bonnaire et Pascal Greggory

 

au Théâtre de l’Atelier

1, place Charles Dullin
75018 PARIS

du mardi au samedi 21h
matinée samedi à 16h

jusqu’au 5 juillet 2014

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DISQUAIRE DAY 2014 : The Doors & Metronomy en dédicace – Texas – Miossec & We have band en concert à la Gaité Lyrique

Grosse journée ce samedi pour le Disquaire Day ou Record Store Day (in english) à Paris avec course de fond pour trouver le 45 tours de Bowie, le maxi coffret live de LCD SoundSystem ou le picture disc christique de Asgeirséances de dédicaces et concerts à gogo au Fargo, au Point Ephémère et à la Gaité Lyrique.

Asgeir Trausti Einarsson picture disq Here it comes Heart Shaped Box Recod Store day 2014 - Disquaire Day photographer Jonatan Gretarsson Design Snorri Eldjarn Snorrason photo by United States of Paris blog

Vous étiez où samedi ? Un membre fondateur du band THE DOORS ait venu des States pour rencontrer son public français. A l’occasion de la sortie de son livre : The Doors, Les portes claquent aux éditions Le Mot et le Reste, John Densmore, le batteur du groupe mythique s’est offert deux bains de foule aux Gilbert Barbès et Saint-Michel. Un timing ultra serré pour approcher une légende de la musique, exceptionnel musicien mais aussi songwritter. Tous les âges étaient représentés.
Il y avaient les chasseurs d’autographes un peu collants et les autres, les vrais fans comme cette dame qui avait vu Jim Morrison  »bouffi » lors de son dernier concert à Paris. Echange très rapide avec John qui prend pourtant le temps de serrer la main de chaque personne qu’il l’approche. Les équipes du Gilbert Barbès ne se remette pas d’une telle affluence.

John Densmore american musician songwriter drummer The Doors group - batteur du groupe - dédicace Disquaire Day Record Store Day 2014 photo by United States of paris Blog

Pendant ce temps, deux membres de Metronomy excitaient les djeunes au cours de deux séances de dédicaces. Des rencontres certainement épuisantes, le groupe ayant déclaré forfait un peu plus tard, via twitter, pour son live acoustique – totale exclu – à la Gaité Lyrique.

Au Point Ephémère, les concerts s’enchainent toute la journée et en entrée libre, svp. Un bon son du moment a capté notre attention Natas loves you, en tout début d’après-midi. Un groupe de frenchies qui a eu aussi les honneurs d’une édition spéciale Disquaire Day pour son single Skip Stones.

Breton band music limited casette tape K7 audio Disquaire Day - Record Store Day 2014 photo by United States of Paris blog

Après avoir fait le plein de belles trouvailles avec Grace Jones, la K7 audio de Breton - vintage à mort !le 33 tours de David Lynch – que l’on n’écoutera certainement jamais mais qui est un bel objet de déco -, un picture disc de London Grammar, nous prenons la route pour le concert de clôture de la journée à la Gaité Lyrique.

Plateau de choix et varié pour tout public avec Texas, Miossec, Perez, We have band et le DJ set de Hercules and the love affair.

Encore une fois, c’est Texas qui remporte la mise avec une Sharleen Spiteri qui déchaine le public. Les trentenaires et quadra s’étonnent au passage que le tube I don’t want a lover soit connu des plus jeunes présents devant la scène. La chanteuse mieux que personne sait impulser une complicité dès le premier titre, en l’occurrence Detroit, extrait du dernier album. 5 titres en acoustique et des fans avec la banane pour toute la soirée. Summer Son et Black Eyed Boy ne se sont jamais aussi bien portés qu’avoir cette tonalité inédite sur une scène Paris. Une vraie bonne redécouverte.

Sharleen Spiteri singer Texas Band music live concert Gaité Lyrique Disquaire Day Record Store photo by United States of Paris of Paris blog

Sharleen Spiteri on stage with Texas band live concert music La Gaité Lyrique disquaire record store day photo by United States of Paris blog

Il faut dire que l’on avait commencé la soirée mi-figue mi-raisin avec le chanteur Perez. Les textes ont démotivé certains auditeurs. Un couple a même quitté la salle excédé: « c’est quoi ces rimes pourries ?  » alors qu’un autre s’embrasse à grandes bouches. C’est vrai que « Viens embrasse-moi, sois pas comme ça » a de quoi refroidir nos émotions. Il y a pourtant un potentiel musical que l’on pourrait rapprocher d’un Lescop.

Retour en grâce de Miossec à la timidité maladive – son regard bleu à la fin d’une chanson cherchant l’assurance de ses musiciens ne trompe pas – mais au charisme intact malgré le poids de quelques excès.

Première chanson, On vient à peine de commencer, premier extrait du nouvel album Ici-bas, Ici même : on a du mal à reconnaître sa voix. On est plus près d’un Daniel Darc que de notre Christophe Miossec. Il faut juste un peu d’échauffement, la voix s’éclairci sur les titres suivants.

Christophe Miossec concert live Gaité Lyrique nouvel album Ici-bas-Ici même Disquaire Day photo by United States of Paris blog
En sept titres live, on retrouve la poésie mélancolique de l’artiste, moins fougueux sur scène mais à l’orchestration plus assurée sans doute avec 5 musiciens à ses côtés. Les textes ne sont pas des plus heureux : comme avant, quand on sera crevé ou toucher n’est pas couler, mais les images évoquées sont fortes et universelles. Tonnerre de Brest nous rappelle les belles années et combien le chanteur nous avait manqué. Miossec est à suivre en tournée.

Quelques minutes après, autre style, avec les anglais survitaminés de We have band. L’electro pop dansante et trippante du trio est efficace. Le charisme de Darren Bancroft, le clavier-chanteur ne laissant personne indifférent.

La soirée se finira avec deux DJ set pour ceux qui ne veulent décidément pas rentrer chez eux.

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Expo Robert MAPPLETHORPE au Grand Palais en 250 photos : Patti Smith, Tyrone, Thomas & self portraits

250 photographies, 4 commissaires d’exposition, un parcours à rebours, Patti Smith en concert privé le soir du vernissage. La première rétrospective du photographe new-yorkais Robert Mapplethorpe fait vibrer Paris jusqu’au 13 juillet. 

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On retient certainement un peu trop facilement la perfection de corps nus en noir et blanc ou encore la taille de ces sexes associés ou non à un visage et shootés par Robert Mapplethorpe. Certainement parce que ces images de modèles comme Tyrone, Thomas ont été produites et reproduites en boucle à chacune des évocations du photographe plasticien. Faire sensation à chaque occasion, en mettant en avant le caractère sulfurant.

Sans doute aussi parce qu’il est plus facile de retenir ces images plutôt que les portraits intimes et frontaux de l’écrivain Truman Capote, de l’actrice Susan Sarandon - incroyable – ou de la photographe culte Cindy Sherman.

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Mais il y a aussi des images sages dans le formidable ensemble de cet infatigable passionné de la beauté et de l’architecture corporelle. Le mur de fleurs à mi-parcours vient poser une note douce et colorée, non dénuée d’audace.
Certaines compositions d’objets qui troublent par leur caractère phallique, viennent contrecarrer le muscle saillant ambiant. On voit décidément le mâle partout.

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Des autoportraits viennent ponctuer chaque partie, rappelant un regard fascinant. Le dialogue peut donc se poursuivre entre l’artiste omniprésent et le visiteur au cœur de cette première rétrospective sur le sol français.

Robert Mapplethorpe Self Portrait 1975photo photographie photography expo Grand Palais Paris exhibition art

À la différence de Libé qui a retenu le sensationnel, on s’arrêtera sur l’autoportrait de 1975. Audacieux et juvénile, Mapplethorpe apparaît sur un bord d’image, comme s’il souhaitait s’effacer à l’intérieur du cadre ou suggérer avec plus d’intensité le hors-champ.

Patti-Smith-portrait-1978-1979-by-Robert-Mapplethorpe-Foundation-New-York-photo-photography-singer-music-expo-exhibition-Grand-Palais-Paris

Patti Smith, la chanteuse, l’écrivain, la muse a une place de choix. Il ne vous étonnera pas qu’elle ait accompagné l’ouverture de l’exposition. Elle en profitera pour confirmer que « Mapplethorpe aimait Paris mais pas autant qu’[elle]. » Certainement parce que la route du photographe s’est arrêtée un peu trop tôt pour nouer de vrais liens avec la capitale.

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Surtout prenez votre temps face au mur de portraits où trône un Warhol majestueux. Tentez de vous isoler un peu avec Grace Jones, Richard Gere ou Iggy Pop. L’exercice ne sera pas évident, on le sait. Mais soyez persévérants.

Et savourez l’intimité des premiers Polaroïds clôturant le parcours qui fera piétiner plus d’un visiteur attendri. Tout était déjà inscrit, dès le début : la fulgurance, la provocation, le dialogue frontal et assumé, le New York underground.

Pierre Brosnan a eu les honneurs d’une visite privée quelques heures avant le vernissage. Il se passe décidément toujours quelque chose d’exceptionnel du côté du Grand Palais.

La (re)découverte de l’oeuvre de Mapplethorpe se poursuit au Musée Rodin avec un dialogue surprenant entre le photographe et le sculpteur. L’expo Mapplethorpe Rodin vous accueille jusqu’au 21 septembre.

 Exposition ROBERT MAPPLETHORPE

Grand Palais – Galerie sud-est

jusqu’au 13 Juillet 2014

 

Tous les jours de 10h à 22h (fermeture à 20h le dimanche et lundi)

Fermeture hebdomadaire le mardi
Fermeture exceptionnelle le jeudi 1er mai
Ouvert le jeudi 8 mai

Pour la Nuit européenne des musées : entrée gratuite le samedi 17 mai de 20h à minuit

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Humour : Louis-José HOUDE, retour du comique québecois à Paris pour 9 représentations au Point Virgule

Vite vite Louis-José Houde est à Paris à partir du 23 avril pour 9 dates seulement au Point Virgule ! L’humoriste québécois a épaté un million de spectateurs, de son coté de l’Atlantique.

« Wake up l’Hexagone ! »
La grisaille de Paris vous donne envie d’un bol d’air frais ? Voire d’un sérieux dépaysement ? Testez donc le pouvoir d’attraction de Louis-José Houde !

Tout d’abord, son accent va vous envoyer direct dans un autre espace. Et faut bien dire qu’à partir de cette semaine, va souffler un vent étranger revigorant du côté du Marais. Il n’est pas rare de croiser quelques-uns des compatriotes de l’humoriste devant les théâtres français où se produit l’artiste.

Des visiteurs que vous n’aurez pas de mal à repérer. Car saviez-vous que le Français et le Québécois n’ont pas le même rire ? C’est en tout cas, une des nombreuses découvertes que vous allez faire au cours de ce stand-up relevé, énergétique des plus grands moments du comique. Un best-of spécialement conçu pour Paris. On en demandait pas autant.

Notre voisine, américaine à Paris et francophile ne s’est toujours pas remise de la tornade scénique. Vous n’aurez pas le temps de respirer entre 2 histoires hilarantes et quelques bruitages sonores bien à lui.

Les sujets, ensuite, sont désopilants. On passe allègrement de Marco Polo, au rendez-vous avec une « blonde », tout en faisant un retour à 180 degrés sur la bonne vieille K7 audio ou à Dolores O’Riordan, la chanteuse de The Cranberries avec qui il a pris l’avion.

Dernier point, si vous en avez marre de rire des autres. Rassurez-vous vous allez en prendre pour votre grade quand Louis-José viendra à parler des accueillants français et des incompréhensions que nous suscitons pour tout visiteur étranger.
Certains même en redemande, comme ce spectateur à la sortie, qui confiait hilare: « Il me fait trop rire quand il se fout de la gueule des Français, putain ! » ou Geneviève sur Twitter qui remercie le comique avec un trop beau : « Merci pour ces fous rires, je suis « racké » des abdos ! » - désolé on n’a pas la trad.
Ça se passe de tout commentaire, vous ne trouvez pas ?

Notre conseil : ne vous laissez pas tromper par l’affiche un peu trop sage. Ce comique est, de l’avis des spectatrices dans la salle, plus beau en vrai qu’en photo. Nous vous laisserons le soin de comparer, en live.

Il y a déjà une date supplémentaire, mais il n’est pas prévu qu’il repousse son billet de retour pour les retardataires ! Alors faites vite !

Affiche spectacle Louis José Houde humoriste comique québecois Le Point Virgule Paris le Marais humour

Louis-José Houde à Paris jusqu’au 3 mai
du mercredi au samedi à 21h25

 

au POINT VIRGULE
7, rue Saint-Croix de la Bretonnerie 75004 PARIS

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COUP DE ♥ pour le dandy sensible : Julien Doré en concert aux Nuits de Fourvière à Lyon le 27 juin – CONCOURS des places à gagner

Le chanteur-dandy-sensible Julien Doré, apprécié tout autant des jeunes filles en fleurs que des trentenaires barbus (nous) et de leur maman (la mienne), affiche complet pour sa première fois au Théâtre Antique, dans le cadre des Nuits de Fourvière, le vendredi 27 juin. 

Julien Doré chanteur dandy tatoué tatouage album Love single paris seychelles photo by Yann Orhan

Julien Doré c’est plusieurs rendez-vous ratés pour notre équipe. Le dernier en date : les Folies Bergère sold out. Et pourtant, ses chansons nous prennent la tête, dans le bon sens du terme. Kiss me forever, Winnipeg… et son Paris-Seychelles qui n’a toujours pas fini de nous charmer depuis la première écoute.

Comme il le chante dans son dernier titre, On attendra l’hiver, « que c’est long d’attendre… », mais, que ce sera bon de nous trouver enfin !

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À l’annonce de son nom dans le programme des Nuits, il était évident que la soirée en plein air sous les étoiles lyonnaises était taillée pour lui, pour toi, pour nous. L’euphorie sera contagieuse. Nous on sautille déjà derrière notre ordi.
Pas étonnant donc qu’en moins de 2 semaines, le beau trentenaire affiche complet. Les râleuses diront que c’est moins fulgurant que Stromae – archi comble le jour même de l’ouverture de la billetterie – mais tout aussi efficace que le groupe Portishead ou Damon Albarn en solo, autres têtes d’affiche du Festival.

Il est fort à parier que les dieux romains suivront de très près la performance endiablée de ce showman qui trace sa voie avec un talent sidérant. Aucun écart, ni même une faute de goût. Y’aurait bien ce bichon dans les bras et ce minou sur l’épaule. Mais c’est à croire que tout ce qu’il touche est doté d’une aura romantique et tendre. Certainement à cause des bras tatoués du chanteur, une imagerie entre force et vulnérabilité. Tout est assumé : la fougue, le kitsch et la chanson pour sa belle.

Forcément ça touche plus qu’on ne le pensait qu’au tout début, quand Julien bombait le torse en direct sur M6.

Maissiat chanteuse album Tropiques single Le Départ concert tournée photo by R Lugassy

Ca ne doit pas nous faire oublier pour autant que la soirée est double avec le concert de Maissiat. Ca nous emballe aussi.

CONCOURS !
Concert de Julien Doré à Lyon le vendredi 27 juin 2014 à 21h30

 

Bonne nouvelle ! Blog partenaire des Nuits de Fourvière, nous avons 4 invitations (2×2 places) à offrir à toi, toi ou vous.

Pour cela, il suffit de répondre à la question suivante :
Quel artiste photographe est l’auteur de l’affiche des Nuits de Fourvière 2014 ? Indice

Envoie-nous ta réponse avec tes nom et prénom avec Julien Doré en objet à : usofparis@gmail.com

Un tirage au sort parmi les bonnes réponses déterminera les deux gagnant(e)s.
Ils recevront directement un mail leur confirmant leur lot.

Et pense à multiplier tes chances de gagner en likant et partageant ce billet à partir de notre page FB

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CHRISTINE AND THE QUEENS t’attend à la station Saint Claude avant la sortie de Chaleur Humaine #SaintClaude

Sortie du single Saint Claude, premier single incandescent de Christine and The Queens, annonçant l’album à venir Chaleur Humaine, le 2 juin.

Christine-and-the-Queens-chanteuse-concert-privé-live-galerie-Saint-Claude-single-album-Chaleur-Humaine-photo-by-United-States-of-Paris-Blog

De son propre aveux, n’en pouvant plus d’attendre depuis la sortie du studio – de l’autre côté de la Manche – Christine a réservé, ce lundi, une surprise à ses fans pour présenter Saint Claude en version chair et os. »

Rendez-vous est donné à 18h à l’arrêt de bus Saint Claude, Boulevard Beaumarchais, lieu même où la chanson ait née. Christine et ses paillettes attend ses fidèles pour leur montrer le chemin d’une galerie où les attendaient posters au mur, micro, enceintes, ingé son et champagne pour un mini-concert très très privé et arty.

Attente fébrile des retardataires, une fois la petite foule arrivée au 7 de la rue. On reconnaît les Queens-danseurs de l’artiste parmi l’audience. Les œuvres de l’expo en cours n’en croient pas leurs cimaises d’une telle affluence.

Un journaliste évoque son interview fleuve de la chanteuse. Au total une heure, alors qu’il s’attendait à passer une vingtaine de minutes en tête-à-tête avec l’audacieuse. Réponse de son amie : « Oui mais elle avait des choses à dire ! »

Christine-and-the-queens-concert-privé-et-surprise-Galerie-Saint-Claude-single-album-Chaleur-Humaine-chanteuse-pop-photo-by-United-States-of-Paris-blog

Arrivée discrète de la nouvelle vedette de la frenchie electropop, obligée de toucher les épaules d’un fan étourdi, ne l’ayant pas vu arriver… sur lui. Les premières notes et premier couplet : « Souffle saccadé Voilà qui laisse deviner que tout se décide… », le coeur s’envole avec la voix angélique de C&TQ.
On la sent rougir, peu habituée, sans doute, à une telle proximité avec ses fidèles. Le titre « beau à en crever » dixit Romain sur Twitter, préféré à West Coast de Lana Del Rey pour un autre auditeur, et simplement « fragile et envoutant » pour Camille, suspend le public. Certains en ont leur portable tout ému.

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L’artiste évoque la naissance de cette chanson. Une rencontre improbable d’un homme dans un bus. Un homme à la silhouette gracile et bien habillé, qui parlait seul. Elle est fascinée, presque charmée. Mais elle doit le quitter pour descendre à l’arrêt Saint Claude.

Au cours de ce court mais intense rendez-vous complice, elle en profite pour nous gratifier à nouveau de bons mots – un autre de ses talents – : « est-ce que tu sais que je suis myope ? »

On enchaine sur un autre tube sensible Nuit 17 à 52. Pour le premier inédit, Science fiction, C&TQ propose « je vais danser parmi toi, toi et toi… ».
Au centre de l’attention, elle réalise soudain : « Tout le monde est très beau, ça me stresse ! »

Un deuxième et dernier inédit pour faire danser. On aimerait un bis. Mais son aplomb à nous inviter à boire l’emporte : « maintenant, je vais vous servir du champagne et du jus de fruits ».

Christine and The Queens et ses fans concert privé et surprise single Saint Claude galerie Album Chaleur Humaine photo by United States of Paris Blog

Depuis, Christine & The Queens est retournée à la Gaité Lyrique pour sa résidence qui prendra fin le 18 juin, jour de son concert sold out.
Si tu n’as pas ta place, tu peux te rattraper en allant au Printemps de Bourges, Solidays, aux Vieilles Charrues ou encore aux Francofolies de la Rochelle !

Retrouve le portrait vidéo réalisé par la team ici –> Image de prévisualisation YouTube

 

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Musique : Interview de Cléa VINCENT pour son EP NON MAIS OUI – la nouvelle French Pop

Je retrouve Cléa Vincent devant le Pop In en fin de journée et Denis arrive en même temps pour lever le rideau de fer. Cléa a joué plusieurs fois dans la cave de ce bar, y compris lors des sessions libres du dimanche soir. Elle nous a accordé une interview qui lui ressemble : sincère, directe, légère et fantaisiste.

Cléa Vincent chanteuse singer EP Non mais oui Midnight Special Records Paris french pop music musique photo by Franck Juery

Cléa Vincent : Déjà, merci de m’avoir donné rendez-vous ici au Pop In. C’est vraiment un endroit important pour moi. C’est là que j’ai commencé : j’y ai fait mon premier concert en juin 2010. J’ai également participé aux scènes ouvertes du dimanche. C’est la première fois que je fais une interview ici, ce lieu évoque beaucoup de choses. Et tous mes potes artistes jouent là aussi : Kim [Giani], Natas Loves You, Baptiste W. Hamon, My Broken Frame. C’est plutôt en anglais, sauf pour Baptiste – même s’il avait commencé ici au Pop In avec des morceaux country en anglais – et plutôt pop indé. Le Pop In est comme une maison d’artistes, un repaire pour se rencontrer, monter des groupes. Le dimanche soir, pour les scènes ouvertes, tu peux avoir dix ou douze groupes qui passent à la suite ; ensuite il suffit de repérer les siens, ses frères, pour former sa petite famille. D’ailleurs, je me souviens qu’à la fin de ma première scène ouverte, Kim est venu me voir, et il m’a dit que ma musique lui faisait penser à Dick Annegarn, un chanteur belge qui est plutôt connu de nos parents. Ce n’est pas une référence évidente, et le fait qu’il me compare à ce chanteur que j’adore nous a permis de commencer à écrire des chansons ensemble très vite après cela.

Baptiste : Que penses-tu de l’étiquette « Gnangnan Style » [cf article de Libération] que certains voudraient te coller ?
CV : J’ai bien aimé que l’article mette l’accent sur la musique légère. Evidemment, ma musique est légère, je mets même un point d’honneur à ce que ma musique soit véritablement légère, easy, et un peu décalée. En revanche, les textes expriment des sentiments assez profonds. Alors « gnangnan » oui peut-être parce que je dis ce que j’ai sur le cœur. Après, forcément, si on compare la nouvelle génération French Pop à Jacques Brel et tous les chanteurs à textes, on écrit comme des brelles ! Mais on ne veut pas rivaliser avec cette scène-là. On est plus ouverts sur l’international. Les groupes qu’on écoute chantent en anglais. Alors on essaie probablement de mélanger nos influences : chanson française, musique anglo-saxonne, et musique brésilienne en ce qui me concerne. C’est clair qu’on ne fait pas du Edith Piaf !

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Magic t’a référencée dans les singles du mois d’avril et te compare à Lio et Chagrin d’Amour.
CV : Je trouve ces comparaisons très pertinentes ! Un tube comme Banana Split est bourré de sous-entendus, le texte est très provocateur. Un morceau comme Le Méchant Loup est un peu dans cet esprit-là : cela ressemble à un conte, une fable, mais un peu louche. Et puis j’ai une adoration pour Lio. Son histoire personnelle me touche beaucoup : son rapport avec sa sœur [Helena Noguerra], qui a été très présente quand Lio a eu des problèmes avec son ex-mari. Ce sont des filles très classes, avec beaucoup de profondeur.

Tu crois à un succès populaire de la French Pop dans les prochaines années ? Peut-être avec des groupes comme La Femme et Mustang par exemple ?
CV : Je souhaite de tout mon cœur que des groupes comme Mustang ou La Femme marche aussi fort que Stromae. J’ai vu Mustang à la Machine la semaine dernière, je les ai trouvés incroyables. Les textes sont magnifiques. Ils ont aussi beaucoup de charisme… Ça compte beaucoup le charisme. Le chanteur de Lescop est monté sur scène à un moment, et pareil. Il a une vraie présence, il a une gueule. Vraiment, ces gens-là m’impressionnent. Ce que je me dis aussi c’est que ces groupes sont assez jeunes, et que leurs amis qui peuvent être dans les médias vont finir par occuper des postes clés. En fait, c’est toute une génération qui va arriver et qui va probablement mettre la lumière sur ces nouveaux groupes et sur la French Pop. En tout cas, jusqu’à présent, je me reconnais dans aucun groupe qui passe à la télé. J’espère qu’il va y avoir une prise de pouvoir, un putsch (rires) de ces nouveaux groupes. Et ça commence à bouger : La Femme a obtenu une Victoire de la Musique cette année. Il y a vraiment une nouvelle scène pop française de qualité, de vrais talents, avec des groupes très attachants qui nous font un peu rêver, qui nous emportent.

Tu participais avec Mustang et The Pirouettes (entre autres) à la soirée Colette organisée le 14 février dernier, comment cela s’est-il fait ?
CV : Colette, ce qui les caractérise c’est l’avant-gardisme. Alors ils repèrent pas mal de groupes, parfois même des groupes étranges. Ils mettent un point d’honneur à prendre le risque de diffuser des formations parfois même « chelou ». Ils sont très sélectifs pour les artistes qui participent à leurs soirées. En ce qui me concerne, il y a trois ans, j’avais enregistré des reprises de bossa nova avec le label Midnight Special Records, et ils nous avaient intégré dans une de leur music box. Le Directeur artistique musical de Colette, qui est un type qui a les oreilles partout, hyper cultivé, a repéré le petit label de Victor [Peynichou, directeur du label Midnight Records] et il nous a découverts via ces reprises de bossa nova. C’est un vrai chercheur de groupes.

Tu viens d’achever une petite tournée européenne, c’était comment ?
CV : Ce qui est génial avec ce label, c’est qu’on est une toute petite équipe : on s’occupe ensemble de la production, de l’enregistrement, des tournées. Victor et moi-même avons donc tous les deux passé des coups de fil à des salles, à des programmateurs…, pour organiser cette tournée. Il y a un côté multi-task dans ce label que j’adore. Au final, on a tourné environ un mois entre février et mars, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, et en France bien sûr, dans des équivalents Pop In en fait ! On a choisi des bars un peu comme ici, avec de la bière à foison (rires) et des groupes sympas avec lesquels on a partagé le plateau.

Une anecdote sur un concert au Pop In ?
CV : J’en ai même plusieurs des anecdotes, car le dimanche soir tu vois défiler un paquet de personnes ! Parfois, tu as des gens qui viennent et qui font des « performances », au lieu de venir chanter une chanson. Ça peut être bizarre, il y aurait des choses glauques à raconter ! Après, tu as des moments intéressants, quand une personne monte sur scène et capte tout de suite l’attention, les regards. Ces différences de charisme sur scène sont cruciales.

Cléa Vincent chanteuse singer EP Non mais oui Midnight Special Records french pop music musique Artwork Lou Benech

Qu’attends-tu de cette année 2014 ? Quid de la sortie de la deuxième partie de cet EP Non Mais Oui  ?
CV : Pour le prochain EP, ce sera effectivement la deuxième partie de Non Mais Oui, que je ferai avec Midnight. Et ensuite j’aimerais bien auto-produire mon album, mais je n’y suis pas encore, ce sera plutôt pour 2015. Malgré tout, j’ai des idées précises sur la façon dont je veux le faire, probablement dans un plus grand studio, avec la participation de Midnight.
Pour ce qui est du premier EP, j’ai eu beaucoup d’encouragements, beaucoup plus que ce que j’aurais imaginé. C’est comme si j’avais été un peu repérée et que maintenant certaines personnes attendaient de voir ce que je vais devenir. Y’a un côté carrément pressurisant ! Tu peux plus te permettre de faire des bêtises. On commence à être joué en radio, à être invité à des soirées concerts, à faire des interviews. C’est génial, ça encourage à continuer de travailler.

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Il y a un regain d’intérêt pour la pop en français depuis quelques années. En ce qui te concerne, pourquoi avoir choisi de chanter en français ?
CV : Ce n’est pas seulement parce que mon accent est mauvais (rires), si c’était que ça, ce ne serait pas bien grave. C’est plutôt une question d’aisance dans l’écriture. J’ai toujours été nulle en anglais. D’ailleurs je me rappelle d’un truc : lors de ma première année de fac d’économie, on m’a rendu mon premier devoir d’anglais, et j’ai eu 4/20. J’ai appelé ma meilleure amie limite en pleurs et je lui ai dit : « Cécile, je suis dégoutée, je ne comprends pas, j’ai eu 4/20 ». Et là elle me fait : «  Mais Cléa t’as toujours été nulle en anglais ! ». Il y a une complexité quand même, je suis désolée, dans cette langue ! Je suis plus à l’aise en espagnol. Les temps en anglais… Je me paume complètement.

Il y a All That She Wants tout de même sur ton EP.
CV: Oui c’est vrai. Mais ma meilleure pote qui est américaine m’a quand même dit : « Cléa c’est quoi cet accent ?! ». Bon, depuis elle l’écoute en boucle, ça va. Je pense qu’on s’habitue à l’accent. J’ai repris ce morceau en écoutant les conseils du batteur avec qui je travaille. C’est un morceau suffisamment ancien pour être repris, mais en même temps il est dans le coup.

Tu as donc arrêté la fac pour te consacrer à la musique ?
CV : J’ai fait une licence d’éco, après je me suis inscrite en master. Et j’ai abandonné, j’ai complètement craqué. J’étais ailleurs. J’étais entourée de bosseurs de « ouf » qui voulaient être dans la finance, banquiers… Moi, j’étais dans la musique, je me sentais top différente, complètement à l’ouest. C’était compliqué à vivre pour moi.

Tu peux nous parler un peu de ton background musical ?
CV : Je ne joue que du clavier. Et je compose aussi un peu sur logiciel, qui est un type d’instrument comme un autre, finalement. J’ai commencé à faire des chansons parce que j’ai redoublé ma licence, j’ai donc eu six mois sabbatiques, c’était en 2007. J’étais seule chez moi, et pendant un semestre, j’ai complètement badé, en plus j’étais en plein chagrin d’amour ; l’horreur quoi. J’ai passé mon temps à écrire des chansons tristes. Mais c’est un peu hors-temps maintenant, j’ai du mal à me revoir à cette période-là. Ceci dit, à l’époque je vivais une vraie course-poursuite de l’amour (rires), c’était l’échec ! Ça me faisait beaucoup écrire. J’aimais – j’aime toujours d’ailleurs – le jeu amoureux, la séduction. J’adorais – j’adore toujours ! – l’amour impossible. J’adore courir après des trucs que je n’atteindrai jamais. Et ça, ça m’inspire plein de chansons. Je me suis trop ‘attaquée’ à des personnes qui ne s’attachaient pas, qui pouvaient courir dix-huit lapins en même temps. C’est un peu ce que j’appelle des muses : ce sont des personnes qui n’appartiennent à personne !

Et il y a eu Cléa et les Coquillages aussi ?
CV : C’était un projet parallèle à ce que je faisais en solo. C’était un groupe de reprises de chansons en français des années 60 et 70, plutôt en bossa nova. On était six sur scène, on a beaucoup joué ensemble. On avait même joué au carnaval Colette dans le Jardin des Tuileries. C’est un groupe qui n’est pas fini.

Cléa Vincent chanteuse singer EP Non mais oui french pop music musique photo de Benjamin Henon

Tu adores la bossa, non ?
CV : C’est à cause du Brésil – même si je n’y suis jamais allée ! Leurs chanteurs me fascinent : Gilberto Gil, Jorge Ben Jor, Caetano Veloso. Ce sont des songwriters géniaux. Je pense que ce sont les meilleurs du monde. C’est pour cela que je suis si captivée. Ils montent sur scène comme on va se brosser les dents ! Ils sont toujours en marcel-tongs, et ils viennent exploser une chanson devant des milliers de personnes.

Quels ont été les rencontres et les moments décisifs de ta jeune carrière ?
CV : Il y a le Pop In, bien sûr. Tout est parti d’ici. Il y a eu aussi ma rencontre avec Jan Ghazi, un excellent directeur artistique. Il m’avait fait signer chez Polydor. C’est quelqu’un qui me suit, et qui me donne des conseils. Et puis ma rencontre avec Victor Peynichou, qui me délivre d’excellents conseils. Je pourrais aussi parler de mon père. Je le voyais un week-end sur deux. Et il me faisait des cassettes audio de jazz pour patienter. Ces cassettes constituaient une sorte de lien affectif…

Le titre de ton EP Non Mais Oui peut être compris de plusieurs manières : obstination, indécision et caprice. Ou bien c’est un mélange des trois ?
CV : Non Mais Oui résume bien ce qu’est l’insouciance : je ne réfléchis pas à ce que je ferai demain. « Non », parce que cela peut sembler déraisonnable de faire de la musique, mais « Oui » parce que je m’en fou, c’est ce que j’ai décidé de faire de ma vie. Non mais oui c’est aussi l’indécision. On est face au doute tous les jours quand on fait de la musique. Ce qui ressort de mes chansons c’est donc l’insouciance, mais aussi une sorte de sensualité. La sensualité, ça m’intéresse (rires) ! C’est toute la vie, on est tous là pour ça je pense… Enfin peut-être pas tous (rires). Après, quand je parle de sensualité, je pense plus à l’amour. L’amour c’est mon objectif n°1 dans la vie ! C’est hyper beau, et j’ai envie que ça marche, j’ai envie de tout donner pour ça ! Et en ce moment je me pose une question : concrètement, la vie de famille est-elle compatible avec le fait de faire de la musique ? Est-ce possible de faire les deux correctement ? Je crois que je me pose ces questions aussi car dans ma famille il n’y a pas d’artistes. Je suis la première à avoir suivi cette voix, faut être un peu zinzin quand même. En même temps, je ne sais même pas si se poser ces questions sert à quelque chose…

Interview « Dernier coup » :

Dernier coup de cœur ?
CV : La musique de Ricky Hollywood. C’est une bête de scène en plus. Bref, il déboîte !

Dernier coup de blues ?
CV : Après la tournée européenne, vers mi-mars. C’était affreux ! On a joué tous les soirs pendant un mois. En rentrant, j’ai eu deux jours off, et je les ai passés à pleurer !

Dernier coup de fil ?
CV : C’est Victor, on s’appelle toutes les cinq minutes.

Dernier coup de gueule ?
CV : J’en ai beaucoup en ce moment. Mais il y en a un que je regrette : je me suis énervée avec un vigile récemment, pour rien en plus. C’était pendant mon concert aux Trois Baudets : il ne m’a pas laissé passer alors que je jouais le soir même. Du coup ça m’a beaucoup énervée. Mais après, je me suis senti minable, et j’ai pleuré (rires) !

Dernier coup de rouge ?
CV : Au Cosmo, à Arts et Métiers. J’étais avec mon amie la plus proche, qui m’a fait des confidences incroyables… !

Cléa Vincent est en concert le 24 avril à partir de 20h pour la soirée France Galipette au Nuba, Paris.
Entrée libre 

 

by Baptiste PETITJEAN
http://ljspoplife.magicrpm.com

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